• Après avoir présenté et analysé dans un précédent ouvrage la conquête de l'Algérie par la France et comment s'est construite cette colonie jusqu'en 1914, Jacques Frémeaux s'attache ici aux événements qui, depuis la Première Guerre mondiale, ont conduit à la lutte armée et à la proclamation de l'indépendance du pays en 1962.Un ordre colonial fondamentalement inégalitaire, l'absence d'une croissance économique suffisante et une population algérienne en augmentation très rapide, des mutations sociales, une légitimité politique française contestée, la guerre engagée avec les forces révolutionnaires, la montée en puissance du FLN... N'éludant aucun sujet, n'épargnant aucun protagoniste, mais sans entrer dans des polémiques qui engageraient un camp ou l'autre, l'auteur relate de façon claire, précise et condensée une histoire longue et complexe, et montre le caractère inéluctable de ce qui s'est produit.Ce livre très documenté aborde et décrypte sans concession la réalité d'une mémoire coloniale douloureuse de part et d'autre. C'est le prélude nécessaire à toute volonté de réconciliation, le seul moyen acceptable d'y parvenir.
    Jacques Frémeaux, membre de l'Académie des Sciences d'Outre-mer et ancien membre de l'Institut universitaire de France, est professeur émérite d'histoire à la Sorbonne. Il a écrit une vingtaine d'ouvrages, dont récemment La Conquête de l'Algérie. La dernière campagne d'Abd el-Kader (CNRS-Éditions) et La Question d'Orient (Fayard). Il a publié Algérie 1830-1914. Naissance et destin d'une colonie chez Desclée de Brouwer.

  • La France en Algérie... Une histoire longue et douloureuse, dont les conséquences se font encore sentir dans les événements qui touchent les deux pays, liés pour le meilleur et pour le pire depuis près de deux siècles. Mais sait-on vraiment comment tout a commencé ?Du débarquement de l'armée d'Afrique à Sidi Ferruch, en 1830, jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale, l'auteur raconte les étapes de l'établissement de la France en Afrique du Nord : la guerre et la reddition d'Abd el-Kader ; l'arrivée et l'installation des premiers colons ; l'utopie du « royaume arabe », que Napoléon III ne sait pas imposer ; puis, après 1870, l'action de la République qui croit consacrer l'Algérie française.Pour les Algériens d'aujourd'hui, cette période est celle d'une très dure conquête, de la perte de leurs meilleures terres, de l'installation d'un régime oppressif et injuste. Les Français la méconnaissent trop souvent, quand ils n'en rejettent pas les fautes sur les seuls colons. Cependant, en 1914, le système colonial paraît solide, fondé sur une administration efficace, une certaine collaboration des élites musulmanes, le dynamisme des colons et la résignation des paysans algériens. La réalité est plus complexe, l'équilibre plus fragile qu'on ne pense.Analysant la mentalité des hommes qui ont déclenché la conquête et de ceux qui ont résisté, la violence qui se déchaîne des deux côtés, les erreurs manifestes et les bonnes intentions parfois funestes, cet essai montre les résultats des mauvais choix, nés de l'incompétence des dirigeants et de l'ignorance des peuples. Il nous permet de mieux comprendre la force et la complexité des relations qui persistent entre les deux pays.Ces dernières seront étudiées dans un second volume traitant de la période allant de la Grande Guerre à la Guerre d'Algérie.
    Jacques Frémeaux, membre de l'Académie des Sciences d'Outre-mer, ancien membre de l'Institut universitaire de France, est professeur émérite d'histoire à la Sorbonne. Il a écrit une vingtaine d'ouvrages, dont récemment La Question d'Orient (Fayard) et La Conquête de l'Algérie : la dernière campagne d'Abd el-Kader (CNRSÉditions).

  • Peut-on raconter autrement l'histoire de la guerre d'Algérie?
    L'ambition de ce livre est de rapporter, en se fondant sur toutes les sources possibles et en particulier sur des documents inédits ou difficilement accessibles, un récit de cette guerre telle qu'elle a été vue, vécue et relatée par les Algériens, et en premier lieu par les combattants indépendantistes.
    Ce second volume, qui s'ouvre avec l'assassinat d'Abane Ramdane par les autres chefs du FLN, au lendemain de la bataille d'Alger, et va jusqu'à l'indépendance et les implacables luttes pour le pouvoir qu'elle entraîne, confirme que, sous ce regard neuf, la plupart des aspects de la guerre prennent un tour totalement différent. Le temps de la politique et des négociations en vue de mettre un terme au conflit, quand l'aspect militaire du combat devient peu à peu moins essentiel, sera en effet aussi celui de profonds bouleversements, ignorés du côté français, au sein du FLN. Des
    bouleversements provoquant des affrontements dont les premiers bénéficiaires seront Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene au cours de l'été 1962, mais dont les conséquences se font sentir jusqu'à aujourd'hui.

