Religion généralités

  • Prenant comme point de départ des éléments nouveaux découverts sur Madani, complice de l'assassinat de Charles de Foucauld (1858-1916), et sur un certain commandant Florimond, qui l'interrogea trente ans après les faits, François Sureau tente de relire l'itinéraire de Charles de Foucauld à la lumière du dénuement extrême dans lequel il a choisi de finir ses jours au milieu du désert. Tout entier abandonné à Dieu, n'ayant converti personne, lâché par l'institution religieuse à la fin de sa vie - c'est la radicalité de Foucauld qui intéresse François Sureau. Radicalité de cet homme qui a grandi dans une famille où dépression et folie de ses parents marquèrent profondément son enfance. Radicalité de sa vie de noceur et d'officier, qui s'oppose à l'extrême pauvreté de ses derniers jours. Radicalité de ce religieux qui s'intéresse aux tribus d'Afrique du Nord, en recueille les poèmes et la langue, quand les colons ne les considèrent que comme des ennemis. Radicalité encore de celui qui voyagea en Afrique du Nord dans un déguisement de rabbin. Radicalité enfin de sa lecture des évangiles, dont il retient la figure de Jésus, parfait anonyme à Nazareth, qui travaille de ses mains et ne prêche pas encore. Après Inigo et Le chemin des morts, François Sureau signe un nouveau récit de vie, où échecs, creux et manques valent plus que hauts faits et triomphes.

  • On pourrait se croire dans une pièce de Shakespeare, Le franciscain de Venise. À l'aurore de la Renaissance, on croise Henri VIII, le roi d'Angleterre qui sollicite le droit de divorcer d'avec sa première femme auprès du pape, dont les légats sont accompagnés d'un théologien de renom, philosophe de haut vol et kabbaliste par passion.
    Petit à petit sort de l'ombre le personnage-titre, Francesco Zorzi (1466-1540) ou Francesco Giorgio Veneto. Parlant le latin, le grec et l'hébreu, familier des Saintes Écritures autant que des textes néoplatoniciens et pythagoriciens, ce moine se passionne pour les écrits rabbiniques au point de posséder l'une des plus impressionnantes bibliothèques hébraïques. Fasciné par l'architecture et la possibilité de concevoir un bâtiment à l'image du corps humain, il collabore avec l'architecte Jacopo Sansovino à la conception de l'église de San Francesco della Vigna.
    À travers cette figure énigmatique, qui connaît à merveille l'oeuvre de Pic de la Mirandole, a lu Marsile Ficin et disputé les doctrines de Nicolas de Cues, c'est tout l'univers de l'humanisme renaissant que restitue Verena von der Heyden-Rynsch.

  • "Je vous ai aimés comme le Père m'a aimé. Demeurez en mon amour. Je vous l'ai dit pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. Mon commandement est que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. Personne n'a de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande." Jésus de Nazareth (né en l'an 6 ou 4 avant notre ère et mort en 31) est un Juif de Galilée grandi dans l'anonymat et mort dans l'infamie de la croix. Pendant les trois ans de son ministère public, ovationné par les foules, celui qui se dit le Fils de l'homme porte au-devant des Juifs et des nations une Parole qui fonde un monde nouveau. Pour cela, il est mis à mort, ni par les Juifs ni par les Romains, mais par ceux d'entre eux qui détenaient le pouvoir ébranlé par cette parole. Jésus de Nazareth, qu'on le croie Dieu ou pas, restera à jamais ce Verbe incarné, cette parole indémodable et incorruptible qui soutient l'univers. Ce livre tente de faire la synthèse des dernières années d'études historiques sur ce personnage et son siècle, mais aussi d'éclairer ce Jésus de l'histoire à la lumière de ce qui le constitue - sa foi, son enseignement et sa révélation de "Dieu fait homme" qui ont bouleversé l'ordre du monde.

