Christianisme

  • Toute sa vie François Cheng a été habité par l'errance orientale de Victor Segalen (1878-1919), symétrique de son propre exil occidental. C'est même par le cycle chinois de l'oeuvre de Segalen, tout comme lui poète, romancier et critique d'art, que Cheng a d'abord visité de façon imaginaire une Chine qu'il avait quittée, et que Segalen, lui, avait été un des premiers à connaître dans toute sa profondeur continentale et sa diversité.
    François Cheng dit ici, en trois textes et un poème, l'intime proximité spirituelle qui le relie à Victor Segalen. Comme Segalen découvrant la Chine, François Cheng n'a que faire du tourisme culturel, la surface ne l'intéresse pas : il est allé voir " ailleurs " pour mieux voir au-dedans. Non pour se fuir mais pour se chercher. Les deux poètes " exotes ", selon l'expression de Victor Segalen, nous invitent ainsi à une démarche d'élévation où chaque culture épouse l'autre dans sa meilleure part.

    Né en 1929 dans la province de Shandong, François Cheng vit en France depuis 1949. Universitaire, poète, calligraphe, traducteur en chinois de Baudelaire, Rimbaud, René Char, des surréalistes... Auteur d'essais remarquables sur la poésie et l'art de la Chine, il a reçu le Grand Prix de la Francophonie pour l'ensemble de son oeuvre en 2001. Il a été élu à l'Académie française en 2002.

  • Thérèse d'Avila n'est pas une sainte comme les autres : première femme proclamée docteur de l'Eglise, elle est aussi paradoxalement une référence pour Verlaine, Marguerite Yourcenar, Cioran ou Simone de Beauvoir, parmi tant d'autres. Quel est donc le secret de cette figure qui a autant fasciné que dérangé ses contemporains, et qui aujourd'hui encore attire et interroge croyants et incroyants ? Christiane Rancé, romancière, essayiste et biographe, est partie à la rencontre de la plus énigmatique aventurière de Dieu.
    Cette évocation flamboyante et passionnée mobilise toute l'érudition de l'auteur sur l'Espagne éternelle, ce pays « où les mystiques tiennent lieu de philosophes et où la poésie nourrit la théologie ». Outre l'incroyable parcours d'une femme d'exception partie à la conquête d'elle-même et du Ciel, Christiane Rancé nous introduit à l'histoire du Siècle d'or, celui de l'Inquisition, des immenses richesses venues d'Amérique, et d'une exaltation religieuse mêlée d'obscurantisme. Elle nous donne à voir les paysages de Castille et d'Andalousie, nous fait toucher la poussière des chemins empruntés par la sainte itinérante, et sentir l'énergie volcanique déployée par Thérèse. Ce livre brûlant est à l'image de son sujet : à la fois incarné et céleste.

  • Moine bénédictin, « Oncle Ben » écrit à son neveu et à sa nièce. Le premier est pris dans le tourbillon de la réussite sociale et de la vie familiale, la seconde est plus en proie aux ferveurs et aux doutes de la spiritualité. Les conseils de vie distillés par l'oncle dans ses lettres ne sont jamais moralisateurs ; il y est toujours question de vie, de poésie, de rencontre avec l'autre, d'ouverture au monde intérieur. D'ailleurs, il ne s'adresse pas seulement à ces deux jeunes et à quelques autres interlocuteurs, il écrit parfois tout simplement pour lui, en se remémorant sa « vie d'avant », celle d'un artiste en quête de sens. Et, petit à petit, travers ces textes et correspondances apparemment « profanes », qui évoquent les ratages et les occasions d'éveil ponctuant nos parcours de vie, c'est un véritable commentaire de la Règle de saint Benoît, dont des extraits viennent discrètement en exergue à chacun des chapitres, qui s'offre ici à nous.
    Rarement la sagesse ancestrale des monastères avait été mise à la portée de tous les esprits libres d'aujourd'hui, chrétiens ou non chrétiens.
    Le frère David-Marc d'Hamonville a publié la traduction commentée de plusieurs livres bibliques aux éditions du Cerf, ainsi qu'Âme soeur chez Albin Michel. Poète, il est l'auteur d'hymnes nombreuses pour la Liturgie des Heures, chantées dans les monastères francophones.

