• Arlette Farge présente ici des archives qui lui sont chères, des documents laissés de côté au terme de ses différents travaux et recherches, dont le pouvoir d'évocation reste vivace. Pris en tant que tels, ils permettent de regarder l'Histoire autrement.
    Comment saisir les vies oubliées, celles dont on ne sait rien ? Comment reconstituer au plus près l'atmosphère d'une époque, non pas à grands coups de pinceau, mais à partir des mille petits événements attrapés au plus près de la vie quotidienne, comme dans un tableau impressionniste ?
    Arlette Farge offre ici ce qu'on appelle les " déchets " ou les " reliquats " du chercheur : ces bribes d'archives déclarées inclassables dans les inventaires, délaissées parce que hors des préoccupations présentes de l'historien. Ce sont des instantanés qui révèlent la vie sociale, affective et politique du siècle des Lumières. Prêtres, policiers, femmes, ouvriers, domestiques, artisans s'y bousculent.
    De ces archives surgissent des images du corps au travail, de la peine, du soin, mais aussi des mouvements de révolte, des lettres d'amour, les mots du désir, de la violence ou de la compassion.
    Le bruit de la vague, expliquait Leibnitz, résulte des milliards de gouttelettes qui la constituent ; Arlette Farge immerge son lecteur dans l'intimité de ces vies oubliées. Une nouvelle manière de faire de l'histoire.

  • Galère, bagne, garde-chiourme, taulard. Le vocabulaire d'aujourd'hui garde la trace d'une histoire de plusieurs siècles et symboliquement achevée lorsqu'en 1953 les derniers forçats sont rapatriés de Guyane. C'est aussi l'époque où s'applique l'ordonnance de 1945 relative à l'enfance délinquante qui clôt un processus de lente disparition des maisons de correction pour enfants. Et c'est encore le temps où, de manière définitive, disparaît « Biribi » qui désignait le tragique archipel des structures punitives de l'armée française en Afrique du Nord. Les lieux de punition étaient des camps forestiers non loin du Maroni, des îles en Nouvelle-Calédonie, Tataouine dans le Sud tunisien ou encore Mettray et Aniane en France pour les enfants et adolescents. Une géographie multiple venant après les bagnes portuaires de Toulon, Brest et Rochefort et laissant traces et vestiges. Et aussi quelques noms au cours des siècles : Vidocq, Louise Michel, « Papillon », Jean Genet, parmi tant de matricules anonymes. En reliant les lois, les lieux et les vies, ce livre présente des centaines de milliers de destins qui ont subi le temps des bagnes depuis l'Ancien Régime jusqu'au Second Empire et aux Troisième et Quatrième République. En restituant une longue mémoire, il parcourt une histoire des mentalités, décrit des tensions sociales et des représentations culturelles, contribue à l'histoire de la justice sur plus de deux siècles et pose des questions toujours d'actualité.


  • La première histoire globale de la captivité tragique des Bourbons.

    Le 10 août 1792, l'émeute parisienne renverse le trône fragile de Louis XVI. Trois jours plus tard, la famille royale est enfermée au Temple, dans un donjon édifié au xiiie siècle. Dans ce lieu sinistre périront successivement le roi, sa femme Marie-Antoinette, sa soeur Madame Élisabeth, tous trois guillotinés ; et enfin son fils, le dauphin " Louis XVII ". Seule survivante, la fille du couple royal, Marie-Thérèse de France, sera finalement libérée le 19 décembre 1795, après une détention de plus de mille jours. Entre-temps, le Directoire a remplacé la Convention et les thermidoriens tentent de terminer la Révolution en faisant oublier la Terreur.
    Pour la première fois, un historien se penche sur l'histoire globale de cette captivité. Nourri de nombreuses archives encore inexploitées, Charles-Éloi Vial raconte avec un sens rare de la narration le quotidien des captifs et brosse le portrait de l'ensemble des protagonistes du drame, la famille royale au premier chef, mais aussi les geôliers, les employés, les gardes et les visiteurs, sans oublier les figures politiques souvent rivales à l'instar d'Hébert et de Robespierre. Ce récit prenant interroge enfin la Révolution, et plus précisément la Terreur, sur l'antinomie entre la grandeur de ses principes et certains de ses actes. Un grand livre d'histoire sur un lieu d'histoire et de mémoire, qui incarne et marque l'origine de la guerre entre les deux France.
    Archiviste paléographe, docteur en histoire, Charles-Éloi Vial est conservateur à la Bibliothèque nationale de France. Après un remarqué Les Derniers Feux de la monarchie. La cour au siècle des révolutions (Perrin, 2016), sa biographie de Marie-Louise a été couronnée en 2017 par le prix Premier Empire de la Fondation Napoléon.

