Littérature anglophone

  • « J'accorde une haute valeur à mes expériences. Je ne sais si je suis arrivé à leur rendre pleinement justice. Tout ce que je puis dire, c'est que je n'ai pas épargné la peine pour que ce récit soit fidèle. Décrire la vérité, telle qu'elle m'est apparue, et de la façon exacte dont je l'ai atteinte, voilà quel a été mon effort incessant. À cet exercice mon esprit a puisé une paix ineffable ; car mon espoir bien-aimé a été que les hésitants retrouveraient ici foi en la Vérité et en l'Ahimsâ.
    L'uniformité de mon expérience m'a convaincu qu'il n'est d'autre Dieu que la Vérité. »

  • Joyce McDougall occupe une place singulière dans la psychanalyse, reconnue tant dans le milieu anglophone que francophone. Elle montre plus que nul autre qu'il n'est de nouveauté possible en théorie que dans l'étrangeté de l'expérience analytique. La créativité est ainsi pour elle une pratique et un objet privilégiés pour sa réflexion. Ce volume est construit autour d'un texte inédit en français. La contribution des autres auteurs évoque la rencontre de ces deux figures, celle de l'artiste et celle du psychanalyste, que ce soit à l'intérieur de la cure ou dans l'expérience esthétique, dans le débat avec J. McDougall ou dans le compagnonnage de ce qu'elle propose à la réflexion.

  • En 1697, le philosophe John Locke présentait un rapport au ministère du Commerce et des Colonies, en réponse à la question « comment mettre les pauvres au travail, selon quelles méthodes et quels moyens ? » C'est ce mémoire, inédit en français, que l'on trouvera ici sous le titre Que faire des pauvres ?
    Tout en dressant une typologie des pauvres, John Locke s'attarde sur la condition des déshérités oisifs. Droit à l'assistance, travail forcé, maisons de correction, charité ? Si solutions il y a, elles commencent pour Locke par une réforme profonde de la vie sociale, enfin débarrassée de la corruption des moeurs.
    Un texte sans concession, qui n'est pas sans résonance avec les débats d'aujourd'hui, écrit par le père fondateur du libéralisme.

  • Le nihilisme n'est pas une affliction qu'il faudrait surmonter, mais un vecteur de découverte intellectuelle que la philosophie devrait essayer de pousser vers ses conclusions ultimes. Plutôt que de sauvegarder des incursions de la science l'expérience supposée originelle du sens, la philosophie devrait en achever la démystification et intensifier ainsi le désenchantement initié par les Lumières. Penser l'humain selon son extinction à venir nous libère des illusions du sens, et nous ouvre à de nouvelles ressources de l'intelligibilité.
    Ignorant la division orthodoxe entre philosophies analytique et continentale, Ray Brassier tente d'établir un lien entre les versions les plus radicales du naturalisme et le matérialisme spéculatif à l'oeuvre dans la philosophie française contemporaine.

  • Préface de Mary Beard.
    Traduit de l´anglais par Laurent Bury.
    Voici enfin un manuel clair pour s´initier à l´art de gouverner ses esclaves à la romaine. Marcus Sidonius Falx, citoyen romain de noble extraction qui partage son temps entre ses propriétés de Campanie, d´Afrique et sa villa romaine, livre ici une multitude de conseils pratiques pour le néophyte : où acheter ses esclaves ? Combien coûtent-ils ? Comment les punir ? Comment les récompenser ? Quelle liberté sexuelle peut-on leur accorder ou se permettre avec eux ? Quand les affranchir ?
    Pendant des siècles, l´esclavage constitua une institution majeure du monde romain que nul ne songeait à remettre en cause ni à blâmer. Cet ouvrage, nourri d´une multitude de sources originales, explore les pratiques de l´esclavage sous une forme insolite : un récit mené sur un ton alerte par un noble romain, suivi du point de vue, plus grave, de l´auteur, Jerry Toner, pour les lecteurs désireux d´en savoir plus. Ainsi se trouve brillamment éclairées les réalités d´une pratique qu´on croirait à tort éteinte : on compte aujourd´hui dans le monde plus d´individus esclavagisés qu´il n´y en eut à aucun moment dans l´empire romain.

  • À égale distance d'un argumentaire libéral trop formel et d'une analyse en termes de protection des individus par le pouvoir politique, Wendy Brown s'emploie à approfondir nos différentes expositions à la blessure et montre comment la politique prend sens par rapport à cette vulnérabilité primordiale. Revisitant certaines théories féministes, anthropologiques et postcoloniales, elle souligne combien le sens de la blessure réinterroge l'identité personnelle et collective et repose la question du pouvoir en termes de partage plutôt que de gouvernement. Toute une série de sujets sont traversés par cette interrogation : la pornographie, le litige, la politique de la gauche, etc. La politique est ainsi toujours une politique de la vie que Wendy Brown appréhende en analysant les positions philosophiques de Nietzsche, Marx, Weber et Foucault. Politiques du stigmate est son grand livre enfin traduit en langue française.

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