Seuil

  • " La question que nous posons est une question de principe. Est-il possible à l'homme d'entendre dans le langage qui est le sien une parole qui parlerait dans un autre langage, qui serait celle de Dieu, très exactement de son Verbe ? [...] Nous prendrons pour guide de notre réflexion les paroles même du Christ. Car ce sont elles sans aucun doute qui contiennent la réponse. De même en effet que toute assertion scientifique et au fond toute affirmation humaine portent en elles une prétention à la vérité, de même la parole du Christ se distingue par une prétention démesurée aux yeux et aux oreilles de beaucoup d'hommes de ce temps. Sa prétention n'est pas seulement de transmettre une révélation divine mais d'être en elle-même, purement et simplement, cette Révélation, la Parole de Dieu lui-même. En suivant pas à pas l'enchaînement de ces paroles nous nous efforcerons de voir si elles sont capables de légitimer une telle prétention : proférer la Parole de ce dieu que le Christ dit être lui-même. "
    M. H.

  • Si Maître Eckhart est aujourd'hui l'un des auteurs les plus connus du Moyen Âge, c'est sans aucun doute grâce à ses Sermons allemands dont la profondeur spirituelle et la beauté littéraire n'ont jamais cessé de captiver ses auditeurs, puis ses lecteurs. Écrits vraisemblablement à Erfurt dans les années 1303-1311, alors qu'il est prieur de la province dominicaine de Saxe, les Sermons 87 à 105 s'interrogent en particulier sur le rôle de l'intellect dans la connaissance de Dieu : ne faut-il pas admettre que celle-ci dépasse les facultés de l'âme ? Pourtant, la lumière du Christ ressuscité vient éclairer les ténèbres de l'homme. Comment l'âme doit-elle alors se disposer intérieurement pour accueillir la Parole de Dieu ? Eckhart envisage cette question de la connaissance à travers l'expérience du détachement, montrant " la grande noblesse que Dieu a déposée dans l'âme " ( Sermon 101 ). C'est en effet dans le silence de l'âme que prend naissance le Verbe éternel, pour la plus grande béatitude de l'homme.
    Ce nouveau volume réunit pour la première fois en français un ensemble de sermons dont dix (91 à 100) sont totalement inédits, et nous offre un précieux témoignage sur l'âge d'or de la spiritualité dominicaine à la fin du Moyen Âge, dont Eckhart fut incontestablement l'une des plus grandes figures.
    Éric Mangin est philosophe et théologien. De Maître Eckhart, il a déjà traduit et présenté le Commentaire du Notre Père (Arfuyen, 2005) et les Sermons parisiens (Seuil, 2009). Il est également l'auteur de Maître Eckhart ou la profondeur de l'intime (Seuil, 2012).

  • " Comment se rappeler l'histoire de l'Israël biblique, celle qui précède la venue du Christ ? Proposer une série de cinquante portraits m'a paru être la manière la plus vivante d'abréger, sans laisser trop de lacunes. "
    Paul Beauchamp raconte en effet ici l'histoire biblique, " l'histoire sainte ", à travers ses grandes et ses moins grandes figures, à la fois différentes et solidaires. " Toute l'histoire recommence avec chacune ", mais autrement et de façon neuve, et chacune reconduit vers les Écritures elles-mêmes.
    Mais comprendre n'est pas tout, il faut sentir. C'est pourquoi des dessins de Pierre Grassignoux viennent illustrer les chapitres, comme pour un repos pendant la lecture. Tirés de l'art des temps de chrétienté, ils font saisir à quel point le peuple chrétien s'est vu greffé, à travers Jésus, sur le peuple du premier Testament, à quel point il s'est identifié aux personnages bibliques, qu'il n'a cessé de représenter autour de lui, dans les églises où il célébrait sa foi. Ces images semblent nous dire, à propos des anciens d'Israël : " Ils étaient comme nous, et Dieu les aimait ".

  • Dans ce petit livre, Hans Küng commente et explique les affirmations du " Symbole des Apôtres ", le Credo qui est récité par les chrétiens depuis plus d'un millénaire et demi et qui résume leur foi. Avec sa liberté habituelle, il critique les images et les représentations désuètes qui entourent si souvent ces vieilles formulations. Avec le souci pédagogique qu'on lui connaît, il tente de dire comment et pourquoi elles gardent un sens aujourd'hui, ou ce qui, en elles, demeure actuel et ce qu'il est secondaire de retenir. Avec conviction et audace, il propose des interprétations neuves.
    Ce livre s'attaque ainsi aux questions simples que tout un chacun peut se poser : que veut dire, un " Dieu Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre " ? Que peut signifier la " naissance virginale " de Jésus, ou la foi en lui comme " Fils " de Dieu ? Quel est le sens de sa croix, de sa mort et de sa résurrection ? Pourquoi dit-on qu'il est " descendu aux enfers " ? Qu'est-ce que la " communion des saints " ? Que signifie la " résurrection des morts " et la " vie éternelle " ?
    Et encore : pourquoi l'Église est-elle dite " une, sainte, catholique, apostolique " ? Quelle est l'originalité de la foi chrétienne par rapport aux autres religions ?
    Ce livre, fruit de quarante années de travail théologique, est une remarquable actualisation du Credo pour l'homme moderne.

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