  • Le règne du roi-Soleil éclairé sous toutes ses facettes par les meilleurs historiens.On doit à Voltaire, en 1751, l'expression " Siècle de Louis XIV ", qui a fait fortune. Ce règne, le plus long de notre histoire (1643-1715), et le plus éclatant, n'alla pas non plus sans ombres. Ce livre collectif réussit à en présenter tous les aspects : gouvernement, religion, cour royale, économie, mouvements populaires, arts et lettres et, bien entendu, personnalité du roi et des siens.

    1 autre édition :

  • "Thierry Sarmant met en oeuvre toutes les palettes de son talent pour brosser le tableau haut en couleur du monde au début du XVIIIe siècle", Le Figaro Histoire. Versailles, 1er septembre 1715. Louis XIV s'éteint. Ainsi finissent le " Grand Siècle " et la " prépondérance française ", ainsi commence le " siècle des Lumières ". Que signifient ces notions pour le reste du monde ? Les esclaves emmenés vers l'Amérique savent-ils qui est Louis XIV ? Que valent les " Lumières " pour la Perse séfévide, l'Inde moghole ou le Japon d'Edo ? Kangxi, l'empereur de Chine qui fut l'exact contemporain du Roi-Soleil, vit-il jamais en lui autre chose que le roitelet d'un lointain pays tributaire ? Autour de l'année 1715, en observant les relations que la France et l'Europe tissent avec les autres continents, Thierry Sarmant nous entraîne dans un fascinant voyage, de Versailles à Saint-Pétersbourg, d'Ispahan à Constantinople, de Delhi à Mexico. Un voyage qui éclaire l'essor de l'Occident vers une hégémonie mondiale.

  • La véritable histoire de la première circumnavigation à but exclusivement scientifique, celle du tour du monde de Bougainvile, à travers une documentation d'époque en partie inédite.
    Le voyage de Bougainville, de 1766 à 1769, constitue la première circumnavigation jamais réalisée dans un but uniquement scientifique. Une entreprise dont l'organisation doit à la personnalité exceptionnelle de Bougainville, qui, dès son adolescence, s'est découvert une vocation d'explorateur. Jeune officier, il se porte volontaire pour combattre au Canada, où il côtoie, fasciné, les tribus amérindiennes dont il se fait l'ethnographe. Quand Louis XV abandonne le Canada, Bougainville décide d'offrir à ses habitants français un nouveau
    territoire, aux îles Malouines, base pour la découverte du vaste continent dont on rêvait dans les hautes latitudes australes. Malheureusement, la couronne espagnole fait valoir ses droits et Bougainville doit quitter les Malouines. En compensation, le roi lui propose d'effectuer " un tour du monde " dont il pourra tirer un grand profit. Sur un fil conducteur de Dominique Le Brun, et à travers une documentation d'époque en partie inédite -; journaux de route, lettres, Mémoires et récits de Bougainville, ainsi que de ses compagnons -;, c'est cette extraordinaire épopée qui nous est racontée.
    Dominique Le Brun, auteur de nombreuses anthologies aux éditions Omnibus, a aussi publié une biographie de Bougainville.


  • L'engrenage qui tua le roi de France.

    1789 est la dernière année de Versailles comme lieu de pouvoir. Les rituels de la vie de cour, qui semblent imperturbables, sont bousculés par les événements révolutionnaires suivant un rythme et une densité sans précédent. Le 17 juin, le roi perd son pouvoir au profit de l'Assemblée nationale. Cette révolution politique et institutionnelle est suivie d'une révolution populaire le 14 juillet, d'une révolution sociétale le 4 août, d'une révolution idéologique le 26 août, d'une révolution sociale les 5 et 6 octobre. En moins de quatre mois, un système plus que millénaire est abattu.
    Avec un art du récit sans pareil, Alexandre Maral restitue l'enchaînement, serré, des événements à la lumière de la perception qu'en ont eue les habitants du lieu - souverains, courtisans, députés, citadins. Il prend appui sur des archives, des périodiques, des témoignages personnels et des dépositions - sources inédites - et explore les moindres détails de cette dynamique conflictuelle, examinant ainsi sur un processus qui contient en germe la proclamation de la République et la condamnation à mort du souverain.

