Armand Colin

  • La grande peur de 1789 est un événement étonnant. En réaction aux incertitudes de la Révolution, d'un bout à l'autre du royaume, se répand l'idée que des aristocrates arment des brigands pour ravager les récoltes et massacrer le peuple. Aux contemporains déconcertés, elle apparut comme un mystère. Ceux qui voulurent, à toutes forces, en improviser une explication l'attribuèrent à un complot qu'ils rapportèrent, suivant leurs opinions, à l'aristocratie ou aux révolutionnaires.
    OEuvre majeure de Georges Lefebvre (1874-1959), cet ouvrage se situe à la croisée de l'histoire sociale et de l'histoire des mentalités. Il constitue une étude inégalée sur le rôle et la signification des foules dans la Révolution française et dans l'Histoire.
    Texte présenté par Michel Biard (Université de Rouen) et Hervé Leuwers (Université de Lille).

  • Pour la première fois de l'histoire, le Maghreb fait l'expérience, au cours des XIe-XVe siècles, d'une union politique sous l'égide des populations locales : les Berbères. S'inspirant des dynasties arabes musulmanes qui les ont précédés, les Almohades étendent leur emprise de l'Atlantique à la Tripolitaine, du Sahara jusqu'au centre de la péninsule Ibérique. Cet épisode marque une étape fondamentale du processus d'arabisation et d'islamisation des sociétés du Maghreb ; on assiste alors à la diffusion du concept d'État, territorial et supra-tribal, préalable à l'évolution ultérieure. Pascal Buresi et Mehdi Ghouirgate présentent d'abord en dix « chapitres » le cadre événementiel et politique, puis ils insistent sur dix « points d'histoire ». Enfin, divers auteurs analysent une dizaine de documents iconographiques, emblématiques de cette période fascinante.

  • Al-Andalus que l'on désignait autrefois sous le nom d'Espagne musulmane, a marqué l'histoire du viiie au xie  siècle. La richesse et le raffinement de la civilisation arabo-andalouse continuent de fasciner autant les chercheurs que les touristes qui se rendent en Andalousie.
    Nombre d'hommes politiques ont même vu dans cet al-Andalus l'espace d'un modèle de convivialité à une époque où les tensions entre l'Occident et le monde arabe ne cessent de s'accroître. À l'inverse, depuis quelques années, plusieurs auteurs «  révisionnistes  » remettent en cause l'islamisation de la péninsule en niant même l'authenticité de la conquête.
    Cet ouvrage entend rétablir une vérité historique et retracer la riche histoire d'un passé controversé. Il dresse un tableau le plus complet de l'histoire de cette lointaine province du monde islamique avant que ne se développent, aux alentours de l'an mil, les premières offensives chrétiennes qui ne s'achèveront que quelques siècles plus tard, en 1492, avec la chute de l'émirat nasride de Grenade.
    En débutant son enquête avec les derniers temps de la monarchie wisigothique de Tolède et en l'achevant avec la disparition du califat de Cordoue, ce manuel retrace l'évolution d'un État dont l'influence s'étendit sur l'ensemble de la Méditerranée occidentale et sur le Maghreb.

  • Comprendre la France d'Ancien Régime implique de se distancier de réflexes mentaux trop contemporains. L'État moderne se construit dans une économie préindustrielle, entraînée par le commerce des produits agricoles dans une société où les libertés sont longtemps confondues avec les privilèges des ordres sociaux et dans une culture largement vivifiée par la religion. La formation de l'État-nation est l'oeuvre d'une monarchie sacralisée à perspective absolutiste, où le souverain ne parvient pas à s'adapter à la redéfinition de la nation au siècle des Lumières.
    Après un lent dégagement des conceptions féodales, la monarchie n'a pas été capable de maîtriser la question du pluralisme religieux, ni d'imposer une réforme progressive de la société pour en tirer une fiscalité à la hauteur de ses ambitions. Le refus politique d'association de la nation à la gestion de l'État, longtemps maîtrisé grâce à l'attachement des élites au partage financier des ressources de l'État fort, finit par asphyxier la monarchie lorsque l'enlisement des réformes se paie par la faillite.
    Pour cerner la vraie nature de l'absolutisme français, de sa naissance à sa crise ultime, huit chapitres thématiques replacent l'État royal dans son environnement géographique, économique, social, religieux et culturel. Trois chapitres dégagent ensuite les caractéristiques essentielles de chaque siècle ; enfin, des synthèses approfondissent quelques questions fondamentales pour l'histoire de la France moderne.