  • Pour l'amour de Dieu

    Anne Soupa

    Le 21 mai 2020, fête de l'Ascension, une femme se porte publiquement candidate à l'archevêché de Lyon, laissé vacant par la démission du cardinal Barbarin dans les conditions que l'on sait. Cette femme s'attend bien sûr à des réactions de soutien comme de réprobation mais pas à la véritable tempête médiatique qui va toucher la France, même non chrétienne, et qui va s'étendre jusqu'au bout du monde en quelques semaines. Que s'est-il donc passé ? Pourquoi ce trouble, pourquoi cet intérêt - et surtout, pourquoi ce geste ?
    Anne Soupa n'est pas une inconnue dans l'Eglise : depuis plus de trente-cinq ans elle l'a servie comme bibliste, directrice d'une importante revue, écrivain, fondatrice d'associations de laïcs... Forte de cette longue pratique de terrain et de sa culture théologique, elle ne se contente pas ici de raconter le séisme, d'analyser les résistances, de répondre aux objections, mais elle énonce aussi les implications profondes de sa démarche. Et l'on découvre - à l'encontre d'une tradition qui est beaucoup plus complexe que ce qu'en dit le discours officiel - ce que pourrait être une charge d'évêque laïc, largement ouverte aux non-pratiquants, dans une gouvernance de dialogue et de rassemblement recentrée sur l'essentiel de l'Evangile. Plus qu'un recueil de revendications, voici un livre d'Espérance pour tous.

  • Dans notre monde soumis à des bouleversements intenses, les prédictions « apocalyptiques » sont à la mode. Pourtant la plus célèbre des apocalypses, celle de Jean, que les prophètes de malheur aiment à solliciter, a-t-elle pour visée de nourrir nos angoisses et nos phobies ? Pour Jean-Yves Leloup, la révélation de ce qui arrive, de ce qui vient, peut être vue dans différentes lumières, et c'est à un regard ni résigné ni effrayé devant les événements que nous invite l'Apocalypse de Jean. Elle situe la réalité actuelle et future du monde dans la lumière de Dieu et dans la lumière de l'Agneau, vision à la fois de justice et de miséricorde. Plutôt que de faire de l'Apocalypse l'annonce d'une destruction nihiliste, il est possible de lire à travers sa symbolique si riche la « révélation » de l'ultime Réalité : tout s'effondre, sauf la Vie. À travers une traduction inédite et un commentaire abondant de ce texte fondamental de la spiritualité universelle, Jean-Yves Leloup, à qui l'on doit déjà une remarquable traduction de l'Evangile de Jean et des Evangiles apocryphes de Thomas, Philippe et Marie, nous fait porter un autre regard sur le monde présent et à venir.

  • C'est le livre de bonne foi d'un incroyant qui cherche à comprendre comment le christianisme, ce chef-d'oeuvre de création religieuse, a pu, entre 300 et 400, s'imposer à tout l'Occident À sa manière inimitable, érudite et impertinente, Paul Veyne retient trois raisons :
    * Un empereur romain, Constantin, maître de cet Occident, converti sincèrement au christianisme, veut christianiser le monde pour le sauver.
    * Il s'est converti parce qu'à ce grand empereur il fallait une grande religion. Or, face aux dieux païens, le christianisme, bien que secte très minoritaire, était la religion d'avant-garde qui ne ressemblait à rien de connu.
    * Constantin s'est borné à aider les chrétiens à mettre en place leur Église, ce réseau d'évêchés tissé sur l'immense empire romain. Lentement, avec docilité, les foules païennes se sont fait un christianisme à elles.
    Cette christianisation de cent millions de personnes n'a pas fait de martyrs.
    Au passage, Paul Veyne évoque d'autres questions : D'où vient le monothéisme ?
    Faut-il parler ici d'idéologie ? La religion a-t-elle des racines psychologiques ? Avons-nous des origines chrétiennes ?Professeur honoraire au Collège de France, Paul Veyne a notamment publié Le Pain et le Cirque (1976), Comment on écrit l'histoire (1971), L'Empire gréco-romain (2005), René Char en ses poèmes (1990).

