• Une vie

    Simone Veil

    • Stock
    • 31 Octobre 2007

    C'est un événement. Simone Veil accepte enfin de se raconter à la première personne. 
    De son enfance niçoise dans une famille juive complètement assimilée, et de sa déportation à Auschwitz avec sa mère et l'une de ses soeurs en mars 1944, jusqu'à ses fonctions les plus récentes, elle a su s'imposer comme une figure singulière et particulièrement forte dans le paysage politique français. Femme libre s'il en est, elle a exercé le pouvoir sans jamais le désirer pour lui-même mais pour améliorer, autant qu'elle l'a pu, les conditions de vie de ses concitoyens : à l'administration pénitentiaire, puis au ministère de la Santé dans le gouvernement Chirac sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing - c'est là qu'elle fait voter, contre son camp, la loi sur l'IVG ; à la présidence du Parlement européen, où elle se montre capable de tenir tête au Premier Ministre français, Raymond Barre ; comme ministre des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement dirigé par Balladur et présidé par François Mitterrand ; au Conseil constitutionnel ainsi qu'à la Fondation pour la mémoire de la Shoah. 
    Fidèle à ce qu'elle estime être la fonction des rescapés des camps de la mort, elle a témoigné, chaque fois qu'elle l'a pu, en France comme partout, de son expérience d'Auschwitz. 
    Mais cette femme de mémoire n'est jamais nostalgique, jamais passéiste, elle n'a souci que du monde de demain, celui qu'elle lèguera à ses petits-enfants et à ses arrière-petits enfants dont la place est grande dans sa vie. 
    Elle a beaucoup voyagé, rencontré la plupart des « grands » de ce monde, vécu de près les événements majeurs du XXe siècle. Elle en parle sans forcer sa voix, mais on l'entend.

  • Septembre 2021, Éric Zemmour devient un candidat majeur de l'élection présidentielle française. Vincent Bresson, journaliste indépendant, cherche à comprendre la dynamique autour de l'ancien éditorialiste et polémiste d'extrême droite, surnommé "le Z" par ses aficionados. Le reporter change de nom et infiltre "Génération Z", mouvement des jeunes militants zemmouriens. Très vite, Vincent Bresson constate les propos racistes de certains militants et membres de l'état-major, se retrouve seul la nuit à garder le QG de campagne du candidat, intègre une cellule fantôme dont la mission consiste à "zemmouriser" Wikipédia et découvre de multiples manoeuvres souterraines. Vincent Bresson, 27 ans, est journaliste indépendant. Il a travaillé pour les rédactions de StreetPress, So Foot, La revue du crieur et Le Monde. Au coeur du Z est son premier livre.

    L'auteur est journaliste.

  • Voilà un livre de combat contre l'obscurantisme. Contre la bêtise de l'époque, contre les préjugés aussi !
    Le ton insolent de Franz-Olivier Giesbert nous fait mesurer à quel point nous nous sommes habitués à la langue de bois qui nous entoure. C'est le journalisme à la française dans ce qu'il a de meilleur.
    Ces chroniques forment un bloc cohérent, une véritable machine de guerre que l'auteur dirige contre ses cibles favorites.
    Même le Président, traité avec sympathie au début du règne en a depuis pris pour son grade : velléitaire, inconséquent parfois, le prodige du nouveau monde sort esquinté du livre mais... toujours favori ! Mais l'auteur arrose large, d'Hidalgo à Hollande, de Jadot à Plenel -entre autres-, ses victimes tombent comme des mouches.
    D'une façon générale, tous ceux qui ne comprennent pas que la France est dans une situation périlleuse, toutes ces élites qui trop souvent se servent au lieu de servir, s'exposent à la férocité de l'auteur, qui traite de la même façon les puissants et les autres.
    De l'été 2017 à l'automne 2021, on retrouve ces incapables qui aspirent aujourd'hui aux plus hautes fonctions. Et on se régale !
    Un drôle de voyage en politique. Et un pur moment de plaisir.