  • Le Petit atlas historique du Moyen Age est composé de 43 fiches qui présentent chronologiquement, à l'échelle du monde, les grandes phases d'une période allant du Ve au XVe siècle.
    L'ouvrage a pour objectif d'apporter des repères simples et précis à l'étudiant :  il dégage les traits essentiels d'un événement, d'une aire de civilisation, d'un mécanisme économique ou encore d'un courant artistique d'une période. 
    Chacune des fiches thématiques est complétée par une iconographie, un plan ou une carte.
    Une chronologie détaillée, une bibliographie, un glossaire et un index complètent cette histoire de la France médiévale pour en faire un indispensable outil de travail.
     

  • Entre le Ve et le VIIIe siècle, l'Europe cherche ses marques, bousculée entre la fin de la période romaine et le plein Moyen Âge, au cours de ce qu'on a appelé les « invasions barbares ». Le basculement d'un espace centré sur la Méditerranée à un monde davantage tourné vers la mer du Nord marque un premier mouvement dans la constitution de l'Europe.
    Ce manuel revient sur cette période complexe en décrivant clairement la situation de l'Empire d'Occident avant sa chute en 476 et les caractéristiques de chacun des royaumes barbares qui fleurissent alors, ainsi que le rôle de la christianisation. Il dépeint la montée en puissance du pouvoir des Francs, aux sources de l'Empire de Charlemagne. Présentant un état de la période profondément renouvelé par les recherches des dernières décennies, cet ouvrage montre à quel point l'Europe barbare a été un creuset essentiel pour l'Europe et la réflexion historique.

  • Panorama synthétique du Moyen Âge (Ve-XVe siècles), cet ouvrage veut répondre aux besoins spécifiques des étudiants de premier cycle. Il propose l'essentiel des connaissances à travers plusieurs sections - les événements politiques, les faits culturels et religieux, le contexte social et économique, les grandes figures de la période...- et s'appuie sur un choix de documents significatifs. Plans de dissertation, chronologie,  glossaire, cartes et  sources livresques et informatiques offrent des ressources pédagogiques et des repères  précieux.

  • L'histoire de la Méditerranée médiévale, zone partagée entre l'Afrique, l'Asie et l'Europe, est faite de phases d'expansion ou de repli qui charrient à travers l'espace les marqueurs d'identités hétérogènes.
    Ce vaste espace est alors caractérisé par la diversité, le métissage, l'inextinguible capacité d'invention, mais aussi les affrontements et le refus de la différence. Les auteurs ont souhaité mettre en lumière la grande diversité des mondes méditerranéens, au-delà de l'idée fantasmée d'un ensemble géographique et humain qui pourrait, au Moyen Âge, se réduire à l'opposition entre Chrétienté et Islam.
    Ils ont choisi de présenter une succession d'études de cas consacrées à des thèmes trop peu traités, éclairant des questions touchant aux sociétés, aux territoires et aux faits culturels. L'ouvrage propose des documents, souvent inédits, et des synthèses thématiques permettent de replacer les études de cas dans une perspective large et assurent la cohérence de l'ensemble.

  • La guerre de Cent Ans est un événement essentiel dans la constitution des royaumes de France et d'Angleterre et a marqué de son empreinte les relations entre les deux pays.
    Cette synthèse donne les clés pour décrypter les raisons, dépeindre le contexte, présenter les acteurs et décrire le déroulement d'un conflit qui dura de 1330 à 1453. L'auteur propose ici un parcours thématique qui envisage la guerre de Cent Ans comme un phénomène global : politique, idéologique, militaire, sociétal... vu aussi bien du côté français qu'anglais.
    S'appuyant sur de nombreuses sources - officielles, littéraires, iconographiques -, un appareil cartographique, des encadrés et des études de cas, ce volume permet à l'étudiant de construire un exposé, élaborer une dissertation ou rédiger un commentaire de document.