  • Cette journée fut la seule dont la maîtrise aura échappé au Grand Roi, lui qui se voulait l'ordonnateur tout-puissant de son royaume. Interroger la portée de la mort de Louis XIV conduit à reconsidérer ce très long règne à l'aune du projet politique que ce prince avait lui-même conçu. Ce livre donne à comprendre ce qui s'éteint avec le Roi-Soleil et ce qui va perdurer de son oeuvre. Qu'est-ce qui fait la singulière grandeur du siècle de Louis XIV ? La gloire, le roi de guerre, l'"État machine", la fabrique d'une culture royale : ce souverain a élevé le prestige de la monarchie française au sommet de son rayonnement ; il a achevé d'installer l'appareil administratif de l'Ancien Régime en l'inscrivant dans le patrimoine génétique de nos institutions ; il a érigé les "mystères de l'État" en méthode de gouvernement et fait pénétrer l'éclat de sa figure sacrée jusque dans la plus humble chaumière. Ce fut une ambition démesurée que les épreuves finiront par dérégler. Quel contraste entre le jeune monarque, ardent réformateur des "années Colbert", qui imprime sa marque à toutes les formes de création dans l'effervescence d'un Versailles baroque et festif, et le vieux roi éprouvé par des guerres interminables, cabré dans la dévotion en pourchassant les ennemis de la foi ! La mort de Louis XIV clôt un chapitre de l'histoire de la royauté et en ouvre un autre : à l'aube du siècle des Lumières, c'est la "manière" de ce monarque, c'est aussi une certaine conception de l'autorité, qui meurent avec lui.

  • « Il y a quelque vertige à imaginer qu'au XVIe siècle, un morceau de corail rouge de Méditerranée, pêché en plein été au large de la Corse ou de la Sardaigne, ait pu achever sa course sur les contreforts enneigés de l'Himalaya, dans un atelier de taille cachemiri réservant ses plus belles pièces aux princes de la cour moghole. Telle est pourtant la réalité de ces réseaux de négoce à longue distance qui, dès l'aube de l'époque moderne, relient la Méditerranée orientale aux comptoirs de l'Asie portugaise via Lisbonne ou Alep. L'ouvrage de Francesca Trivellato retrace l'histoire au long cours des marchands sépharades de Livourne en Toscane qui ont bâti au XVIIe siècle, au prix d'alliances toujours précaires et de transactions souvent risquées, de vastes réseaux de "commerce interculturel" courant de la péninsule Ibérique au sous-continent indien. "Une histoire globale à échelle réduite" : il n'est pas sûr que les historiens aient pris, à l'époque de la parution de l'ouvrage, en 2009, toute la mesure de l'ambition novatrice de son auteure. Car ce dont il est ici réellement question, c'est d'un tour de force méthodologique, avec pour visée une réconciliation sans reniement entre "micro-histoire" et "histoire globale". En restant au plus près des sources, Francesca Trivellato rend à la "première mondialisation" ses méandres et ses visages. » Extrait de la préface de Romain Bertrand (CERI-Sciences Po) Traduit de l'anglais par Guillaume Calafat L'auteur Francesca Trivellato est professeur d'histoire économique et sociale de la Méditerranée moderne à l'université de Yale. Corail contre diamants a été couronné à sa publication aux États-Unis par le Prix 2010 Leo Gershoy de l'American Historical Association et le Jordan Schnitzer Book Award de l'Association of Jewish Studies.

