Éditions Thélème

  • La correspondance de Marcel Proust avec sa mère constitue à la fois une véritable biographie de l'écrivain, mais aussi et surtout une porte ouverte sur tous les éléments d'une vie sublimée par l'oeuvre À la Recherche du temps perdu, où on retrouve le narrateur sous un aspect parfois drôle, et souvent provocateur. La sélection de lettres que proposent les Éditions Thélème dresse le portrait vif d'un auteur pour qui "la littérature, c'est la vie".

  • Sur la lecture est un petit texte de Marcel Proust, qui servit de préface à la traduction du livre Sésame et les lys de Ruskin. Il propose une introduction à la lecture, par le biais de la description d'une journée d'enfance en compagnie d'un « livre préféré ». Proust refuse de voir dans la lecture une communication avec le monde, un accès à l'extérieur, c'est au contraire la rencontre avec soi-même que met en place la confrontation avec les mots d'un autre.

  • Paul et Virginie est un roman de Bernardin de Saint-Pierre, écrit en 1787. Ce texte est aujourd'hui un grand classique réunissant les thèmes de l'amour impossible et de l'ailleurs exotique et sublimé. Deux femmes se retrouvent par le hasard de la vie à l'île de France, et doivent élever seules leurs enfants. Elles décident qu'ils grandiront ensemble, et ainsi Paul et Virginie sont comme frère et soeur. Mais l'innocence et la pureté des lieux les engagent à l'adolescence vers des sentiments d'une plus grande profondeur. Face à cette situation, la mère de Virginie envoie sa fille en France pour étudier. Le jour où Virginie doit revenir, Paul l'attend, mais le bateau fait naufrage devant ses yeux.

  • Don Quichotte

    Miguel Cervantes

    Don Quichotte est le sans doute le roman espagnol le plus connu et le plus lu au monde. Sa publication remonte à 1605 pour la première partie et 1615 pour la seconde. Le récit se présente comme le fruit de recherches en archive et l'auteur s'invite volontiers dans la narration, ce qui en fait un roman moderne, considéré comme précurseur. Les aventures de Don Quichotte de la Manche décrivent un héros tour à tour comique, touchant, rêveur, fabuleux et courageux, qui est devenu aujourd'hui un véritable archétype littéraire.

  • Victor Hugo publie en 1827 sa pièce Cromwell qu'il présente comme le premier drame romantique. S'inspirant de l'art théâtral de Shakespeare, il propose une démarche nouvelle débarrassée des conventions passéistes de la tragédie, dont principalement celle de l'unité de temps, de lieu et d'action. Le drame raconte une histoire réelle, les héros sont humains et le vil côtoie le noble. L'espoir peut se transformer en actions, en tentatives de jouer son propre destin, mais le héros romantique est souvent maudit car la société et le peuple, qui font alors leur entrée sur scène, imposent une forme de fatalité et empêchent les hommes de réaliser leurs désirs. Cette conception de la nouvelle littérature fait l'objet de la Préface à Cromwell, où Victor Hugo explique la nécessité de refléter la société moderne telle quelle est : la scène de la vie, grotesque et misérable, noble et pleine d'espoir. Ce court texte rappelle les différents âges de la littérature et signe la rupture définitive qu'opère le Romantisme tel que Victor Hugo le fonde ici par écrit, et tel qu'il se révélera lors de la bataille d'Hernani, en 1830. C'est le mouvement littéraire qui réunira sous son drapeau des auteurs tels que Chateaubriand, Lamartine, Musset, Sand, ou encore Nerval...

  • Les Misérables de Victor Hugo, paru à partir de 1862, est l'un des romans les plus connus de la littérature française. Jean Valjean, Cosette, les Thénardier et leur Gavroche, ou encore Javert sont autant de noms qui résonnent au-delà de l'histoire qui les a fait naître. Ces misérables de Paris et de la province française sont décrits à la fois comme des archétypes du genre humain, mais aussi comme les produits d'une société génératrice de pauvreté, d'ignorance et désespoir. Fantine, le premier des cinq tomes qui composent Les Misérables, raconte l'ascension d'un ancien bagnard, Jean Valjean, et la chute d'une fille-mère, Fantine, qui finit par se tuer pour nourir son enfant, Cosette.

  • Le Portrait de Dorian Gray a été rédigé en 1890 puis complété en 1891. Ce roman fantastique est à la fois un manifeste esthétique et un récit moral. Bien qu'Oscar Wilde y développe l'idée d'un art dégagé de toute éthique, le jeune Dorian Gray va faire face à sa conscience morale à travers son portrait qui porte à sa place les traces de sa perversité et la décadence que le temps inflige aux esprits les plus purs. Prix du meilleur livre audio - Prix du public 2010

  • Que vis-je ! Face à face, dans cette cour où ils ne s'étaient certainement jamais rencontrés (M. de Charlus ne venant à l'hôtel Guermantes que dans l'après-midi, aux heures où Jupien était à son bureau), le baron ayant soudain largement ouvert ses yeux mi-clos, regardait avec une attention extraordinaire l'ancien giletier sur le seuil de sa boutique, cependant que celui-ci, cloué subitement sur place devant M. de Charlus, enraciné comme une plante, contemplait d'un air émerveillé l'embonpoint du baron vieillissant.  