  • Pour cerner au plus près la figure de Jésus en interrogeant l'histoire et les Evangiles, voici une enquête en forme de dictionnaire menée par une historienne spécialiste du christianisme des premiers âges
    L'historienne spécialiste du christianisme des premiers siècles Marie-Françoise Baslez interroge les évangiles pour en extraire ce qui peut s'y trouver de plus historique. Son dictionnaire est divisé en trois parties - la naissance et la famille, la vie publique, la mort et l'après mort. Chaque entrée, d'Annonces angéliques à Zélotes, place les événements et les personnes dans le contexte des réalités et des traditions de l'époque, de l'histoire juive et du monde gréco-romain. Le résultat est un livre multiple, à la fois récit, recherche et guide, conçu pour répondre aux questions que se posent chrétiens et non chrétiens sur les origines d'un fait religieux particulièrement prégnant.

  • Qui aime les églises romanes n'a pas manqué de s'interroger sur la signi? cation de ces symboles étranges qui entourent le Christ en gloire au tympan de nombreuses cathédrales et abbatiales : un homme ailé ou ange, un aigle, un lion et un taureau ailés. Associés aux quatre Évangélistes, ils s'enracinent dans la vision des « Quatre Vivants » du prophète Ézéchiel, et dans l'Apocalypse de Jean. La symbolique déployée ici a longtemps nourri une vision initiatique du christianisme.
    Dès le XIIIe siècle, l'Église d'Occident n'interrogera plus guère ces quatre images. La Kabbale et les courants mystiques de la Renaissance tardive, puis les mouvements occultistes du XIXe siècle et une certaine tradition ésotérique contemporaine consacreront leurs recherches à cette étonnante métamorphose des qualités et activités symboliques du Christ.
    Michel Fromaget, anthropologue, maître de conférences honoraire de l'Université de Caen-Basse-Normandie, est l'auteur de nombreux essais d'anthropologie spirituelle. Il a publié chez Albin Michel Corps, Âme, Esprit (1991) et L'Homme tridimensionnel (1996).

  • Tous les superlatifs ont été utilisés pour célébrer Jean Paul II, ce géant du XXème siècle au destin hors du commun. Sa stature politique est indiscutable, et il fut certainement l'un des acteurs de la chute du communisme. Voyageur infatigable, il a drainé, par son charisme exceptionnel, des foules immenses, en particulier les jeunes à l'occasion des JMJ. Pourtant quinze ans après sa disparition, les fruits de ce long pontificat se révèlent terriblement amers, et l'on est en droit de se demander quelle est la responsabilité de Jean Paul dans la crise que traverse l'Église catholique, l'une des les plus graves de son histoire. Il se voulait le pape d'une restauration catholique - « nouvelle évangélisation », réarmement doctrinal, centralité de l'autorité romaine - mais cette politique a contribué à la dissimulation des pires abus. Et, à l'exception notable du monde juif envers lequel il a posé des gestes prophétiques, elle a laissé sur le chemin beaucoup de monde : les théologiens d'ouverture, les autres confessions chrétiennes, les femmes, les homosexuels...Les auteurs engagent une relecture serrée des grands axes de ce pontificat historique. Sans esprit de polémique, ils ouvrent un droit d'inventaire
    Écrivaine, journaliste et éditrice, Christine Pedotti a publié plus d'une trentaine d'ouvrages sur l'Église catholique, dont une histoire du concile Vatican II. Son dernier livre, Qu'avez-vous fait de Jésus ? (Albin Michel, 2019), pointe le silence des responsables de l'Église face aux abus sexuels.
    Anthony Favier est professeur agrégé d'histoire et docteur en histoire contemporaine.

  • Qui croit encore au péché originel ? Les Eglises elles-mêmes n'en parlent plus guère, et la sécularisation nous a fait ranger ce dogme au rang des vieilleries moralisantes. Et pourtant ! Après avoir terrorisé nos ancêtres, il fait encore sentir ses ravages dans bien des domaines, et notamment celui de l'éducation : que nous le voulions ou non, nous avons intégré cette perception négative de la nature humaine, et la reproduisons sans cesse.Lytta Basset décrit ici la généalogie et l'impact de cette notion profondément nocive qui remonte à saint Augustin, et qui contredit les premiers Pères de l'Eglise. Elle montre comment ce pessimisme radical est totalement étranger à l'Evangile : tout au contraire, les gestes et paroles de Jésus nous appellent à développer un autre regard sur l'être humain, fondé sur la certitude que nous sommes bénis dès le départ, et le resterons toujours. Appuyé sur le socle de cette Bienveillance originelle, chacun de nous peut oser la bienveillance envers lui-même et envers autrui, et passer ainsi de la culpabilité à la responsabilité.Mobilisant les ressources de la psychologie, de la philosophie et des sciences humaines, voici un ouvrage novateur et fondateur, propre à renverser notre vision de l'humanité, de son potentiel et de ses limites.

