• Le rire est un signe anthropologique qui semble relever d'un universalisme évident. Mais pourquoi rions-nous ? En quoi les mécanismes du rire sont-ils susceptibles d'être éclairés par les sciences sociales ? Longtemps chasse gardée de certaines disciplines (théologie, philosophie, littérature, psychanalyse), le rire s'est désormais ouvert à la sociologie et fait ici l'objet d'une enquête sur la réception des arts comiques conduite à hauteur de rieur.
    Qu'exprimons-nous de nous-mêmes, de nos expériences sociales, de nos relations aux autres et de nos opinions culturelles dans la déflagration instantanée du rire ? Ce livre propose d'explorer les expériences fondamentales du monde social qui nous constituent comme rieurs (l'apprentissage de la bipédie et du maintien corporel, l'ajustement au milieu technique, l'affectation par les pouvoirs, le passage des frontières sociales, etc.) et ambitionne de poser un cadre général de compréhension du rire. Ce dernier apparaît ainsi à la fois comme une manière de reconnaître des expériences du passé sur un mode autoparodique, un acte identitaire de catégorisation qui prend appui sur les fractures les plus dures du mode social, et une stratégie de distinction culturelle à l'intérieur du domaine comique où tout ne se vaut pas.

  • Une histoire de gros sousChloroquine contre COVID-19 : un médicament à l'innocuité reconnue, et un succès spectaculaire en Chine et à l'IHU de Marseille... La chloroquine a pourtant été interdite en France et a valu au Pr Raoult des attaques d'une violence inouïe. Pourquoi ? Parce que c'est un médicament générique, donc pas cher, alors que la distribution internationale du Remdesivir, non dénué de danger mais pas tombé dans le domaine public, a procuré des bénéfices astronomiques au laboratoire qui le fabrique.
    Ainsi disparaissent des centaines de vieux remèdes efficaces et sans risque, au profit de nouveaux produits qui n'ont pas toujours fait l'objet d'un contrôle très strict, mais ont bénéficié d'un lancement honteux. Études parfois faussées par des liens d'intérêts avec les laboratoires, journalistes scientifiques et médias de tous bords achetés pour promouvoir ces nouveautés, médecins financés pour les prescrire, et scandales à l'avenant mais trop tard.

  • Stéphane Charbonnier, dit Charb, est mort assassiné dans l'attentat  de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015.
    Pour la première fois, sa mère prend la parole. Elle se souvient  de l'enfant qu'il fut. Du dessinateur passionné, farouchement attaché  à la liberté d'expression, qui le paya de sa vie.
    Denise Charbonnier raconte, « du dedans », ce mois de janvier 2015,  les années qui ont suivi jusqu'au procès qui s'est tenu de septembre  à décembre 2020. Elle ne cache pas sa colère contre les politiques  qui n'ont pas pris la mesure du danger, ni contre la protection policière  qui ne fut pas à la hauteur des menaces reçues.
    Le récit poignant d'une mère debout.
    Postface de Richard Malka.
     

  • Nos émotions gouvernent au côté de la raison notre manière de percevoir le monde qui nous entoure, de nous y situer et d'agir. Si la modernité les localise dans l'intériorité psychologique du sujet, les recherches récentes, participant aussi bien des neurosciences que des sciences humaines et sociales, tendent à voir dans les émotions le moteur de nos actions, les orientant vers l'environnement qui les conditionne comme elles le modifient. Cet ouvrage se propose d'explorer les avancées de la science des émotions, faisant la part belle au pragmatisme, sans négliger les approches phénoménologiques. À rebours des thèses de la neurobiologie risquant de les réduire à leur substrat biologique, l'auteur s'intéresse aux dimensions socioculturelle et expressive des émotions défendues par Dewey et Wittgenstein. Le phénomène des émotions collectives est également abordé sous un angle sociologique et anthropologique à partir des travaux de Durkheim et Mauss, pour faire valoir le rôle du groupe dans la genèse d'émotions parfois destructrices, mais aussi créatrices. L'analyse de ce phénomène est cruciale pour comprendre les événements politiques et les passions sociales qu'ils soulèvent, de même que les pratiques rituelles et artistiques.

