Sciences humaines & sociales

  • Avant le temps des ministres-favoris de l'époque baroque, les rois de l'Europe médiévale ont compté dans leur proximité sur l'assistance de personnages souvent vus comme leur préfiguration. Cette expérience de la privauté n'est cependant pas partout de même intensité. Ainsi, la Castille de la fin du Moyen Âge se distingue-t-elle par une continuité d'expérience. Ce terrain s'avère donc particulièrement propice pour interroger l'identité de la privauté médiévale, son sens historique. La privauté (privanza) est un choix, celui de l'amitié contre la parenté. Réalisé sur le terrain idéologique à partir du milieu du xiiie siècle, ce choix se fait stratégique au début du xive siècle : contre ses parents et ses barons, qui entendent exercer une emprise sur sa royauté, le roi lance ses créatures, les privados, pour s'en libérer. Si ceux-ci oeuvrent donc à une expulsion, ils organisent dans le même temps une participation alternative et plus large au gouvernement du roi, celui de sa personne et de son royaume. La privauté fait ainsi sentir quel dépassement sociétal affecte la compagnie royale à partir du xiiie siècle. Et la répétition des expériences de privauté au xive siècle fonde un régime politique, marqué par la distinction entre gouvernement et souveraineté. Cet essai envisage à nouveaux frais ce moment fondateur de l'expérience médiévale du pouvoir d'État.

  • Situé à une trentaine de kilomètres au sud-est de la petite ville aragonaise de Huesca, le site de Las Sillas à Marcén a fait l'objet depuis de nombreuses années de recherches archéologiques. Ce livre regroupe l'ensemble des découvertes réalisées tout en mettant en relation cet habitat avec les autres établissements musulmans de cette partie de l'ancienne Marche Supérieure d'al-Andalus. Les recherches ont permis d'y mettre au jour un vaste habitat rural occupé tout au long des xe-xie siècles, avant qu'il ne soit abandonné après la conquête des lieux par les troupes du roi Pierre Ier d'Aragon (1094-1104). Établi dans l'ancien district castral de Gabarda et associé à une mosquée, le site fut occupé par une communauté rurale et sa fondation témoigne de l'empreinte de la ville dans ces campagnes. Constitué par de nombreuses céramiques, des meules, des objets métalliques et des monnaies, le mobilier découvert s'est avéré à la fois abondant et varié, en particulier pour l'époque de la taifa hudide de Saragosse. Il constitue ainsi un reflet de la vie des populations rurales et de leurs activités, tout en révélant leur faible militarisation.

  • Au sortir de la guerre civile catalane de 1462-1472, Barcelone, principale cité de Catalogne et grand port méditerranéen, entre dans une phase de reconstruction. Le roi Ferdinand le Catholique transforme les modalités d'entrée au gouvernement municipal, formalise l'accès à la noblesse et implante dans la ville une nouvelle Inquisition sous contrôle royal. Affecté également, le haut clergé cherche sa place, et les chanoines de la cathédrale en particulier tâchent d'assurer leur implantation au sein des pouvoirs urbains en recomposition. Au croisement de l'histoire canoniale et de l'histoire urbaine, cette étude montre comment, au-delà de leurs attributions religieuses, évêques et chanoines, pleinement intégrés à l'élite dirigeante de la ville, sont amenés à jouer un véritable rôle dans la vie publique d'une cité en pleine mutation.

  • Cet ouvrage porte sur les modalités spécifiques de l'islamisation au Maghreb. Dans une première partie, l'accent est mis sur l'orientalisation que supposaient l'imitation et l'adaptation de modèles nés en Orient, qu'ils soient religieux, culturels ou politiques. Dans la seconde, sont livrés les résultats d'une enquête sur la construction de légitimités politiques propres : on y voit comment, d'une légitimation importée (délégation du calife, appropriation de doctrines d'origine orientale, adoption massive de l'orthodoxie par le biais du malikisme), les gouvernements et les mouvements religieux du Maghreb sont progressivement passés à une légitimation émancipée de l'Orient.

