Tallandier

  • Galère, bagne, garde-chiourme, taulard. Le vocabulaire d'aujourd'hui garde la trace d'une histoire de plusieurs siècles et symboliquement achevée lorsqu'en 1953 les derniers forçats sont rapatriés de Guyane. C'est aussi l'époque où s'applique l'ordonnance de 1945 relative à l'enfance délinquante qui clôt un processus de lente disparition des maisons de correction pour enfants. Et c'est encore le temps où, de manière définitive, disparaît « Biribi » qui désignait le tragique archipel des structures punitives de l'armée française en Afrique du Nord. Les lieux de punition étaient des camps forestiers non loin du Maroni, des îles en Nouvelle-Calédonie, Tataouine dans le Sud tunisien ou encore Mettray et Aniane en France pour les enfants et adolescents. Une géographie multiple venant après les bagnes portuaires de Toulon, Brest et Rochefort et laissant traces et vestiges. Et aussi quelques noms au cours des siècles : Vidocq, Louise Michel, « Papillon », Jean Genet, parmi tant de matricules anonymes. En reliant les lois, les lieux et les vies, ce livre présente des centaines de milliers de destins qui ont subi le temps des bagnes depuis l'Ancien Régime jusqu'au Second Empire et aux Troisième et Quatrième République. En restituant une longue mémoire, il parcourt une histoire des mentalités, décrit des tensions sociales et des représentations culturelles, contribue à l'histoire de la justice sur plus de deux siècles et pose des questions toujours d'actualité.

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