  • Ce livre est une méditation, non sur la mort, mais sur la vie. Ce n´est pas un témoignage sur l´expérience de la Shoah comme expérience de la mort, mais un appel à la vie.  Un matin, à Auschwitz, une femme mourante demande à Magda Hollander-Lafon d´approcher et lui dit de prendre dans sa main les quatre petits bouts de pain qu´elle a gardés mais qu´elle ne peut plus manger : « tu es jeune, tu dois vivre », lui dit-elle.  Cette phrase a fait renaître Magda, jeune adolescente, plongée dans un enfer qui la happait. D´autres moments de grâce se produiront, symboliquement, avec l´eau, les nuages et un sourire. Ce furent chaque fois des renaissances physiques et spirituelles.  De ces instants, qui sont autant de dons, elle livre aujourd´hui un témoignage spirituel d´une magnifique intensité. Il s´adresse à chacun : c´est une invitation à emprunter un chemin de pacification intérieure, de responsabilisation, un chemin vers sa vie. Un chemin qui, n´ignorant rien des ténèbres et de la peur, guide vers la lumière et vers la joie, cette « joie de vivre, qui est le ciel sur la terre. »  Magda Hollander-Lafon est née en Hongrie en 1928, dans une famille juive. En 1944, à l´âge de seize ans, elle est déportée à Auschwitz-Birkenau - elle dira en avoir dix-huit, échappant sans le savoir à la sélection fatale de Mengele. Rescapée de la Shoah, elle est recueillie en Belgique à son retour des camps. Elle devient psychologue pour enfants. Elle rencontre à cette époque la foi chrétienne et se définit aujourd´hui comme juive baptisée. À Rennes, où elle vit depuis trente ans avec sa famille, elle intervient auprès des jeunes pour témoigner, mais aussi parfois pour les accompagner intérieurement.

  • Au long de ces décennies passées à interroger le texte biblique et les mystères de sa langue, la pensée d'Annick de Souzenelle a mûri, pour atteindre aujourd'hui sa pleine maturité. De la matière de ses commentaires (Alliance de feu, Job sur le chemin de la Lumière...), elle a extrait la quintessence du message, qu'elle décline ici selon des thématiques intemporelles : l'exil de Dieu, la liberté, la connaissance, le désir, le mal et la mort, la renaissance. " La Torah est un baiser de Dieu ! ", proclame-t-elle : par une attention amoureuse à la richesse du verbe hébraïque, elle en restitue tout le souffle.

  • Y a-t-il une philosophie chrétienne ?
    Les trois courts et passionnants essais réunis ici explorent les différentes questions que soulèvent, dans l'univers du christianisme, les relations controversées de la philosophie et de la religion. Foi et raison sont-elles exclusives l'une de l'autre ? La raison n'aurait-elle rien à apporter à la subjectivité de la foi ? Peut-on se passer de croyances ? Science et foi sont-elles nécessairement en conflit ? Que prouvent les " preuves " de l'existence de Dieu ? Et si Dieu existe, pourquoi le mal accable-t-il le monde ? Défendant la fécondité du dialogue entre raison et foi, Denis Moreau ne se contente pas de rendre compte de l'histoire de ce débat. Il montre en quoi le christianisme constitue une ressource philosophique, et ce que la foi peut gagner en s'adossant à la raison : la philosophie chrétienne n'est donc pas un impensable, ni une sous-philosophie.
    Denis Moreau
    Agrégé et docteur en philosophie, il est professeur de philosophie à l'université de Nantes. Il est notamment l'auteur de Pour la vie ? (Seuil, 2014), Mort, où est ta victoire ? (Bayard, 2017) et Comment peut-on être catholique ? (Seuil, 2018).

