Sauver notre maison commune.
Cette injonction forte et centrale du pontificat de François nous engage tous et dans toutes ses acceptions. D’abord dans son impératif écologique dont les symptômes sont de plus en plus manifestes.Ensuite dans sa pertinence culturelle, sociale et ecclésiologique. Si, comme le disait justement le sociologue
Yann Raison du Cleuziou, nous sommes “à l’avant-garde de l’effondrement du mythe du progrès”, notre héritage multiséculaire nous exhorte à ne pas abdiquer et à agir.
Si “tout est lié”, nous avons la conviction que la lecture est le moyen privilégié de cultiver et d’élever les âmes, étape préalable à toute action ; et que choisir d’acheter ses livres dans une librairie chrétienne est un acte militant et cohérent. Cinq ans après l’encyclique Laudato si’, nous réaffirmons donc notre engagement dans l’écologie
humaine. Celle qui trouve l’équilibre entre l’Homme et la Création. Aussi, sans tomber dans l’angélisme ni céder à une idéologie à la mode, nous voulons agir humblement et concrètement. Pour cela, nous prenons devant vous sept engagements pour enclencher cette transition dans notre entreprise et dont nous suivrons les résultats avec exigence et transparence.
Pour sauver notre maison commune et continuer, par et pour le livre, à oeuvrer à vos côtés à l’amélioration de la marche du monde.

En quoi la littérature est elle aujourd’hui un recours ?

Je crois que lire en temps de confinement peut être un recours quand on va bien. C’est beaucoup plus difficile pour ceux qui sont en situation plus précaire, ou plus vulnérable. Néanmoins, je crois qu’il ne faut pas avoir honte de lire policiers ou romans de gare par les temps qui courent. 

La lecture, une consolation ou une nécessité ?

N’ayons pas peur de parler de plaisir avant tout. Il y a mille manières de lire : écouter un livre audio en travaillant de ses mains, par exemple, lire une BD, tout cela c’est lire. Lire à voix haute des poèmes aussi. Fabrice Luchini récite sur Twitter des fables de La Fontaine, c’est fabuleux ! Alors oui, la lecture peut être une consolation, je ne sais si elle est une nécessité, mais je crois que c’est d’abord un plaisir. Néanmoins, je crois que c’est aussi un luxe. Un luxe à portée de main sans doute, mais il faut un tout petit peu de « temps de cerveau disponible » pour ce faire. 

 

 Quels livres vous accompagnent depuis toujours?

 Beaucoup de livres que j’espère lire un jour. Il y a dans ma bibliothèque en attente d’être lus des textes de la tradition orientale, la Philocalie, des textes du psychiatres comme Racamier ou Lacan pour mieux comprendre les phénomènes d’emprise, de grands auteurs spirituels que j’aime à avoir à côté de moi, Jean de la Croix, Surin, Thérèse d’Avila et puis les livres que je « dois » lire, mais qui attendent car je n’en ai pas envie… Curieusement, j’ai désormais du mal à lire des romans, sauf s’ils sont exceptionnels. 

 

Quel livre aimez-vous relire ? 

 Dostoievski, Les frères Karamatzov. De la poésie, comme celle de René Guy Cadou, Supervielle, Jaccottet. Et des choses légères, comme les aventures du Mouron Rouge. Enfin, les textes bibliques dans des traductions différentes, comme celle de soeur Jeanne d’Arc.

 Quel livre vous a donné envie d'écrire ? 

Je ne sais pas trop, mais sans doute les poètes. Aujourd’hui rien ne me donne plus envie d’écrire que de lire quelqu’un qui par une image ou une trouvaille m’emmène au delà de ce que j’imaginais possible. Et puis quelqu’un comme Maurice Bellet m’a vraiment donné à comprendre qu’écrire c’est comme prêcher, c’est donner la parole : donner des mots à d’autres pour qu’ils puissent dire avec ces mots leur propre expérience. 

Quel est le livre que vous vous promettez de lire un jour?

Un jour, j’aimerais écrire de la poésie… Mais ce n’est pas encore pour tout de suite, et nul ne sais si ce sera possible un jour. Car la poésie est un cadeau qui est fait au poète et en même temps beaucoup de travail, comme la danse. Enfin, il faut une épaisseur d’âme ou d’être, une certaine qualité de présence au monde, aux êtres et à soi-même que je n’ai pas encore...

Normalien, né en 1982, Adrien Candiard est entré dans l'ordre dominicain en 2006. En 2012, il rejoint le couvent du Caire. Il est de fait porté sur les questions de la jeunesse, de l'engagement et du dialogue interreligieux.

« Tracts Gallimard » se réinvente durant notre temps commun de confinement et de lutte contre la pandémie Chaque jour, durant cette période de crise, « Tracts » publiera, sous forme numérique, des textes brefs et inédits d’auteurs déjà publiés dans la collection ou se sentant proches de celle-ci.

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