  • La Révolution française est d'abord un événement dont il importe de connaître de cours et la portée. L'expansion révolutionnaire, la place de la guerre, la Terreur, la Contre-Révolution s'inscrivent dans cette période de l'histoire française.
    Mais la Révolution, c'est aussi une remise en cause d'un ancien ordre et l'émergence de valeurs nouvelles dans les domaines du politique, du social, de l'économique, de la démographie. Le religieux et le culturel ont été également profondément modifiés : une place importante est faite à l'histoire des mentalités, aux traits de cet homme « régénéré » que la Révolution a rêvé de promouvoir, à sa vie quotidienne, à ses aspirations.
    Cet ouvrage éclaire ce moment fondateur et offre un tableau complet et sensible de cette décennie qui a changé le cours de l'histoire. Il propose enfin un état des lieux de la Révolution française, entre mémoire et héritage.

  • L'ouvrage présente les relations ayant existé entre Maîtres du sol et producteurs sur la longue période qui s'étend de la période carolingienne aux grandes révoltes paysannes des XIVe et XVe  siècles. 
    Après une période d'augmentation de la richesse, à partir du XIIIe  siècle les tensions s'accroissent. Les seigneurs connaissent une importante baisse de leurs revenus, ce qui constitue l'un des éléments essentiels de la crise des XIVe  et XVe  siècles. Cela a pour conséquence, dans de nombreuses régions, d'entraîner un phénomène de dépossession des paysanneries dont l'accès à la propriété du sol devient de plus en plus difficile.
    Cet ouvrage examine les statuts des hommes, l'organisation du travail, les hiérarchies sociales réellement efficaces, présente l'histoire de cet enrichissement général du monde occidental ainsi que celle de la crise qui clôt le Moyen Âge occidental.

  • À partir du XIe siècle, l'idée de croisade s'insère au coeur de la société chrétienne et constitue tout au long du Moyen Âge le moteur de l'expansion de l'Occident dans le monde méditerranéen. Plus que jamais, il est nécessaire de comprendre les raisons et les conséquences, de part et d'autre de la Méditerranée, d'un épisode historique sans précédent qui a duré quatre siècles.
    Cette synthèse interroge les origines et la nature de ce phénomène, entre « pèlerinages en armes » et migrations de populations, et en montre la complexité à travers les diverses grilles de lecture qui ont été appliquées au sujet : économiques, démographiques, religieuses, politiques. Elle montre comment, loin d'apporter les résultats escomptés ni permis les rencontres entre les cultures, ces campagnes ont d'abord servi la chrétienté à prendre conscience d'elle-même. Présentant le film des huit croisades, l'ouvrage met en lumière la tradition du pèlerinage vers Jérusalem et le développement de l'idée de guerre sainte dans la pensée pontificale. Il montre également que chez les hommes de la Croisade, la quête de Jérusalem ne peut être séparée de la gloire et de la fortune qui se réalisent dans la création d'États latins en Orient, prémices de la colonisation moderne.
    Une cinquantaine de cartes et documents iconographiques facilitent la lecture de ce volume qui propose par ailleurs et double index et une riche bibliographie.

  • Cet ouvrage de synthèse sur les Mérovingiens propose aux étudiants un panorama unique du monde franc du Ve au VIIIe siècle.
    L'auteur a eu à coeur de replacer chaque analyse d'ensemble dans son contexte chronologique, de manière aussi bien à ancrer les grandes explications anthropologiques et sociales dans leur dimension concrète qu'à rendre plus intelligibles les événements.
    Pour décrire une période riche et souvent mal connue, ce manuel s'appuie sur les sources écrites et archéologiques, la cartographie, et propose un tableau clair et concis de la spécificité mérovingienne. Il présente les grandes figures (Clovis, Dagobert, Charles Martel, Pépin le Bref...), les structures du pouvoir, l'organisation de la société, laïque et religieuse, la constitution du Regnum Francorum...

