• Il faut près de deux ans, entre mai 1794 et mars 1796, pour que la France tourne la page de l'insurrection vendéenne. Alors que se poursuit la «  guerre sans miséricorde  », les premiers pourparlers de paix sont initiés dès le printemps 1794.
    Cette pacification militaire et politique est un processus complexe qui conduit Républicains et Vendéens à mettre fin à un conflit particulièrement violent et meurtrier. Un tel acte de concorde, qui suppose la réintégration de la Vendée dans le cadre national, ne peut se concevoir sans compromis. Combattants et civils doivent accepter les conditions d'une paix singulière, afin de permettre la reconstruction économique, sociale et morale d'un territoire ravagé.
    L'histoire de France offre peu d'exemples de pacification d'une guerre civile. À partir de sources souvent inédites, Anne Rolland-Boulestreau explore l'aventure de la jeune République française en quête d'une paix nécessaire en Vendée.
     
     
    Anne Rolland-Boulestreau est maître de conférences à l'Université catholique de l'Ouest. Spécialiste de la période révolutionnaire, elle vient de soutenir une habilitation à diriger des recherches. Ses travaux portent sur les massacres de population en guerre civile et sur les modalités politiques de pacification. Elle a récemment publié Les Colonnes infernales (Fayard, 2015).

  • On n'écrit plus guère sur la Terreur. Cet épisode central de la Révolution française, l'un des plus mystérieux et des plus controversés, n'a cessé de hanter notre histoire contemporaine. Il a prêté à des interprétations nombreuses, inconciliables, souvent polémiques, rarement impartiales. Aucune, à ce jour, n'a pu en épuiser le sens et la portée.
    Cet ouvrage veut éclairer l'histoire de la Terreur en interrogeant ses origines, ses ressorts, ses modalités et la rhétorique qui lui tenait lieu de légitimité. Il décrit ce que doit la violence révolutionnaire à l'héritage de l'Ancien Régime. Il tente d'élucider la relation complexe entre Terreur et violence, entre idéologie et Terreur. Il clôt le débat sur la part des circonstances dans la dérive terroriste de l'an II.
    Instrument de la politique révolutionnaire, la Terreur ne se laisse pas enfermer dans des bornes chronologiques, écrit Patrice Gueniffey. Elle fait irruption dans le discours comme dans les pratiques dès 1789 : elle apparaît avec la Révolution pour ne disparaître qu'avec elle. Pourtant, on ne peut confondre les deux histoires. C'est en montrant ce qui les sépare qu'on découvre leur secrète parenté.

    Livre d'histoire politique, attentif aux évènements, aux idées, aux passions comme aux destins individuels, cet essai invite à relire l'histoire de la Terreur dans le langage serein de la vérité.Patrice Gueniffey, maître de conférences à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, est l'auteur notamment de Le Nombre et la raison. La Révolution française et les élections (1993).

  • La véritable histoire de la première circumnavigation à but exclusivement scientifique, celle du tour du monde de Bougainvile, à travers une documentation d'époque en partie inédite.
    Le voyage de Bougainville, de 1766 à 1769, constitue la première circumnavigation jamais réalisée dans un but uniquement scientifique. Une entreprise dont l'organisation doit à la personnalité exceptionnelle de Bougainville, qui, dès son adolescence, s'est découvert une vocation d'explorateur. Jeune officier, il se porte volontaire pour combattre au Canada, où il côtoie, fasciné, les tribus amérindiennes dont il se fait l'ethnographe. Quand Louis XV abandonne le Canada, Bougainville décide d'offrir à ses habitants français un nouveau
    territoire, aux îles Malouines, base pour la découverte du vaste continent dont on rêvait dans les hautes latitudes australes. Malheureusement, la couronne espagnole fait valoir ses droits et Bougainville doit quitter les Malouines. En compensation, le roi lui propose d'effectuer " un tour du monde " dont il pourra tirer un grand profit. Sur un fil conducteur de Dominique Le Brun, et à travers une documentation d'époque en partie inédite -; journaux de route, lettres, Mémoires et récits de Bougainville, ainsi que de ses compagnons -;, c'est cette extraordinaire épopée qui nous est racontée.
    Dominique Le Brun, auteur de nombreuses anthologies aux éditions Omnibus, a aussi publié une biographie de Bougainville.

