Sciences de la vie généralités

  • Peut-on voir le vivant microscopique autrement qu'à travers le prisme de la lutte perpétuelle contre un monde principalement hostile qu'il faut vaincre pour assurer sa survie?? Telle est la question que la science soulève à la lumière des nouvelles connaissances.
    Les recherches les plus récentes montrent en effet que les virus, bactéries, archées, protozoaires, micro-algues ou champignons sont essentiels pour comprendre comment s'est construit le vivant et prendre la mesure de sa complexité, comment il s'est propagé sur Terre, comment il fonctionne, de l'organisme à l'écosystème. Ces recherches révèlent également le potentiel que les micro-organismes représentent en termes d'utilisations bio-inspirées pour le futur de l'humanité et de la biosphère.
    Cette partie de la biodiversité, si loin de nous mais si présente, est une solution et non un problème. C'est ce nouveau regard que le livre invite à porter sur ce qu'il convient d'appeler la microbiodiversité...
    Ouvrage dirigé par Laurent Palka, enseignant-chercheur au Muséum national d'histoire naturelle, et préfacé par Bruno David, président du Muséum national d'histoire naturelle.
    Avec les contributions de?: Sina Adl, Frédéric Barrière, Nathalie Becker, Lucie Bittner, Bernard Bodo, Alyssa Carré-Mlouka, Samuel Chaffron, Claire Cherbuy, Unai Escribano-Vazquez, Damien Eveillard, Thomas Flinois, Patrick Forterre, Morgan Gaïa, Muriel Gugger, Lionel Guidi, Philippe Langella, Enrique Lara, Jacques Livage, Josselin Lupette, Éric Maréchal, Lionel Ranjard, Bruno de Reviers, Marc-André Selosse, Muriel Thomas.