  • Qu'est-ce que le premier empire colonial français et comment, sur près de trois siècles, a-t-il évolué ? Depuis la mise en place d'un projet colonial par Richelieu jusqu'aux années 1810, qui voient la prise de contrôle par l'Angleterre des derniers vestiges de possessions françaises fragilisés par l'épisode révolutionnaire, l'ouvrage montre les politiques coloniales à l'oeuvre en Amérique du Nord, aux Antilles et dans l'océan Indien.
    Cette étude présente les acteurs, privés et institutionnels, de cette entreprise coloniale, mais aussi les populations, esclaves et libres cultivateurs, négociants et Habitants, nationaux et autochtones, à l'origine du démarrage véritable de l'outre-mer français, vers le milieu du XVIIIe siècle. Dépassant la simple perspective économiste et l'approche institutionnelle et militaire, l'auteur restitue la multiplicité des points de vue des acteurs et les ambiguïtés des marqueurs culturels entre « créolisation » et signes ostentatoires d'intégration.
    Cartographie originale, documents et portraits de grandes figures accompagneront le lecteur dans cette découverte de la première vague colonisatrice de la France.

  • 1515 Marignan. Qui ne connaît cette correspondance entre un millésime facile à retenir et la victoire remportée par François Ier dans le nord de l'Italie ?
    Cet essai d'histoire synchronisée entend replacer dans son contexte une bataille longtemps considérée comme une date majeure de l'histoire de France.
    Le début du xvie siècle fut un moment de circulation des hommes, des oeuvres et des idées sans précédent. Les nouvelles formes artistiques inspirées par la redécouverte de la culture antique se diffusaient en Europe, et l'on a pu voir dans ce mouvement une véritable « renaissance » du Vieux Continent.
    Alors qu'Érasme défendait une vision renouvelée de la vie chrétienne et prônait la paix entre les créatures de Dieu, certains s'interrogeaient sur le sens profond des guerres qui ravageaient l'Ancien Monde et sur celui des « découvertes » ultra-marines.
    Ces événements n'annonçaient-ils pas la fin des temps ?

  • Entre les XVe et XVIIIe siècles, la Chasse aux sorciers et sorcières a fait des dizaines de milliers de morts en Europe. Accusées de pacte avec le diable, de crimes abominables et de maléfices, les victimes, essentiellement des femmes, ont dû endosser la responsabilité des malheurs de toute sorte frappant individus et communautés.
    Expié sur les bûchers, ce crime imaginaire a été largement théorisé par les juristes et les théologiens, souvent tenaillés par l'obsession diabolique et animés par une volonté d'uniformité sociale. Mais il a d'abord été nourri des peurs et croyances collectives, des failles béantes de la nature humaine et des machineries des administrations alors en construction.
    Si les pouvoirs civils, prenant le relais de l'Église, ont très vite traqué les adeptes de Satan, « déviants » devenus criminels absolus, ce sont également eux qui ont progressivement éteint les feux d'une répression devenue destructrice de l'ordre social.
    Sorcières ! est une plongée dans les abysses de la culture occidentale, dans le bouillonnement d'où a émergé notre Modernité.

  • Cet ouvrage propose une analyse méthodique des institutions de la France médiévale, depuis le xie siècle jusqu'au terme traditionnellement assigné au Moyen Âge. Celui-ci, contre toute légende, s'avère en effet particulièrement fécond en innovations institutionnelles dont beaucoup sont encore vivaces aujourd'hui.
    On s'attachera d'abord à montrer la logique de l'ordre seigneurial qui marque si profondément la culture politique et les rapports sociaux dans le cadre féodal. Une deuxième partie examine l'État royal dont elle décrit un par un les principaux rouages : gouvernement, administration, devoirs de justice, moyens financiers et outils militaires. Puis sont étudiées les villes, qui affirment leurs libertés et aspirent à se gouverner elles-mêmes, donnent naissance à leurs propres structures politiques, commune ou consulat. La dernière partie, enfin, est consacrée à l'Église, qui soumet peu à peu le monde des clercs et celui des fidèles à des cadres de plus en plus ordonnés.

