• Préparé par la vive fermentation du 15e siècle finissant et fécondé par les voyages d'exploration qui mettent le vieux monde occidental en contact avec d'autres civilisations, le 16e siècle apparaît comme une période riche d'événements, en conflits, en transformations et renouvellements politiques, économiques, philosophiques et artistiques. Avec lui naissent les Temps Modernes. Aux débuts de ce siècle, marqué par de hautes aspirations morales et philosophiques, succède une période de troubles - politiques et religieux - et de doutes à l'échelle européenne comme mondiale.
    L'époque n'en reste pas moins celle de la nouveauté : les moyens donnés à l'Europe pour dominer le monde, l'organisation de l'État dans un cadre national, l'affirmation de la conscience individuelle..., autant d'éléments que le Grand Siècle va établir et développer.

  • En contradiction avec l'image du personnage sédentaire que l'on garde trop souvent de lui, d'un souverain n'ayant pas ou presque pas quitté ses trois résidences successives (Paris, Saint-Germain et Versailles), Louis XIV fut un roi voyageur au cours de la plus grande partie de son règne.

    En contradiction avec l'image du personnage sédentaire que l'on garde trop souvent de lui, d'un souverain n'ayant pas ou presque pas quitté ses trois résidences successives (Paris, Saint-Germain et Versailles), Louis XIV fut un roi voyageur au cours de la plus grande partie de son règne.

    Suivant le Roi-Soleil jour après jour, lieu après lieu, dès sa première jeunesse et pendant plus d'un demi-siècle, Christophe Levantal montre qu'il se déplaça presque chaque année, parcourant non seulement la France mais aussi plusieurs pays étrangers. Voyageur persévérant et même endurant pour des motifs très variés (éducatifs, religieux, familiaux, politiques, diplomatiques, militaires ou d'agrément), il trouvait dans cette activité une façon à la fois différente et complémentaire de régner, de gouverner et de vivre.

    Chronologie et périodicité des déplacements, calendrier et horaires, météorologie, caractéristiques géographiques naturelles et artificielles, distances, moyens et vitesses de locomotion, repas, étapes et logements, visites et même accidents : le présent ouvrage propose une présentation et une analyse fouillées, cartes à l'appui, de ces voyages sous tous leurs aspects.


  • "Perdants" de l'Histoire, et, à ce titre, longtemps maltraités dans l'historiographie française, les dévots sont généralement ravalés à des clichés : catholiques fanatiques pendant les guerres de Religion, suppôts de l'Espagne sous le règne d'Henri IV, comploteurs invétérés sous celui de Louis XIII... Ils sortent enfin de l'ombre avec ce livre, fruit de rencontres organisées à l'Université Paul-Valéry Montpellier III par le Pr Serge Brunet. Les treize contributions retenues couvrent la majeure partie de la période moderne, de la fin du XVI

    e

    siècle au temps des Lumières. Elles reconstituent, tout d'abord, les affinités et les modes d'association des dévots, dans l'orbite de l'Oratoire, de Saint-Sulpice et de la Compagnie de Jésus. Elles approfondissent, ensuite, la question de leur engagement politique, à travers leur implication dans la querelle janséniste, leurs activités dans les provinces françaises, leurs liens avec l'Espagne, leur positionnement à l'égard de la monarchie absolue... Elles restituent, pour finir, leurs oeuvres spirituelles et charitables, en s'attachant à refléter la diversité de ces dernières : dons de reliques, missions rurales, assistance aux pauvres, évangélisation de la Chine.

  • Costume ou vêtement ? Écrire une histoire portant sur les dessus et dessous vestimentaires en Martinique répond à cette problématique. Si le terme costume semble approprié à bien des égards, le choix du terme de vêtement est plus adéquat dès lors qu'il englobe aussi bien ce qui est dessus que ce qui est dessous. Le système esclavagiste a-t-il empêché ou favorisé la culture des apparences au profit du groupe dominant ? Les groupes sociaux infériorisés, libre de couleur et esclave, ont-ils réussi à contourner ou à détourner les règlements à leur encontre afin de se valoriser socialement ou concurrencer économiquement par le paraître l'autre, le blanc ? S'appuyant sur nombre de sources primaires essentielles, l'ouvrage contribue à la connaissance de l'histoire culturelle de la Martinique.

  • Guerre et politique. Une relation en apparence bien connue qui, à travers la vie d'Adrien Maurice de Noailles, prend un tour différent, s'incarne. Cet homme oublié par la mémoire collective, issu de la haute noblesse, ce maréchal-duc, ministre de Louis XV, a passé sa vie entre des cabinets politiques et des champs de bataille. Cet homme pluriel au Siècle de Lumières nous permet de mieux comprendre une partie de l'organisation de nos sociétés, un des rôles de l'histoire.