  • Pr?face
    Guillaume Lecointre
    Mus?um national d'histoire naturelle
     
    ?tudiant, j?ai fr?quent? r?guli?rement le mus?e d?histoire naturelle de Rouen, comme je fr?quentais ce type de mus?es chaque fois que l?occasion s?en pr?sentait. Je restais frapp? par l?obsolescence des contenus scientifiques, alors que ceux-ci enveloppaient de leurs discours surann?s des objets remarquables par leur raret?, leur beaut?, leur ?tranget?, leur puissance ?vocatrice ou leur incitation au questionnement, voire m?me au r?ve. Toute la puissance de l?histoire naturelle se trouvait l? r?unie par la fascinante force des sp?cimens, mais comme laiss?e ? l?abandon par l?intellect. Il en allait de m?me pour d?autres mus?es d?histoire naturelle en France, y compris de certaines galeries du Mus?um national. Pourtant, les mus?es d?histoire naturelle ont ?t? et restent des mus?es populaires. Que s??tait-il pass? ? Pourquoi cet abandon ? En parall?le, de nouveaux types de mus?es ou d?expositions temporaires voyaient le jour, forts de dispositifs mus?ographiques sophistiqu?s et pr?sent?s comme ? la pointe, forts de messages ? faire passer, mais d?connect?s d?objets, de sp?cimens r?ellement issus du monde naturel. J?en venais ? souhaiter de toutes mes forces un mus?e d?histoire naturelle dont la puissance ?vocatrice des sp?cimens r?els soit au service d?un contenu scientifique moderne. Fort heureusement, plusieurs r?novations spectaculaires de mus?es d?histoire naturelle fran?ais entre 1994 et 2014 ont relev? ce d?fi. Mais il reste du chemin ? parcourir. Je ne peux que souhaiter qu?il en soit de m?me pour le Mus?um de Rouen, ainsi que pour certaines galeries du Mus?um national.
    La riche r?trospective historique pr?sent?e ici par B?n?dicte Percheron nous montre que l?histoire naturelle en g?n?ral, et le Mus?um de Rouen en particulier ont ?t? des acteurs dans la soci?t? locale sous la Troisi?me R?publique, et dans les d?bats scientifiques de cette ?poque. Pour concevoir comment et pourquoi un m?me lieu peut ?tre ? la fois un sanctuaire du patrimoine d?histoire naturelle, un site de recherche scientifique, un th??tre du d?bat des id?es scientifiques et un instrument politique, il faut retourner aux sources de ce qu?est l?histoire naturelle. ? travers l?histoire de l?histoire naturelle rouennaise, B?n?dicte Percheron nous montre brillamment ? quoi pouvait servir ce type d?institutions, et ? quoi elle sert encore. C?est pourquoi ce travail remarquablement ?rudit ne vaut pas ? mes yeux que parce que j?aime l?histoire naturelle, la Normandie et la ville de Rouen en particulier, mais bien parce qu?? travers cette analyse historique, c?est la f?condit? persistante de l?histoire naturelle, ses r?les scientifique, culturel et social permanents qui sont mis en ?vidence.
    L?histoire naturelle : ce qu?elle est
    L?histoire naturelle a ?t? - et est toujours - une m?thode d?enqu?te, d?inventaire, de description et de classification du monde naturel, ? tout ce qui est ?, humains compris. ? ses d?buts, il existait une histoire naturelle fixiste au si?cle de Linn? (XVIIIe si?cle). S?ajoutera progressivement ? ces aspects initiaux la prise en compte de l?histoire (au sens moderne du terme) des objets dans le temps long : c?est aujourd?hui la science de l?organisation de la diversit? du r?el, faite d?objets r?sultant d?une histoire particuli?re. L?histoire naturelle ?tudie les choses dans leur diversit?, leur temporalit? et leur historicit?. Elle s?int?resse aux lois, certes, mais surtout ? la singularit? des objets charg?s d?histoire et aux r?gularit?s que donne ? voir la moyenne des singularit?s. Elle s?int?resse au patrimoine naturel commun de l?humanit?, celle-ci incluse. Aujourd?hui, elle s?applique ? tous les niveaux d?organisation de la mati?re, de la min?ralogie et des donn?es g?n?tiques jusqu?aux ?cosyst?mes et aux plan?tes. Elle utilise pour cela les technologies les plus avanc?es et les plus innovantes.
    Fait largement ignor? aujourd?hui, y compris par la majorit? des biologistes, l?histoire naturelle proc?de d?une m?thode particuli?re qu?on ne trouve pas ailleurs : l?histoire naturelle op?re par comparaison d?objets, laquelle commence avec trois objets. Objets est ici ? prendre au sens large : outils lithiques, sp?cimens de mus?es, individus biologiques, m?t?orites, cr?nes, artefacts humains, langues, symboles, s?quences d?ADN, etc. Cette comparaison se distingue d?autres comparai sons utilis?es ailleurs en science (par exemple la comparaison d?une situation exp?rimentale avec ses situations t?moins). Dans une situation exp?rimentale classique, les r?actions d?un syst?me d?interactions dans une situation contr?l?e sont compar?es aux r?actions d?un syst?me ?quivalent dans une autre situation et/ou ? un syst?me t?moin. De ces comparaisons d?couleront des d?ductions. Dans une approche par mod?lisation, les pr?dictions du mod?le sont compar?es aux donn?es issues du terrain. En recherche par immersion, l?observateur s?immerge au sein du ph?nom?ne ? expliquer et contribue m?me ? sa modification. Dans ce dernier cas, la comparaison n?est pas vraiment convoqu?e, sauf ? comparer un ?tat ant?rieur ? un ?tat post?rieur. En histoire naturelle, ce sont des objets contemporains qui sont compar?s. Compte tenu du fait que c?est l?histoire qui va rendre compte des diff?rences ou des ressemblances entre les objets, les causes de ces ressemblances ne s?inscrivent pas dans le temps de vie ou dans les processus qui rendent compte de la dynamique de l?objet lui-m?me, mais dans une trame historique d?objets semblables : il s?agit alors de pal?o-?tiologie, ou pal?o-?tiologie. En outre, les objets peuvent ?galement ?tre compar?s en diachronie, par exemple un organisme actuel et un fossile proche. Ce qui explique les objets ne sont donc pas les processus qui pourraient pr?sider ? leur changement individuel, mais une r?trodiction des conditions historiques qui leur ont donn? naissance.
    Cette double caract?ristique de comparaison d?objets tourn?e vers un r?gime d?explication historien nourrit et entretient un lien original entre le terrain, le laboratoire de recherche et les collections d?objets et de sp?cimens. C?est pourquoi il existe des collections de r?f?rence dans les mus?es d?histoire naturelle. Chaque objet portant la trace d?une historicit? propre, chaque objet n?ayant exist? qu?une seule fois, il faut en r?f?rencer un certain nombre d?entre eux dans des collections de mani?re ? ce que les noms utilis?s pour d?signer des classes d?objets (par exemple des esp?ces) puissent s?ancrer dans le r?el gr?ce ? un r?f?rentiel porte-nom. Sans quoi, tr?s vite les usages langagiers divergent et on ne sait plus de quoi on parle. Ou bien les organismes ?voluent (organismes ? temps de g?n?ration court) ou disparaissent, et l?on ne sait plus de quoi parlait tel auteur d?il y a deux si?cles.
    [...]

