Robert Laffont

  • Séduire au risque d'en mourir : tel fut le sort de plusieurs héroïnes de ce livre dont le rôle politique sous la Révolution s'acheva sur l'échafaud. Ainsi d'Olympe de Gouges ou de Mme Roland...
    On l'a oublié ou négligé : de grandes figures féminines tentèrent d'infléchir le cours de la Révolution dans un sens ou dans un autre. La plupart s'efforcèrent d'influencer des hommes politiques du temps - de là leur nom d'" égéries " - faute de pouvoir se faire entendre à la tribune et participer aux grandes décisions. Une revendication que les révolutionnaires ne cessèrent d'étouffer. Et pourtant, n'étaient-ce pas les femmes qui avaient ramené le roi de Versailles à Paris ou contribué à la chute de la monarchie ?
    Voici l'histoire de la Révolution vue sous un autre jour, expliquant, entre autres, le renoncement du duc d'Orléans à la régence après la fuite du roi ou la chute inattendue de Robespierre le 9 Thermidor.
    Dans les coulisses de la scène politique, ne fallait-il pas chercher l'égérie ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Le 4 juillet 1776, les treize colonies anglaises d'Amérique proclamaient leur indépendance. La jeune nation n'était pas, pour autant, assurée de son existence. Le roi George III s'était promis de réduire leur rébellion et la force était de son côté : à ses mercenaires aguerris, les colons ne pouvaient opposer que des cohortes indisciplinées et mal équipées. Les insurgés - on disait plutôt les Insurgents - ne pouvaient trouver d'aide qu'en Europe. Mais auprès de qui ? Leurs amis étaient sans pouvoir, les monarques peu soucieux de soutenir des républicains en révolte. Quelques hommes vont, à eux seuls, ou presque, faire basculer le destin. Et, parmi eux, trois personnages-clés : le comte de Maurepas qui, sans exercer aucune fonction officielle, est le conseiller le plus intime du jeune roi Louis XVI ; le comte de Vergennes, ministre des Affaires étrangères ; enfin, remuant, surprenant, irritant, encombrant, brillant comme Figaro, Pierre Augustin Caron de Beaumarchais. Les deux premiers mettront deux ans à convaincre un monarque réticent que l'entrée en guerre aux côtés de l'Amérique serait, pour la France, l'occasion inespérée d'effacer l'humiliation de la guerre de Sept Ans. Le troisième met au service de la cause des Insurgents son enthousiasme, sa générosité, son goût de l'intrigue. Trompant la vigilance de l'ambassadeur d'Angleterre et de ses agents, il met sur pied une formidable contrebande d'armes, via les Antilles, sans compromettre le roi... et le plus souvent sans être payé. Ce sont les armes de Beaumarchais qui équipent l'armée de Washington lorsque celle-ci remporte, à Saratoga, en octobre 1777, un premier et surprenant succès. Les Américains sont sauvés et le roi de France peut s'allier à eux. Pendant les mois cruciaux qui avaient précédé, le complot pour l'Amérique avait été le miracle dont les Insurgents avaient besoin, le maillon décisif dans la chaîne de la liberté.

  • En exploitant des sources nouvelles, l'auteur confirme ce que les uns pressentaient et que les autres redoutaient : la première République, née au son du canon de Valmy, mais aussi dans la fumée des massacres de septembre 1792, s'est enfoncée dès ses débuts dans un bourbier de corruption et de sang.

  • Septembre 1792 : vingt-trois jours après l'émeute du 10 août qui a renservé le trône constitutionnel de Louis XV, des attroupements, plus ou moins incontrôlés, entreprennent de purger les prisons de Paris. Des simulacres de tribunaux populaires se forment. Les condamnés sont exécutés sur-le-champ, non sans quelques raffinements de cruauté, par des patriotes armés de sabres, de piques et de massues. En vingt-quatre heures, plus de 900 prisonniers sont immolés sur l'autel de la Révolution triomphante, et près de 400 autres au cours des quatre journées suivantes. 70 % des victimes étaient des détenus de droit commun. Les autorités politiques et municipales ont laissé faire. Longtemps enveloppés de brouillard par l'historiographie, les massacres de Septembre apparaissent aujourd'hui comme ce qu'ils ont été : un acte de violence totale, à la fois irrationnelle et stratégique. Loin d'être accidentelle, cette violence s'inscrit dans la logique profonde du phénomène révolutionnaire enclenché en 1789 : une logique de l'élimination. On ne saurait opérer un tri entre la gloire et l'ignominie. Comme le proclamait Clemenceau : La Révolution française est un bloc, un bloc dont on ne peut rien distraire, parce que la vérité historique ne le permet pas.

  • À la veille de la Révolution française, 40 000 juifs vivent en France. Minées de l'intérieur, en proie à de graves dissensions internes, ces communautés sont confrontées au double défi posé par la diffusion de l'idéologie des Lumières et la politique d'uniformisation de leur statut mise en oeuvre par le pouvoir royal. Loin d'être un acquis de la Révolution, ou une conséquence de la proclamation de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, l'octroi des droits civils aux juifs, est l'aboutissement d'un long processus, entamé et en partie mené à bien, par l'Ancien Régime. À bien des égards, la chute de l'Ancien Régime eut des conséquences funestes pour les juifs de Bordeaux et de Bayonne, dont les droits furent repris puis confirmés par un décret du 28 janvier 1790. Moins heureux, les juifs de l'Est durent attendre le 27 septembre 1791 pour que les promesses qui leur avaient été faites par Necker soient tenues. Redevenus citoyens, les juifs ne furent pas épargnés par la campagne antireligieuse et la Terreur. Plusieurs d'entre eux périrent sur l'échafaud, victimes de leurs opinions politiques. Rabbins et chantres abjurèrent et célébrèrent le culte de la Raison. Prenant le contrepied de bien des idées reçues, le livre de Patrick Girard dérangera tous ceux qui s'en tiennent à une vision figée de la Révolution française. Au-delà du rappel des faits, il pose la question de l'aptitude des sociétés révolutionnaires à prendre en compte la spécificité d'une communauté aux contours singuliers et complexes.

  • Chronique de la Terreur... Traitant de la justice révolutionnaire, telle qu'elle s'exerça de septembre 1792 à juillet 1794, jamais un historien n'avait entrepris de l'illustrer dans les faits, mois après mois, jour après jour, en mettant en oeuvre les dossiers de la police, documents incontestables dans leur simplicité même. Jean-François Fayard, juriste et historien universitaire, a mené l'enquête, dont voici les surprenantes conclusions. Fouquier-Tinville, accusateur public du tribunal révolutionnaire, eut à trancher 5343 cas. Grandes affaires politiques - celles de Marie-Antoinette, des Girondins, de Danton, de Hébert, de Robespierre, enfin. Affaires relevant effectivement d'actes contre-révolutionnaires - mais elles ne furent pas plus de 580. Et les autres ? Dans la plupart des cas ? À Paris et en province, ce qui est jugé révolutionnairement, ce sont propos ou attitudes estimés hostiles à la Révolution, le plus souvent sur délation. Et là, ce ne sont ni les politiques ni les aristocrates qui sont condamnés, mais n'importe qui. Un homme a appelé son chien Citoyen ; une femme a réclamé à sa voisine un rouet : un sectionnaire a compris roi... Ainsi, le Tiers-État fournit soixante et onze pour cent des condamnés à la guillotine, contre vingt pour la noblesse et neuf pour le clergé. Ainsi va la Terreur. Comme il est montré dans cet ouvrage, qui remet bien des idées reçues à la place qui leur revient.

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