  • L'avenir en commun : le programme de l'union populaire

    Jean-Luc Mélenchon

    • Seuil
    • 2 Décembre 2021

    Plus qu'une liste de mesures, l'Avenir en commun porte une vision du monde cohérente pour le futur. Il s'articule autour de 5 grands enjeux qui couvrent l'intégralité des défis auxquels nous devons faire face : vivre libres et citoyens, s'adapter au système de la nature, unir pour bien vivre, humaniser les personnes et la société, et enfin, ordonner le monde.
    C'est un programme "prêt à l'emploi" : 14 chapitres y détaillent les propositions que Jean-Luc Mélenchon et son équipe mettront en oeuvre après l'élection présidentielle de 2022.

    De la refondation du peuple par l'Assemblée constituante au développement de l'économie de la mer, en passant par la garantie d'emploi, les propositions du candidat de l'Union populaire sont soutenues par une majorité de Français. Ce livre vise à convaincre cette majorité de Français de choisir le bulletin de vote Jean-Luc Mélenchon afin de construire une société d'entraide ayant pour but l'harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature.

  • La langue de Zemmour

    Cécile Alduy

    • Seuil
    • 11 Février 2022

    Eric Zemmour utilise les mots comme des armes. Et d'abord contre la langue elle-même. Sous sa plume, le sens se brouille, les concepts politiques s'inversent, l'ironie et le grotesque attaquent comme un acide les valeurs humanistes. La torsion des mots et de l'histoire y est la norme. L'obsession raciale omniprésente. Pourtant ses fictions fascinent... Pourquoi ?

  • La gauche réfractaire

    ,

    • Bouquins
    • 17 Mars 2022

    Éric Naulleau et Michel Onfray sont deux hommes de gauche qu'une prétendue gauche n'aime pas. Ils ne souscrivent ni au marché qui fait la loi ni au fouet qui s'y substituerait.
    Ils ne pensent pas que la gauche ait pour fonction de diluer la Nation dans une Europe libérale travaillant à l'Empire, ni que le wokisme, la cancel culture, l'islamo-gauchisme, la location d'utérus et la vente d'enfants constituent l'horizon indépassable de la gauche contemporaine.
    L'un et l'autre ne font leur deuil ni du peuple old school, ni de l'École républicaine, ni du régalien, ni du service public, ni de l'intérêt général, ni des humanités, ni de la culture classique.
    Leur échange exerce un droit d'inventaire pour ranimer un héritage dont Proudhon et Jaurès n'auraient pas à rougir. Un quelque chose qui se nomme socialisme et qui n'a rien à voir avec le marxisme.

  • L'ange et la bête : mémoires provisoires

    Bruno Le Maire

    • Gallimard
    • 24 Mars 2022

    "Je connais plus de fous parmi les responsables politiques que dans tout autre métier, car peu sont aussi éloignés de la réalité."

    En mars 2017, Bruno Le Maire est nommé ministre de l'Économie et des Finances auprès d'Emmanuel Macron. Il offre ici un éclairage unique sur la pratique du pouvoir comme sur les événements et crises qui ont marqué ces années, et les confronte à notre histoire nationale. Alors que les grands pays occidentaux ont été bousculés par la crise de la Covid-19 et par l'émergence de la Chine, Bruno Le Maire cherche à définir les enjeux qui façonneront la France et l'Europe de demain. Ce faisant, il réaffirme le lien séculaire entre littérature et pouvoir.

  • Indignez-vous !

    Stéphane Hessel

    • Indigène éditions
    • 7 Décembre 2011

    C'est l'an 1 d'Indignez-vous ! Près de quatre millions du petit livre beige répandus sur la planète. Dans l'élan des éditions étrangères, Stéphane Hessel a précisé ses positions sur Israël, la Palestine, rendu un hommage exceptionnel à l'inventeur des Nations unies, le président américain Franklin Roosevelt ; il est revenu sur la non-violence. Cette édition anniversaire intègre ces ajouts, mais aussi des corrections de lecteurs, des photos inédites, sans oublier la fabuleuse histoire de ce soulèvement desconsciences.

  • Macron, pourquoi tant de haine ?

