Temps modernes (de 1492 à 1799)

  • " La recherche de l'ordre et d'une issue aux violences et épurations successives, auxquelles la République semblait condamnée, était devenue en 1795 le rêve de toute une génération avide de rétablir la stabilité institutionnelle et la paix sociale. [...] Cette recherche de sécurité, véritable quête de sûreté, n'impliquait pas qu'on doive renoncer à sa foi républicaine. Loin de là. [...] Ce que cherchaient les hommes de l'an III, c'est le Saint Graal de tout révolutionnaire, au milieu de l'incertitude créée par une révolution : comment faire une république sans révolution ? "

    C'est par ces mots qu'Alan Forrest introduit ce livre regroupant une équipe internationale d'historiens et d'historiennes. Comment sortir de la guerre civile sans renoncer à la République ? Restaurer au quotidien les contre-pouvoirs tout en luttant contre les royalistes d'une part et les Égaux rassemblés autour de Gracchus Babeuf, de l'autre ? Le thème de l'autorité républicaine confrontée au défi de la recherche de l'ordre est au centre de ce livre. Le présent ouvrage met en lumière la difficulté à instaurer un gouvernement légitime en mettant un terme à la Révolution française. Les plumes ici réunies esquissent de précieux portraits des hommes du Directoire (dont Sieyès, Carnot, Babeuf), dessinent un tableau saisissant des institutions de l'an III, et tentent de dresser le bilan de cette époque charnière, non seulement en France mais aussi au-delà des frontières.

    Ressortent les idéaux, pensées, doutes, contradictions également, d'un régime fragile empêtré dans une profonde crise de confiance, mais bien disposé à forger la République.

  • Les guerres de religion qui ont ensanglanté le royaume de France, nous lèguent de la religion une image de violence et de fanatisme, faisant écho à notre situation contemporaine.

    Les guerres de religion qui ont ensanglanté le royaume de France, nous lèguent de la religion une image de violence et de fanatisme, faisant écho à notre situation contemporaine. Pourtant dès 1598, grâce à son édit de Nantes, la France a expérimenté un mode de coexistence original entre ses confessions religieuses. C'est la révocation de l'édit de Nantes en 1685 qui a mis fin à ce face-à-face, gommant pour longtemps des esprits la singulière réussite de ces temps d'exception.

    Vingt millions de catholiques et un million de protestants, à la suite de Luther, de Calvin ou du concile de Trente, partageant une culture largement commune, ont évolué ensemble sur notre territoire et fait l'expérience d'une cohabitation inédite. Leur confrontation s'est accompagnée de multiples emprunts et échanges qu'explore ce livre au travers de quelques grandes figures engagées, de Théodore de Bèze à François de Sales, de Catherine Lévesque à Marie de l'Incarnation.

    Un moment charnière de près d'un siècle généreusement mis en valeur par Bernard Cottret, mais aussi un temps exemplaire de confrontation pacifique entre tenants de religions différentes, précédant les Lumières.

  • En contradiction avec l'image du personnage sédentaire que l'on garde trop souvent de lui, d'un souverain n'ayant pas ou presque pas quitté ses trois résidences successives (Paris, Saint-Germain et Versailles), Louis XIV fut un roi voyageur au cours de la plus grande partie de son règne.

    En contradiction avec l'image du personnage sédentaire que l'on garde trop souvent de lui, d'un souverain n'ayant pas ou presque pas quitté ses trois résidences successives (Paris, Saint-Germain et Versailles), Louis XIV fut un roi voyageur au cours de la plus grande partie de son règne.

    Suivant le Roi-Soleil jour après jour, lieu après lieu, dès sa première jeunesse et pendant plus d'un demi-siècle, Christophe Levantal montre qu'il se déplaça presque chaque année, parcourant non seulement la France mais aussi plusieurs pays étrangers. Voyageur persévérant et même endurant pour des motifs très variés (éducatifs, religieux, familiaux, politiques, diplomatiques, militaires ou d'agrément), il trouvait dans cette activité une façon à la fois différente et complémentaire de régner, de gouverner et de vivre.

    Chronologie et périodicité des déplacements, calendrier et horaires, météorologie, caractéristiques géographiques naturelles et artificielles, distances, moyens et vitesses de locomotion, repas, étapes et logements, visites et même accidents : le présent ouvrage propose une présentation et une analyse fouillées, cartes à l'appui, de ces voyages sous tous leurs aspects.