  • Attente de Dieu

    Simone Weil

    « Je peux dire que dans toute ma vie je n'ai jamais, à aucun moment, cherché Dieu », écrit la philosophe Simone Weil au printemps 1942. Elle ne dit pas ici son agnosticisme mais exprime la radicalité de sa foi chrétienne : ne pas chercher, ne pas vouloir, mais désirer et attendre Dieu. L'ardente militante de la cause ouvrière, qui en 1936 s'était engagée en Espagne contre le franquisme, et allait bientôt rejoindre la France Libre à Londres, signe ici un testament spirituel qui a marqué le xxème siècle par sa beauté et sa force. Attente de Dieu est le titre que donna en 1949 le père Joseph-Marie Perrin aux textes que Simone Weil lui avait adressés avant son départ de France. Ces pages inouïes constituent l'éclairage qui donne toute sa cohérence à la vie et à l'oeuvre de la philosophe où l'attention à l'autre et à la beauté du monde expriment son amour attentif de Dieu.

  • « Errer dans les chantiers du monde, sur l'emplacement de la mosquée Bleue ou de l'abbaye du Thoronet quelques jours avant le premier coup de pioche quand y paissaient encore les moutons et y cabriolaient les chèvres. Marcher la nuit dans New York et y entendre bruire la forêt sacrée des Iroquois. Rejoindre le moment de bifurcation où la vie s'invente de neuf. Il faut se répéter sans se lasser que ce qui existe sur terre n'est qu'une ombre du possible, une option entre mille autres. »Comme une fenêtre ouverte sur le monde, les paroles de Christiane Singer ont le ton libre d'une conversation intime. Profonde sans jamais être inaccessible, simple sans être légère, elle nous invite à la réflexion et au partage, évoquant au fil de cette méditation aussi lumineuse que sensible le monde tel que nous le vivons, au carrefour de nos émotions et de nos attentes.Nourrissant son récit de souvenirs, d'anecdotes, de contes et de récits mystiques, l'auteur de Où cours-tu ? atteint, avec une grâce infinie, l'intime et l'universel, dans ce livre de sagesse dont on ressort apaisé et radieux.

  • « Aucun livre ne m’a autant coûté. Sa matrice est un journal intime que j’ai entrepris de tenir dès les premières semaines du deuil, après le suicide de notre fils Samuel, âgé de 24 ans…
    Au plus épais du brouillard qui avait alors avalé tous mes repères, il m’avait semblé discerner quelques lucioles sur le sentier incertain que je suivais en funambule. Cinq ans plus tard, j’ai repris des éléments de ce document autobiographique en les rédigeant à la troisième personne, et en les accompagnant de méditations ou réflexions formulées en “je”…
    Déjà, de vive voix, j’avais commencé à aborder publiquement ces sujets demeurés largement tabous dans nos sociétés occidentales : la mort, le suicide, l’au-delà, notre rapport aux réalités invisibles… Et chaque fois ces interventions suscitaient des confidences, des personnes bouleversées par le retour d’une mémoire occultée ou raillée par les autres, me demandaient de témoigner.
    Le chemin de vérité qui mène à une Vie plus forte que l’irréparable n’est pas l’apanage des croyants. Le clivage est ailleurs. Il dépend de l’orientation choisie : malgré ou à travers la mort de notre proche, désirons-nous ardemment aller vers ce qui vit, ou décidons-nous d’étouffer ce désir en nous ? »
    « Si vous cherchez un livre de fraternité à valeur humaine universelle, entrez dans celui-là. Il retentit non pas comme les cymbales de la notoriété de passage mais comme le bruit éternel de la lutte, en chacun de nous, entre l'ange noir du désespoir et celui de la Visitation. »Bruno Frappat, La Croix.
    « Un livre osé, profond, poignant et tellement utile sur des sujets aussi délaissés, tabous, que le suicide et le contact avec l'invisible. »Anne Ducrocq, Le Monde des religions.
    « Un livre exceptionnellement puissant, sans doute l'un des plus beaux témoignages contemporains sur la foi dans le Christ ressuscité. »Jean Mercier, La Vie.
    « Une expérience spirituelle étonnante. »Astrid de Larminat, Le Figaro.
    « C'est un témoignage poignant, un livre courageux, enfin un livre d'espoir. Car, pour la théologienne, le lien avec ceux qu'on aime est possible au-delà de la mort. »Patricia Briel, Le Temps.
    « Le livre de Lytta Basset rejoindra tous ceux qui ont vécu la perte d'un être cher : il est bourré d'espérance et de profonde humanité. »Bernard Litzler, Écho Magazine.

