Anthropologie

  • Le présent ouvrage rassemble les contributions majeures données depuis trente ans par Jacques Poumarède. Ce professeur émérite d'histoire du droit à l'Université de Toulouse-Capitole est un spécialiste des coutumes successorales du Sud-ouest. Médiéviste reconnu, il s'est aussi ouvert à des approches sociologiques et anthropologiques d'institutions plus récentes. Il a pour cette raison présidé l'Association française d'anthropologie du droit. Il demeure un chercheur actif dans des champs variés dont témoignent les cinquante articles que compte ce volume. Jacques Poumarède n'a cessé pendant toute sa carrière de défricher des approches originales, élargissant son propos initial à des regards croisés tant sur les institutions familiales que judiciaires et administratives jusqu'à nos jours. Il a tenu à croiser son regard avec ceux d'autres observateurs critiques de notre société, Foucault, Bourdieu, mais aussi avec des exégètes de la féodalité et de l'Ancien Régime (Alain Guerreau, Perry Anderson...). On découvrira dans ce volume trois chapitres consacrés à l'histoire des droits familiaux et patrimoniaux tant pyrénéens que français, tandis que deux autres chapitres abordent une problématique plus politique, celle de la justice et celle du pouvoir. Rénovateur de sa discipline, Jacques Poumarède nous invite en dernier lieu à réfléchir sur les diverses manières d'écrire l'histoire du droit.

  • Identifiés comme des perpétrateurs de violences, les « mauvais sujets » peuvent aussi en être la cible. Les processus de (re)production de la violence par des individus qui la subissent ont souvent été analysés en termes de traumatisme. S'intéresser aux catégorisations locales face aux discours politiques permet d'éclairer une partie des enjeux autour non plus des figures de « mauvais sujets », mais des individus qui sont assignés à cette définition ou qui pourraient l'être, ainsi qu'à ceux qui les côtoient. Ces catégorisations sont le reflet d'une réalité sociale où les multiples niveaux de sens renvoient à la position du locuteur dans un espace social et relationnel. Elles s'inscrivent bien évidemment dans des rapports de pouvoir : le pouvoir d'imposer ou non une définition normative et hégémonique du « mauvais sujet », mais aussi le pouvoir que possèdent ou que manient ceux qui correspondent à cette définition.

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