  • Comment naît une langue nationale ? La Révolution française a été confrontée d'emblée au problème linguistique, dès lors que, fondant un ordre politique et social neuf, elle entendait rallier à son projet des masses patoisantes. Entre les projets fédéralistes de 1790 et les mesures jacobines de destruction décidées en 1793-1794, l'enquête sur les patois de l'abbé Grégoire tient une place stratégique. Sous les yeux des correspondants de Grégoire, pouvoirs, savoirs et croyances bougent ensemble. Dangereux et fascinant, le monde du patois est pour eux le proche mais l'autre. Dans la géographie des Lumières, un monde impensé surgit : la campagne. Qu'est ce peuple à qui la Révolution assigne désormais la mission de faire l'histoire ? Cette campagne, à la fois jardin des origines et noire réserve de l'animalité ? Comment mobiliser un savoir local au service d'un dessein politique : le triomphe du français, qui doit être celui de la Nation et de la Raison ?
    Paris dicte le geste qui retranche dans la marginalité et bientôt le folklore les cultures régionales.

  • 1775, Paris est en colère. Mme Montjean, femme d'artisan, aussi : les heures passées à coudre, à s'occuper de son foyer, des enfants... Elle veut vivre comme les aristocrates, être belle et désirable, connaître l'ivresse des sens. Mme Montjean vient de découvrir certains plaisirs libertins : pinceries, fouet et culottes déboutonnées... d'où son effervescence. Pendant deux ans, elle va faire tourner les têtes et va conduire son mari au bord de la ruine. C'est lui qui a tenu le journal sans équivalent de cette crise de conscience, prélude à la Révolution. Ce récit tragi-comique aurait pu inspirer une comédie de Marivaux. Mais, en nous plongeant dans l'intimité d'une héroïne singulière dont la révolte est toujours d'actualité, Arlette Farge, récompensée par le prestigieux prix international Dan David en 2016 pour l'ensemble de son oeuvre, nous donne un passionnant livre d'histoire, dans la lignée de ceux qui ont fait sa réputation (Le Gout de l'archive, Dire et mal dire ; Le Désordre des familles...).

  • Les dernières années de l'Ancien Régime en France voient la multiplication des fêtes, publiques ou privées. Les fêtes royales et princières d'abord, se perpétuent dans le faste et le spectaculaire, moyen pour la monarchie d'affirmer un pouvoir en butte à des critiques multiples.

    Les dernières années de l'Ancien Régime en France voient la multiplication des fêtes, publiques ou privées. Les fêtes royales et princières d'abord, se perpétuent dans le faste et le spectaculaire, moyen pour la monarchie d'affirmer un pouvoir en butte à des critiques multiples.

    Quant aux fêtes privées données chez les nobles et les financiers, elles sont de plus en plus extravagantes. Elles se déroulent souvent dans les folies, ces résidences élégantes

    et luxueuses répondant aux caprices de leurs propriétaires. Fuyant le sérieux philosophique pourtant en vogue, des sociétés affectionnent des scènes de travestissement et pratiquent à

    l'envi l'art du canular, de la supercherie et de la mystification. On assiste à des jeux parfois dangereux pouvant même basculer dans la transgression. Une telle frénésie devient le moyen de fuir une réalité qu'on ne peut ou qu'on ne veut percevoir, et dissimule aussi une inquiétude sourde. La hantise du chaos affecte certains esprits, alors même que l'idée de progrès est devenue un lieu commun du discours philosophique.

    En faisant revivre, à travers ces fêtes mémorables les derniers feux de l'Ancien Régime, Didier Masseau montre toute l'ambivalence de la société française à la veille de la Révolution.

  • La police des Lumières

    Nicolas Vidoni

    • Perrin
    • 26 Avril 2018


    La première synthèse sur la police d'Ancien Régime, acteur essentiel de la construction de l'Etat.

    Les forces de police entretiennent une histoire d'amour et de haine avec les populations qu'elles doivent servir et encadrer. Portées aux nues lorsqu'elles protègent, elles sont en partie rejetées lorsqu'elles contraignent. Cette dualité ne date pas d'hier ; pour mieux la comprendre, Nicolas Vidoni propose un essai sur la naissance et le développement des " politiques policières " pratiquées par les agents de la lieutenance de police de Paris entre 1667 et 1789.
    Forte de sa " capacité à agir " dans et sur l'espace urbain, la lieutenance a en effet réussi à s'imposer comme un des acteurs majeurs dans la ville d'Ancien Régime. Comprendre la police exercée par cette dernière revient donc à envisager une expérience forgée au contact de la ville capitale et sa population et qui remodèle finalement l'Etat royal. Cette histoire est enfin d'une grande modernité, puisque si les termes ont changé, la question du rapport entre police et population dans la cité reste d'une brûlante actualité. Mais au-delà de cette dimension politique - entendue au sens large - de la lieutenance, c'est bien son action pratique, donc le coeur de son activité, qui est le sujet de ce livre.
    Nicolas Vidoni est maître de conférences en histoire moderne à l'université Paul Valéry-Montpellier 3. Il est membre du Centre de recherches interdisciplinaires en sciences humaines et sociales (EA 4424). Ses travaux portent sur l'histoire des polices et l'histoire politique urbaine.