  • Cette journée fut la seule dont la maîtrise aura échappé au Grand Roi, lui qui se voulait l'ordonnateur tout-puissant de son royaume. Interroger la portée de la mort de Louis XIV conduit à reconsidérer ce très long règne à l'aune du projet politique que ce prince avait lui-même conçu. Ce livre donne à comprendre ce qui s'éteint avec le Roi-Soleil et ce qui va perdurer de son oeuvre. Qu'est-ce qui fait la singulière grandeur du siècle de Louis XIV ? La gloire, le roi de guerre, l'"État machine", la fabrique d'une culture royale : ce souverain a élevé le prestige de la monarchie française au sommet de son rayonnement ; il a achevé d'installer l'appareil administratif de l'Ancien Régime en l'inscrivant dans le patrimoine génétique de nos institutions ; il a érigé les "mystères de l'État" en méthode de gouvernement et fait pénétrer l'éclat de sa figure sacrée jusque dans la plus humble chaumière. Ce fut une ambition démesurée que les épreuves finiront par dérégler. Quel contraste entre le jeune monarque, ardent réformateur des "années Colbert", qui imprime sa marque à toutes les formes de création dans l'effervescence d'un Versailles baroque et festif, et le vieux roi éprouvé par des guerres interminables, cabré dans la dévotion en pourchassant les ennemis de la foi ! La mort de Louis XIV clôt un chapitre de l'histoire de la royauté et en ouvre un autre : à l'aube du siècle des Lumières, c'est la "manière" de ce monarque, c'est aussi une certaine conception de l'autorité, qui meurent avec lui.

  • « Il y a quelque vertige à imaginer qu'au XVIe siècle, un morceau de corail rouge de Méditerranée, pêché en plein été au large de la Corse ou de la Sardaigne, ait pu achever sa course sur les contreforts enneigés de l'Himalaya, dans un atelier de taille cachemiri réservant ses plus belles pièces aux princes de la cour moghole. Telle est pourtant la réalité de ces réseaux de négoce à longue distance qui, dès l'aube de l'époque moderne, relient la Méditerranée orientale aux comptoirs de l'Asie portugaise via Lisbonne ou Alep. L'ouvrage de Francesca Trivellato retrace l'histoire au long cours des marchands sépharades de Livourne en Toscane qui ont bâti au XVIIe siècle, au prix d'alliances toujours précaires et de transactions souvent risquées, de vastes réseaux de "commerce interculturel" courant de la péninsule Ibérique au sous-continent indien. "Une histoire globale à échelle réduite" : il n'est pas sûr que les historiens aient pris, à l'époque de la parution de l'ouvrage, en 2009, toute la mesure de l'ambition novatrice de son auteure. Car ce dont il est ici réellement question, c'est d'un tour de force méthodologique, avec pour visée une réconciliation sans reniement entre "micro-histoire" et "histoire globale". En restant au plus près des sources, Francesca Trivellato rend à la "première mondialisation" ses méandres et ses visages. » Extrait de la préface de Romain Bertrand (CERI-Sciences Po) Traduit de l'anglais par Guillaume Calafat L'auteur Francesca Trivellato est professeur d'histoire économique et sociale de la Méditerranée moderne à l'université de Yale. Corail contre diamants a été couronné à sa publication aux États-Unis par le Prix 2010 Leo Gershoy de l'American Historical Association et le Jordan Schnitzer Book Award de l'Association of Jewish Studies.

  • Comment naît une langue nationale ? La Révolution française a été confrontée d'emblée au problème linguistique, dès lors que, fondant un ordre politique et social neuf, elle entendait rallier à son projet des masses patoisantes. Entre les projets fédéralistes de 1790 et les mesures jacobines de destruction décidées en 1793-1794, l'enquête sur les patois de l'abbé Grégoire tient une place stratégique. Sous les yeux des correspondants de Grégoire, pouvoirs, savoirs et croyances bougent ensemble. Dangereux et fascinant, le monde du patois est pour eux le proche mais l'autre. Dans la géographie des Lumières, un monde impensé surgit : la campagne. Qu'est ce peuple à qui la Révolution assigne désormais la mission de faire l'histoire ? Cette campagne, à la fois jardin des origines et noire réserve de l'animalité ? Comment mobiliser un savoir local au service d'un dessein politique : le triomphe du français, qui doit être celui de la Nation et de la Raison ?
    Paris dicte le geste qui retranche dans la marginalité et bientôt le folklore les cultures régionales.