  • Les dernières années de l'Ancien Régime en France voient la multiplication des fêtes, publiques ou privées. Les fêtes royales et princières d'abord, se perpétuent dans le faste et le spectaculaire, moyen pour la monarchie d'affirmer un pouvoir en butte à des critiques multiples.

    Les dernières années de l'Ancien Régime en France voient la multiplication des fêtes, publiques ou privées. Les fêtes royales et princières d'abord, se perpétuent dans le faste et le spectaculaire, moyen pour la monarchie d'affirmer un pouvoir en butte à des critiques multiples.

    Quant aux fêtes privées données chez les nobles et les financiers, elles sont de plus en plus extravagantes. Elles se déroulent souvent dans les folies, ces résidences élégantes

    et luxueuses répondant aux caprices de leurs propriétaires. Fuyant le sérieux philosophique pourtant en vogue, des sociétés affectionnent des scènes de travestissement et pratiquent à

    l'envi l'art du canular, de la supercherie et de la mystification. On assiste à des jeux parfois dangereux pouvant même basculer dans la transgression. Une telle frénésie devient le moyen de fuir une réalité qu'on ne peut ou qu'on ne veut percevoir, et dissimule aussi une inquiétude sourde. La hantise du chaos affecte certains esprits, alors même que l'idée de progrès est devenue un lieu commun du discours philosophique.

    En faisant revivre, à travers ces fêtes mémorables les derniers feux de l'Ancien Régime, Didier Masseau montre toute l'ambivalence de la société française à la veille de la Révolution.

  • Une caricature paraît en 1794 : Robespierre ne serait qu'un tyran obsédé par la mort jusqu'à vouloir " se décapiter lui-même après avoir guillotiné le dernier des Français ". La France selon Robespierre, République de la Terreur, ressemble dans ces images traumatisantes

    Une caricature paraît en 1794 : Robespierre ne serait qu'un tyran obsédé par la mort jusqu'à vouloir " se décapiter lui-même après avoir guillotiné le dernier des Français ". La France selon Robespierre, République de la Terreur, ressemble dans ces images traumatisantes à un immense cimetière où se déversent des fleuves de sang. Le cadavre envahit les représentations.

    Étudier ce moment politique saisi par la terreur, voici le sens de cet ouvrage, qui réunit une dizaine d'études d'Antoine de Baecque. En observant les diverses formes de violence symbolique, physique ou mise en scène qui envahissent alors l'espace politique, l'historien fait une place à l'Hercule, cette Force armée de sa massue qui s'impose comme nouvelle allégorie de la France, prenant une place aux côtés de la déesse Liberté. Car il s'agit de donner corps à la République et d'impressionner ceux qui l'attaquent, tout en créant un corps colossal qui puisse légitimement combattre le géant monarchique en terrorisant les ennemis du peuple.

    Ce livre propose de relire et de repenser la Terreur, en montrant que la présence concrète des cadavres et la puissance de l'imaginaire morbide permettent aux révolutionnaires de prendre la (dé)mesure de la violence des bouleversements qu'ils engendrent, et justifier ainsi leur politique d'effroi.

  • Le " Siècle d'or " (XVIIe siècle) des Provinces-Unies fut une réalité reconnue dès l'époque, tant par les Néerlandais eux-mêmes que par les innombrables étrangers, voyageurs, commerçants ou réfugiés, qui affluèrent de toutes parts.

    Le " Siècle d'or " (XVIIe siècle) des Provinces-Unies fut une réalité reconnue dès l'époque, tant par les Néerlandais eux-mêmes que par les innombrables étrangers, voyageurs, commerçants ou réfugiés, qui affluèrent de toutes parts. Phare de l'espace européen de leur temps, les Pays-Bas se sont illustrés par des innovations dans les domaines les plus variés : politique avec leur système républicain, technique avec les poldérisations, économique avec leurs établissements bancaires, artistique avec des peintres d'exception, religieux avec une gestion des cultes marquée par un impératif de tolérance alors exceptionnel en Occident.

    C'est ce pays en effervescence que nous présente ce dictionnaire à travers 450 notices dues à plus de 100 spécialistes, couvrant tous les domaines de la vie : de la traite des esclaves à l'interprétation de l'Écriture sainte, du commerce avec les colonies à la peinture à l'huile, des guerres de Hollande à la production du fromage, du patinage aux Lumières radicales. Philosophes, artistes, personnages historiques, familles de notables complètent cette présentation du pays. L'eau, enfin, que ce soit celle de la mer ou celle des fleuves, occupe une place spécifique : des inondations à la construction navale, des écluses aux canaux, et à la cartographie. Une incursion vivante dans l'histoire du XVIIe siècle.

