Littérature italophone

  • Que se passerait-il si nous décidions d'apprendre à nous connaître à la manière des anciens Grecs ? Et si nous choisissions de prendre pour maîtres Pythagore et Parménide, Epictète et Pyrrhon, Épicure et Diogène ? À travers une chronique de six semaines, chacune suivant les préceptes d'une école philosophique différente, Ilaria Gaspari nous entraîne dans une expérience existentielle étonnante, parfois sérieuse, parfois désopilante, mais toujours pleine de sagesse. Nous découvrirons ainsi qu'en nous pliant aux règles du pythagorisme, nous pouvons corriger la paresse, tandis que les paradoxes de Zenon révèlent des contradictions étranges dans la manière dont nous sommes habitués à considérer le rythme de la vie. Et si être épicurien n'est pas aussi plaisant qu'il y paraît au premier abord, le cynisme peut au contraire procurer des joies inattendues. Un exercice de philosophie pratique qui nous enseigne à devenir maîtres du temps qui passe.

  • En 1809, avec un empire plus étendu que jamais, Napoléon s'empara des archives du Saint Empire Romain germanique dissous et de celles de la papauté. C'est alors que fut conçue l'idée de rassembler les fonds historiques les plus précieux provenant des territoires annexés et des pays satellites : une « vaste collection européenne de documents » comme on n'en avait jamais vu. Des dizaines de fonctionnaires, d'hommes de lettres, de gendarmes, de simples ouvriers furent mobilisés pour la conquête des témoignages écrits de la civilisation occidentale, dans ce qui devint une guerre de la mémoire entre les Etats et les cités emportées par la vague française et un empire qui avait transformé l'universalisme armé de la Révolution en pure et simple domination. Au fil des années furent amassées dans le Palais des archives à Paris, l'hôtel de Soubise, des centaines de milliers de parchemins, liasses et registres, en provenance de Rome, d'Espagne, des Flandres, de Vienne et de Turin. Cet ouvrage reconstruit les origines politiques et intellectuelles, l'organisation, les difficultés, les répercussions de ce projet de constitution des archives du monde, qui bouleversa le rapport de toute une époque au passé. Publication originale : Laterza, 2019 Traduit de l'italien par Carole Walter

  • Pour la première fois dans l'histoire du monde, grâce au téléphone mobile, nous avons l'absolu dans notre poche. Mais avoir le monde en main signifie aussi, automatiquement, être aux mains du monde. Toutes les cinq secondes en moyenne, votre portable se manifeste à vous. Cet ouvrage se penche sur ce phénomène de société et montre comment cette sollicitation permanente se transforme en dispositif de mobilisation. Qui dit mobilisation dit militarisation. Ainsi le mobile nous transforme en militaires, abolissant la distinction entre public et privé, entre jour et nuit, entre travail et repos, en nous mobilisant en permanence : nous voilà sommés d'être sans cesse responsables, de ne rien oublier ni pardonner. Le portable aurait-il contribué à l'émergence d'un nouvel état de guerre ?

  • Traduit de l'italien par Marilène Raiola et Thierry BedouellePréface de Jean-Robert ArmogatheLe premier mérite de T. Gregory est de présenter l'état actuel des recherches, sur un mode critique, illustré par des exemples. Tandis qu'un consensus s'était établi qui voyait dans les "libertines érudits" les derniers humanistes de la Renaissance, Gregory y voit les premiers représentants d'une pensée articulée des Lumières. A une Renaissance perçue comme le dernier feu du passé il oppose une interprétation nouvelle, hardie, d'ouverture des temps modernes, de genèse de la raison classique. Sans doute il faut s'entendre sur les mots : cette raison-là contient bien des éléments magiques, astrologiques, alchimiques. Mais n'avons-nous pas trop souvent procédé par anachronisme et anticipé notre conception de la rationalité sur un âge où elle se constituait, à partir d'autres éléments ? Gregory décrit la mise en place de cette rationalité inchoative, la genèse de la raison classique. A partir de l'introduction

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