  • Le théâtre du XVIIIe siècle, derrière des apparences légères, se révèle très contestataire. Au nom de la liberté individuelle et de l'égale dignité de chacun, il dénonce sans relâche le pouvoir arbitraire, la soumission des filles et des femmes, l'autorité du père et celle du maître, l'argent roi. Il a été un instrument majeur de la diffusion des idées nouvelles qui ont entraîné la France entière dans un vaste élan révolutionnaire. Pour l'auteur, les philosophes n'ont fait que mettre en forme des idées qui étaient dans l'air du temps.
    Car ce sont des milliers de pièces, sur des centaines de théâtres - à la foire, dans les châteaux, dans les salons, dans l'arrière-boutique de l'artisan -, qui ont propagé ces idées dans toute la société ; le théâtre a joué le rôle de la télévision aujourd'hui et le phénomène a duré un siècle. 
    Ce travail novateur est exemplaire de la convergence de plus en plus appréciée entre la réflexion en histoire, qui s'intéresse à la dimension politique des phénomènes culturels, et la recherche en littérature qui propose de nouvelles lectures, plus sociologiques et politiques des oeuvres. L'auteure apporte de nombreux éléments au débat actuel sur les voies et modalités de conquête de la société d'Ancien Régime par les idées nouvelles. Sans le théâtre, qui sait si la Révolution eut rencontré d'emblée l'accueil favorable qu'elle reçut dans les premiers temps... 
    Marie Laurence Netter, chercheur au Centre de Recherches Historiques -EHESS/CNRS est historienne des XVIIIe et XIXe siècles. Après une thèse sur l'alphabétisation en France, elle s'est intéressée à la vie culturelle et politique et à la manière dont les deux pouvaient se croiser et entrer en résonnance avec des interrogations contemporaines.

  • Le Second Empire (1851-1870) a longtemps pâti d'une mauvaise réputation. Pendant des décennies, on n'a retenu du règne de Napoléon III que le coup d'État du 2 décembre 1851, l'affairisme, la « fête impériale » et le désastre de Sedan. Même si cette « légende noire » n'a plus vraiment cours, l'histoire de la France des années 1850 et 1860 reste encore pour partie méconnue. 
    Le présent ouvrage, qui ne cherche ni à réhabiliter ni à condamner le Second Empire, a pour but de brosser le portrait d'une époque, plus encore que d'un régime, en s'efforçant de respecter sa richesse et sa diversité. Envisageant ces vingt années sous trois angles différents, il analyse l'histoire politique du régime, étudie la société française sous Napoléon III, et dresse un panorama de l'histoire culturelle de la période. La variété des thèmes abordés et la multiplicité des approches permettent ainsi de dépeindre la France de Morny et d'Haussmann, de Schneider et de Boucicaut, de Claude Bernard et de Labiche.
    La première édition de cet ouvrage a reçu le prix Napoléon III de la Ville de Boulogne-sur-Mer et le prix Second Empire de la Fondation Napoléon. La présente édition, revue et augmentée, intègre les recherches les plus récentes sur la période. 
    Jean-Claude YON est professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Spécialiste d'histoire culturelle du XIXe siècle, il est notamment l'auteur d'ouvrages sur Eugène Scribe et Jacques Offenbach. Chez Armand Colin, il a publié une Histoire culturelle de la France au XIXe siècle (2010) et dirigé le volume Les Spectacles sous le Second Empire (2010).

  • L'alimentation s'impose peu à peu dans la recherche et l'enseignement de l'histoire. Inscrite dans le courant de l'histoire matérielle, servie par de très nombreuses sources (archives, livres, tableaux, objets), la consommation alimentaire est devenue pour l'historien essentielle pour comprendre une époque et une société. Cette synthèse place l'histoire de l'alimentation, du  XVIe au milieu du XIXe siècle, au coeur des problématiques multiples de l'histoire économique, sociale, culturelle ou politique. Ouverte sur l'Europe, cette étude est pour l'étudiant un outil de travail sans équivalent, qui offre informations historiographiques, bilan des connaissances, mais aussi orientations méthodologiques et pistes de recherches inédites.