  • " Nul n'est prophète en son pays ", " Semer la zizanie ", " L'homme ne vit pas que de pain ", " Porter au pinacle ", " Rendre à César ", etc. : comme monsieur Jourdain faisait de la prose, nous citons les Évangiles sans le savoir. En presque 2 000 ans d'histoire du christianisme, ces textes ont imprégné notre culture : on y trouve de multiples aphorismes et sentences qui sont devenus des expressions courantes. Ces paroles vives, voire provocatrices, qu'on attribue pour la plupart à Jésus, se sont banalisées, et leur sens religieux est aujourd'hui imperceptible.
    En honnête homme amoureux des textes bibliques, Denis Moreau a choisi une centaine de ces locutions et leur redonne leur saveur première. Restituant le contexte où elles ont été prononcées selon un ordre qui rend compte du récit évangélique, il explique leur sens et leur portée, et retrace, non sans humour, les multiples échos qu'elles ont trouvés au cours des siècles.
    Une façon à la fois distrayante et profonde de redécouvrir les Évangiles sous un jour inattendu, ou de s'y initier.

  • Visionnaire et prophétesse, Hildegarde de Bingen (1098-1179) jouit d'une extraordinaire réputation. Sans doute parce que, faisant écho aux aspirations et questionnements de nos contemporains, elle accorde un sens hautement spirituel à la vie. De son oeuvre foisonnante, ce passionnant essai montre qu'elle s'organise autour de la conviction que le monde et l'homme, le corps et l'âme, la nature et le salut, sont interdépendants - qu'une unité divine régit tout le cosmos. Ce sens de l'harmonie, indispensable à l'équilibre du monde, a conduit la sainte à entrevoir la relation entre le désordre de l'univers et celui de notre santé, et à proposer une conception holistique de la médecine. L'enjeu de sa pensée est le rôle de l'homme. Créature préférée de Dieu, il occupe une place centrale et déterminante. Ce qui n'est pas sans conséquence sur le sens de sa destinée : parachever l'oeuvre divine, en participant à sa création.Audrey Fella est journaliste et essayiste. Elle a dirigé et coécrit Les Femmes mystiques. Histoire et dictionnaire (« Bouquins », Robert Laffont, 2013).

  • L´anesthésie affective et l´enfermement en soi-même sont des expériences beaucoup plus communes qu’on ne veut bien l´avouer. Car, pour la plupart, nous ne croyons pas - ou plus - à la possibilité d´un amour véritable, vivant, puissant sans être dévorant. Et ce n´est pas l´idéologie de l’amour tel que l´a enseigné un certain christianisme qui peut nous être d´un quelconque secours : il nous emprisonne au contraire dans une relation mortifère.

    Lytta Basset nous montre pourtant qu´existe en chaque personne une étonnante réceptivité à l´amour, prête à s'épanouir dès lors que l´on consent à accueillir le manque comme une bénédiction. L´amour qui se sait indigent laisse la place à un « souffle de vérité » qui déstabilise, mais pour venir à bout des confusions, blocages et ressentiments. Il mène alors à la découverte d’une « part de feu » en soi dont on ne savait rien. Ce feu, ce souffle qui traversent tout être humain, sont ceux dont parle l´Évangile. Nous sommes invités à nous y exposer, hors de toute contrainte sociale, morale ou religieuse, pour accéder à des relations affectives fécondes.

  • À l'approche de la mort, François d'Assise confiait à ses compagnons son souhait de reposer un moment « nu sur la terre nue ». C'est le sens de ce dévêtement ultime qu'explore ici Gabriel Ringlet, pour apporter un éclairage nouveau sur la fin de vie et son accompagnement.À partir de témoignages bouleversants, dont certains lui sont parvenus après le succès de son livre Ceci est ton corps, l'écrivain et théologien prend le parti de l'infinie douceur pour offrir un viatique qui trouve sens pour chacun.Il témoigne également de son expérience dans un centre de soins palliatifs en Belgique - où la loi autorise pour certains cas l'euthanasie - et donne alors toute sa place à l'écoute et au rituel pour les personnes qui en font la demande. Les mots justes s'allient aux gestes simples pour cet adieu si singulier.Une méditation sublime sur la nudité de l'absence, une célébration de la vie.