  • Durante mucho tiempo se han considerado como un hito esencial en la historia del imperio hispanoamericano la muerte del último Habsburgo a finales del siglo xviii y la llegada al trono de los Borbones a inicios de la centuria siguiente. Como ya, en no pocos aspectos, la realidad de las provincias americanas se estaba autonomizando de los procesos de la Península, ese cambio sucedió para ellas en un contexto de dinámicas propias y de evoluciones a veces notables aunque en general mal conocidas, con las que tuvo que contar el gobierno español cuando inició las primeras reformas que prefiguraban las de la segunda mitad del siglo. Los estudios aquí reunidos tratan de esas temáticas en una perspectiva comparativa en la que resaltan las semejanzas y los procesos de diferenciación de los dos virreinatos.

  • Chanter la guerre, parcourir la géographie mondialisée des empires ibériques, élever les contemporains à la grandeur des héros antiques et montrer la vivante peinture leurs exploits : tels sont les grands enjeux de cette nouvelle épopée ibérique proposée par l'Espagnol Alonso de Ercilla et le Portugais Jerónimo Corte-Real entre 1569 et 1589. Sous leur plume, se dessine un nouveau patron de narration héroïque qui rompt avec le modèle du Roland furieux et concurrence Les Lusiades de Camões. Loin d'épouser une vision panégyrique de la guerre et de leur nation, les deux poètes en questionnent les codes et les pratiques dans une démonstration épique qui suscite une lecture critique de l'Histoire récente.

  • Este libro explora distintos tipos de paisajes de guerra, surgidos como resultado de los grandes conflictos bélicos de la Europa del siglo pasado. Comparando el devenir de estos paisajes en Francia, España, Alemania, Rusia, Hungría, Polonia, los países bálticos, Ucrania, Camboya y Japón, se busca profundizar en sus huellas, en las reconstrucciones de la posguerra y en la patrimonialización más reciente de estos testimonios. La obra insiste en el carácter transnacional de esta historia particular de las reconstrucciones tras las contiendas, sin olvidar su dimensión artística y cultural, ni la repercusión del fenómeno en el cine y en la literatura. El volumen reúne los estudios de una veintena de especialistas que han abordado cada caso con enfoques amplios y exhaustivos donde se priorizan los elementos comparativos entre los diferentes escenarios bélicos, lo que supone una relevante aportación respecto a estos temas, que ve la luz en una edición coordinada en castellano.

  • Le problème du salut personnel et collectif, crucial pour tous les chrétiens, entraîne l'émergence d'individus et de groupes sociaux réputés particulièrement aptes à faire leur propre salut et à oeuvrer pour celui des autres. Partant de cette donnée fondamentale, le présent ouvrage examine la tension entre les ambitions spirituelles et les contraintes individuelles, communautaires et institutionnelles des moines, des chanoines réguliers et des frères mendiants, dans le cadre du Moyen Âge hispanique. Trois modalités d'accès au salut sont mises en évidence : la conversion, c'est-à-dire le choix d'entrer en religion et la continuelle transformation individuelle qu'il suppose ; la médiation, fondée sur la prière et sur la liturgie ; le soin des âmes enfin, lié à l'engagement pastoral.

  • La pureté en question examine les fondements historiques et scripturaires de l'idéal de pureté partagé par les juifs et les chrétiens à la fin du Moyen Âge en péninsule Ibérique. Le croisement des sources théoriques et des documents de la pratique, des sources latines, hébraïques et vernaculaires met en évidence la façon dont ce thème majeur de la littérature biblique et talmudique s'est perpétué à travers les siècles et a eu des incidences nombreuses sur la vie quotidienne des hommes au xve s. La réflexion débouche sur des questions centrales pour l'histoire de la minorité juive en péninsule Ibérique : le passage de l'antijudaïsme à l'antisémitisme, l'apparition du concept de race, la prépondérance du sang dans l'assignation à une identité, le poids de l'accusation de crime rituel, l'incrimination des non chrétiens dans une société Ibérique de plus en plus exclusive, la discrimination et la ségrégation pour s'en protéger jusqu'à l'expulsion.

