Biologie

  • Une étude consacrée à un essai du célèbre embryologue Wilhelm Roux
    En 1881, le grand embryologiste allemand Wilhelm Roux publie cet essai dont la densité et l'originalité ne cessent, encore aujourd'hui, d'étonner. Inspiré par les idées de Charles Darwin, il cherche à en prolonger la portée en imaginant l'organisme comme un territoire où des formes variables de sélection naturelle opèrent sur toutes les entités, de la cellule à l'organe. Comment ces dynamiques opèreraient-elles ? Seraient-elles de même nature ? Pourraient-elles interagir ? Bien plus qu'un jeu de l'esprit, c'est à une exploration subtile que le lecteur est convié, dans les méandres d'une pensée foisonnante, qui se déploie dans une filiation parfois rebelle vis à vis de l'auteur de l'Origine des espèces. Ce dernier n'en déclara pas moins que c'était « un des livres les plus importants [...] sur l'évolution » qu'il lui avait été donné de lire. Bien que méconnu, cet ouvrage marqua néanmoins profondément ses lecteurs les plus illustres. Nietzsche, notamment, y puisa la source de son engouement pour la biologie, et les fondements de certains de ses concepts majeurs : Wilhelm Roux se trouve ainsi être le passeur entre deux des plus grands penseurs de l'ère moderne. Et par une pirouette de l'Histoire, certaines hypothèses de ce livre, longtemps tenues pour obsolètes, se révèlent au contraire visionnaires, au regard de travaux récents qui réévaluent considérablement la place du hasard dans le fonctionnement des cellules et des organismes. Première traduction en français de cette échappée solitaire de la pensée biologique, ce texte est précédé d'une préface qui développe de manière critique cette postérité inattendue.
    Découvrez une vision de l'organisme comme un territoire où des formes variables de sélection naturelle opèrent sur toutes les entités, de la cellule à l'organe.
    EXTRAIT
    Si l'adaptation au stimulus est si parfaite que celui-ci est devenu absolument vital et qu'en son absence l'assimilation et la conservation de la qualité normale ne se produisent pas du tout, il en résulte une conséquence supplémentaire. Les parties de l'organisme ne pourront ainsi se conserver et se former que là où le stimulus agira ; et là où le stimulus prendra une certaine forme, il se produira un arrangement de la forme du stimulus, les organes devant adopter la forme et la structure du stimulus. Si, par exemple, le stimulus agit plutôt dans certaines directions, comme c'est le cas dans les os, alors les cellules mères se trouvant dans ces directions sont les plus sollicitées pour former la substance osseuse.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Wilhelm Roux est un embryologiste et zoologiste allemand (1850-1924), considéré comme un père fondateur de l'embryologie expérimentale. Il est également à l'origine du premier journal consacré à cette discipline : Archiv für Entwicklungsmechanik der Organismen (Archives pour le mécanisme de développement des organismes).

  • Une étude comparative de la sexualité
    Qu'est-ce que la sexualité? ? Quand et comment est-elle apparue ? Quels sont les principaux traits de son évolution ? Fort de sa compétence en génétique et en biologie évolutive, Jean Génermont propose des réponses et des pistes de réflexion issues de ses propres travaux, tout en s'appuyant sur de nombreux exemples pris aussi bien chez les animaux que chez les plantes terrestres.
    Jean Génermont effectue ici une étude comparative des caractéristiques de la sexualité chez les représentants actuels de diverses lignées eucaryotes. Il en ressort que la fonction ancestrale de la sexualité est d'apporter par la fécondation un accroissement de robustesse vis-à-vis des variations du milieu, dont découle la fonction de brassage génétique. À ces deux fonctions universelles s'ajoute, uniquement chez les pluricellulaires, la fonction reproductrice.
    À partir de ces conclusions, Jean Génermont élabore des scénarios sur la naissance de la sexualité, initialement sans sexes? ; sur sa structuration par émergence et diversification des incompatibilités sexuelles et de la différenciation sexuelle ; sur l'acquisition de sa fonction reproductrice lors de chaque transition de l'unicellularité vers la pluricellularité.
    Découvrez cette étude approfondie des différents aspects de la sexualité tels que son apparition, son évolution, ses représentants (unicellulaires et pluricellulaires), ses mécanismes, ou encore ses fonctions biologique et génétique.
    EXTRAIT
    La formule « 1+1 = 1 » proposée dans le titre de cette section pour caractériser la fécondation, certes frappante, doit être pour le moins nuancée. Les cellules dénombrées dans les deux membres de l'égalité ne sont en effet pas de même nature. Aussi est-il bien préférable de recourir à un symbolisme plus proche de celui de la chimie que de celui de l'arithmétique et d'écrire « 1 haploïde + 1 haploïde ? 1 diploïde ».
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean Génermont, ancien professeur à l'université Paris-Sud, a enseigné dans divers domaines de la biologie, plus particulièrement biologie animale et génétique. Ses recherches ont porté principalement sur la biologie évolutive des ciliés, notamment la notion d'espèce et la génétique de l'adaptation aux variations du milieu. Il est auteur, entre autres, de Les Mécanismes de l'évolution (1979), a dirigé, avec Charles Bocquet et Maxime Lamotte, Les Problèmes de l'espèce dans le règne animal (3 vol., 1976-1980), a participé à la conception et à la réalisation de la «Grande galerie de l'évolution» du Muséum national d'histoire naturelle, et a assuré avec Patrick Tort la coordination scientifique du Dictionnaire du darwinisme et de l'évolution (1996).

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