  • Vous ne connaissez pas les « nudges » ? C'est normal. Pourtant, ils sont partout. Telle la mouche au fond de l'urinoir, ces « coups de pouce pour aider à prendre la bonne décision » sont arrivés en France ces dernières années, en provenance des États-Unis. Leur théoricien, Richard Thaler, s'est vu décerner en 2017 le prix Nobel d'économie. L'État français en raffole et y forme ses élites. Emmanuel Macron a accéléré le recours à des cabinets de conseil privés chargés d'orienter nos comportements. À la faveur de la pandémie, le marketing a infiltré l'État. Masques « grand public », visuels de distanciation sociale et autorisations dérogatoires de déplacement, autant « d'incitations douces », de nudges, qui se sont imposés sans qu'on n'y prenne garde.

    Audrey Chabal est journaliste économique indépendante. Elle collabore notamment avec La Chronique d'Amnesty International et 60 Millions de consommateurs. Elle se passionne pour les coulisses des politiques économiques et a trouvé dans le "nudge" ne piste nouvelle pour éclairer la façon dont les décideurs tentent d'influencer citoyens et consommateurs.

  • Quelle est la dimension culturelle des inégalités ? Les sociétés de culture et d'éducation de masse demeurent des sociétés de classes, traversées par des inégalités qui mettent davantage en jeu la distribution des ressources de la diversité et de l'altérité culturelle que celles de la culture savante. Une attention particulière est prêtée au cas français. Il part du constat d'une certaine atténuation de l'expression des clivages de classes dans les styles de vie et les attitudes culturelles. Ces évolutions relèvent davantage d'une recomposition que d'une disparition des clivages de classes et de leur expression symbolique. La première partie du livre met en évidence l'impact général de la distribution des ressources culturelles sur les inégalités. La deuxième partie aborde les conséquences sociales et culturelles du mouvement d'expansion scolaire observé un peu partout dans le monde au cours du XXe siècle. La troisième partie expose les caractéristiques de la recomposition contemporaine des frontières culturelles entre les classes sociales. La quatrième et dernière partie porte sur les prolongements politiques de cette recomposition.

  • Sommes-nous condamnés à vivre dans des bulles et à déserter la réalité ?Apologie de la vie domestique, fuite dans des mondes imaginaires, explosion du marché du bien-être, bulles de filtres et pensée magique : chaque jour, nous déployons un véritable arsenal de protections physiques et psychiques pour mettre à distance un monde qui nous oppresse. Bienvenue dans la civilisation du cocon ! Une nouvelle société de l'entre-soi, sous perfusion de confort, en passe de nous transformer, petit à petit, en êtres hypersensibles et ne supportant plus le moindre frottement avec la réalité.Comment sommes-nous passés d'un idéal de la vie « intense » à celui d'un quotidien « subi » que nous préférons fuir, à l'abri derrière nos forteresses de coussins ? Et surtout, ces bulles sont-elles en train de remplacer, dans nos principales préoccupations, un safe-space commun qui semble aujourd'hui nous échapper : notre planète et celles et ceux qui l'habitent avec nous ?Ce livre invite à prendre conscience de ce repli généralisé et à éclater ces bulles de confort où l'on commence à suffoquer.

    Vincent Cocquebert est journaliste et collabore notamment avec GQ, Glamour ou Stylist. Il est également rédacteur en chef de Twenty, un magazine consacré à la jeunesse. Observateur amusé des tics de ses contemporains, il jette un regard lucide et tranchant sur notre époque et ses dérives.

  • Risques écologiques, économiques, politiques et géopolitiques : nos sociétés n'ont jamais été aussi convaincues de s'acheminer vers une série de catastrophes quasiment inévitables. Face à ces dangers, les réactions sont de plusieurs natures. Certains tentent, par des discours prophétiques, de déclencher une mobilisation en pointant des risques particuliers. D'autres proposent une vision plus holiste du fonctionnement du monde qui intègre la possibilité des catastrophes, voire de l'apocalypse. Des groupes survivalistes tentent de se préparer dès à présent au monde postcataclysme. Des juristes proposent, pour les protéger, de donner des droits aux animaux, voire à la nature. Mais en majorité, les " décideurs " peinent à se mobiliser et les sociétés contemporaines semblent s'accommoder des menaces et des " poisons légaux " qu'elles s'infligent. Les études de cas réunies dans cet ouvrage collectif apportent des éclairages inédits aux interrogations d'un monde qui se sent en danger.

  • Les premiers sociologues, parce qu'ils s'interrogeaient sur la société moderne, ont été conduits à étudier les phénomènes religieux, en particulier les changements que la modernité impliquait pour la religion. Le regard sociologique sur l'univers religieux n'a cessé depuis de se renouveler et de s'enrichir. En dressant un tableau des diverses approches depuis Weber et Durkheim jusqu'aux questionnements les plus contemporains sur la sécularisation, les intégrismes et les progressismes, Jean-Paul Willaime nous montre que les religions sont des faits sociaux dont l'analyse permet de mieux comprendre les sociétés et leurs évolutions.