  • Après 1988, l'Algérie a connu plus de dix ans d'une terrible guerre à la suite de l'interruption par l'armée de la première expérience démocratique du monde arabe qui a brièvement profité au Front islamique du salut (FIS). Dans les années 2000, l'Algérie d'Abdelaziz Bouteflika a lentement retrouvé la paix grâce à la rente des hydrocarbures, mais au prix d'une absence de justice et du mensonge. À l'armée, principale détentrice du pouvoir, se sont alors agrégés de plus en plus les milieux d'affaires qui ont profité de la libéralisation économique. La corruption a explosé.
    En 2019, une mobilisation populaire pacifique, inédite par son ampleur et sa durée, le
    hirak, a demandé que ce régime " dégage ". Après le départ de Bouteflika, l'armée a engagé une transition factice pour reconduire un régime à bout de souffle, ouvrant une nouvelle période à l'issue incertaine. Aucune alternative politique claire ne semblait se faire jour, alors que les perspectives économiques s'assombrissaient. C'est cette évolution de trois décennies d'une Algérie contemporaine très contradictoire que cet ouvrage retrace de manière chronologique.

  • Près de soixante ans après la fin de la guerre d'indépendance algérienne, cette vaste fresque de l'Algérie coloniale, replaçant la guerre d'indépendance dans le temps long - car c'est bien dans la longue durée que le conflit s'enracine - est plus que jamais essentielle pour mieux comprendre la situation actuelle de la France et de l'Algérie, ainsi que leurs relations depuis 1962. Dans ce cadre historique, cet ouvrage, écrit principalement par des historiens (algériens, français et d'autres nationalités), met à disposition les travaux les plus récents, qui tiennent compte des interrogations actuelles des sociétés sur ce passé en France comme en Algérie. Il montre comment l'histoire de ces deux pays et de ces populations s'est nouée, dans des rapports complexes de domination et de violence, mais aussi d'échanges, dans les contextes de la colonisation puis de la décolonisation. Enfin, ce livre interroge les héritages de ces cent trente-deux ans de colonisation qui marquent encore les sociétés.

  • De l'avènement de l'islam à la fin de la période coloniale, juifs et musulmans ont partagé en Algérie une longue histoire qui s'achève en 1962 avec l'indépendance du pays. Si en 1954 on y comptait environ 130 000 juifs répartis sur 250 communes, il n'en reste presque plus aujourd'hui. Pourquoi cette coexistence entre juifs et musulmans a-t-elle duré ? Pourquoi a-t-elle pris fin ?

    Juifs et musulmans ont vécu ensemble les grands mouvements de l'histoire du Maghreb central, devenu l'Algérie : les débuts de l'islam et la compétition entre dynasties rivales au Moyen Âge, l'intégration à l'Empire ottoman entre le XVIe et le XIXe siècle, la colonisation française à partir de 1830 et, pour les juifs, le décret Crémieux de 1870 , les lois antijuives du régime de Vichy, la guerre d'Algérie enfin. La fin de la présence française en 1962 est aussi celle de la majorité des juifs.

    Historienne réputée du Maghreb, Lucette Valensi s'attache à comprendre sans parti pris les relations que juifs et musulmans ont entretenues, faites de domination marquée et de violences sporadiques exercées sur la minorité juive, mais aussi et plus longuement de contacts, d'échanges et de paisible collaboration.

  • 11/12/1960, 5/10/1988, 22/02/2019. Trois manifestations drainant toute une population dans les rues ; des observateurs médusés par l'unité d'un peuple que l'on disait résigné. Le procédé est le même, une réappropriation de l'espace public par la population. Les revendications, voisines : l'affranchissement, la liberté, la vie. L'adversaire, immuable : l'ordre colonial, qu'il soit le fait d'une puissance étrangère ou celui d'une caste locale. Ces dynamiques successives d'union et de fragmentation ont jalonné l'histoire de l'Algérie et ont façonné ce pays. Ce sont ces permanences qu'analyse l'auteur, depuis les débuts de la résistance populaire contre les forces ottomanes puis françaises jusqu'aux récents prémices qui ont donné naissance au hirak - le mouvement populaire - de 2019.

    Originaire de la wilaya de Sidi Bel-Abbès, né dans le sud de la France en 1973, Mohamed Sadoun est actuellement haut-fonctionnaire et magistrat après une première carrière dans l'enseignement. Il s'intéresse aux questions de justice et à l'histoire du bassin méditerranéen et plus particulièrement de l'Algérie. Des confréries soufies à l'Islam de France est paru chez Hermann en 2016. Il collabore également à la revue Folle Histoire et à Jeune Afrique.