  • Jean-Pierre Tardieu rapporte ici comment l'expédition organisée en 1792 sur ordre du gouverneur des territoires français de l'océan Indien, pour rapporter depuis Montevideo plus de 10 000 quintaux de blé et ainsi faire face à la disette qui menaçait l'Île Maurice (dite alors Île de France), éveilla dans la ville portuaire du Río de la Plata des sentiments divers - peur du ferment révolutionnaire français et appétits commerciaux - et comment cette expédition se solda par un échec.

  • Cet ouvrage se penche sur Acapulco et le galion de Manille, en tant qu'éléments incontournables du XVIIème siècle. Peu abordé, Acapulco, riche de son port, a toujours été sous-évalué, renvoyé à un rôle de faire-valoir sans intérêt. En fait, Acapulco fut une porte d'entrée vers l'Asie, mais aussi le lieu d'un vigoureux échange entre les ports d'Amérique centrale et du Sud (principalement avec le royaume du Pérou). Préludant à la mondialisation actuelle, les relations entre Acapulco, Manille, la ville de Mexico et l'Espagne, sont analysées avec brio.

  • L'histoire de l'installation des premières colonies françaises sur la côte Est de Madagascar aux XVIIe et XVIIIe siècles n'a suscité que peu d'études. Après avoir épluché le courrier administratif et les rapports d'exploration de la période, l'auteur montre que l'échec de ces tentatives est dû à la faiblesse structurelle des établissements français, minés par les hésitations de la politique coloniale et par les conflits internes entre colons et commerçants. Ces éléments vont davantage contribuer à leur échec que les fièvres et l'opposition des autochtones, généralement tenues pour responsables.

  • Au XVIIe siècle, Vincent de Paul envoie des membres de sa congrégation, les Lazaristes, évangéliser le sud de l'île de Madagascar. Cet ouvrage, qui reprend tous les documents de cette période, permet de mieux connaître la population malgache de cette époque, de voir les divergences qui existaient entre les autorités politiques et les missionnaires et de rendre compte des différents problèmes auxquels ces derniers étaient confrontés.

  • Saint-Simon, penseur fécond et original, avait prophétisé l'avènement d'une nouvelle société. Devait se substituer à l'ordre ancien le règne des savants, des artistes et des industriels, pour la paix et une prospérité sans précédent. Grâce à la coopération de toutes les classes sociales, « la classe la plus pauvre et la plus nombreuse » sortirait de sa condition. Ses disciples créeront la religion saint-simonienne, dont le versant rationnel et technique sera mis en place sous le Second Empire. Robert B. Carlisle nous raconte la genèse de cette aventure qui influencera notre politique industrielle.

  • Paru initialement en 1887-1890, en douze fascicules formant deux volumes de plus de 400 pages, avec 60 gravures couleur hors-texte, le Calendrier Républicain illustré par Métivet et commenté par Catulle Mendès est une occasion unique de se replonger dans ce calendrier qui gouverna le temps en France durant une quinzaine d'années de la Révolution au Consulat. Chaque mois était divisé en 3 décades, soit 30 jours. Ils correspondaient à une période de l'année : Vendémiaire : des vendanges ; Brumaire : des brouillards et brumes ; Frimaire : du froid sec ou humide ; Nivôse : de la neige qui blanchit la terre ; Pluviôse : des pluies qui tombent avec plus d'abondance ; Ventôse : des giboulées et du vent qui vient sécher la terre ; Germinal : de la germination et de la montée de la sève ; Floréal : de l'épanouissement des fleurs ; Prairial : de la récolte des prairies et de la fécondité ; Messidor : des moissons dorées qui couvrent les champs ; Thermidor : de la chaleur solaire et terrestre qui embrase le sol ; Fructidor : des fruits que le soleil dore et mûrit. Les noms des jours de la décade sont :1er jour : primidi ; 2e jour : duodi ; 3e jour : tridi ;4e jour : quartidi ; 5e jour : quintidi ; 6e jour : sextidi ; 7e jour : septidi ; 8e jour : octidi ; 9e jour : nonidi ; 10e jour : décadi (jour de repos).
    Catulle Mendès illustre, avec brio, cette année de calendrier au fil des mois et des décades, de tranches de vie qui se déroulent au coeur de la Révolution, de Vendémiaire à Fructidor.

  • Cet ouvrage propose une approche du phénomène convulsionnaire janséniste en suivant l'histoire d'une secte particulière, celle des "Fareinistes", depuis ses débuts dans l'Ain autour des années 1780, jusqu'à son enracinement à Paris autour d'une prophétesse convulsionnaire, la "soeur Elisée". Les faits et leur contexte historique (entre jansénisme rural et urbain, Révolution française, millénarisme et prophétisme) sont précisément décrits. Un questionnement parcourt l'ouvrage : comment expliquer ces « délires » religieux ? L'approche anthropologique et sociologique, privilégiant les faits de culture et d'histoire, est confrontée avec les théories psychiatriques.