  • Des catholiques dans la cité ? Depuis la séparation de l'Église et de l'État, la position est loin d'être évidente. Cet essai explore les contradictions du citoyen-croyant et replace l'engagement au coeur de la vie du chrétien. Une contribution nécessaire au Bien commun. Indésirables ? Malvenus ? Contemporains insignifiants ? Acteurs publics de seconde classe ? Juste bons à être relégués à leurs querelles de clocher ? En France prévaut l'idée reçue selon laquelle les catholiques n'ont rien à faire et à dire en politique. Et que s'il en est parmi eux qui désirent s'engager dans la cité, il leur faut laisser leur foi au vestiaire.
    Analysant et dénonçant ce tabou hexagonal, le philosophe Bernard Bourdin montre en quoi être pleinement chrétien et pleinement citoyen ne s'opposent pas. À rebours de composer une politique sainte tirée de l'Évangile, il éclaire le besoin crucial qu'a notre société d'une voix dissonante, venue d'ailleurs et portant au-delà, sans laquelle se perd la conception même du bien commun.

  • "Frémeaux & Associés accueille, avec Stéphane Hessel, une expression vivante de sa vocation d'entreprise éditoriale : un auteur, humaniste, citoyen, engagé dans une transmission bienveillante, éthique et esthétique de son expérience d'homme, à l'usage des jeunes générations. L'entretien de Stéphane Hessel, mené par Gilles Vanderpooten pour la préparation d un ouvrage à paraître aux éditions de l'Aube, est un véritable maillon intergénérationnel et s'écoute comme le cadeau de la sagesse à l'urgence de construire les bases nouvelles d'un monde à venir." Patrick FRÉMEAUX & Benjamin GOLDENSTEIN
    Avertissement : Le présent entretien a été mené par Gilles Vanderpooten et enregistré pour la réalisation d'un ouvrage à paraître aux Éditions de l'Aube, et n'était pas destiné à l'édition sonore, d'où une qualité sonore inférieure aux standards de Frémeaux & Associés, malgré une restauration en studio. Toutefois, la pertinence des propos et la qualité de l'échange nous ont convaincus de mettre ce document à la disposition du public.
    "Stéphane Hessel est resté fidèle aux acquis, aux idées et aux méthodes de la Résistance : sa brochure a été conçue et diffusée comme l'étaient celles de la littérature clandestine diffusées sous l'occupation par Témoignage Chrétien, par les réseaux de résistance ou par les Editions de Minuit. Aujourd'hui dans les sillons numériques de ces deux CD, sa voix se fait entendre comme celle du Général de Gaulle se propageait sur les antennes de Radio Londres entre 1940 et 1943. En écoutant les propos de Stéphane Hessel, nous acceptons de recevoir une belle ruade. Un coup de pied à la fois salutaire et bienveillant ! Sans doute parce qu'au fond de nous-mêmes, nous avons en vérité tellement besoin "d'être", de vivre et d'exister dans un monde qui puisse nous garantir le triomphe de l'esprit sur la matière comme le disait Charles de Gaulle devant la communauté française réunie à Oxford en 1941. Un monde véritablement solidaire qui soit celui du "vivre ensemble" et qui nous fasse comprendre que notre vie ne commence à s éclairer que lorsque nous la tournons vers les autres. C'est tout l'héritage, tout le développement durable, toute la détermination qu'il faut souhaiter incarner ici et maintenant afin de mieux transmettre de vraies valeurs à nos enfants du 21ème siècle." Jean-Pierre GUÉNO

  • Les " Nouvelles Trente Glorieuses " sont devant nous !
    Une formidable période de croissance économique succédera à la pandémie de covid-19. Nous sortirons du combat contre le virus avec la même volonté de vivre et d'inventer qu'à l'issue de la Seconde Guerre mondiale.
    D'ici 2030, de nouvelles technologies, de nouveaux métiers feront leur apparition. Des centaines de milliards seront injectés par les États pour transformer nos villes, nos usines, nos modes de transport.
    Bref, l'actuelle crise sanitaire, qui nous oblige à nous réinventer, est notre chance. Tel est l'intime conviction de Martial You, qui lève dans cet essai le voile sur le monde d'après.