  • À la fois récit et essai philosophique, ces Réflexions furent le premier texte abolitionniste à être écrit au XVIIIe siècle de la main d'un ancien esclave africain. Publié en Angleterre en 1787, l'ouvrage de ce Rousseau noir est considéré outre-Atlantique comme un classique des " récits d'esclaves ". Méconnue en France, cette pièce essentielle de l'histoire de la conscience noire est enfin rendue disponible, rééditée ici pour la première fois depuis plus de deux cents ans dans une belle traduction originale du XVIIIe siècle.
    Cugoano raconte comment, jeune garçon, il fut enlevé sur les côtes de l'Afrique et déporté dans la colonie britannique de la Grenade. Il témoigne directement de la violence des razzias, des conditions terribles de la traversée, des traitements inhumains à bord des bateaux négriers et de l'enfer de l'exploitation sur les plantations. Au-delà du récit, Cugoano rédige un véritable acte d'accusation contre les nations esclavagistes : faute de s'insurger contre la traite et l'esclavage, tous les Européens sont complices de l'oppression des Africains déportés. Il signe ainsi au nom de l'Afrique exploitée un réquisitoire sans appel contre les cruautés de l'Europe coloniale, dont les accents de colère résonnent encore aujourd'hui d'un écho particulier. Autodidacte et lecteur scrupuleux de la Bible, Cugoano se propose en outre de réfuter les justifications de l'esclavage. En philosophe et exégète du texte sacré, l'ancien esclave démonte systématiquement chacun des arguments allégués pour justifier la domination de ses frères. Au-delà de l'indignation morale et de la condamnation politique, il entend triompher de l'oppression par la critique intellectuelle : retournant la langue du maître contre elle-même, réfutant la pratique des Européens par les principes mêmes dont ils se réclament.

  • Claire-Élisabeth Gravier de Vergennes (1780-1821), petite-nièce du ministre de Louis XVI, fille et petite-fille de guillotinés, proche de l'impératrice Joséphine, épouse en 1796, à seize ans, Auguste de Rémusat, collaborateur de Bonaparte. Après la proclamation de l'Empire, elle est nommée Dame du palais et son mari Premier chambellan de l'Empereur. Il le suit à travers l'Europe entière. Mme de Rémusat prend la plume et écrit à son mari absent. Entre 1804 et 1813, elle lui adresse près de deux cents lettres. Elle évoque sa vie quotidienne, entre lectures, réceptions, tâches domestiques, spectacles vus et aimés. On y ressent l'air du temps, la vie parisienne, les festivités impériales. Défile le gotha civil et militaire du régime... Plus subtilement, Mme de Rémusat est habitée par la mélancolie et l'inquiétude face à l'avenir. Elle comprend que le tourbillon d'une vie au coeur de l'Empire passera comme un songe ; la guerre, jetée partout en Europe, est à la fois la condition de l'Empire, sa gloire et sa chute promise, inéluctable. La qualité littéraire de l'épistolière s'ajoute à la vivacité de plume de la chroniqueuse des moeurs de l'Empire, pour faire de ce volume de correspondance un précieux témoignage autant qu'un journal intime au féminin, d'une sensibilité rare.