  • "L'admirable, la parfaite biographie que vient d'écrire Marcelle Auclair."A. Maurois, les Nouvelles littéraires"Il faut saluer, et on oserait presque dire fêter, une oeuvre aussi belle que celle de Marcelle Auclair."P. Doncoeur, Les Etudes"La biographie de Marcelle Auclair est brillamment écrite, solidement documentée, aussi large, pénétrante, alerte et pittoresque que le demandait le sujet."le Figaro littéraire"Voici la vie d'une des plus grandes mystiques, racontée avec la couleur et la vivacité d'un roman de cape et d'épée, mais tissée à chaque page sur le fond solide de la vérité historique.(...) Il y a, dans ce livre, une foule d'admirables pages, éclairées par les témoignages et les lettres du temps, dans lesquelles l'extraordinaire existence de la sainte d'Avila est évoquée avec une merveilleuse puissance de vie.(...) Ici, nulle concession au style artificiel de l'hagiographie décadente, mais le langage le plus humain. Et pourtant comme il nous conduit avec feu sur le sentier de Thérèse vers le château de l'âme !"M. Carrouges, La Vie spirituelle

  • « Où es-tu ? » Telle est la première parole adressée par Dieu à l'Homme dans la Bible. Question singulière (Dieu n'est-il pas omniscient ?) qu'Isabelle Le Bourgeois cherche à décrypter.  Mais très vite, en donnant la parole à des patients de son cabinet et à des personnes détenues qu'elle vient écouter en prison, elle retourne la même question vers Dieu : où est-il pour le prêtre Loïc qui se rend compte de l'inanité de sa vie, pour Marie-Josèphe la moniale en rupture de ban, pour Humberto le transsexuel, pour Marie-Thérèse la bourgeoise en détresse, pour Titouan le syndicaliste dont la vie s`est fracassée un jour d'ivresse sur les morts qu'il a provoqués en voiture, pour Damien qui a assassiné sa femme par jalousie... ? Du fond de ces abîmes de remords, colère, désespoir, culpabilité, des âmes brisées appellent un Dieu qui semble absent, avec des accents de vérité qui touchent à l'universel.
    Isabelle Le Bourgeois, religieuse auxiliatrice et psychanalyste, a accompagné comme aumônier des personnes détenues durant de nombreuses années. Elle a publié Derrière les barreaux, des hommes (2002), Dieu sous les verrous (2006) aux presses de la renaissance et Espérer encore (2006) chez Desclée de Brouwer.

  • Des mathématiques supérieures à l'étude approfondie de l'hébreu biblique et des sciences humaines, de la profession d'infirmière à l'exercice de la psychothérapie et à l'enseignement, l'expérience d'Annick de Souzenelle est d'une richesse hors du commun qui fait toute la densité de son oeuvre. Partant de cette expérience et des questions cruciales dont dépend le sens de l'existence humaine - l'amour, l'enfantement, la maladie, le « mal », le corps et la souffrance, la mort et l'espérance - Jean Mouttapa interroge ici l'auteur du Symbolisme du corps humain. Passionnant dialogue au cours duquel la foi fervente d'Annick de Souzenelle, orthodoxe puisant aux sources hébraïques du christianisme, éclaire d'un sens nouveau tous les domaines de la vie. Ses réponses nous invitent à nous mettre à l'écoute de notre corps, « lieu d'accomplissement intérieur », pour y entendre la Parole. Ces entretiens, réalisés au début des années 1990, n'ont rien perdu de leur pertinence spirituelle. Jean Mouttapa, éditeur, a par la suite publié chez Albin Michel de très nombreux ouvrages d'Annick de Souzenelle, femme et auteur d'exception.

  • " La question que nous posons est une question de principe. Est-il possible à l'homme d'entendre dans le langage qui est le sien une parole qui parlerait dans un autre langage, qui serait celle de Dieu, très exactement de son Verbe ? [...] Nous prendrons pour guide de notre réflexion les paroles même du Christ. Car ce sont elles sans aucun doute qui contiennent la réponse. De même en effet que toute assertion scientifique et au fond toute affirmation humaine portent en elles une prétention à la vérité, de même la parole du Christ se distingue par une prétention démesurée aux yeux et aux oreilles de beaucoup d'hommes de ce temps. Sa prétention n'est pas seulement de transmettre une révélation divine mais d'être en elle-même, purement et simplement, cette Révélation, la Parole de Dieu lui-même. En suivant pas à pas l'enchaînement de ces paroles nous nous efforcerons de voir si elles sont capables de légitimer une telle prétention : proférer la Parole de ce dieu que le Christ dit être lui-même. "
    M. H.

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