  • L'histoire porte sur Louis XVI un jugement qui reste très souvent négatif, véhiculant la légende d'un roi mou et incapable, fuyant ses responsabilités au profit d'activités manuelles jugées indignes d'un monarque. Ces a priori ont occulté le fait que, loin d'être le benêt de la caricature, Louis XVI possédait une éducation et une culture étonnantes. Passionné de géographie, il a été l'instigateur de l'expédition Lapérouse. Les après-midi de Louis XVI nous révèle un autre visage du roi, à la lumière de ses activités scientifiques et artistiques mais aussi humaines et sociales.

  • Dans ce livre qui rend hommage à Bachalou Nondichao, célèbre traditionniste béninois, l'auteur retrace l'histoire du Danhomè (Dahomey) sous le règne de Kpengla. Né vers 1735, le prince Yansunu accède au trône le 17 mai 1774. Roi sous le nom fort de Kpengla, il y reste jusqu'à sa mort survenue le 17 avril 1789. Son pouvoir est caractérisé par des guerres menées contre des régions voisinesou plus lointaines, des activités économiques largement dominées par la production agricole et une tolérance religieuse avec la présence du christianisme et de l'islam à Agbomè (Abomey).

  • Par l'ouverture à un nouvel horizon d'attente tourné vers l'avenir, l'affirmation des droits naturels face aux dominations héritées du passé, de la primauté de l'acquis sur l'inné, les Lumières apparaissent aujourd'hui comme le moment fondateur d'une nouvelle pédagogie émancipatrice : nouvelle par ses finalités, ses acteurs et ses méthodes, nouvelle également parce qu'elle prépare l'avènement d'un monde nouveau. C'est pourquoi ce numéro interroge la notion d'innovation en pédagogie à la fois comme créativité théorique et comme démarche concrète s'inscrivant dans des contextes pédagogiques, politiques, nationaux ou encore sociaux bien précis. Se pencher sur l'héritage des Lumières dans sa diversité, du XIXe au XXI e siècle, invite ainsi à une réflexion sur les usages de cette notion pour l'histoire de la pédagogie.

  • Après deux siècles de troubles et d'assujettissement qui marquèrent la région forestière, Gbéngbédou émerge et se constitue en une monarchie de type coutumier. Il s'impose alors comme l'une des forces politiques et militaires émergentes du pays Kissi dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Mais dans une cohabitation forcée avec le colonisateur, l'exceptionnel destin de la monarchie est alors brutalement stoppé dans son évolution. L'épisode d'une « Révolution » impitoyable consacra le drame vécu par ce peuple et marquera le couronnement d'une époque, la fin d'une épopée et la chute d'une dynastie.

  • La découverte de l'Amérique fut un événement majeur de l'histoire de la chrétienté. Durant tout le XVIe siècle, les Rouennais et les Cauchois s'imposèrent comme des interlocuteurs privilégiés de certains peuples du Brésil ; les Normands finirent par nouer des liens d'amitié avec la tribu des Tupinambas. Les marins ont rapporté croquis et dessins de cette population et de la végétation luxuriante. Les premiers motifs à s'imposer dans la sculpture décorative savante de la Renaissance sont les masques à plumes, que l'on retrouve par exemple sur les riches tombeaux des cardinaux d'Amboise à la cathédrale de Rouen. Croisant récits de voyage, histoire du commerce normand, histoire générale, l'auteur part sur la piste des traces "indiennes" encore jamais étudiées pour ce qui touche au domaine populaire en Normandie.

  • L'histoire de l'ancienne bibliothèque du Roi est bien connue grâce à la magistrale étude de Léopold Delisle parue au XIXe siècle. À cette époque, le manuscrit anecdote édité ici n'appartenait pas encore
    aux collections publiques et L. Delisle n'a pu en avoir connaissance. Il présente trois intérêts majeurs, celui d'avoir été écrit au début du XVIIIe siècle et de faire état de manuscrits aujourd'hui disparus,
    celui de mentionner l'état des reliures, elles aussi disparues au XIXe siècle et celui enfin de fournir de précieuses indications de provenance qui manquèrent à Delisle. Jean Boivin, qui entra en 1698 à la bibliothèque du Roi comme commis aux manuscrits, fit ensuite une brillante carrière à l'Académie des inscriptions et belles-lettres.