  • Religion de salut, le christianisme enseigne un monothéisme exclusif de toute autre croyance et engage ses fidèles à vivre selon la morale la plus rigoureuse. L'attente d'un bonheur céleste et de la fin des temps les détourne largement du monde. Par tous ces traits, les chrétiens sont étrangers à la civilisation gréco-romaine.En dépit d'un rejet par les élites et de dures persécutions, le christianisme s'impose jusqu'à devenir la religion officielle de l'Empire romain, puis de tous les royaumes qui se succèdent au moyen Âge en Europe occidentale. L'Église devient un acteur essentiel de la vie sociale. Elle contribue à aménager les sociétés en s'impliquant fortement dans l'exercice de l'autorité. Elle adopte le savoir antique et l'utilise pour élaborer ses propres conceptions. Elle bâtit et développe un art en empruntant à celui de tous les peuples. Cette naturalisation sociale et culturelle s'accomplit au prix d'une difficile adaptation, trop bien réussie peut-être. Or les Écritures, qui renvoient en permanence à l'idéal religieux primitif, inspirent une remise en cause fréquente de cet ordre. L'exercice du pouvoir, la hiérarchie sociale, les comportements humains, les modes de raisonnement sont successivement concernés. Réformer sans cesse induit un dynamisme qui se dément rarement.C'est cette histoire longue et complexe que le présent ouvrage retrace dans toute sa diversité.Jacques Paul est professeur à l'université de Provence Aix-Marseille I. Il est l'auteur chez Armand Colin de Histoire intellectuelle de l'Occident médiéval et de Culture et vie intellectuelle dans l'Occident médiéval.
    Le salut. L'Écriture sainte. L'Église. Le christianisme latin à la fin de l'Empire romain. Les chrétiens et l'Empire. Les chrétiens et les religions païennes. Du héros au saint. Les chrétiens et la culture antique. Ordre du monde et salut chrétien (500-1050). La christianisation des peuples barbares. L'expérience insulaire. Christianisme et Empire carolingien. L'Église entre l'Empire et la féodalité. La liberté de l'Église et l'évangélisme (1050-1280). Principes et idéologie des réformateurs. Le sacerdoce et l'empire. Ascétisme et évangélisme. La vie religieuse des laïcs. Vie intellectuelle et essor artistique. La conscience chrétienne et le monde. L'affranchissement des États. Crises dans l'Église. L'essor de la vie spirituelle. L'encadrement des fidèles et la pastorale. De la pensée spéculative à l'humanisme.

  • Sur une période traditionnellement envisagée de manière très nationale , cet ouvrage propose une vision synthétique, transversale et parfois même comparatiste de l'histoire de l'Occident. Epoque complexe d'une grande richesse, l'histoire de ces deux siècles fondateurs permet de mieux comprendre les différents parcours de royaumes qui constituent la trame de notre Europe actuelle et de la civilisation occidentale.

  • Qu'est-ce que la bourgeoisie dans la France de l'époque moderne ? Quelles sont les différentes caractéristiques de cette catégorie sociale qui connaît un essor spectaculaire durant la période et s'impose peu à peu dans le jeu politique et économique de la France du temps ? Affirmant sa puissance dès la Renaissance, puis sortie victorieuse de la période révolutionnaire, la bourgeoisie constitue les fondements de la société du XIXe siècle et affirme le triomphe de valeurs qui perdurent encore aujourd'hui.
    L'ouvrage dresse le tableau très complet, du XVIe siècle aux débuts de la Révolution industrielle, de cette population aux multiples visages et en constante évolution. À travers les figures du propriétaire foncier, du rentier ou du commerçant, jusqu'au grand affairiste citadin, il définit cette notion et fait l'analyse de cette « classe moyenne » ou « mitoyenne ». Formes de sociabilité, éducation, valeurs, représentations, ici détaillées, permettent de brosser un portrait tout en nuances qui permet de mieux comprendre la société française moderne.

  • Qu'est-ce que le peuple dans les villes de la France moderne ? Comment le saisir dans toute sa diversité ? Les élites en livrent une représentation réductrice entre le xvie siècle et la Révolution, d'abord comme une masse indifférenciée prise dans sa seule dépendance aux puissants, ensuite comme une force politique incontrôlable. Pourtant, derrière ces traits figés, le peuple connaît une incessante mobilité, des parcours singuliers et des types aussi variés que la prostituée, le compagnon, la « revenderesse » ou le domestique.
    C'est dans ses multiples facettes, entre pauvreté et bourgeoisie, que cet ouvrage entend aborder le peuple. Dressant un tableau détaillé de ce groupe social, il en étudie, selon l'époque, l'activité légale et clandestine, le quotidien, le genre et les niveaux économiques, les configurations urbaines, les pratiques culturelles et la dimension politique.

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