Labor et Fides

  • Petit dictionnaire de théologie Nouv.

    Dans ce petit dictionnaire alerte et précis, l'auteur tente de cerner les contours du christianisme et de la théologie en prenant également en compte leur dimension éthique. Le pari se veut de définir avec concision et indépendance plus de 150 mots de base dont la combinaison permet de saisir quelque chose de l'essence du christianisme. Écrit par un seul auteur, un tel ouvrage porte inévitablement la marque d'une subjectivité singulière, mais il débouche aussi sur une forte recherche de cohérence et de consistance. Toutes les définitions proposées ne puisent pas à une même conception classique de la théologie  ; certaines se veulent même délibérément provocantes et dissidentes, afin de stimuler de nouvelles créativités, aussi éloignées de la répétition de la tradition que des modes en cours. Le lecteur est ainsi invité à reconstruire lui-même, à partir des thèmes esquissés, la possibilité d'une identité et d'une conviction fortes.
     

  • Alors que, dans nos sociétés occidentales, la pratique religieuse traditionnelle s'effondre, la spiritualité, quant à elle, jouit d'une faveur toujours plus grande. Mais qu'est-ce que la spiritualité? Comment situer celle se réclamant du christianisme dans ce qui est devenu une véritable nébuleuse? En se mettant sur les traces de Jésus et en explorant la mémoire culturelle des premiers témoins, on tentera de dégager quelques traits essentiels de leur vie spirituelle. On découvrira alors que la spiritualité chrétienne est une spiritualité de la relation où la reconnaissance, le bonheur, la justice, la liberté, la foi et la prière jouent un rôle primordial. Mais c'est également une spiritualité qui construit un rapport au monde, à la nature, au temps, à la mort tout à fait original et souvent occulté dans la longue histoire de l'Église.

  • Un coeur sans rempart est une invitation poétique à vivre l'expérience quotidienne de la méditation chrétienne. À tous petits pas sont abordées les principales étapes que traverse habituellement celui qui désire donner ainsi corps à sa vie spirituelle. En proposant de courts textes magnifiquement écrits et délaissant volontairement le vocabulaire religieux « traditionnel », Marie-Laure Choplin nous offre un splendide voyage spirituel qui atteint le lecteur au coeur.

  • La mort

    Eberhard Jüngel

    Eberhard Jüngel, éminent théologien de notre temps (né en 1934), se penche sur le thème de la mort. Cette thématique est d'abord envisagée dans une perspective anthropologique large, en dialogue avec la médecine et la philosophie, comme une «  énigme  ». Dans un second temps, Jüngel propose une réflexion biblique et théologique sur la mort comme «  mystère  ». Interroger la mort, c'est interroger la vie - notre vie. Qu'est-ce que la mort  ? Une réalité à la fois tout à fait personnelle (notre mort), mais aussi tout à fait étrangère. Elle n'est toutefois pas que «  ma  » mort, mais aussi celle d'autrui  : elle est un fait  social, dont les incidences sur nous-mêmes sont indéniables. Théologiquement parlant, la mort de Jésus est l'événement de la rencontre entre l'être de Dieu et l'être de la mort  : Dieu y assume la négation de la mort. Si la mort de Jésus-Christ a quelque chose à voir avec nous, c'est parce qu'elle concerne également Dieu  : en Jésus, Dieu même n'en est pas indemne. Loin d'être «  réconcilié  » par la crucifixion de Jésus, au sens où Dieu passerait de la colère au pardon, Dieu ôte à la mort sa puissance de négation et de séparation, donnant à l'être humain d'avoir part à sa vie même. D'abord paru en 1971, dans le contexte des théologies de la «  mort de Dieu  », cet ouvrage, très lu dès sa parution mais jamais traduit jusqu'ici en français, n'a rien perdu de sa pertinence

  • Dans ce recueil de courts textes, denses et poétiques, Marie-Laure Choplin égrène des situations quotidiennes, des rencontres anodines, des moments en apparence banals  ; elle laisse affleurer ses impressions, ses douleurs, ses doutes, ses révoltes, ses joies aussi. Le lecteur parcourt, comme autant d'étapes sur un seul chemin, ce qui fait une vie et ses petits riens. Mais par-delà ces riens, l'auteure nous plonge en réalité dans ce qui constitue le coeur des évangiles  : une attention aiguë portée aux choses et aux êtres, un regard sans cesse renouvelé sur le monde, une capacité à se décaler, se mettre en retrait, s'interroger, bref donner à la vie une autre chance, et surtout  : s'adosser au message de ce Jésus, à la fois si frêle et si puissant.
    Une lecture qui remet la foi déliée de ses artifices au coeur de nos vies.
     

