Minuit

  • « Léontes est-il fou ? Je ne le crois pas : je crois que c'est le personnage le plus sensé de cette pièce de fous. Car il a raison d'accuser sa femme et Polixènes ; il a raison de se repentir brusquement à l'annonce de la mort de son fils, car la trahison d'Hermione ne valait pas cela.
    Hermione et Polixènes ont été, absolument, infidèles, de la pire des infidélités qui est celle de la tendresse. Cette innocence qu'ils proclament se fonde sur la question de savoir : L'ont-ils fait ou ne l'ont-ils pas fait ? Sans doute aurait-il mieux valu qu'ils l'eussent fait, "dans l'escalier, sur une malle ou derrière une porte". J'ai envie de croire, avec Léontes, qu'un bébé peut naître d'attouchements des mains et des lèvres, en tous les cas dans un conte d'hiver. Quoiqu'il en soit, il a bien raison de croire que cet enfant ne lui appartient pas : le flirt auquel ils se livrent sous ses yeux pendant neuf mois en a transféré la propriété. » (B.-M. K.) Cette traduction par Koltès du Conte d'hiver de Shakespeare est parue en 1988.

  • Helene

    Euripide/Bollac

    • Minuit
    • 18 Novembre 2020

    Hélène, la plus belle des femmes, promise à un prince d'Orient par la déesse de l'amour, a été dédoublée par une déesse rivale. C'est son fantôme qui s'est enfui avec Paris, qui a provoqué la guerre de Troie, qui est retourné ensuite auprès de Ménélas.
    La vraie Hélène a été transportée par Hermès sur les bords du Nil, à la cour du roi Protée, auquel a succédé son fils Théoclymène, lequel veut l'épouser. Mais voici que Ménélas fait naufrage sur ces rives et découvre cette femme inconnue qui est la sienne. Il saura la ramener à Sparte avec la complicité de la soeur du roi, Théonoé, et des frères d'Hélène, les Dioscures.
    La traduction de Jean Bollack repose sur une révision en profondeur du texte grec. La signification de chaque vers est replacée dans l'élan du discours original avant d'être transférée dans l'espace de notre entendement contemporain.

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