  • Este libro quiere ser una aportación novedosa a la historia española del proceso secularizador. Su propósito es demostrar que se puede hablar de secularización en España antes de que la noción tenga efectiva productividad jurídica y constitucional. El periodo elegido (1700-1845) es precisamente época clave de las interrogaciones sobre secularización de lo político; pero tales interrogaciones son heterogéneas, ya que la propia idea de secularización se pone a debate y está sometida a múltiples bloqueos. Parece empezar a funcionar entonces un proceso de secularización social y cultural antes que político. En efecto, la influencia secularizadora de las ideas de la Ilustración conlleva cambios sociales y nuevas prácticas culturales, científicas y artísticas, que transforman, hasta en el seno de la Iglesia, la percepción de lo sagrado. Tales cambios ocasionan, a principios del siglo xix, la ruptura de la convención entre la Monarquía, la Iglesia y la Nación.

  • Siguiendo un claro enfoque multidisciplinar, este libro presenta un balance historiográfico sobre la muerte de los príncipes en la Edad Media, tanto hispana como francesa, entendiendo el término «príncipes» en su sentido más amplio. No solo se examinan casos particulares relativos a los miembros de la familia regia, sino que se profundiza también en los diversos ámbitos de la aristocracia eclesiástica, militar y urbana. Desde la ritualización funeraria -liturgia, música-, la memoria cronística y documental, las obras de arte o su reflejo en la literatura, hasta la antropología física, los estudios presentados se enfocan a calibrar la relación de la muerte y su tratamiento con la imagen del poder que dichas élites proyectan y su emulación por parte de los restantes grupos sociales.

  • Al-Andalus, telle est l'expression qui désigna très tôt, sous la plume des auteurs arabes, les territoires de l'Espagne soumis à la domination musulmane. Depuis la fin du xxe siècle, qui a vu la publication de synthèses d'historiens éminents, les travaux sur le royaume d'al-Andalus ont pris un nouvel essor. Les chercheurs s'appuient principalement sur les résultats des explorations archéologiques, sur la publication de nouvelles sources ou sur la rigoureuse déconstruction des anciennes. Les apports scientifiques français, issus d'horizons divers, constituent autant d'approches complémentaires sur l'histoire d'al-Andalus. Ce sont quelques-unes de ces voies nouvelles qu'entend faire découvrir cet ouvrage, abordant sous des angles variés - territorial, juridique, politique, économique, linguistique ou culturel - les huit siècles de présence musulmane en Espagne, de l'invasion de 711 à la chute du Royaume de Grenade en 1492.

  • La phase des indépendances latino-américaines des années 1810-1825 fait penser à tort que l'Espagne était une puissance coloniale définitivement déchue. En effet, un empire ultramarin persiste, fort de près de 10 millions d'habitants à la fin du siècle et vivant sur un territoire (Cuba, Porto Rico, les Philippines et la Guinée équatoriale) égal en superficie à celui de la métropole. Il connaîtra une mutation vers un modèle colonial de plus en plus proche des nouveaux empires européens du xixe siècle. Centré sur ce processus, ce livre, montre quelles ressources humaines et financières ont été mobilisées par l'État espagnol pour le contrôle de ces territoires et comment ces ressources étaient un excellent dérivatif pour limiter le mécontentement social des classes moyennes qui ne parvenaient pas à trouver dans la péninsule les débouchés professionnels espérés.

  • En la segunda mitad del siglo xv se abrió un ciclo particularmente brillante para la cultura escrita cuyas consecuencias pueden rastrearse durante toda la Edad Moderna y, aún más, en los siglos contemporáneos. A fin de analizar algunas de sus manifestaciones, este libro se interesa especialmente por las formas gráficas y significados de las escrituras expuestas, desde la inscripción renacentista a la pintada política en la dictadura chilena; las prácticas epistolares en cuanto que testimonio de la importancia social de la comunicación escrita; los libros de memorias, considerados como objetos donde se configura la memoria personal y familiar, susceptibles incluso de ser interpretados en clave autobiográfica; y por último, distintos acercamientos a la apropiación de los textos con la mirada puesta en los consumidores e intermediarios, desde la nobleza culta hasta los lectores más «débiles», prestando atención tanto a la cultura manuscrita como a la impresa entre los siglos xvi y xix. Frente al fetichismo libresco que caracteriza no pocas aproximaciones a la Historia de la Cultura Escrita, esta obra se interesa por esta en la diversidad de sus formas textuales -epigráficas, murales, manuscritas o impresas, permanentes y efímeras-, pues solo así se puede captar la riqueza de cuanto una determinada sociedad, integrada por gentes de letras pero también por semialfabetizados y analfabetos, escribe y lee. Culturas del escrito, en suma, que certifican la vitalidad de esta corriente de investigación y tratan de contribuir a la Historia que escribimos en estos tiempos de incertidumbre.