  • L'évidence de Dieu Nouv.

    Le fanatique est souvent la mauvaise conscience des croyants  : lui, au moins, ne doute pas. On condamne peut-être son impatience ou son intolérance, mais plus rarement sa certitude. Bien sûr, le doute est parfois valorisé comme nécessaire à la fortification ou à la purification de la foi. Peut-on aller plus loin et dire que le doute structure la foi de l'intérieur  ? Dans ce cas, il n'y aurait pas seulement une croyance religieuse, mais également un doute religieux. Se pourrait-il alors que la personne la plus religieuse ne soit pas celle qui croit le plus  ?
    C'est cette hypothèse qu'explore ce livre  : l'évidence de Dieu, qui structure la vie de celles et ceux qu'on appelle des croyants, est caractérisée en premier lieu par le doute et non par la certitude. Que croire religieusement en Dieu, c'est d'abord douter.
    En prenant au sérieux cette hypothèse, Anthony Feneuil développe un modèle conceptuel de la foi à première vue surprenant, mais dont il montre qu'il traverse la tradition chrétienne, et tire quelques conséquences pour la compréhension contemporaine de la foi et le refus qu'elle implique de trop croire à ses propres croyances.
     

  • Il s'agit, dans ce commentaire, de lire et faire lire un Jonas du début du IIIe siècle avant notre ère écrit en Judée hellénistique aux prises avec des questionnements nouveaux sur la fonction et la valeur de la mémoire prophétique en voie de canonisation. L'intérêt du récit en mer et à Ninive porte à chaque fois, non sur un discours prophétique à peu près absent, mais sur une discussion de l'agir du Dieu de l'univers en rapport avec la parole donnée à Israël et confiée au prophète. La fréquentation des littératures égyptiennes et grecques suggère des auteurs qui soient des litterati à proximité du temple de Jérusalem au moment où ils décident de canoniser ou non, et comment, leur bibliothèque prophétique, encore utile ou non, lorsque les catégories d'histoire, de réel, se mettent à envahir ce qui fut longtemps le seul domaine de la mémoire conçue comme cultuelle.
     

  • Mozart

    Karl Barth

    À l'occasion des 200 ans de la naissance de Mozart, le célèbre théologien Karl Barth propose trois courts essais magistraux sur cette figure mythique.
     
    «  Contrairement à celle de Bach, la musique de Mozart n'est pas un message  ; à l'inverse de celle de Beethoven, elle n'est pas une confession personnelle. Dans sa musique, Mozart ne proclame pas de doctrine, il ne se proclame pas lui-même. (...) Il se contente de chanter. Ainsi, il n'impose rien à l'auditeur, il ne l'accule à aucune décision, il n'exige de lui aucune prise de position  ; simplement, il le libère. Il procure la joie à celui qui se laisse faire. (...) Se contentant de l'humble rôle d'interprète, il resitue le message qu'il a reçu  : ce que la création de Dieu fait pénétrer en lui, fait éclore en lui et essaie de rayonner par lui.  »Karl Barth

  • En 1895, Elizabeth Cady Stanton réunit un comité de vingt femmes pour réécrire la Bible. Elles découpèrent les passages qui parlaient des femmes, et les commentèrent selon leurs convictions. Que deviendrait une entreprise de réécriture de la Bible au XXIe siècle par les femmes ?
    Ce livre réunit à nouveau un comité d'une vingtaine de femmes théologiennes, protestantes et catholiques francophones (européennes, africaines et québécoises). En profitant des découvertes en sciences bibliques et grâce aux questions critiques féministes, les auteures développent une dizaine de thématiques majeures liées
    aux femmes, en mettant en évidence comment des textes bibliques peuvent être lus à frais nouveaux.

  • Résurrection : un autrement que voir Nouv.

    Le témoignage des évangiles sur la résurrection de Jésus, Yéshoûa" le Nazarène, peut se lire tel une Haggâdâh (narration impliquant son lecteur) comparable à celle du Séder pascal chez les Juifs. Elle culmine sur le récit du doute de Thomas, dans lequel les évidences du voir se renversent en un «  autrement que voir  » - Dire subtil pointant vers l'Ouvert, l'Intangible, le Retrait signifiant du Transcendant. Dans sa controverse sur la résurrection avec des sadducéens qui en ridiculisent l'idée, Yéshoûa" met en avant le nom des patriarches, suscités à un sens d'être nouveau lors de leur rencontre du Tout-Autre. Ce motif du nom - porté par le langage apocalyptique - est aujourd'hui éclairé par la psychanalyse  : le nom propre est l'abri symbolique du sujet vivant dans le lieu de son corps. Ce qui est relevé à la résurrection n'est pas le corps, mais le nom  !
     