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    • Albin michel
    • 12 Janvier 2022

    " Le meilleur duo du journalisme politique au coeur du débat présidentiel. " Franz-Olivier Giesbert
    " Passionnant." RTL
    C'est une histoire singulière, ambigüe, complexe : celle des relations entre le président Macron et les Français.
    Une histoire de passions et parfois de haine, qui va bien au-delà de ce qu'on a connu. Une affaire psychanalytique, presque personnelle, entre eux.Au-delà des protestations, la violence a surgi avec une intensité croissante, semant parfois le chaos dans le quinquennat.A chaque fois, Emmanuel Macron a été déclaré « perdu ». A chaque fois, il s'en est relevé.
    Mais comment expliquer ces réactions névrotiques que provoque l'homme qui voulait apaiser la France ?Sur un ton très personnel, comme ils le font depuis qu'ils décryptent la vie politique, les auteurs ont recueilli les confidences des principaux acteurs du pouvoir. Et ils ont eu accès, rare privilège, au Président lui-même, qui a accepté de s'expliquer.
    Entre récit et enquête, un livre écrit avec une rare liberté de ton sur un règne qui reste bien mystérieux.

  • Le ministère des bras cassés

    Marc Payet

    • Albin michel
    • 2 Février 2022

    Face à la crise du Covid, l'organisation du ministère de la Santé s'est révélée inefficace. Les ordres et les contre-ordres, les fausses prévisions, les ratés en tout genre se sont succédés.
    Ce livre remonte dans le temps pour nous permettre de mieux comprendre les raisons du désastre. De nombreux témoignages, recueillis auprès de personnels en poste dans l'administration, mais aussi d'élus et de médecins, permettent de mettre en évidence les limites de la bureaucratie sanitaire à la française, et de répondre aux questions légitimes que tout le monde se pose :
    Qui était le « vrai » ministre de la Santé pendant cette crise ? Le professeur Salomon, désormais connu de la France entière, a-t-il truqué une enquête officielle ? Le Président a-t-il été manipulé par un groupe d'infectiologues ? Pourquoi le ministère de la Santé a-t-il refusé d'écouter les élus locaux ? Existe-t-il réellement un « État profond » de grands médecins et de gestionnaires qui n'en font qu'à leur tête ? etc.
    Une enquête passionnante. Un constat accablant, mais formulé dans un style nuancé.

  • Emmanuel le hardi

    Alain Duhamel

    • Éditions de l'observatoire
    • 13 Janvier 2021

    « Jadis, les rois de France étaient souvent affublés d'un surnom. Tantôt flatteurs, Philippe le Bel ou Louis XV le Bien-Aimé, tantôt moins agréables, Louis le Bègue ou Charles le Chauve. Il est tentant d'accoler aux présidents si monarchiques de la Ve République un tel surnom. Le général de Gaulle n'aura pas dédaigné de se voir honorer d'un Charles le Grand ; François Mitterrand aurait pu prétendre à François le Hutin à l'instar de Louis X ou encore Nicolas Sarkozy à Nicolas le Batailleur. Pour le président actuel, Emmanuel le Hardi semble le plus appro­prié. On aurait pu envisager aussi bien un Emmanuel le Téméraire, tant son élection relevait d'une audace presque impudente, tant son mandat se déroule sous le signe du risque perpétuel et des tensions permanentes. Mais qualifier le jeune président de « hardi » semble plus juste, puisque après tout la partie n'est pas jouée, l'échec n'est pas avéré, l'impasse n'est pas inévitable. Macron chevauche la stratégie du risque extrême mais aussi longtemps qu'il n'a pas renoncé, qu'il se bat, il subsiste une part de chance ; hardi plus que téméraire, même si la distance tient parfois à un fil. Car la France reste ce grand pays enviable aux orages non désirés. Y être président, c'est être impopulaire et être impopulaire, c'est être entravé. Voilà la malédiction présidentielle qu'Emmanuel Macron a la prétention d'affronter et de vaincre. Avec son courage et son énergie. Avec ses fautes et ses bourdes. Déterminé à réformer, donc en sursis perpétuel. Hardi. » A.D.  