  • ¿Pertenece la historia de al-Andalus a la historia de España? ¿Qué relaciones cabe establecer entre ellas? Una fuerte corriente historiográfica puso el acento, en el siglo xx, en la hispanización de al-Andalus, convertido así en «España musulmana» y habitado por españoles que, por azares de la historia, eran musulmanes. En tiempos más recientes, esa tradición, de marcado carácter esencialista, se ha visto superada por interpretaciones que sitúan al-Andalus en un contexto más definido por elementos magrebíes y orientales que por los propiamente hispánicos. En este libro se plantea una revisión de la historiografía española, francesa y portuguesa sobre la historia de al-Andalus, desde una mirada crítica que abarca otros temas igualmente centrales para la comprensión de un fenómeno histórico que ha generado y continúa generando polémica. En torno a la reivindicación o la repulsa de lo andalusí, se han creado paradigmas culturales de gran potencia, se han marcado líneas divisorias y áreas de contacto o de conflicto. Todo ello no puede eliminarse de un plumazo o contemplarse con una mirada desdeñosa: forma parte de un pasado que todavía hoy solivianta a muchos, mientras que atrae a otros, lo que quiere decir que su actualidad sigue vigente.

  • Au XVIe siècle, les conquistadors de la frontière asiatique de l'Empire espagnol furent attirés sur ces lointains rivages par l'aimant des épices. Trois siècles plus tard, les fonctionnaires métropolitains viennent chercher aux Philippines des épices d'une tout autre nature : pots-de-vin, détournements de fonds publics, extorsions et prélèvements indus. L'objet de cet ouvrage est de décrire et, surtout, de comprendre la déviance publique généralisée qui affecte cette colonie espagnole. L'auteur établit une typologie des formes, souvent spectaculaires, que prend le brigandage administratif, de l'humble village aux plus hautes sphères de Manille. Il étudie ensuite les défaillances des systèmes de contrôle et de sanction des fonctionnaires corrompus. Enfin, il montre que les modalités clientélistes d'attribution des emplois publics, cumulées aux effets pervers de la situation coloniale, condamnent à l'échec les tentatives de moralisation de l'administration. Le cas philippin fait l'objet de constantes comparaisons, dans le temps et dans l'espace, avec l'Amérique espagnole de l'époque moderne, avec l'Espagne et Cuba ou avec d'autres colonies européennes du XIXe siècle. Enfin, la question est posée d'une éventuelle transmission de la corruption, par-delà la recolonisation américaine (1898-1946), aux Philippines d'aujourd'hui.

  • La publicación de este volumen se inscribe en el estudio de las dinámicas portuarias atlánticas, bajo el foco de la larga duración, llevado a cabo por la red de investigación nacida en 2012 «La Gobernanza de los Puertos Atlánticos (siglos xiv-xxi)». Su contenido gira en torno a la temática de las políticas y estructuras portuarias y, en particular, al análisis sistemático de cuestiones estructurales sobre el gobierno de los puertos atlánticos. Las materias objeto de atención van desde el estatus jurídico de los puertos atlánticos, las políticas portuarias, las obras públicas, las instalaciones portuarias, a la gestión o las políticas económicas, todas ellas convertidas en elementos determinantes para la gobernanza de los puertos. Partiendo de una investigación plural, comparativa y cronológicamente transversal, se propone profundizar en un debate sobre cuestiones fundamentales que afectan a las políticas y estructuras portuarias, con particular incidencia sobre la articulación de los puertos atlánticos de la fachada europea, los puertos africanos y los de América Latina.

  • Ce volume, issu d'une réflexion collective menée par une équipe scientifique principalement franco-espagnole, est consacré à la question des savoirs experts et des techniques de l'expertise en matière économique au Moyen Âge. Les promoteurs ont privilégié deux approches, sociale et institutionnelle d'une part, culturelle et technique de l'autre. Certains personnages sont détenteurs d'un savoir particulier qui les met en situation de pouvoir dire ce que valent les choses. Tous ont une histoire : ils appartiennent à des institutions, ont des expériences professionnelles et des parcours qui construisent et consolident les compétences et les savoir-faire qui fondent leur expertise. Ils laissent des traces écrites, souvent difficiles à retrouver mais entretiennent toutefois avec l'écriture un rapport constant. Les apports de leur enquête doivent en effet être formalisés et ils trouvent leur place dans des textes souvent élaborés. Les experts effectuent un travail technique qui suppose à la fois des gestes et des procédures qui permettent d'estimer et de mesurer ainsi qu'une inscription dans un document qui rende compte et fasse preuve.

