Sciences humaines & sociales

  • Le récit et l'analyse magistrale de la première guerre moderne, par le plus grand historien de la guerre de notre temps.0500Occultée par la vision littéraire antagoniste deLa Case de l'oncle Tomet d'Autant en emporte le vent, la guerre de Sécession demeure méconnue. Elle fut pourtant un conflit majeur qui marque le passage de l'ère napoléonienne du combat, centré sur la bataille, à la "guerre totale" Pour raconter cette guerre sans précédent, il fallait un historien d'envergure internationale. Dans la lignée de ses synthèses renommées sur les deux guerres mondiales, John Keegan retrace les grandes batailles (Bull Run, Gettysburg) et le duel des généraux (Lee contre Grant), mais il fait aussi une large part aux enjeux stratégiques, à l'analyse psychologique et à certains aspects trop souvent négligés comme l'approvisionnement, la géographie militaire ou le rôle des Noirs dans le conflit.
    La victoire du Nord industriel contre le Sud rural marqua au fer rouge la jeune République, mais la baptisa aussi comme grande puissance en lui conférant un messianisme démocratique, assis sur le progrès économique, qui allait lui ouvrir les portes de la domination du monde. Ce livre qui fera date permet ainsi de comprendre comment la déchirure de deux peuples fonda une nation.

    Sir John Keegan, né en 1934, est actuellement le meilleur historien de la guerre. Sa nouvelle approche de l'histoire militaire, qui va au-delà du récit des faits, révèle la dimension humaine du combat. Parmi ses ouvrages, tous publiés chez Perrin, figurentL'Art du commandement,La Première Guerre mondialeetLa Seconde Guerre mondiale.0300 Avec cette nouvelle histoire  à la fois très documentée et très claire, Keegan nous livre aussi une vision passionnante de l'Amérique au milieu du XIXesiècle. Il remet à juste titre en question beaucoup d'idées reçues telles que : États du Sud peuplés de propriétaires d'esclaves, vision hollywoodienne de la vie des Sudistes (riches planteurs et non masse de blancs pauvres et sans esclaves), guerre longuement préparée, soldats bien entraînés...
    Il nous explique aussi l'impact de cette longue guerre sur la situation économique, la psychologie et l'évolution des comportements, en particulier pour les femmes dont le rôle très important modifia le statut et la perception qu'elles avaient d'elles-mêmes, dans le Sud comme dans le Nord.

  • La Russie sous l´Ancien régime (paru en 1974 aux Etats unis puis en Angleterre) est d´abord une formidable introduction à la civilisation russe, écrite de main de maître par un historien connu pour sa prose limpide et son sens du récit. Fondamentalement différente des pays européens, soumise à des contraintes géographiques fortes, la Russie était caractérisée par la permanence d´un système « patrimonial » : l´État, qu´il soit tsariste ou soviétique, était le propriétaire du pays et de ses habitants.C´est ensuite un livre à thèse passionnant qui rappelle utilement, n´en déplaise à ses détracteurs de gauche comme de droite, que le coup d´État bolchevique de 1917 et le régime totalitaire qui en est issu, n´ont jamais fait « table rase du passé », mais au contraire, ont bénéficié d´un terreau idéal - celui de l´autocratie tsariste que Pipes raconte et dissèque dans la lignée de L'Empire des tsars de Leroy-Beaulieu. Il semble que l´échec de la Russie à mettre en place un régime véritablement démocratique après la chute du communisme, si l´on compare son destin à celui d´autres pays d´Europe de l´Est, confirme la thèse de départ de Pipes : La Russie n´est pas condamnée à vivre éternellement sous un régime despotique ou semi-despotique, mais son héritage historique rend la rupture définitive d´avec ce dernier particulièrement difficile.