  • Je me passionne depuis longtemps pour les mal aimés du siècle des Lumières : Le Régent, Fouché, Talleyrand et bien d'autres. Peut-être à cause de leur pragmatisme ou, comme on voudra, de leur opportunisme. Car ils assurent ce lien fragile entre, libertinage et Terreur, monarchie et raison, Révolution et Empire, qui est de nature à aiguiser ma curiosité ! Ce fil, invisible repose sur une galerie d'extravagants personnages : un monstre sacré, Louis XIV ; un Roi malgré lui dominé par ses favorites, Louis XV; un homme droit et bon, mais sans caractère, Louis XVI. Comme toujours se révèleront dans l'époque ceux qui savent sous tous les régimes servir et se servir, ceux aussi qui, trop obéissants, finiront par périr comme les Girondins. Enfin, ce siècle créa la femme pour en faire l'avenir de l'homme. Cette période consacra, à travers les salons et les ministères, le rôle croissant des femmes dans la vie politique. De Thérésa Cabarrus à Joséphine de Beauharnais, que de comédiennes douées pour le pouvoir ! De Marie Antoinette à Mme Roland, que de tragédiennes héroînes de l'Histoire ou sacrifiées sur l'autel de la Raison ! Suivons les désirs, les illusions, les préjugés, les querelles, les errements de tous ceux et celles qui ont fait la Révolution sans le savoir, au fil de ce récit, qui peut parfois faire écho avec l'actualité. Jean-Pierre Jouyet

  • Alphonse Dupront a jeté un regard tout à fait neuf sur les Lumières. Concomitance de trois mouvements naissants : pré-Révolution française ; pré-révolution industrielle ; pré-romantisme, elles ont pour cadre l'Europe. Comme la Révolution française, elles s'intègrent dans un mouvement historique plus large, qui est, lui, la véritable Révolution : à savoir, des dernières décennies du XVIIe siècle à la mi-XIXe siècle, le passage d'une mythique traditionnelle (mythique de religion, de sacralités, d'autorité religieuse et politique) à une société des hommes indépendante, sans mythes ni religions.
    Monde animé par des tendances ou des cohérences collectives plutôt que par des doctrines et des constructions rationnelles, les Lumières ont leur part dans l'émergence de la société 'moderne', société sans passé ni traditions, du présent et tout entière ouverte vers l'avenir.
    Ce grand cours d'Alphonse Dupront, professé voilà quelque trente ans, a été le creuset du renouvellement historiographique de notre vision des XVIIIe et XIXe siècles.

  • Encens, musc, muguet ou eau de Cologne...
    Découvrez les parfums secrets des grands personnages de l'Histoire
    grâce à ce document insolite.
    Cléopâtre exigeait toujours une pluie de pétales de rose dans son bain, avant de se parer de parfums à base de jasmin, de myrrhe ou d'agrumes. A Versailles, Louis XIV aimait tant l'eau de fleur d'oranger qu'il n'hésitait pas à en verser dans les fontaines de ses jardins. " J'attends de vous que vous mettiez Trianon dans un flacon ", avait confié Marie-Antoinette à son parfumeur, Jean-Louis Fargeon. Celui-ci était prêt à tous les sacrifices pour satisfaire cette reine amoureuse du parfum des roses et des violettes. Quant à Napoléon, il se frictionnait généreusement chaque jour d'eau de Cologne. Certains prétendaient même qu'il en buvait plusieurs gouttes avant de livrer bataille !
    En mettant en lumière le goût des souverains pour les baumes et les parfums, Elisabeth de Feydeau s'écarte des descriptions officielles et dresse une galerie de portraits intimistes et inattendus.
    Des gants parfumés de Catherine de Médicis à L'Eau Impériale créée par Guerlain pour l'impératrice Eugénie, découvrez les secrets de beauté des reines et des princesses, mais aussi l'attachement des souverains à des parfums synonymes à la fois de séduction, de luxe et de pouvoir.

  • Des assauts fiévreux au château de Marly aux obsèques royales en la basilique de Saint-Denis, en passant par les peines de l'agonie, Jean et François Anthoine, ses serviteurs, nous font entrer dans l'intimité vécue, heure après heure, minute après minute, des derniers jours de Louis XIV. Leur récit, qui couvre du 10 aout au 23 octobre 1715, à la charnière de deux règnes, constitue un miroir de la monarchie et, plus largement, une parabole du pouvoir. On y retrouvera l'évidence des deux corps du roi. Ici, les souffrances endurées dans une extrême solitude par le Prince. Là, les ombres et remous de la Cour, la première apparition de l'enfant et dauphin de France, Louis XV, devant le Parlement de Paris et la nomination comme régent du Royaume du puissant duc d'Orléans. Enfin exhumée et offerte à la lecture du grand public, cette leçon magistrale, à la fois symbolique, historique, politique, revit et prend toute son actualité grâce au savoir lumineux d'Alexandre Maral qui en assure la présentation et le commentaire.

empty