  • Ces écrits sur la liberté de Jacques Ellul, pour moitié inédits, fournissent un panorama de la vie et de la pensée d'un homme à la fois entier et aux multiples facettes. Le professeur de droit et l'historien, l'intellectuel et le chrétien délivrent un message commun : la liberté, en réclamant toutes les libertés, se coupe de son origine (Dieu le Libérateur), de son cadre (le commandement de Dieu) et de son but (manifester l'amour). Devenue mensonge, elle menace l'équilibre du monde naturel et celui du monde social. Plus que jamais, chacun doit choisir entre la puissance et la liberté - c'est-à-dire entre le bien-être et l'ascèse, l'illusion et la lucidité, l'émancipation illimitée et la sagesse... Ou encore : quel dieu veut-on servir ? Celui de la Technique, de l'Économie et de l'État, le Dieu Efficacité qui réduit l'homme au rang des objets qu'il consomme - ou celui d'Abraham, de Moïse et de Jésus-Christ, le Dieu Amour qui appelle l'homme à vivre la vraie liberté en relation avec Lui, le prochain et la Création ?
    Bénéficiant de récentes découvertes, les trente-deux textes s'enrichissent d'extraits de notes inédites de cours et de conférences. L'appareil critique veut être utile aussi bien aux connaisseurs d'une oeuvre foisonnante qu'aux lecteurs qui découvrent le penseur protestant.

  • Qui invoque et donne la bénédiction  ? Pour qui  ? En vue de quoi  ? Comment peut-on la considérer  ? A-t-on «  droit  » à une bénédiction, ou est-ce réservé à certaines personnes  ? Doit-on la mériter  ? Y a-t-il une «  force  » attachée à des paroles particulières, à des gestes, voire à des objets bénis? Où tombe-t-on dans les succédanés superstitieux, voire l'exploitation de la crédulité  ? À toutes ces questions et à bien d'autres, Élisabeth Parmentier tente de répondre, et de mieux cerner l'attraction exercée par cet étrange désir d'être béni.
     

  • Partir à la rencontre de Jean Baptiste, à la recherche du personnage historique ou dans l'intention de mesurer et de comprendre sa signification dans la vie de Jésus et dans la pensée des premiers chrétiens, oblige à faire l'inventaire des ressources permettant d'en reconstruire la personne et l'oeuvre. On se trouve alors devant cinq portraits attribués à Marc, Flavius Josèphe, Matthieu, Luc et Jean.
    Tous originaux et fort différents les uns des autres. Céline Rohmer et François Vouga entreprennent de dégager les traits propres à chacun, d'en proposer une interprétation théologique et d'en comprendre la portée historique. Jean Baptiste, aux sources offre une traversée scripturaire et livre une recomposition de la figure du Baptiste souvent présentée comme celle d'un précurseur

  • à la garde

    Daniel de Roulet

    À 97 ans, la mère de l'auteur annonce qu'elle va mettre fin à ses jours. La date et l'heure sont fixées. Pendant les quinze jours qui précèdent cette mort programmée, l'auteur adresse une lettre quotidienne à son père, pasteur décédé six ans plus tôt. Né à Genève et de tradition calviniste, ce père admet volontiers qu'on peut perdre la foi, mais moins volontiers qu'on manque de réponse face au scandale de la mort. Dans l'abondante littérature pastorale depuis Gide, la figure du pasteur est celle d'un être tourmenté et peu sympathique. L'auteur rend hommage à son père pour avoir su exercer un ministère si différent. Ainsi, la culture calviniste qu'il lui a transmise apparaît pour le fils comme l'apprentissage en douceur d'un monde sans Dieu ni Maître.

  • Cet écrit est l'essai de penser l'ébranlement de notre civilisation de l'oubli de Dieu, d'une part, la conscience de la présence agissante de Dieu dans le cours du monde, d'autre part. Oubli de Dieu  : Dieu n'appartient pas à la réalité du temps présent. Non seulement les sciences de la nature n'en ont pas besoin pour expliquer l'origine et l'évolution du monde  ; de manière tout empirique, la plupart de nos contemporains mènent leur vie sans aucune référence à Dieu. Et dans notre civilisation où tout paraît faisable, il n'y a pas de place pour Dieu. Ébranlement de notre civilisation  : par le choc du réel. Il concerne la Terre, la société, les personnes. Il se traduit par un cri. Notre génération  : la génération du cri. Quelle est la signification de ce cri, par-delà son appel à un sens de la vie, à la justice entre les humains, à un salut - une résilience - dans la perdition  ? Le cri est ici interprété comme un nouveau commencement, à portée oecuménique et donc pour toute la Terre habitée, en train de se produire. Il tient à la réinvention du nom de Dieu.
     