  • Comment comprendre les métamorphoses et les formes actuelles de la croyance ? Pourquoi certaines croyances se diffusent-elles rapidement dans l'opinion publique et d'autres non ? Quels sont les contextes sociaux qui favorisent l'émergence des croyances ? Ce livre proposent plusieurs réponses à partir de divers exemples décrivant les logiques qui sous-tendent nos adhésions cognitives, les phénomènes collectifs qui les favorisent. L'empire des croyances et celui de la déraison ne sont pas entièrement compatibles.

  • Votre voisin de bureau s'est mis à clasher les bobos serviles, à
    dévorer les livres d'Alain Soral ou de Papacito, à s'épancher sur la
    virilité perdue de l'homme post-moderne ? Bienvenue chez les
    grand--remplacés : ceux qui haïssent les hommes-soja, leur mode
    de vie de « tantouzes » et qui redoutent une immigration de masse.
    Des « petits Blancs de banlieue » aux cadres des métropoles, une
    lame de fond identitaire se propage. Elle s'appuie sur la peur du
    déclassement, l'absence de réponse des élites, et une forte
    réticence face à une société de plus en plus métissée. De fait, -
    aujourd'hui, un Français sur deux croit au grand remplacement.
    De ces angoisses contemporaines, des idéologues font commerce :
    ils se reconvertissent dans le coaching en séduction, le jeu vidéo, l'
    édition, le porno, les sciences alternatives ou le tuning. Les plus
    radicaux s'exilent dans les pays de l'Est pour régénérer la « race
    blanche »... Cette nébuleuse prend la tête du débat public, irrigue
    de ses punch-lines nos conversations et remplit un vide idéologique.
    Déboussolés, leurs adversaires à gauche accusent plusieurs trains
    de retard.
    Cette poussée des droites radicales prospère sur les faiblesses de
    nos sociétés. Elle est l'affaire de tous.

    Grand Reporter à l'Express, Paul Conge a également été journaliste pour Slate, Explicite ou Marianne. Il est spécialiste des questions de justice et de police et se passionne pour les nouvelles formes de radicalité.

  • « L'économie néolibérale n'a plus qu'un critère de réussite : l'argent. C'est une violence dans les esprits. » Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon

    Monique Pinçon-Charlot & Michel Pinçon sont sociologues, directeurs de recherche au CNRS. Ils dialoguent dans cet ouvrage avec Émile, alors collégien. Pascal Lemaître est illustrateur dans l'édition et dans la presse internationale.

  • Christian Morel s'attaque, dans ce troisième volet, à deux nouveaux gisements d'absurdités : l'enfer des règles et les pièges que ménage la vie des groupes.
    L'inflation des règles est devenue un boulet universel, pas seulement la prolifération des règles publiques, mais encore celle du vaste maquis de règles privées produites par les organisations : procédures, normes, règles de certification... À l'aide de nombreux exemples - aéronautique, maisons de retraite et crèches, normes ISO, décisions de justice -, dont on se demande s'il faut en rire ou en pleurer, l'auteur met au jour les causes profondes de cet enfer et apporte des solutions aussi utiles qu'originales.
    Dans une seconde partie, Christian Morel identifie en sociologue les "pièges relationnels", trop négligés dans les organisations devenues des tours de Babel linguistiques et techniques. De nombreux cas viennent illustrer ce parcours, où le talent d'observateur décalé qui fait de Christian Morel un surprenant détecteur d'absurdités programmées se déploie. Son regard met en évidence des situations toujours inattendues, des engrenages toujours inaperçus. Ses lecteurs y percevront comme un appel au bon sens, cette chose du monde si mal partagée.

  • Devenir soi

    Jacques Attali

    « Dans un monde aujourd'hui insupportable et qui, bientôt, le sera bien plus encore, il est temps pour chacun de se prendre en main, sans attendre indéfiniment des solutions miraculeuses. Il ne s'agit pas de résistance, ni de résilience. Mais de devenir soi.
    De Gandhi à Steve Jobs, de Bouddha à Picasso, ils sont nombreux, ceux qui se sont libérés des déterminismes et des idéologies, pour choisir leur destin et changer le monde.
    Aujourd'hui, mille trajectoires humaines, célèbres ou anonymes, donnent le signal d'une nouvelle Renaissance. Toutes incitent à réfléchir au chemin que chacun peut emprunter, pour choisir et réussir sa vie.
    Plus nombreux seront ceux qui ne se résigneront pas, plus profonde sera la démocratie, plus seront libérées des énergies, plus seront créées des richesses.
    Où que vous soyez, qui que vous soyez, agissez comme si rien ne vous était impossible.
    Ayez le courage d'agir. Prenez le pouvoir sur votre vie ! » J. A.
    Après avoir dit qu'il était urgent de réformer notre pays, après avoir exposé le détail des réformes à mettre en oeuvre, Jacques Attali, ancien conseiller spécial de François Mitterrand, président de PlaNet Finance et auteur de nombreux ouvrages, appelle ici chacun de nous à ne plus rien attendre de personne et à faire sa propre révolution. Il explique quelles étapes suivre pour y parvenir. Nous avons tout à y gagner.