  • Aviad Kleinberg s'attaque à un problème inattendu, qu'on pourrait appeler le paradoxe de l'idée de Dieu : comment parler d'un Dieu qui, dans son infinité, est au-delà des limites de l'intelligence humaine et qui, dans son invisibilité, est inaccessible à nos sens ? L'auteur étudie avec curiosité les textes juifs et chrétiens qui ont essayé de relever le défi, les Écritures, le Talmud, les Pères de l'Église, les théologiens, les mystiques. Il en fait ressortir l'étrangeté en montrant comment leurs auteurs s'efforcent de résoudre tant bien que mal l'antinomie qui consiste à parler d'un Dieu qui se situe au-delà des sens, mais dont on ne peut cependant traiter qu'avec le langage que nous fournissent ces derniers. Il analyse dans cette perspective les signes tangibles par lesquels la présence de Dieu est censée s'attester et se rendre perceptible dans le monde, depuis les miracles jusqu'aux stigmates des saints, en passant par l'eucharistie.
    Au moment où beaucoup de gens en Occident ont purement et simplement cessé de comprendre la religion et son langage, le livre d'Aviad Kleinberg est d'une actualité remarquable par son effort pour rendre intelligible un domaine de discours et de réflexion en passe de devenir hermétique pour notre partie de l'humanité, alors qu'il conserve toute sa vitalité pour la plupart des autres, à commencer par le monde de l'islam. C'est une exigence nouvelle pour notre culture d'apprendre à faire une place à ce qui ne nous est plus spontanément accessible. Ce court livre y apporte une précieuse contribution, par la clarté plaisante avec laquelle il met un problème ardu à la portée du lecteur.

  • Le second tome de Croire au Dieu qui vient se propose de vérifier ce qu'il est advenu de la nouveauté évangélique en comparant l'existence des communautés dans les temps apostoliques à ce qu'elle est de nos jours sous le rapport de l'essentiel de la vie chrétienne : entrée dans l'Église par la profession de foi baptismale, célébration de la mort de Jésus par le partage du pain eucharistique, vie fraternelle selon les enseignements de l'Évangile, unité de l'Église sous la conduite des successeurs des apôtres. Tout cela est maintenu, mais compris et vécu très différemment.
    Ces changements sont significatifs du tournant vers l'Ancien Testament amorcé par l'Église au IIIe siècle pour échapper aux dérives hérétiques. Alors qu'elle vivait du souvenir de Jésus dans l'attente de son retour, la foi est devenue religion, ceinte de rites purificateurs et d'interdits, le sacré a envahi la communion à l'Esprit, la tradition a refoulé le libre essor de la parole, la démarcation du sacerdoce et du laïcat a renforcé la clôture de l'Église sur le monde. La nouveauté évangélique n'en continuait pas moins à inspirer le goût de la liberté, mais plus la société se sécularisait et plus le monde se vidait de l'esprit du christianisme, au point que des mots tels Dieu, salut ou péché ont perdu tout sens pour un grand nombre de gens.
    Ainsi le second parcours s'attache-t-il à repenser les visées essentielles de la foi chrétienne, en Dieu, au Christ, au salut, à l'Évangile, celles sur lesquelles tout chrétien est interrogé sous l'horizon de l'incroyance généralisée de notre temps, non pour 'convertir' son interlocuteur,
    ni pour justifier (excuser!) les chrétiens d'être croyants, mais sur la base de la rationalité commune aux hommes d'aujourd'hui, à leurs critères de véracité et de vérité, dans le but de témoigner du sens de l'homme et de l'humain qu'inspire la foi chrétienne, de répondre à
    leurs interrogations sur l'avenir de l'humanité, et de leur proposer une action commune pour sauver l'homme de la déshumanisation qui le menace.
    Ce livre est tourné vers le futur que Jésus a ouvert au Dieu de l'homme et à son projet créateur, dégagé des liens et des ombres du passé, et l'Église est invitée à se présenter au monde dans la nouveauté, tissée de folie et de sagesse, préparée par l'Évangile depuis toujours.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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