  • Le quinquennat de Macron vu de l'intérieur.Emmanuel Macron est connu. Sa personne, son action ont déjà suscité des dizaines de documentaires, une quarantaine de livres, des milliers de commentaires. Après un quinquennat, tout le monde a un avis sur lui - les uns l'aiment quand les autres le détestent.
    Laurence Benhamou, elle, ne commente pas. Elle observe le président au quotidien. Ne rate aucun de ses faits et gestes. Elle est l'une des deux journalistes de l'Agence France-Presse (l'AFP) accrédités à l'Élysée et, depuis le 7 mai 2017, suit Emmanuel Macron partout. À chaque moment. La crise des Gilets jaunes ? Elle est en première ligne. L'affaire Benalla ? Elle est dans les coulisses. La pandémie ? Elle est témoin de la valse-hésitation d'un exécutif aux abois. De la scène officielle aux arrière-scènes et aux messes basses, elle note tout. Les grands moments comme les petites phrases. Les rivalités comme les complicités. Pour ne rien laisser passer de l'histoire qui s'écrit.
    La richesse de sa chronique est inédite : jour après jour aux côtés d'un président imprévisible, elle ne travaille ni pour lui ni pour ses équipes, qu'elle connaît et côtoie. Au point de décrocher un rare entretien avec Brigitte Macron. L'objectivité de Laurence Benhamou est sa fierté. Son impressionnante mise en perspective se lit comme une série aux multiples rebondissements.

  • Il y a un peu plus de cent ans, en Russie, des penseurs mystiques ou anarchistes voulaient ressusciter les morts et les envoyer dans l'espace. Contrôler les processus physiologiques, cosmiques et mentaux devint un objectif majeur du régime communiste.
    Ce projet ne disparaitra pas avec l'Union soviétique. Cette histoire, quasiment inconnue, annonce notre époque qui rêve à nouveau d' immortalité et de conquête spatiale.

  • Zemmour et nous

    ,

    • Bouquins
    • 24 Février 2022

    Le candidat de l'extrême droite a grandi dans des écoles juives et fréquenté les synagogues.
    Pour devenir " le premier des français ", cet homme disqualifie les valeurs dont il a pourtant hérité.
    Pourquoi tant de contrefaçons et d'atteintes à cette part de filiation dont il se réclame ? Peut-on être à la fois juif et défendre le maréchal Pétain, mettre en doute l'innocence de Dreyfus et attaquer le choix du lieu de sépulture des victimes d'un attentat antisémite ?
    Pour mieux comprendre, les auteurs livrent le récit d'un itinéraire idéologique pour le moins déroutant. Ils ont découvert des clefs de compréhension dans ses romans, ses essais et son histoire.
    C'est pourquoi ce livre existe.

  • La machine est ton seigneur et ton maître Nouv.

    « Les machines ressemblent à d'étranges créatures qui aspirent les matières premières, les digèrent et les recrachent sous forme de produit fini. Le processus de production automatisé simplifie les tâches des ouvriers qui n'assurent plus aucune fonction importante dans la production. Ils sont plutôt au service des machines. Nous avons perdu la valeur que nous devrions avoir en tant qu'êtres humains, et nous sommes devenus une prolongation des machines, leur appendice, leur serviteur. J'ai souvent pensé que la machine était mon seigneur et maître et que je devais lui peigner les cheveux, tel un esclave. Il fallait que je passe le peigne ni trop vite ni trop lentement. Je devais peigner soigneusement, afin de ne casser aucun cheveu, et le peigne ne devait pas tomber. Si je ne faisais pas bien, j'étais élagué. »
    Foxconn est le plus grand fabricant du monde dans le domaine de l'électronique. Ses villes-usines font travailler plus d'un million de Chinois, produisent iPhone, Kindle et autres PlayStation. Elles ont été le théâtre de suicides d'ouvriers qui ont rendu publiques des conditions d'exploitation fondées sur une organisation militarisée de la production et une surveillance despotique jusque dans les dortoirs.
    Ce livre propose une analyse du système Foxconn à partir des enquêtes de la sociologue Jenny Chan, complété par le témoignage de Yang, un étudiant et ouvrier de fabrication à Chongqing, et le parcours de Xu Lizhi, jeune travailleur migrant chinois à Shenzen, qui s'est suicidé en 2014 après avoir laissé des poèmes sur le travail à la chaîne, dans « L'atelier, là où ma jeunesse est restée en plan ».
    Sous le titre « Les ombres chinoises de la Silicon Valley », la réactualisation de la postface que donne Celia Izoard analyse l'écueil des fantasmagories de l'« économie immatérielle » auxquelles succède le quadrillage électronique de nos vies, tandis que la pandémie de Covid-19 « accomplit l'organisation légiférée de la séparation physique des individus pour leur vendre les moyens de communication leur permettant de "rester en contact" ». Ce projet paradoxal, qu'ambitionnaient depuis longtemps les entreprises technologiques - remplacer les relations humaines incarnées par des transactions électroniques -, étant en prime auréolé d'une vision d'un nouvel humanisme fait de sécurité, de solidarité et d'hygiène.
    Journaliste à Reporterre et essayiste critique de la technologie moderne (dont Merci de changer de métier. Lettres aux humains qui robotisent le monde, 2020) Celia Izoard est aussi traductrice, notamment de 1984, de George Orwell, de Black Lives Matter, de Guerre nucléaire et catastrophe écologique, de Freedom Summer. Luttes pour les droits civiques, Mississippi 1964 et de Le Progrès sans le peuple.