  • La singularité et l'universalité du vivant procèdent d'un double constat?: tout vivant est taillé dans la même étoffe que les autres systèmes matériels?; les systèmes vivants sont des entités matérielles différentes des autres systèmes avec lesquels elles partagent cette communauté matérielle. Voici donc le cadre général du questionnement auquel nous convie le livre de Gilbert Lechermeier.
    Le vivant, singulier car il exhibe une organisation et des propriétés matériellement inédites, mais universel parce qu'il les déploie dans toutes ses instanciations, semblent se dérober à nos analyses les plus perspicaces tout en étant l'un des sujets de recherche scientifique et philosophique les plus opiniâtrement explorés. Phénomène éminemment multiple, la vie est nécessairement redevable d'approches multi et transdisciplinaires, nécessairement enchevêtrées?: la question des (non-)frontières est cruciale. C'est également le lieu épistémique d'une tension entre un réductionnisme analytique et une profusion empirique. Les définitions, pléthoriques et jamais complètes, brouillent l'idée spontanée qu'on se fait généralement de ce qui caractérise le vivant?; toutefois, elles sont des jalons utiles et ce livre nous aide à nous repérer afin d'éviter les risques permanents d'une essentialisation de la vie ou, à l'opposé, d'un nominalisme incontrôlable. Difficile de s'y retrouver tant le chemin de la compréhension du vivant est tortueux.
    C'est pourquoi ce livre est utile car il présente et organise la cartographie profuse, fût-ce dans ses arcanes les plus subtils ou les plus opaques de ses définitions, des théories, des modélisations, des épistémologies, voire des soubassements ontologiques, qui ont été pensés depuis des centaines d'années au sujet du vivant. Là encore, Gilbert Lechermeier nous permet de mieux comprendre ce que nous sommes?: vivants parmi les vivants à s'interroger sur le vivant...
    Préface de Michel Morange

    Postface de Thomas Heams

  • Une étude approfondie des théories darwiniennes et de leurs différentes implications
    La théorie darwinienne de l'évolution reste le paradigme dominant de la biologie et de la paléontologie. Elle prouve sa fécondité et sa puissance explicative dans de très nombreux domaines. Pourtant, dans cet ouvrage, pas question d'un fétichisme de Darwin, mais d'un examen attentif du domaine de validité épistémologique et expérimental des idées du savant naturaliste. Ainsi, ce livre expose leurs multiples ramifications en sciences de la vie, en sciences humaines et en philosophie. A cette fin, cinquante auteurs explorent les grandes notions qui irriguent les sciences de l'évolution, ainsi que de très nombreux chantiers des savoirs biologiques contemporains, puis considèrent les tentatives d'exportation du mode de pensée darwinien à propos de problématiques autrefois hors de son champ d'action (éthique, psychologie, économie, etc.). Les questions du créationnisme et de l'enseignement viennent clore cet ouvrage.
    Le premier volet d'un ouvrage collectif et enrichissant, qui explore la pensée de Darwin et l'examine sous toutes ses coutures.
    EXTRAIT
    Dans le paradigme darwinien qui nous préoccupe ici, l'enjeu est donc de reformuler la question « qu'est-ce qui varie ? » en « quelles sont les variations qui peuvent se transmettre par le jeu des pressions évolutives ? ». C'est une restriction drastique de la précédente mais on va le voir, elle demeure incroyablement vaste.
    À PROPOS DES AUTEURS
    Les mondes darwiniens est le résultat de la collaboration de cinquante auteurs, sous la direction de Thomas Heams, Philippe Huneman, Guillaume Lecointre et Marc Silberstein.

  • Une étude approfondie des théories darwiniennes et de leurs différentes implications
    La théorie darwinienne de l'évolution reste le paradigme dominant de la biologie et de la paléontologie. Elle prouve sa fécondité et sa puissance explicative dans de très nombreux domaines. Pourtant, dans cet ouvrage, pas question d'un fétichisme de Darwin, mais d'un examen attentif du domaine de validité épistémologique et expérimental des idées du savant naturaliste. Ainsi, ce livre expose leurs multiples ramifications en sciences de la vie, en sciences humaines et en philosophie. A cette fin, cinquante auteurs explorent les grandes notions qui irriguent les sciences de l'évolution, ainsi que de très nombreux chantiers des savoirs biologiques contemporains, puis considèrent les tentatives d'exportation du mode de pensée darwinien à propos de problématiques autrefois hors de son champ d'action (éthique, psychologie, économie, etc.). Les questions du créationnisme et de l'enseignement viennent clore cet ouvrage.
    Dans ce second volume des Monde darwiniens, replongez-vous dans la pensée de l'illustre savant et dans l'examen approfondi de celle-ci.
    EXTRAIT
    La vraie difficulté réside dans la quasi-impossibilité d'aborder la question des origines et de l'évolution de la lignée humaine sans que ne s'invite, sous une forme ou une autre, des quêtes de sens spiritualistes, finalistes ou eschatologiques, sous le terme rarement défini, et donc polysémique, d'hominisation. C'est un immense paradoxe pour la paléoanthropologie puisque l'intérêt, pour ne pas dire la passion, pour cette grande question qui, justement, émane de ce besoin séculaire de comprendre notre place dans l'univers, ce qui a suscité une fascinante diversité de récits oraux et écrits sur l'émergence du cosmos - et de l'Homme -, qu'on appelle les cosmogonies. C'est incontestablement une caractéristique de l'Homme.
    À PROPOS DES AUTEURS
    Les mondes darwiniens est le résultat de la collaboration de cinquante auteurs, sous la direction de Thomas Heams, Philippe Huneman, Guillaume Lecointre et Marc Silberstein.

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