Histoire

  • Après le séjour évangélique de Félix Neff en Queyras et dans la vallée de Freissinières - de 1823 à 1827 - relaté ici par des extraits de son journal et de sa correspondance, plusieurs voyageurs anglais sont venus marcher dans ses pas, retrouver les lieux qui furent les siens et célébrer son souvenir. Gilly et Beattie, au-delà du pittoresque des paysages, recherchent ici et là les racines de la religion primitive conservées dans ces vallées à l'écart du monde. Quant à A. Bost, c'est en disciple et en ami qu'il parcourt le pays à la rencontre de ceux qui ont connu l'« apôtre des Hautes-Alpes ». Extraits de récits de voyage choisis et présentés par Jean-Gérard Lapacherie

  • « Le Queyras était la plus gémissante et la plus sentimentale des vallées briançonnaises ; elle n'a guère laissé dans les textes que l'écho de ses plaintes et le souvenir de ses lamentations. » La vie au Moyen Âge, dans ce pays d'« aucuns labouraïges », sans « blez ne vignes », est restituée par les archives. « Sans doute la vie était difficile, nous dit l'auteur, mais le pays ne manquait pas de ressources. » La principale était l'élevage. « Les troupeaux étaient leur vraie richesse, celle dont ils se gardaient bien de parler. » Thérèse Sclafert (1876-1959) est également l'auteur de Cultures en Haute-Provence. Déboisements et pâturages au Moyen Âge et de plusieurs articles importants parus dans le Bulletin de la société d'études des Hautes-Alpes et les Annales de géographie.

  • Entre 1616 et 1641, Clément de La Roque Bouillac, seigneur de Saint-Géry, baron de Loupiac, en pleine guerres de religion et alors que le pouvoir royal cherche à se raffermir, est chargé d'approcher les chefs huguenots pour le compte du roi de France. Ce seigneur provincial, peu au fait des intrigues parisiennes, se révèle un fin diplomate à qui l'on confie des missions secrètes de plus en plus importantes. Il est ainsi, en 1624, l'envoyé de Louis XIII à Turin, auprès du duc de Savoie, pour trouver un accord à propos de la Valteline, une vallée des Grisons occupée par les Espagnols. Même si les arcanes de la vie politique échappent en partie à cet homme de bonne volonté - il sera brièvement emprisonné - sans s'enivrer de son relatif pouvoir, il sait rester fidèle à ses racines languedociennes.


  • Dernière aventure militaire de Louis XIV, la guerre de Succession d'Espagne provoque contre lui une coalition qui sera fatale à ses ambitions. Le poids de cette ultime guerre est plus lourd que jamais pour les populations. Quant au prix de la paix, réglé par de multiples traités - de 1713 à 1715 - dont celui d'Utrecht, s'il sauve les apparences, il condamne le Briançonnais, amputé de ses vallées septentrionales, à devenir un cul-de-sac, au terme d'un grand marchandage géopolitique dans lequel les escartons, inaliénables, pèseront peu.

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