  • La tentation d'un pouvoir autoritaire dans la France de 2019 trouve ses racines dans le projet économique du candidat Macron.
    Depuis des décennies, la pensée néolibérale mène une guerre larvée contre le modèle social français de l'après-guerre. La résistance d'une population refusant des politiques en faveur du capital a abouti à un modèle mixte, intégrant des éléments néolibéraux plus modérés qu'ailleurs, et au maintien de plus en plus précaire d'un compromis social. À partir de la crise de 2008, l'offensive néolibérale s'est radicalisée, dans un rejet complet de tout équilibre.
    Emmanuel Macron apparaît alors comme l'homme de la revanche d'un capitalisme français qui jadis a combattu et vaincu le travail, avec l'appui de l'État, mais qui a dû accepter la médiation publique pour " civiliser " la lutte de classes. Arrivé au pouvoir sans disposer d'une adhésion majoritaire à un programme qui renverse cet équilibre historique, le Président fait face à des oppositions hétéroclites mais qui toutes rejettent son projet néolibéral, largement à contretemps des enjeux de l'époque. Le pouvoir n'a ainsi d'autre solution que de durcir la démocratie par un excès d'autorité. Selon une méthode classique du néolibéralisme : de l'épuisement de la société doit provenir son obéissance.

  • Les nouvelles femmes de droite

    Magali Della Sudda

    • Hors d'atteinte
    • 17 Février 2022

    Née entre les années 1980 et 2000, la génération des Millenials a grandi dans un monde où le référentiel égalitaire prévaut : cela a des effets aussi sur le militantisme féminin nationaliste. En mai 2018, le Parti nationaliste français poste une vidéo intitulée « Nationalisme : militer avec féminité à la cuisine ». Après une première séquence où des jeunes femmes vêtues de jupes longues font la cuisine et la vaisselle en chantant des louanges religieux, on les voit en bermuda s'entraîner à courir dans un torrent boueux sous les instructions d'un militant, avec en fond sonore des guitares électriques au son saturé.

    La Manif pour tous, qui s'est violemment opposée en 2012-2013 à la loi portée par Christiane Taubira visant à ouvrir le mariage aux couples homosexuels, a été l'occasion pour de nombreux (futurs) acteurs de l'extrême droite de se rencontrer, de se former et de s'agréger. Quelques années plus tard, on voit éclore dans ce champ de multiples formations féminines, voire autoproclamées féministes, qui abordent la cause des femmes depuis une tradition nationaliste, réactionnaire ou identitaire. Qu'elles s'appellent les Caryatides, les Antigone ou le collectif Némésis, Eugénie Bastié, Marianne Durano ou la revue Limite, toutes contribuent à reconfigurer un champ médiatique et politique de plus en plus ancré à droite et de moins en moins lisible.

    Politiste et socio-historienne, Magali Della Sudda est chargée de recherche au CNRS et travaille au centre Émile Durkheim (CNRD/Sciences Po Bordeaux). Elle se consacre actuellement aux mobilisations contemporaines, par exemple à travers le projet Agence nationale de la recherche/Gilets jaunes, qu'elle coordonne sur quatre ans. Les recompositions autour des questions de genre à partir de la Manif pour tous ont fait l'objet de son habilitation à diriger des recherches.

  • Qui connaît Fabien Roussel ?