  • À l'origine de cet ouvrage, il y a des voix d'hommes et de femmes, d'origines culturelles et de milieux sociaux différents et, en contrepoint, des souvenirs de lectures transcrits par des écrivains. Tous racontent les biais insolites par lesquels les livres leur ont permis d'apprivoiser leurs peurs, de construire et de réparer leur monde intérieur, de trouver des réponses aux questions qui les hantent, d'apprendre ce que d'autres ont trouvé comme solutions à la difficulté d'être sur Terre. Comme Jorge Semprun qui retrouve espoir dans un texte de Gide, après qu'on l'eut congédié en se moquant de son accent de jeune Espagnol, débarqué à Paris : « La boulangère du Boulevard Saint-Michel me chassait de la communauté. André Gide m'y réintégrait subrepticement. Dans la lumière de cette prose qui m'était offerte, je franchissais clandestinement les frontières d'une terre d'asile probable.» Car lire, c'est aussi un moyen de résister aux processus d'exclusion ou d'oppression, de reconquérir une position de sujet au lieu de n'être qu'objet du discours des autres. En conjuguant sciences sociales et psychanalyse, l'auteur nous livre ici l'analyse de toutes ces expériences singulières où la lecture joue un rôle primordial dans la découverte et la construction de soi, comme dans l'ouverture sur d'autres cercles d'appartenance.

  • Un « moment » inédit dans l'histoire de l'Humanité, un « moment » tout aussi singulier dans l'histoire de leur propre humanité. Mais surtout un « moment » qu'ils auscultent, interprètent, et mettent en perspective d'un « après » empli de folles espérances et d'indicibles défis, un « après » dont les manifestations, le déroulement, l'issue encore inconnus dévoilent, dans ces pages, un « possible ». En dialogue avec Denis Lafay pendant la stricte période de réclusion, ces contributeurs extraient de leur expérience du confinement matière à penser, à imaginer, et déjà à façonner une « autre civilisation ». Quelle démocratie ? Quelle politique ? Quelle éthique ? Quel modèle économique ? Quel rapport au vivant ? Quel vivre-ensemble voudrons-nous « après », quelle planète pourrons-nous modeler ?

    Dans cet ouvrage dirigé par le journaliste Denis Lafay, le lecteur pourra lire Nicolas Baverez, Karol Beffa, Azouz Begag, Salomé Berlioux, Gilles Boeuf, Michel Camdessus, Boris Cyrulnik, Isabelle Delannoy, François Dubet, Cynthia Fleury, Clara Gaymard, Serge Guérin, Roger Guesnerie, Axel Kahn, Etienne Klein, Dominique Méda, Robert Misrahi, Pascal Perrineau, Pascal Picq, Jean Viard, Michel Wieviorka et Jean Ziegler.

  • Président de la MGEN depuis 2017, Roland Berthilier analyse le développement de l'économie sociale et solidaire, et propose des réponses adaptées aux exigences, aux limites et aux errements d'une économie nationale et mondiale toujours plus voraces. Et si l'économie sociale et solidaire (ESS) était la meilleure des solutions pour faire face à la mondialisation de l'économie et au libéralisme débridé ? Donnant la priorité aux personnes plutôt qu'à la recherche du profit, l'ESS rassemble les entreprises qui cherchent à concilier activité économique et utilité sociale. Le progrès de ce secteur mérite qu'on lui accorde une grande attention et un soutien politique plus marqué. Ces entreprises adoptent des modes de gestion démocratiques et participatifs. Elles encadrent strictement l'utilisation des bénéfices qu'elles réalisent : le profit individuel est proscrit et les résultats réinvestis. Mais l'économie sociale et solidaire ne s'arrête pas là : elle favorise le commerce équitable et l'épargne solidaire, mais aussi les innovations sociales dans le champ de la lutte contre l'exclusion, de la protection de l'environnement, de la santé ou de l'égalité des chances. Pour analyser le développement de l'économie sociale et solidaire, Roland Berthilier s'appuie sur son parcours au sein de la MGEN. Cette nouvelle voie économique semble aujourd'hui proposer les réponses les plus adaptées aux exigences, aux limites et aux errements d'une économie nationale et mondiale toujours plus vorace.