  • L'unique livre sur le service français le plus sulfureux : la police des moeurs. L'État et la Justice ne voulant pas se commettre dans une question aussi graveleuse ont confié le contrôle de la prostitution - jugé indispensable pour des raisons de santé et d'ordre publics - à la police. Désignant tout à la fois la réglementation de la prostitution et les agents chargés de veiller à son respect, la " police des moeurs " s'est avérée un instrument précieux au service de la police criminelle et... politique. Ce qui explique la pérennité de " la Mondaine " en dépit des nombreuses campagnes qu'a suscitées son existence

  • Staline

    Robert Service

    • Perrin
    • 29 Août 2013

    Les biographies de Staline sont nombreuses, certes, mais si l'on attend d'une biographie qu'elle déroule une vie de façon anecdotique en restant fidèle à la véracité des faits, celle de Staline pourrait être multipliée à l'infini sans jamais atteindre ce but. Car que dire sur un homme qui plus qu'aucun autre dans l'histoire a manipulé les éléments biographiques et terrorisé son entourage, proche et éloigné, au point que chacun devait soigneusement mesurer ses mots ; sur un homme qui a réussi à mettre en place un régime aux oreilles multiples et hostiles, au point que même après sa mort, il n'était pas toujours prudent de parler ?
    Ici, les éléments biographiques ne sont pas une fin en soi, ils servent également à alimenter une réflexion permettant de mettre en lumière certains aspects d'un personnage dont l'influence néfaste a profondément marqué l'Histoire. A travers l'histoire de Staline, sa réflexion, au delà des anecdotes et des récits de témoins, Service met en lumière la personnalité et la psychologie du dictateur.
    Cette biographie est aussi un voyage à travers l'histoire du XXe siècle, en suivant le parcours d'un homme qui l'a profondément marquée. Elle s'inscrit dans la même ligne que celles de Lénine et de Trotski et en est la suite logique.

  • Loin, comme ses prédécesseurs, de décrire la bataille telle qu'elle est jugée d'en haut, à la manière de l'état-major, Keegan, certainement le plus grand historien de la guerre au monde, la restitue par le bas, telle qu'elle est vécue par les soldats.
    Ici, trois batailles sont décortiquées, Azincourt (1415), Waterloo (1815), La Somme (1916). Elles permettent de comprendre comment la guerre est perçue et vécue par la troupe, que l'on doive résister à une pluie de flèches, tenir face à une charge de cavalerie ou vivre le cauchemar d'un pilonnage d'artillerie.
    Si, aujourd'hui, aucun historien ne songerait à penser la guerre uniquement d'un point de vue stratégique et non avant tout comme une phénomène humain, c'est grâce à ce livre pionnier et incontournable. La nouvelle traduction lui rend toute sa puissance.

  • L'histoire extraordinaire d'une famille à la destinée fatale emblématique de l'Europe du XXesiècle.0500L´histoire d´Anne Frank, auteur d´un des textes les plus poignants du XXesiècle, est connue de tous. Celle de son extraordinaire famille l´est beaucoup moins. La voici enfin révélée, de la " ruelle aux juifs " Dans ce livre événement qui a déjà bouleversé le public allemand, nous suivons pas à pas la vie, les amours, les joies et les drames d´une famille cosmopolite et cultivée, emblématique de ce " monde d´hier " célébré par StefanZweig, fondé sur l´esprit et la culture. Les Frank incarnaient l´Europe de l´intelligence qui fut balayée par le nazisme en un peu plus d´une décennie. A partir des archives familiale smiraculeusement découvertes, l´écrivain Mirjam Pressler nous raconte aussi la destinée de ceux qui s´aiment à distance dans un monde secoué par la guerre.

    Traductrice duJournal d´Anne Franken allemand, Mirjam Pressler est l´une des romancières les plus populaires en Allemagne. Elle a reçu en 2004 le Prix du Livre allemand pour l´ensemble de son oeuvre. De sa rencontre avec Gerti Elias, dernière descendante de la famille Frank, qui lui a confié toutes les lettres et les photos retrouvées dans le grenier de la maison familiale, est né ce livre bouleversant.0300 Gerti Elias et Mirjam Pressler décrivent avec empathie et précision cette famille cosmopolite et cultivée, depuis la joie de vivre des premiers temps jusqu'au drame de la famille d'Anne - Otto, son père, rescapé des camps et des marches de la mort, ne reverra jamais ni son épouse, ni ses enfants. Mais elles nous montrent aussi l'ancrage de la famille Frank dans la culture européenne : la pratique courante des langues étrangères, les voyages, l'ouverture au monde. Elles décrivent ainsi ce qui fut une première Europe, fondée sur l'esprit, la culture, le savoir-vivre, une Europe de l'intelligence que le nazisme a détruite, peut-être à tout jamais, en un peu plus d'une décennie. Mais elles montrent aussi la vie quotidienne de ces familles dispersées dans une Europe secouée par la guerre : l'organisation, la solidarité, l'angoisse permanente, jusqu'au retour des survivants.

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