  • Violence, argent, sexualité, jugement  : derrière son image souvent consensuelle, le Nouveau Testament cache pourtant bien des sujets complexes et problématiques. Comment comprendre aujourd'hui l'intransigeance de Jésus  ? Que faire des passages de Paul sur les femmes ou l'homosexualité  ? Comment lire la violence de certains propos du Nazaréen  ? Simon Butticaz aborde ici toutes les questions qui fâchent, et propose de relire les passages litigieux à la lumière des dernières recherches en Nouveau Testament.
     

  • «  Ces ossements peuvent-ils revivre  ?  » Inspiré par cette question tirée de la vision des ossements desséchés dans le livre du prophète Ézéchiel (Ez  37,3), Robert W. Jenson, figure importante de la théologie contemporaine, penseur à la fois luthérien et oecuménique, se demande si les ossements de la «  doctrine chrétienne  » (c'est-à-dire de l'enseignement chrétien) ont un avenir. Dans ces leçons de théologie données à l'Université de Princeton, il distille la quintessence de son long labeur théologique. Il s'agit d'introduire des personnes peu au fait de la théologie chrétienne (mais des personnes plus expérimentées tireront elles aussi profit de ses réflexions) aux thématiques centrales du christianisme  : Israël, l'événement pascal, l'être humain créé à l'image de Dieu, le «  salut  », pour ne citer que ces thèmes.
    Le pari de Robert W. Jenson pour ses lecteurs  : «  Faire goûter un peu de théologie chrétienne, cet aliment inhabituel, dans l'espoir qu'ils puissent la trouver savoureuse.  »
     

  • Une étude complète nous est proposée sur l'histoire et l'actualité du ministère pastoral. Elle prend en compte ses évolutions récentes (sa féminisation) et des questions actuelles (les conditions matérielles, l'homosexualité), à partir de témoignages de pasteurs des Églises luthériennes et réformées des pays francophones d'Europe. L'ouvrage voudrait également inscrire les potentialités et la crise du pastorat dans «  le temps long  » de la réflexion historique et théologique, tout en étant attentif aux questions les plus contemporaines. Son ambition est de parler de la réalité du ministère pastoral, afin de sortir des deux travers que sont son idéalisation et sa dévalorisation, lesquelles contribuent à perdre de vue l'originalité, mais aussi la vulnérabilité de ce métier vocationnel. Il suggère enfin des pistes pour mieux vivre le pastorat et aider à la croissance des Églises, en étant attentif à l'écoute de soi et des autres, ainsi qu'à la diversité des dons et des ministères.
      L'ouvrage est illustré par des dessins de Tiki, théologien, caricaturiste et figure connue des médias allemands.
     

  • Après avoir lu ce livre, vous ne boirez plus votre vin comme avant. Au-delà de la terre et de la vigne, de la cave et de la bouteille, il vous aura fait découvrir au fond de votre verre des mondes dont vous ne soupçonniez peut-être pas même l'existence.
    Assemblage de huit auteurs, avec huit perspectives et huit approches, il dévoile un peu des mystères du vin. Une moitié de réflexions porte sur la valeur du vin, de la vigne et des vignerons au sein du judéo-christianisme, sur l'ivresse de Noé, sur les paraboles viti/vinicoles de Jésus, sur leur relecture par les premiers théologiens, sur l'eucharistie et la cène.
    Mais il fallait l'équilibrer. Et c'est fait grâce à la mythologie grecque avec ce goût particulier d'un vin créateur plutôt que créé et deux cépages venus de nouveaux mondes, ceux d'un vin sans alcool islamo-compatible et d'une spiritualité biodynamique, liée à la nature et à ses rythmes.
    À consommer sans modération.
     

  • Ce texte, totalement inédit, est la seconde partie de l'ouvrage classique de Jacques Ellul Le Vouloir et le Faire. En dialogue critique avec Karl Barth et les barthiens, mais aussi avec Luther et Calvin, Reinhold Niebuhr ou Paul Ricoeur, le professeur de Bordeaux déploie ici sa pensée éthique dans différentes directions : le rapport entre dogmatique et éthique ; la compréhension de la Bible comme un livre, non pas de réponses, mais de questions ; le motif de « l'analogie de la foi » comme grille de lecture des textes bibliques ; une approche dialectique du rapport entre Loi et Évangile ; la thèse d'une éthique sans obligation ni sanction ; le statut de l'amour dans l'éthique ; et le rapport entre relations longues et relations courtes.
    Ces développements, toujours corrosifs et stimulants, enrichissent considérablement l'oeuvre connue jusqu'alors de Jacques Ellul, en éclairant d'un jour nouveau son rapport singulier aux Écritures, qu'il considère comme les sources vives de l'éthique chrétienne.