    ,

    • Éditions de l'observatoire
    • 16 Mars 2022

    Le plaisir est-il une valeur de gauche ? Qu'est-ce que le peuple ? Peut-on être communiste et défendre les petits patrons ? Faut-il autoriser ceux qui le souhaitent à travailler au-delà de 60 ans ? Le voile islamique est-il un problème en République ? Vaut-il mieux parler de « violences dans la police » que de « violences policières » ? Comment lutter contre les antivax sans imposer de vaccin ? Est-on encore révolutionnaire quand on considère que les personnes l'emportent sur les idées ?   Toutes ces questions, et bien d'autres, sont abordées dans des entretiens sans filtre, que Fabien Roussel a bien voulu ac-corder à Raphaël Enthoven. Il en résulte un dialogue vivant, un livre étonnant où s'entremêlent politique et philosophie. Un livre précieux où se dessine, peut-être, le meilleur portrait du candidat communiste à l'élection présidentielle.  

  • Note sur la suppression generale des partis politiques

    Simone Weil

    • Editions allia
    • 2 Février 2017

    Ce réquisitoire balaie d'un revers de main la démocratie telle qu'elle a cours. Et, ose-t-on ajouter, telle qu'elle a encore cours. Son argumentation repose sur des réflexions philosophiques qui traitent de l'organisation idéale de la collectivité en démocratie, notamment le Contrat social de Rousseau. La raison seule est garante de la justice, et non les passions, nécessairement marquées par l'individualité. Or, les partis, puisqu'ils divisent, sont animés par les passions en même temps qu'ils en fabriquent. Pour Weil, un parti comporte potentiellement, dans sa lutte pour le pouvoir, un caractère totalitaire. Ils défendent leurs intérêts propres au détriment du bien public. Il faut se garder comme de la lèpre de ce mal qui ronge les milieux politiques mais aussi la pensée tout entière. Contre les passions collectives, elle brandit l'arme de la raison individuelle.
    Rédigé en 1943, ce texte propose un système fondé sur l'affinité et la collaboration de tous, un hymne à la liberté individuelle capable de s'exprimer dans le cadre d'une collectivité.

  • Macron 2 : les secrets d'une réélection Nouv.

    Les secrets d'une réélectionLe 24 avril 2022, Emmanuel Macron est devenu le premier président de la Ve République réélu par les Français pour un second mandat, hors cohabitation.
    En 2017, ce jeune homme de trente-neuf ans, éclos sous François Hollande, avait remporté l'élection suprême à la surprise générale. " Et de droite et de gauche ", il avait secoué le " vieux monde " et d'abord un Parti socialiste réduit en miettes.
    Ce n'était qu'un début. Cinq ans plus tard, c'est un autre monument qu'il devait abattre pour garder le pouvoir : la droite traditionnelle - mal en point, mais encore debout. Ces Républicains dont, depuis 2017, il n'a cessé d'emprunter les thèmes et les mots. Et qui devaient cette fois le battre, au risque de disparaître.
    Rédigé dans les coulisses de la campagne, ce livre a bénéficié des confidences des principales figures des deux camps. Il rassemble éclairages, témoignages inédits, anecdotes... L'un des auteurs a publié dans la presse le scoop sur l'élection " bidon " de Valérie Pécresse à la primaire des Républicains : il apporte ici tous les détails de cette affaire qui a fait grand bruit.
    Bouclé au soir du 24 avril 2022, il raconte une impitoyable bataille qui n'a pas seulement engagé le prochain quinquennat, mais, pour longtemps, le visage de notre vie politique.

  • Nicolas Sarkozy le considère comme son héritier, Emmanuel Macron comme une magistrale prise de guerre à la droite. " Darmalin " pour les uns, " félon " pour les autres, l'ancien parlementaire LR qui, après sa volte-face dans son parcours politique, s'est imposé comme l'un des poids lourds du gouvernement, incarne à lui seul une histoire du quinquennat, de l'aventure joyeuse des débuts du macronisme à sa part la plus sombre, celle des amitiés trahies et des années MeToo.
    Comment ce jeune politique venu du Nord, devenu ministre du Budget puis ministre de l'Intérieur, a-t-il réussi à dépasser les accusations de viol et d'abus de faiblesse portées contre lui ? Lors d'entretiens exclusifs avec les auteurs, l'intéressé évoque ses origines, son " sang mêlé ", son amour de la politique, mais se livre aussi sur Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron, auxquels il a prêté allégeance. Gérald Darmanin sait tout d'un des secrets les mieux gardés du quinquennat, l'existence d'un pacte entre les deux présidents...
    Du haut de ses 39 ans, Gérald Darmanin a atteint les sommets en " mode commando ". Alors qu'il semble n'avoir aucune limite dans sa quête du pouvoir, que convoite-t-il réellement ? Qui se cache derrière la carapace du " premier fl ic de France " ? Et si son ambition devait le mener à Matignon, voire à l'Élysée ?
    Cette biographie-enquête n'omet rien. Ni les réussites, ni les zones d'ombre de son passé familial et de son ascension politique fulgurante. Elle fait entendre la voix de son entourage, de ses amis, de ses collaborateurs et mentors, autant que celle de ses adversaires. Tous se livrent sans ambages, tant le " gardien de la République " ne laisse personne indifférent et fait définitivement bouger les lignes.