  • Quel enfant fut Louis XIV ? Quel élève fut Louis XV ? Que signifie « éduquer un prince » ? La royauté s'enseigne-t-elle ? Quelles vertus, quels savoirs transmettre dans un monde qui voit évoluer la conception du pouvoir ? C'est cet aspect méconnu de la monarchie française que nous dévoile Pascale Mormiche avec l'éducation d'une quarantaine de princes, ces jeunes garçons qui, du xviie au xviiie siècle, étaient destinés à devenir de futurs rois ou des chefs de famille tels que les Conti, les Condé et les Orléans. De leur quatrième année chez les « femmes » à leur passage chez les « hommes » à sept ans jusqu'à l'âge du mariage, cette somme nous fait revivre leur apprentissage au quotidien. Cet ouvrage comporte trois volets : l'étude du personnel, précepteurs ou gouverneurs qui ont la lourde tâche de façonner ce prince idéal, puis l'analyse des principes éducatifs et des moyens mis en oeuvre, avant de décrire la « fabrication » pratique d'un prince, tant sur le plan des vertus, des savoirs que dans sa manière d'être. Une somme magistrale sur la formation des souverains, une plongée dans les coulisses de la monarchie. Où l'on découvre que, loin d'avoir été négligée, l'éducation des princes fut l'objet d'une méticulosité remarquable et constituait une véritable affaire d'État.

  • Guerres de religion, révolte des Croquants, complots, répressions : aux xvie et xviie siècles, des images de violence accompagnent les débuts de la France moderne. Parce qu'ils touchent l'ensemble de la société, ces débordements éclairent par contrecoup les évolutions de l'ordre public, de l'appareil d'État, du champ pénal de la justice.

    Guerres de religion, révolte des Croquants, complots, répressions : aux XVIe et XVIIe siècles, des images de violence accompagnent les débuts de la France moderne. Parce qu'ils touchent l'ensemble de la société, ces débordements éclairent par contrecoup les évolutions de l'ordre public, de l'appareil d'État, du champ pénal de la justice. Leurs répercussions dévoilent les capacités de contrainte de l'État et le pouvoir de rétorsion qui fonde son autorité. C'est à travers cet angle d'interprétation novateur qu'Yves-Marie Bercé décrypte les mutations de la société et de l'État monarchique entre le temps du roi guerrier du XVIe siècle et celui du souverain autoritaire centralisateur du siècle suivant. Meurtre du baron de Fumel par une foule protestante en 1561, assassinat du duc de Guise en 1589, soumission des villes calvinistes dans les années 1620, coups de majesté des rois de France en 1588, 1617, 1661...

    Autant d'épisodes majeurs, parmi beaucoup d'autres, narrés dans ce volume qui examine les réponses répressives du pouvoir. Ainsi se dessinent les transformations des institutions dépositaires de la violence d'État, tandis qu'à plus long terme, s'esquissent les orientations politiques choisies par des générations de législateurs depuis l'étatisme de la Renaissance jusqu'à la naissance du despotisme des Lumières.

  • Il a gouverné la France pendant huit ans, mais son ombre, ou son rayonnement, s'étend sur trois siècles. Il a été considéré, tour à tour et simultanément, comme l'incarnation des vices les plus noirs et des vertus les plus sublimes ; comme le comble de la frivolité et celui de la profondeur politique ; comme le symbole de la décomposition de la monarchie et celui de la modernité. Il est passé par les mains de la princesse Palatine, sa mère, de Saint-Simon, son ami, de Montesquieu, de Crébillon, de Prévost, de Dumas, de Michelet, de Féval, de Bertrand Tavernier, d'Eve de Castro et de bien d'autres, plus obscurs et plus cruels. Qui en sortirait indemne ? Ce livre tente de reconstituer la logique des métamorphoses du Régent, de 1715 à nos jours, en observant les infinis arrangements - des plus folles inventions à la terne répétition des stéréotypes - qu'a suscités la rencontre de ce personnage avec des contextes idéologiques et des genres littéraires variés. Denis Reynaud est professeur de littérature à l'université Lumière-Lyon 2. Chantal Thomas est écrivain et directrice de recherche au CNRS. Comme la plupart des auteurs de ce livre, ils sont membres du Centre d'étude du XVIIIe siècle (UMR LIRE, CNRS-Lyon 2).