  • Longtemps considéré comme une région périphérique en Méditerranée et dans l'Islam, le Maghreb médiéval est au contraire très tôt intégré dans des réseaux d'échanges, d'abord dans le cadre de la construction d'un espace islamique largement ouvert sur la mer, ensuite dans celui d'une Méditerranée dominée par les puissances latines européennes. Connecté à la fois à l'Orient, à l'Afrique subsaharienne et à la Méditerranée, le Maghreb islamique s'insère entre le viie et le xve siècle dans des connexions complexes qui donnent à ses ports un rôle croissant dans les échanges commerciaux, mais aussi plus largement dans la structuration de l'espace maghrébin et méditerranéen, à la fois comme pôles d'impulsion régionaux et interfaces entre des réseaux terrestres et maritimes. L'analyse des sources arabes et latines permet ainsi de montrer comment les acteurs politiques et économiques contribuent à faire évoluer ces réseaux commerciaux à différentes échelles, en premier lieu dans un espace centré sur les pays d'Islam, puis à partir du xie siècle dans une économie-monde en formation, connectant l'Afrique, l'Europe latine et l'Asie.

  • Propiciadas por el desarrollo de la imprenta, las continuaciones literarias conocen en la España de la Edad Clásica un verdadero auge que afecta a todos los ámbitos de la ficción. Sin embargo, este fenómeno no es totalmente nuevo puesto que durante la Edad Media cualquier elaboración literaria se centraba en la reutilización y continuación de textos ajenos. Sin hacer caso omiso de esta herencia medieval, este libro trata de especificar la noción de continuación para la época moderna considerándola como una modalidad peculiar del préstamo. Situándose por encima de las fronteras genéricas, ofrece un estudio de conjunto de esta práctica proponiendo una arqueología de la misma y tomando en cuenta la dimensión creativa que conllevan las obras correspondientes.

  • La mort de Charles II d'Espagne en 1700 et la guerre de Succession d'Espagne qui s'ensuit bouleversent toute l'Europe dont la carte en ressort transformée en 1714. Les monarchies de France et d'Espagne, longtemps rivales et concurrentes, sont devenues des alliées grâce à des souverains issus d'une même maison royale. L'ensemble de leurs relations est durablement modifié par cette alliance étroite que l'on ne tarde pas à dénommer « l'union des couronnes », nouveau cadre politique qu'il faut concevoir, mettre en pratique et défendre. Amelot de Gournay, ambassadeur de Louis XIV à Madrid, incarna la forme la plus aboutie de ces nouvelles relations. Cette étude retrace les objectifs, les succès et les échecs d'une politique à partir de sa mise en oeuvre durant un conflit qui fut aussi une guerre civile, motivé également par des impératifs commerciaux et coloniaux.

  • Les populations de la Méditerranée occidentale (Espagne, France méridionale, Italie) témoignent dans les derniers siècles du Moyen Âge d'une ouverture croissante aux échanges, dont rendent compte la densification rapide du réseau des marchés locaux, le recours massif au crédit et l'intensification de la circulation des biens. Cet ouvrage aborde cette « commercialisation » de la société médiévale du point de vue du consommateur plutôt que de celui du marchand, plus traditionnel dans l'historiographie. Par l'analyse des cultures de consommation des clientèles, de leurs stratégies d'acquisition des produits et du dispositif de régulation protégeant les approvisionnements domestiques, il s'agit de mieux comprendre ce que « faire son marché » signifia pour les hommes et les femmes de ce temps.