  • Louis Napoléon Bonaparte, Charles de Gaulle, François Mitterrand, Emmanuel Macron... Combien y a-t-il eu de présidents de la République en France ? Qui a eu le mandat le plus court ? Connaissez-vous le point commun entre Paul Doumer et Sadi Carnot ?
    À travers des dates marquantes, cet ouvrage dessine la vie et la carrière des hommes qui ont occupé la fonction présidentielle, leurs affinités ou leurs rivalités politiques, ainsi que leurs relations souvent ambivalentes avec les citoyens français. Surtout, il témoigne des enjeux brûlants de chaque époque.

    Le + : Une frise chronologique qui court tout au long de l'ouvrage.

  • Quand les Verts arrivent en ville Nouv.

    Quand les Verts arrivent en ville

    Aurélien Martinez

    • Bouquins
    • 12 Mai 2022

    Dès leur arrivée à la tête de plusieurs grandes villes à la suite des élections municipales de 2020, les maires écologistes ont suscité la controverse en prenant des initiatives qui ont parfois dérouté l' opinion, au risque de brouiller leur image. Ils ont voulu supprimer le sapin de Noël à Bordeaux, remettre en question le Tour de France à Lyon, diminuer les subventions aux aéroclubs à Poitiers, financer une mosquée les yeux fermés à Strasbourg...
    Aurélien Martinez, journaliste qui a vécu dans deux villes passées sous la bannière des Verts (Annecy et Grenoble), est allé à la rencontre de ces nouveaux élus confrontés à l' exercice du pouvoir et ses réalités. Il leur donne la parole, ainsi qu'à leurs adversaires politiques et à de nombreux acteurs de terrain. Au terme d' une enquête de plusieurs mois menée dans toutes les grandes villes écologistes, il passe en revue - et parfois au crible - leurs actions et leur projet politique. Avec ce livre, il décrypte cette écologie de proximité que les Verts aimeraient implanter durablement dans le pays.
    Et si, malgré les résultats de l' élection présidentielle, les maires de la vague verte étaient les inventeurs de la gauche de demain ?

  • Un retour critique sur le quinquennat d'Emmanuel Macron : la déception d'un penseur qui voyait en lui un véritable président philosophe.L'heure du bilan du quinquennat d'Emmanuel Macron a sonné. François Dosse avait soutenu le projet qu'il portait en 2017, discernant un prolongement politique de l'éthique du philosophe Paul Ricoeur (
    Le philosophe et le président, Ricoeur & Macron, Stock, 2017). Force est de constater que la politique menée a tourné le dos à l'ambition, préconisée par le philosophe, d'" une vie bonne, avec et pour autrui, dans des institutions justes ". Après s'être appuyé sur des idées fortes dans sa phase de conquête du pouvoir, Macron s'en est rapidement débarrassé dans son exercice.
    Dans cet essai, François Dosse passe en revue les grandes orientations du quinquennat du président Macron. S'il retrouve dans sa politique mémorielle et dans son européisme une cohérence avec ses sources d'inspiration, il en va tout autrement de sa pratique du pouvoir : privilégiant la verticalité, celle-ci aggrave la crise de notre démocratie, amplifie des inégalités déjà criantes, enferme notre pays dans ses frontières et ne parvient pas à répondre au défi écologique. La pandémie de Covid-19 a achevé de révéler les dysfonctionnements d'un pouvoir navigant à vue.
    Alors que cette crise en appelle impérieusement à un changement de cap, ce que nous propose le président à nouveau candidat n'est autre que de continuer à marcher... sans boussole.

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