  • Les couleurs, pour Antoine Janot, c'est son métier. Encore enfant, avec son père, il a appris à sentir l'odeur de la cuve de pastel, tâter le goût du bain avant d'y plonger le tissu pour le bleuir. Plus tard, il s'est musclé les bras à tourner les lourdes pièces de lainage dans les chaudrons bouillants des rougies de cochenille.

    Les couleurs, pour Antoine Janot, c'est son métier. Encore enfant, avec son père, il a appris à sentir l'odeur de la cuve de pastel, tâter le goût du bain avant d'y plonger le tissu pour le bleuir. Plus tard, il s'est musclé les bras à tourner les lourdes pièces de lainage dans les chaudrons bouillants des rougies de cochenille. Il est un de ces maîtres-teinturiers dont les couleurs éclatantes assurent l'engouement pour les draps du Languedoc aux Échelles du Levant. Alors, quand le nouvel inspecteur des manufactures nommé à Saint-Chinian vient lui confisquer une pièce d'écarlate sous prétexte que son rouge est affamé, Antoine Janot décide de ne pas se laisser faire. Il rédige un mémoire garni d'échantillons pour expliquer comment il obtient toutes ces couleurs, et il l'envoie à Montpellier, à l'Intendant du Roi en Languedoc, avec une lettre dénonçant les abus de pouvoir de l'inspecteur.

    Pavé dans la mare. Les remous provoqués vont faire repérer Janot jusqu'à Versailles comme un " aventurier sujet à caution, aussi inquiet, aussi haut et aussi dangereux qu'il est bon teinturier ".

    Le mémoire, enterré dans les archives, est ici édité, avec deux autres d'Antoine Janot : c'est le plus ancien ensemble connu de recettes de teinture des draps de laine, illustrées d'échantillons, organisées systématiquement dans l'ordre des opérations techniques permettant d'obtenir toutes les gammes de coloris grand teint avec les colorants naturels.

    Leur étude technologique et colorimétrique, proposée par Dominique Cardon, veut inspirer les passionnées et passionnés de couleur et ouvrir de nouvelles voies pour ressusciter les couleurs de l'ère des Lumières.

  • .La chute de Robespierre et la fin de la Terreur font entrer la Révolution dans une nouvelle ère, en rupture avec l'idéologie jacobine. Au fil des luttes politiques est renouvelé le projet de sortir de la Révolution par le droit, par la porte libérale. Mais comment concilier le respect des libertés individuelles et le salut public ? La chute de Robespierre et la fin de la Terreur font entrer la Révolution dans une nouvelle ère, en rupture avec l'idéologie jacobine. Au fil des luttes politiques est renouvelé le projet de sortir de la Révolution par le droit, par la porte libérale. Mais comment concilier le respect des libertés individuelles et le salut public ? Loris Chavanette souligne l'impossible " rattrapage " de la Révolution en 1795, au temps de la Convention nationale finissante. Réparations à l'égard des vaincus de la Terreur, politique de répression visant les " terroristes " (procès de Carrier et Fouquier-Tinville), recours à l'armée qui devient progressivement une force politique à part entière... Cette histoire peu connue de 1795 est aussi un essai sur la justice d'exception, la violence révolutionnaire et les limites du recours à l'arbitraire par le pouvoir dans les démocraties. " Loris Chavanette entraîne son lecteur à la recherche de quelques-unes des causes les plus profondes de l'échec politique de la Révolution. La politique française a gardé de ces événements lointains quelques traces, et ce voyage dans la France de 1794 et 1795 projette même quelques lumières sur nos turbulences politiques contemporaines. Les grands livres d'histoire procèdent d'une grande question. Celui-ci en apporte une fois de plus la preuve. " Patrice Gueniffey Historien et chercheur spécialiste de la Révolution et de l'Empire, Loris Chavanette est docteur en histoire pour une thèse sur la France après la Terreur. Il est notamment l'auteur de Waterloo. Acteurs, Historiens, Écrivains (Gallimard, 2015).