  • Brandies comme un étendard ou accusées d'être la cause de tous les maux, les Lumières exacerbent les passions. Pour beaucoup synonymes d'émancipation, de combat pour la démocratie et les droits de l'Homme, elles se trouvent en même temps, depuis leur émergence, sous le feu de critiques nourries. La période contemporaine ne fait pas exception à la règle. Les termes du débat et les interprétations semblent même aujourd'hui tellement embrouillés que les Lumières en arrivent à être régulièrement considérées comme étant en contradiction avec leurs principes supposés. Elles seraient impérialistes, oppressives, colonialistes. La question du droit d'inventaire, qui émerge dès 1789 avec l'éclatement de la Révolution française, se pose avec une acuité nouvelle. Comme le montrent les études réunies dans le premier des deux volumes consacrés à cette question, les enjeux des controverses sur les Lumières sont inséparablement théoriques et pratiques, scientifiques et politiques.

  • La dernière biographie en français de Guillaume III remonte à l'année 1880. Son auteur, Arthur de Lort de Sérignan, s'attachait uniquement à la carrière militaire de son modèle. Depuis cet ouvrage, aucun historien français ne lui a consacré de biographie. Ce « mortel ennemi » de Louis XIV méritait-il un tel ostracisme ? Certes, historiens anglais et néerlandais ont depuis longtemps rendu justice à leur grand homme. Il était donc temps de se rapprocher du Prince, d'autant que cet immense épistolier rédigeait en français : Pour que cet homme d'État renaisse, il suffit de le lire.

  • L'Ordre des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, plus connu sous le nom de l'Ordre de Malte, constitue une organisation chevaleresque des plus importantes dans l'Histoire de l'Europe. Cette recherche, qui puise dans des manuscrits inédits du Vatican, de l'Ordre à Malte et à Rome, de même qu'à d'autres sources inédites à plusieurs endroits en Italie et en Grèce, reconstitue la vie du chevalier-frère Antonio Bosio, brutalement mort en 1530. Interlocuteur priviliégié de l'empereur germanique, du pape, des rois d'Angleterre et de France, il mena une vie digne d'un roman. Et pourtant, personne ne lui avait jusqu'à présent consacré un article ou un livre.

  • Un Muuntu à Rome : histoire d'un ambassadeur du roi Koongo au Vatican ; XVIIe siècle Nouv.

    Les relations diplomatiques entre le royaume de Koongo et le Saint-Siège sont riches et très anciennes. L'auteur lève le voile sur ces années florissantes du royaume mais aussi sombres à cause de l'esclavage introduit par les Portugais et les Espagnols.

  • Comment nous est venue la notion de l'univers infini?? Quelle place ce concept et le combat qu'il déclencha tiennent-ils dans la formation de notre modernité, dans l'avènement du mouvement des Lumières, entendu comme la dissolution des obscurantismes religieux?? Ces questions conduisent à Giordano Bruno, le philosophe voyageur qui refusa d'abjurer et défendit, jusqu'au bûcher, à Rome en 1600, l'idée d'un ciel peuplé d'innombrables soleils entourés de planètes, brisant dans une même démarche pugnace les sphères de Ptolémée, les carcans dogmatiques des religions et la morgue des pédanteries régnantes. Ce citoyen du monde mit en question tout ce qui paraissait acquis et combattit les superstitions, les affabulations chrétiennes, les bigots, les pouvoirs de droit divin et leurs sbires en s'attirant les foudres inquisitoriales de trois cultes.
    Cet essai rend hommage à celui qui, avant Galilée, fut l'un des premiers «?cosmologues?» modernes. Il retrace sa vie errante et mouvementée à travers l'Europe pour la défense de ses pensées complexes et considérables. Il rend évidente l'influence de celles-ci durant le XVIIe?siècle, dans les recherches de Kepler, Galilée, Newton, mais aussi dans les débats philosophiques avec Descartes, Pascal, Spinoza et les libertins érudits qui annoncent les Lumières. Son oeuvre ne concerne pas seulement la matière, le ciel et ses infinis, elle interroge l'existence humaine, l'expression poétique, la religion, la philosophie, le langage, l'esprit de tolérance...
    Écrit comme un roman et un grand reportage, ce panorama permet de saisir l'origine des idées de notre système du monde et de notre place en son sein, que de nouveaux obscurantistes veulent mettre en pièces. Cette fresque aux élans philosophiques, empreinte d'un humanisme intense, écrite avec l'encre fastueuse de cette époque au verbe coruscant, est marquée du sceau de l'admiration de Jean Rocchi pour le Nolain et de la tristesse que son sort funeste lui inspire. Une leçon pour les temps présents...

  • Une approche purement scientiste du corps n'est pas en mesure de rendre compte ni de la complexité des processus de guérison ni de la frontière entre santé et maladie. L'attitude psychologique du patient joue un rôle aussi important que le remède administré. A travers l'analyse de textes et d'auteurs peu exploités, Roberto Poma se livre à une étude originale et interdisciplinaire visant à clarifier l'étrange rationalité de la médecine magique au seuil des Lumières.

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