  • Le sociologue et créateur de Francoscopie présente des pistes de transformation de notre société, au confluent de l'écologie, de l'économie et du social, à mettre en oeuvre suite à la crise mutidimensionnelle que nous traversons, mise en relief par celle du Covid, qui bouleverse toutes nos valeurs.
    La crise sanitaire s'est abattue sur une planète déjà fragilisée par un système qui engendre des dégâts considérables sur l'environnement et accroît les inégalités. Ce livre identifie les dix défis, tous interdépendants, auxquels nous sommes désormais confrontés.
    Gérard Mermet propose des pistes d'action concrètes pour mettre en oeuvre un véritable changement de paradigme social, économique et environnemental.
    Il analyse nos atouts et handicaps et identifie les conditions indispensables à la réussite d'un Grand Pacte de Solidarité (GPS). Définissant les responsabilités de chacun pour y parvenir, il montre qu'un monde meilleur et durable est possible, si nous le désirons vraiment.

  • Une enquête sur le plus gros scandale financier actuel
    Jamais auparavant il n'y a eu un empire comme BlackRock. Créé
    en 1988, BlackRock est désormais le plus gros gestionnaire d'actifs
    indépendant au monde. À fin septembre, BlackRock avait en
    charge la gestion d'environ 7 000 milliards de dollars et comptait
    plus de 16 000 employés dans plus de 30 pays. BlackRock investit,
    analyse et conseille les grands investisseurs, qui sont tant
    des particuliers que des institutions : syndicats, institutions publiques,
    ministères des finances, banques centrales.
    Comment la " banque fantôme " a-t-elle réussi à acquérir des actions
    pertinentes dans les entreprises les plus importantes telles
    qu'Allianz, Total, Adidas ou Deutsche Bank en dehors de la surveillance
    des autorités ? Le fondateur et directeur de BlackRock,
    Larry Fink, fait tourner des fils invisibles dans l'économie mondiale,
    mais aussi ici, à notre porte. En France, BlackRock détient
    des parts significatives dans toutes les entreprises du CAC 40 et
    dans plus de 170 entreprises en tout, soit près de 90 milliards
    d'euros investis. Les actions de BlackRock dans les seules entreprises
    du CAC40 français pourraient lui rapporter plus d'un
    milliard d'euros de dividendes annuels. Un seul faux pas, et le
    monde financier pourrait être ébranlé jusqu'à ses fondations.

  • La violence sociale qu'on voit se manifester aujourd'hui, à la fois politique, économique et interindividuelle, était autrefois limitée et freinée, à l'échelle de sociétés fermées, par la croyance en des dogmes religieux, irrationnels et souvent absurdes, auxquels presque plus personne n'ajoute foi à présent.L'auteur du Temps du sida et de La Folle Histoire du monde se propose de montrer ici qu'en deçà des anciens dogmes religieux existe une conscience universelle, fondée sur des dispositions humaines très particulières, à la fois physiques et mentales ; et dont les religions ne sont que les enfants dégénérés. De cette conscience découle une morale, absolument incompatible avec la barbarie moderne ; ainsi qu'une liberté individuelle, un courage et une joie, dont notre époque a perdu jusqu'au souvenir.Le choix se pose donc maintenant à chacun de nous de réintégrer son extraordinaire humanité, ou de s'enfoncer toujours plus profondément dans la barbarie.

  • Alchimies festives, culte du plaisir, retour en puissance des affects et des émotions : Eros triomphe, et nous enseigne que la profondeur se cache toujours à la surface des choses, dans la banalité de notre quotidien. Triomphe de la raison sensible sur le vieux rationalisme scientiste, du vouloir- vivre collectif sur l'individu, de la joie dionysiaque sur les morales arides qui stérilisent l'action. Triomphe des pulsions et de l'imaginaire sur le progressisme empesé de nos élites et la pruderie de nos bien-pensants. Attentif aux humeurs et aux enthousiasmes sécrétés par le corps social, cernant au plus près les vibrations du monde, Michel Maffesoli signe une oeuvre essentielle, aboutissement de trente ans de réflexion, livre-manifeste qui chante l'éternelle jeunesse du monde et annonce une rupture épistémologique destinée à renouveler en profondeur les conditions de la pensée philosophique.

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