  • Alors que le protestantisme semble piégé dans les débats éthiques entre maudire et bénir les évolutions de la société, il peut être fructueux de redécouvrir avec un regard d'aujourd'hui les réflexions et la méthode d'André Dumas (1918 - 1996).
    Professeur de philosophie et d'éthique à l'Institut protestant de théologie de Paris, figure de la génération formée - comme Paul Ricoeur, Georges Casalis, Jacques Ellul ou Jacques Maury - par la Résistance et les débats sur la guerre d'Algérie, marqué par Karl Barth et vulgarisateur de Dietrich Bonhoeffer, il accompagne, à partir des années 1960, le protestantisme français dans ses prises de position ouvertes et utiles dans les débats sur la contraception, l'avortement, la PMA, la fin de vie, mais aussi le dialogue avec la gauche ou l'écologie.
    Ce premier ouvrage d'importance sur une pensée incontournable à son époque, aujourd'hui oubliée, remet à disposition, dans un dialogue avec les débats actuels, les gestes d'une éthique qui consiste à « habiter la vie » : embarquée dans la réalité, empathique aux personnes, créative, côte à côte avec la Bible. Cette éthique démocratique - qui sait se proposer sans s'imposer - répond aux défis de l'ultramodernité où les religions retrouvent des opportunités pour se faire entendre dans le débat public. Ce livre est une invitation à ressaisir ces gestes pour reprendre la parole.

  • Jésus de Nazareth

    Jens Schröter

    Que pouvons-nous savoir sur l'homme Jésus de Nazareth  ? Ce livre du célèbre bibliste Jens Schrter se concentre sur la vie du prédicateur vagabond de Galilée, fermement enraciné dans les traditions juives de son temps et devenu la figure centrale du christianisme. Grâce aux dernières recherches archéologiques ainsi qu'aux nouvelles perspectives académiques, l'auteur propose une image vivante et parfois renouvelée de Jésus, de son travail en Galilée et de son exécution à Jérusalem. Le livre ne se termine toutefois pas avec la mort de Jésus, mais explique également les débuts de la croyance en Jésus comme «  Christ  », ainsi que les premières interprétations de sa personne dans les écrits canoniques et non canoniques.

  • Le Psaume  119 - le plus long du psautier, le plus sophistiqué aussi dans sa forme acrostiche - est souvent tenu pour une litanie répétitive et redondante, s'abritant sans fin sous le couvert d'un éloge de la Tôrâh. Or en enfermant un tel psaume dans le carcan de l'ennui ou dans l'idéal de perfection de la prière, on en manque la perspective. Car le Psaume  119 ne traduit pas une louange béate de la Loi, mais la grâce de cette Loi - révélée au gré de subtiles modulations, qui appellent à la responsabilité de notre engagement dans leurs traces.
    Une traduction entièrement nouvelle, une interprétation à même la littéralité de sa lettre, rendent au Psaume  119 sa voix inimitable qui ouvre déjà à la sollicitation midrashique. Cette voix rejoint celle de Jésus dans le Sermon sur la montagne  : «  Pas un yod, pas un point de la Loi ne passera...  » Elle rejoint aussi l'engagement résistant d'un Dietrich Bonhoeffer qui n'a cessé de la méditer aux heures les plus noires de la dernière guerre. À nous de l'écouter aujourd'hui.
     

  • éthique

    Dietrich Bonhoeffer

    L'Éthique du théologien Dietrich Bonhoeffer, opposant au régime nazi et entré dans une conjuration contre Hitler, fut écrite dans les années 1939/1940 à 1943, alors que l'auteur était déjà surveillé par la Gestapo. Interrompue par l'arrestation de Bonhoeffer le 5 avril 1943, c'est une oeuvre inachevée, dont il nous est resté quelques fragments. L'importance de ces esquisses provient non seulement du caractère dramatique de leur contexte historique, mais de leur profondeur théologique. Ces réalités terrestres peuvent et doivent être prises en compte par le chrétien. C'est la raison pour laquelle Bonhoeffer peut réhabiliter ce qu'il nomme «  la vie naturelle  » dans ses diverses manifestations, telles le corps, la transmission de la vie, la culture. Si l'attentat contre Hitler du 20 juillet 1944 échouera, ce projet d'une éthique à la fois lucide et courageuse restera.

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