  • La chute de Robespierre et la fin de la Terreur font entrer la Révolution dans une nouvelle ère, en rupture avec l'idéologie jacobine. Au fil des luttes politiques est renouvelé le projet de sortir de la Révolution par le droit, par la porte libérale. Mais comment concilier le respect des libertés individuelles et le salut public ? La chute de Robespierre et la fin de la Terreur font entrer la Révolution dans une nouvelle ère, en rupture avec l'idéologie jacobine. Au fil des luttes politiques est renouvelé le projet de sortir de la Révolution par le droit, par la porte libérale. Mais comment concilier le respect des libertés individuelles et le salut public ? Loris Chavanette souligne l'impossible " rattrapage " de la Révolution en 1795, au temps de la Convention nationale finissante. Réparations à l'égard des vaincus de la Terreur, politique de répression visant les " terroristes " (procès de Carrier et Fouquier-Tinville), recours à l'armée qui devient progressivement une force politique à part entière... Cette histoire peu connue de 1795 est aussi un essai sur la justice d'exception, la violence révolutionnaire et les limites du recours à l'arbitraire par le pouvoir dans les démocraties. " Loris Chavanette entraîne son lecteur à la recherche de quelques-unes des causes les plus profondes de l'échec politique de la Révolution. La politique française a gardé de ces événements lointains quelques traces, et ce voyage dans la France de 1794 et 1795 projette même quelques lumières sur nos turbulences politiques contemporaines. Les grands livres d'histoire procèdent d'une grande question. Celui-ci en apporte une fois de plus la preuve. " Patrice Gueniffey Historien et chercheur spécialiste de la Révolution et de l'Empire, Loris Chavanette est docteur en histoire pour une thèse sur la France après la Terreur. Il est notamment l'auteur de Waterloo. Acteurs, Historiens, Écrivains (Gallimard, 2015).

  • L'union des arts, leur ouverture au plus grand nombre sont au coeur du projet de régénération porté par les révolutionnaires français. Le théâtre connaît alors un véritable âge d'or, comme en témoignent la multiplication des salles et l'émergence de quantité de nouveaux talents, chez les auteurs comme chez les comédiens, chez les professionnels comme chez les amateurs. L'union des arts, leur ouverture au plus grand nombre sont au coeur du projet de régénération porté par les révolutionnaires français. Le théâtre connaît alors un véritable âge d'or, comme en témoignent la multiplication des salles et l'émergence de quantité de nouveaux talents, chez les auteurs comme chez les comédiens, chez les professionnels comme chez les amateurs. Au nom du projet émancipateur de la République, les conventionnels élèvent le théâtre au rang d'" école primaire pour adultes ". Des débats sur son utilité pédagogique animent les Assemblées, le Comité de salut public, les clubs, les sociétés, les journaux, au risque d'une censure qui échappe aux seuls critiques, et dont sont volontiers partie prenante les spectateurs. C'est ce foisonnement sans précédent que fait revivre Philippe Bourdin dans cette fresque captivante consacrée aux arts de la scène sous la Révolution. Un rayonnement notamment associé aux noms d'André Chénier, Chamfort, Fabre d'Églantine, Olympe de Gouges. L'incarnation des gloires républicaines se fait certes par le geste mais tout autant par le verbe. Minoritaire mais conquérant, le théâtre patriotique met en scène des personnages-orateurs : représentants du peuple, maires, officiers, instituteurs, curés patriotes ou, plus simplement, pères et mères de famille anonymes. Ils usent d'un discours de justification, de l'éloge, de la célébration, pour construire sur le vif de l'événement une légende nationale immédiate, un héroïsme à partager. Philippe Bourdin, professeur à l'université Blaise-Pascal-Clermont-Ferrand-II, a publié et dirigé de nombreux ouvrages sur la Révolution française, dont Révolution, Consulat, Empire (1789-1815) 2009.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • À la fin du xviiie siècle, Paris a besoin d'eau. Napoléon s'empare du dossier. En mai 1802, il décide de créer un canal reliant la rivière Ourcq à Paris. Un chantier gigantesque est né. Il ne s'achèvera que vingt ans plus tard, non sans avoir provoqué l'une des controverses techniques les plus impressionnantes de son temps. Sont en jeu la qualité et la quantité d'eau nécessaires, le tracé du canal, la possibilité d'un usage mixte, à la fois adduction d'eau potable et canal de navigation. Toutes ces questions requièrent le développement de savoirs nouveaux, mais qui se révèlent insuffisants pour régler les désaccords. L'expertise des ingénieurs d'État en charge du projet, leurs modes de délibération et de décision se heurtent aux prérogatives du pouvoir politique, même dans les décisions techniques. Les Travaux Publics qui concernent l'eau sont restés des objets politiques de la plus haute importance. En suivant les nombreux rebondissements et facettes de cette dispute, cette histoire singulière donne à voir une part manquante de l'imaginaire du projet contemporain : sa dimension délibérative. Si les projets modèlent les actions et changent le monde, avant de les mettre en oeuvre, il s'agit de se mettre d'accord sur ce qui doit être construit et comment. Une affaire de civilité et de procédures avant même de devenir un enjeu démocratique.

empty