Fayard

  • Baudelaire écrit en 1851 cette étude savante et voluptueuse sur l'alcool et le haschisch.
    Il révèle la puissance créatrice et la force destructrice, les illusions et les charmes sinistres de ces deux substances addictives, comparées comme moyens de multiplication de l'individualité.

  • « Si quelque doute pouvait s´élever sur ses autres conséquences, on reconnaîtra du moins qu´aucune passion ne fait le visage plus hideux. [...] Revêche, hargneux, tantôt pâle de tout le sang qui reflue et en est chassé, tantôt rougeâtre par la concentration de la chaleur et de la vie sur la figure, avec ses veines gonflées, ses yeux tantôt tremblants et sortant de l´orbite, tantôt fixes et hallucinés. Ajoute les dents qui s´entrechoquent et cherchent à dévorer quelqu´un, avec un grincement semblable à celui du sanglier agitant ses défenses... »Dans son traité sur la colère, rédigé pendant son exil en Corse, en 41 après Jésus-Christ, Sénèque se propose d´analyser les mécanismes psychologiques de la colère et ses effets au quotidien, sur le plan individuel comme sur le plan politique (en particulier dans le contexte de l´Empire romain après la mort de Caligula).Allant à l´encontre de la pensée d´Aristote, qui fait de la colère une vertu sans laquelle l´âme demeure inerte, Sénèque présente la colère comme l´envers de la réflexion et de la raison. En faire un usage raisonnable lui paraît ainsi absurde. Il la décrit comme un « gouffre pour les âmes » : si elle parvient à ses fins, elle mène à l´orgueil ; si elle échoue, elle conduit à la folie.Partant du principe qu´il est impossible de résister à ses passions, mais que l´on peut leur fixer une limite, Sénèque suggère d´apprendre à refréner sa colère, tout en prenant en compte le caractère de chacun : tout le monde ne réagit pas de la même manière face à la violence, la terreur ou la honte ; même si tous, âges et peuples confondus, font face à ce sentiment. Pour cela, il faut connaître la colère, enquêter sur ses méfaits, reconnaître ses manifestations, et la « faire passer à la barre ».Notre édition reprend le livre III du traité De la colère, qui revint sur les principaux arguments des deux premiers livres dont Sénèque était insatisfait, en y ajoutant des éléments fondamentaux.Ce thème est abordé en classe de terminale en philosophie. Edition établie d´après Les OEuvres de Sénèque, Garnier frères, 1860-1861. Seule édition disponible : De la colère, Société d'Édition « Les Belles Lettres », collection Des Universités De France (CUF), Association Guillaume Budé, 1962, 35 EUR.

  • Virgile, notre vigie

    Xavier Darcos

    • Fayard
    • 29 Mars 2017

    L'oeuvre poétique de Virgile, qui vécut au tournant du premier siècle de notre ère en Italie, a traversé les siècles et fasciné les plus grands esprits de l'histoire. Comment expliquer cette longévité ? Outre le charme subtil et vibrant de sa langue, pourquoi ressentons-nous l'impression de nous ressourcer en lisant l'Enéide ou les Géorgiques ? Sans doute parce que Virgile est une vigie pour notre époque tourmentée, comme le démontre Xavier Darcos avec érudition, générosité et finesse. En latiniste émérite, féru de poésie et connaisseur intime du monde antique, il nous donne à comprendre et à entendre cette oeuvre majeure aux échos sonores et actuels : vivre en harmonie dans une nature magnifiée, ancrer la paix dans un récit fédérateur, trouver le sacré autour de nous, exalter les vertus chez l'homme et notamment la fides, ce sens de la loyauté si capital dans le monde romain. En parcourant ce livre dense et alerte, on mesure à quel point lire Virgile aujourd'hui, loin d'être un passe-temps suranné, est sans doute un des moyens d'analyser les tumultes de notre temps et d'en percevoir les remèdes possibles. Membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences morales et politiques, universitaire et homme public, plusieurs fois ministre et ambassadeur, Xavier Darcos est l'auteur d'essais sur l'école, ainsi que de nombreuses publications consacrées à la poésie française, à l'histoire littéraire et à la latinité.

  • Remèdes à l'amour le confirme, si besoin est, il manque à l'art d'aimer un volet indispensable et douloureux : l'art de "désaimer", peut-être le plus difficile à pratiquer.

  • La littérature latine

    Pierre Grimal

    • Fayard
    • 9 Novembre 1994

    Phénomène lié à une société humaine, une littérature apparaît puis, après quelques siècles, s'étiole et disparaît. Les efforts d'innombrables philologues, depuis quatre siècles au moins, ont eu pour résultat de dégager une certaine image de la littérature latine. Il existe, sur chaque auteur, une vulgate, qu'il nous appartient de résumer ou d'exposer. Mais cela ne saurait nous dispenser d'apporter au moins quelques autres points de vue, en désaccord avec elle. C'est pourquoi l'on trouvera, le plus souvent possible, après les thèses traditionnelles et les idées reçues, des conceptions différentes, destinées à provoquer la recherche.

  • La Lettres aux amis est passionnante à plusieurs titres : elle est un témoignage exceptionnel sur l'individu Platon et sur sa traversée d'une Histoire périlleuse. Elle met aussi en oeuvre le premier modèle historique d'une véritable "autobiographie philosophique" dans laquelle est soulevée la question fondamentale de l'influence de la réflexion théorique de la vie du monde. Que valent l'écrit et le mot lorsqu'ils ne s'accompagnent pas d'une véritable réflexion et de la vie sage qui en découle?

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