  • « Le pépiement matinal des oiseaux semblait insipide à Françoise. Chaque parole des 'bonnes' la faisait sursauter ; incommodée par tous leurs pas, elle s'interrogeait sur eux ; c'est que nous avions déménagé. » M. Proust

  • C'est à la brillante cour des Valois que se noue et se joue la passion de la princesse de Clèves et du duc de Nemours. Passion tacite, et qui ne s'exprime longtemps que par des signes : un portrait dérobé, la couleur d'un vêtement au tournoi, la soudaine émotion d'un visage. Passion tragique, aussi, dont la mort est la conséquence imprévue. Si La Princesse de Clèves, lors de sa parution en 1678, est le livre le plus immédiatement commenté de son époque, c'est que, sans rompre totalement avec le roman antérieur, il y introduit le souci de vraisemblance et de brièveté qui caractérise alors la nouvelle, et concilie de manière neuve narration et psychologie. La Princesse de Clèves est l'oeuvre la plus célèbre de Marie-Madeleine de La Fayette. Son succès fut immense dès sa publication en 1678, ce roman est considéré comme un prototype du roman d'analyse psychologique.

  • Qu'il est troublant ce paysage de l'innocence enfantine aux émois féminins, du giron d'une mère chérie aux passions dévorantes ! De la confession de cette jeune fille naissent tendresse et émotion, comme a su si précisément les décrire Marcel Proust. Retraçant toute une époque de fastes, de riches dîners et de mondanités, il sonde et démasque les coeurs. De l'indifférence blessante à la jalousie sournoise, les sentiments sont traqués jusqu'en leurs profondeurs les plus intimes. Dans un climat d'insouciance et de frivolité, l'amour est conçu comme une incurable entrave au bonheur, peut-être une malédiction de laquelle seule la mort peut libérer. Ces nouvelles sont extraites du recueil Les Plaisirs et les jours.

  • Que celui qui pourrait écrire un tel livre serait heureux, pensais-je, quel labeur devant lui ! Pour en donner une idée, c'est aux arts les plus élevés et les plus différents q'il faudrait emprunter les comparaisons ; car cet écrivain, qui d'ailleurs pour chaque caractère en ferait apparaître les faces opposées, pour montrer son volume, devrait préparer son livre, minutieusement, avec de perpétuels regroupements de force, comme une offensive, le supporter comme une fatigue, l'accepter comme une règle, le construire comme une église, le suivre comme un régime, le vaincre comme un obstacle, le conquérir comme une amitié, le suralimenter comme un enfant, le créer comme un monde sans laisser de côté ces mystères qui n'ont probablement leur explication que dans d'autres mondes et dont le pressentiments est ce qui nous émeut le plus dans la vie et dans l'art.

  • "La décroissance du jour me replongeant par le souvenir dans une atmosphère ancienne et fraîche, je la respirais avec les mêmes délices qu'Orphée l'air subtil, inconnu sur cette terre, des Champs Élysées. Mais déjà la journée finissait et j'étais envahi par la désolation du soir. Regardant machinalement à la pendule combien d'heures se passeraient avant qu'Albertine rentrât, je voyais que j'avais encore le temps de m'habiller et de descendre demander à ma propriétaire, Mme de Guermantes, des indications pour certaines jolies choses de toilette que je voulais donner à mon amie."

  • Amok

    Stephan Zweig

    Médecin européen exilé dans une contrée reculée et tropicale depuis sept ans, la visite d'une anglaise élégante et fière subjugue l'homme et déstabilise le médecin. Elle sollicite un service délicat, une " affaire de femme " et propose une belle somme mais l'homme est blessé. Elle part. Comment réparer son refus ? Il se lance maladroitement à sa poursuite. Il racontera la suite de son aventure sur le bateau qui les ramène en Europe.

  • À bord d'un paquebot qui relie New-York à Buenos Aires, la présence d'un champion du monde d'échecs intrigue, de réputation rustre et vénal, Mirko Csentovic serait doué uniquement devant un échiquier. Durant cette longue traversée le narrateur, amateur d'échecs, décide d'organiser des parties afin d'observer le personnage. Un inconnu, discret et élégant intervient alors et met en difficulté le maître, comment a-t'il acquis une telle maîtrise du jeu ? Stephan Zweig écrit cette longue nouvelle alors qu'il fuit le nazisme...

  • Les passages les plus emblématiques de La Recherche du Temps perdu sont lus par Valérie Bonneton, Denis Lavant et Laurent Natrella de la Comédie-Française.
    Douze saynètes sont croquées avec finesse et humour, le récit est parfois émouvant, souvent piquant et même un peu leste mais toujours subtil. Une façon de se plonger dans l'univers proustien avec légèreté grâce au talent des acteurs.
    Enregistré au Théâtre de l'Athénée Louis Jouvet le 2 décembre 2019.

  • Saint-Petersbourg, un fonctionnaire devenu petit rentier, s'adonne à une introspection à l'adresse d'interlocuteurs muets. Bavard inoffensif ou pervers déroutant, il explore ses propres petitesses, se décrit tour à tour comme vil, malade et méchant puis se reprend, s'absout, visite son passé. Enlisé dans l'inaction, l'oisiveté l'entraîne vers des sentiments amers envers ses semblables, sa conscience l'accable mais il avance en forcené solitaire.
    "L'homme normal... J'envie cet homme. Je ne le nie pas : il est bête. Mais, qu'en savez-vous ? Il se peut que l'homme normal doive être bête."
    F. Dostoïevski

  • - 50%

    Dans une pension de famille de la Côte d'Azur très "comme il faut", l'épouse d'un client honorable disparait avec un jeune français très apprécié jusqu'à cet évènement qui trouble la petite communauté. Seul le narrateur cherche à nuancer l'opprobre bientôt rejoint par une anglaise âgée et distinguée qui sans approuver le geste semble moins outrée que les autres. Cette discussion les rapprochera au point qu'elle lui confiera une aventure passée dont elle n'avait jamais parlé et qui dura Vingt-quatre heures.

empty