  • 1775, Paris est en colère. Mme Montjean, femme d'artisan, aussi : les heures passées à coudre, à s'occuper de son foyer, des enfants... Elle veut vivre comme les aristocrates, être belle et désirable, connaître l'ivresse des sens. Mme Montjean vient de découvrir certains plaisirs libertins : pinceries, fouet et culottes déboutonnées... d'où son effervescence. Pendant deux ans, elle va faire tourner les têtes et va conduire son mari au bord de la ruine. C'est lui qui a tenu le journal sans équivalent de cette crise de conscience, prélude à la Révolution. Ce récit tragi-comique aurait pu inspirer une comédie de Marivaux. Mais, en nous plongeant dans l'intimité d'une héroïne singulière dont la révolte est toujours d'actualité, Arlette Farge, récompensée par le prestigieux prix international Dan David en 2016 pour l'ensemble de son oeuvre, nous donne un passionnant livre d'histoire, dans la lignée de ceux qui ont fait sa réputation (Le Gout de l'archive, Dire et mal dire ; Le Désordre des familles...).

  • Les dernières années de l'Ancien Régime en France voient la multiplication des fêtes, publiques ou privées. Les fêtes royales et princières d'abord, se perpétuent dans le faste et le spectaculaire, moyen pour la monarchie d'affirmer un pouvoir en butte à des critiques multiples.

    Les dernières années de l'Ancien Régime en France voient la multiplication des fêtes, publiques ou privées. Les fêtes royales et princières d'abord, se perpétuent dans le faste et le spectaculaire, moyen pour la monarchie d'affirmer un pouvoir en butte à des critiques multiples.

    Quant aux fêtes privées données chez les nobles et les financiers, elles sont de plus en plus extravagantes. Elles se déroulent souvent dans les folies, ces résidences élégantes

    et luxueuses répondant aux caprices de leurs propriétaires. Fuyant le sérieux philosophique pourtant en vogue, des sociétés affectionnent des scènes de travestissement et pratiquent à

    l'envi l'art du canular, de la supercherie et de la mystification. On assiste à des jeux parfois dangereux pouvant même basculer dans la transgression. Une telle frénésie devient le moyen de fuir une réalité qu'on ne peut ou qu'on ne veut percevoir, et dissimule aussi une inquiétude sourde. La hantise du chaos affecte certains esprits, alors même que l'idée de progrès est devenue un lieu commun du discours philosophique.

    En faisant revivre, à travers ces fêtes mémorables les derniers feux de l'Ancien Régime, Didier Masseau montre toute l'ambivalence de la société française à la veille de la Révolution.

  • Proposer une approche historique à la fois précise et synthétique des Lumières françaises. Tel est le projet de cet ouvrage. L'auteur propose d'articuler dans son texte histoire des idées et histoire culturelle afin de dégager les grands espaces de mutations de ce phénomène qui a abouti à la Révolution française.

  • Claire-Élisabeth Gravier de Vergennes (1780-1821), petite-nièce du ministre de Louis XVI, fille et petite-fille de guillotinés, proche de l'impératrice Joséphine, épouse en 1796, à seize ans, Auguste de Rémusat, collaborateur de Bonaparte. Après la proclamation de l'Empire, elle est nommée Dame du palais et son mari Premier chambellan de l'Empereur. Il le suit à travers l'Europe entière. Mme de Rémusat prend la plume et écrit à son mari absent. Entre 1804 et 1813, elle lui adresse près de deux cents lettres. Elle évoque sa vie quotidienne, entre lectures, réceptions, tâches domestiques, spectacles vus et aimés. On y ressent l'air du temps, la vie parisienne, les festivités impériales. Défile le gotha civil et militaire du régime... Plus subtilement, Mme de Rémusat est habitée par la mélancolie et l'inquiétude face à l'avenir. Elle comprend que le tourbillon d'une vie au coeur de l'Empire passera comme un songe ; la guerre, jetée partout en Europe, est à la fois la condition de l'Empire, sa gloire et sa chute promise, inéluctable. La qualité littéraire de l'épistolière s'ajoute à la vivacité de plume de la chroniqueuse des moeurs de l'Empire, pour faire de ce volume de correspondance un précieux témoignage autant qu'un journal intime au féminin, d'une sensibilité rare.