  • El presente libro versa sobre el papel de la Iglesia católica y sus misiones en los Imperios ibéricos del siglo xix y el primer tercio del siglo xx. En concreto, aborda las relaciones entre el poder civil y el eclesiástico en contextos coloniales en un período de intensa modernización de las estructuras imperiales. Con una perspectiva comparada entre los distintos espacios que componían los diferentes imperios, la obra refleja el papel que desempeñan los misioneros como un cuerpo intermedio entre colonizadores y colonizados, siempre en contacto e interacción con las poblaciones locales, así como la compleja relación entre el poder colonial y las misiones religiosas. El indudable apoyo mutuo partía de intereses que eran en parte divergentes, lo cual provocó conflictos en no pocas ocasiones. Todo ello en el marco de una relación Iglesia-Estado que, en las mismas metrópolis, no careció de importantes roces y dificultades.

  • Qu'est-ce qu'une frontière romaine, comment se construit-elle ? Quelles limites le pouvoir romain conçoit-il à l'étendue territoriale de sa puissance et de ses provinces ? Telles sont les questions que pose cet ouvrage à travers l'étude de l'une des frontières les plus étendues, et encore mal connue, de l'Empire romain. Il s'agit de la frontière d'Afrique proconsulaire, qui constitue la plus longue des limites provinciales au sud de la Méditerranée. Ce livre étudie sa phase déterminante, et encore discutée, de genèse entre la fin de la République romaine et l'étape ultime d'expansion de l'occupation militaire dans le Sud de l'Africa sous les Sévères. Cette synthèse montre, à la suite d'autres études régionales, que la frontière romaine revêtait des implications politiques et territoriales à l'échelle de la province et qu'elle ne fut pas conçue en fonction d'une politique stratégique à l'échelle de l'Empire, qui ne faisait d'ailleurs pas partie des desseins de Rome pour établir localement ses frontières. Ce livre invite également à réviser l'idée encore souvent véhiculée que la frontière romaine s'est construite en Afrique par rapport, voire contre une présence nomade régulièrement surestimée, conduisant à faire de la frontière une ligne tracée ou un espace défini par la présence militaire, dans un objectif de contrôle, entre le territoire romain et les tribus voisines réputées hostiles. La notion de frontière dans le contexte de l'Afrique romaine fut effectivement fortement influencée par la fonction militaire attribuée à un grand nombre de vestiges découverts dans le sud du territoire provincial. Les motifs justifiant la présence de l'armée romaine dans la région demeurent toutefois débattus. La question tout à fait centrale qui se pose est alors celle du nomadisme, puisque c'est autour de l'existence présumée de pratiques nomades ou semi-nomades que sont traditionnellement perçues les relations entre Rome et les populations locales africaines dans le Sud de l'Afrique romaine. Cette étude montre que la limite provinciale, dotée progressivement de structures militaires, ne constitua pas sous le Haut-Empire une frontière militaire institutionnalisée et prenant la forme de districts militaires ou administratifs établis. Telle n'était pas l'ambition de Rome, dont l'intervention dans le Sud de l'Africa ne répondait pas à un souci de pacification intégrale du territoire. Ce constat, qui n'est pas spécifique au contexte africain, explique aussi le pragmatisme dont Rome fit preuve dans les choix présidant à l'implantation des garnisons à la frontière provinciale, qui ne participaient pas elles-mêmes à une politique réfléchie d'occupation militaire systématique de la zone. L'examen de l'ensemble de la documentation, écrite et archéologique, conduit aussi à réviser l'idée d'un contrôle effectif et régulier qui aurait été opéré à la frontière de l'Afrique proconsulaire. Il permet en outre d'aborder sous un angle original la nature du peuplement dans la région, et de prendre la mesure de ce que représentait au quotidien la frontière provinciale pour les populations qui étaient établies à son contact. Ces différents aspects sont envisagés à travers trois parties successives, qui constituent l'armature de l'ouvrage. La réflexion est initiée par l'étude des circonstances ayant concouru à la formation de la frontière africaine, entre la fin de la République et le début du Principat. L'enquête vise à comprendre la nature des relations entre l'État romain et les populations locales dans le processus d'appropriation du territoire africain, progressivement soumis à Rome. Ce préalable indispensable permet d'envisager dans un deuxième temps les mesures politiques et les structures militaires organisant peu à peu la frontière provinciale sous le Haut-Empire. À travers l'examen critique des différentes manifestations de l'autorité romaine, à la fois en termes de décisions, mais aussi de constructions, l'enjeu est de mieux comprendre la gestion, ...

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