  • Je me passionne depuis longtemps pour les mal aimés du siècle des Lumières : Le Régent, Fouché, Talleyrand et bien d'autres. Peut-être à cause de leur pragmatisme ou, comme on voudra, de leur opportunisme. Car ils assurent ce lien fragile entre, libertinage et Terreur, monarchie et raison, Révolution et Empire, qui est de nature à aiguiser ma curiosité ! Ce fil, invisible repose sur une galerie d'extravagants personnages : un monstre sacré, Louis XIV ; un Roi malgré lui dominé par ses favorites, Louis XV; un homme droit et bon, mais sans caractère, Louis XVI. Comme toujours se révèleront dans l'époque ceux qui savent sous tous les régimes servir et se servir, ceux aussi qui, trop obéissants, finiront par périr comme les Girondins. Enfin, ce siècle créa la femme pour en faire l'avenir de l'homme. Cette période consacra, à travers les salons et les ministères, le rôle croissant des femmes dans la vie politique. De Thérésa Cabarrus à Joséphine de Beauharnais, que de comédiennes douées pour le pouvoir ! De Marie Antoinette à Mme Roland, que de tragédiennes héroînes de l'Histoire ou sacrifiées sur l'autel de la Raison ! Suivons les désirs, les illusions, les préjugés, les querelles, les errements de tous ceux et celles qui ont fait la Révolution sans le savoir, au fil de ce récit, qui peut parfois faire écho avec l'actualité. Jean-Pierre Jouyet

  • Alphonse Dupront a jeté un regard tout à fait neuf sur les Lumières. Concomitance de trois mouvements naissants : pré-Révolution française ; pré-révolution industrielle ; pré-romantisme, elles ont pour cadre l'Europe. Comme la Révolution française, elles s'intègrent dans un mouvement historique plus large, qui est, lui, la véritable Révolution : à savoir, des dernières décennies du XVIIe siècle à la mi-XIXe siècle, le passage d'une mythique traditionnelle (mythique de religion, de sacralités, d'autorité religieuse et politique) à une société des hommes indépendante, sans mythes ni religions.
    Monde animé par des tendances ou des cohérences collectives plutôt que par des doctrines et des constructions rationnelles, les Lumières ont leur part dans l'émergence de la société 'moderne', société sans passé ni traditions, du présent et tout entière ouverte vers l'avenir.
    Ce grand cours d'Alphonse Dupront, professé voilà quelque trente ans, a été le creuset du renouvellement historiographique de notre vision des XVIIIe et XIXe siècles.

  • Encens, musc, muguet ou eau de Cologne...
    Découvrez les parfums secrets des grands personnages de l'Histoire
    grâce à ce document insolite.
    Cléopâtre exigeait toujours une pluie de pétales de rose dans son bain, avant de se parer de parfums à base de jasmin, de myrrhe ou d'agrumes. A Versailles, Louis XIV aimait tant l'eau de fleur d'oranger qu'il n'hésitait pas à en verser dans les fontaines de ses jardins. " J'attends de vous que vous mettiez Trianon dans un flacon ", avait confié Marie-Antoinette à son parfumeur, Jean-Louis Fargeon. Celui-ci était prêt à tous les sacrifices pour satisfaire cette reine amoureuse du parfum des roses et des violettes. Quant à Napoléon, il se frictionnait généreusement chaque jour d'eau de Cologne. Certains prétendaient même qu'il en buvait plusieurs gouttes avant de livrer bataille !
    En mettant en lumière le goût des souverains pour les baumes et les parfums, Elisabeth de Feydeau s'écarte des descriptions officielles et dresse une galerie de portraits intimistes et inattendus.
    Des gants parfumés de Catherine de Médicis à L'Eau Impériale créée par Guerlain pour l'impératrice Eugénie, découvrez les secrets de beauté des reines et des princesses, mais aussi l'attachement des souverains à des parfums synonymes à la fois de séduction, de luxe et de pouvoir.

  • Qu'est-ce que l'opinion publique et comment s'est-elle formée dans nos sociétés européennes modernes ? Le premier axe de réflexion, historique, interroge le rôle de la police de la monarchie dans le contrôle, ou non, des discours et des informations, à travers les mesures concernant l´imprimerie. En outre, il donne à voir les différents visages de « l´opinion publique ». Le deuxième axe plus « philosophique » consiste à définir le sens même de « l´opinion publique » et la fonction qu´elle doit jouer (ou non) dans le but d´assurer la cohésion sociale. La Révolution donne au problème une intensité toute particulière.

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