  • Il est 20 h 30, ce 17 juin 1962 à Alger. Comme chaque soir, de nombreux
    Français écoutent à la radio l'émission pirate de l'Organisation armée
    secrète (OAS), qui rassemble les derniers fervents de l'Algérie française
    perdus dans un combat désespéré d'une rare violence.
    Leur sang ne fait qu'un tour lorsqu'ils entendent un porte-parole
    annoncer d'une voix grave, que, « à l'issue d'entretiens auxquels l'OAS
    a participé, le FLN vient [...] de définir les bases d'un accord entre
    Algériens ». Trois mois après les accords d'Évian, la guerre d'Algérie est
    en train de s'arrêter, presque net. Grâce à un accord que l'on s'attachera
    à bien garder secret, sorte d'annonce des liens futurs entre la France et
    son ancienne colonie.
    Et pour preuve : pendant près de cinquante ans, les deux pays vont
    entretenir une relation passionnée et tumultueuse faite d'amour et de
    haine, sur fond de contrats gaziers, d'immigration et de plaies identitaires
    mal refermées. Une relation où tous les coups seront permis. Mais en
    cachette. Il ne faut pas oublier qu'on est en paix maintenant.
    Dans cette étude en deux tomes, Naoufel Brahimi El Mili lève enfin
    le voile sur cette période bien sombre de notre histoire. Il nous apprend
    comment Valéry Giscard d'Estaing, qui ne voyait pas l'OAS d'un mauvais
    oeil, laissera le SDECE déstabiliser le jeune État algérien, ou comment la
    guerre entre services des deux pays pour le sauvetage des moines de
    Tibhirine a fait cafouiller toute l'opération.
    Révélations, point de vue inédit sur une actualité encore brûlante,
    Naoufel Brahimi El Mili clôt, par cet ouvrage, ses magistrales 50 ans
    d'histoires secrètes.
     
    Naoufel Brahimi El Mili est docteur en sciences politiques, enseignant
    à Sciences Po Paris. On lui doit notamment Le Printemps arabe : une
    manipulation ? (Max Milo, 2012). Le premier tome de France-Algérie, 50 ans
    d'histoires secrètes a paru en 2017, chez Fayard.

  • Ce livre reprend les grandes lignes de l'histoire algérienne de l'Antiquité jusqu'à nos jours, avec un éclairage sur les points les plus forts, notamment la période romaine, la Régence ottomane et la présence française (colonisation et décolonisation) et traite principalement de l'Algérie contemporaine, de ses merveilles et de sa culture.
    Des ruines romaines de Timgad aux noces du soleil et de la mer à Tipaza, du désert algérien cher à Eugène Fromentin à la conversion d'Isabelle Eberhardt, des tableaux de Delacroix aux femmes de Biskra d'Etienne Dinet, de la prise d'Alger en 1830 à l'indépendance du pays en juillet 1962, de l'émir Abd el-Kader à Bouteflika, Malek Chebel, en observateur averti du pays où il est né, où il a grandi, n'élude rien et aborde beaucoup de non-dits. Mais, ce dictionnaire est aussi un ouvrage ludique. Il nous parle d'une Algérie tour à tour romaine, musulmane, ottomane, espagnole, arabe et a fortiori algérienne, occupée mille fois et sans cesse réinventée. Au gré des entrées, nous découvrons avec bonheur son charme pittoresque, ses fragrances, ses espoirs et ses désillusions.Anthropologue des religions et spécialiste du monde arabe, Malek Chebel est né à Skikda, en Algérie. Il est l'auteur du Dictionnaire amoureux de l'Islam (2004) et du Dictionnaire amoureux des Mille et une nuits (2010).

  • S'écartant des sentiers battus ce livre restitue le cadre historique dans lequel est née en Algérie, entre 1830 et 1962, une conscience culturelle et politique berbère. Un livre original et salutaire qui entend dépasser la guerre des " récits identitaires " en Algérie et qui, en France, intéressera notamment nombre de lecteurs dont les racines plongent dans cette culture.
    Comment l'affirmation berbère s'est-elle construite en Algérie, et plus particulièrement dans le cas de la Kabylie ? À rebours des clichés sur les problématiques régionalistes, Yassine Temlali entreprend dans ce livre de définir un cadre d'analyse rigoureux à partir de questionnements essentiels : quelle était la situation réelle des communautés berbères à la veille de la conquête coloniale ? L'occupation française a-t-elle pu être un agent d'intégration des régions berbérophones à une nouvelle entité, l'Algérie ? Y a-t-il eu une " politique kabyle " de la France ? Pourquoi les berbéro-nationalistes du PPA-MTLD, critiques envers sa doctrine arabo-islamique, sont-ils restés minoritaires ? Y a-t-il eu au sein du FLN, entre 1954 et 1962, une guerre entre " Arabes " et " Kabyles " ? Pourquoi dans les régions berbérophones de l'Est, l'affirmation berbère n'est-elle pas aussi ancienne qu'en Kabylie ? Et comment expliquer qu'à l'indépendance, en 1962, ces régions se soient positionnées de façon différente vis-à-vis du régime d'Ahmed Ben Bella ?
    S'écartant des sentiers battus de l'essentialisation des identités culturelles, par définition flottantes et éphémères, l'auteur restitue le cadre historique dans lequel, entre 1830 et 1962, est née en Algérie une conscience culturelle et politique berbère, de façon concomitante avec la naissance de ces entités modernes que sont la nation algérienne, la Kabylie... Un livre original et salutaire qui entend dépasser la guerre des " récits identitaires " en Algérie et qui, en France, intéressera notamment nombre de lecteurs dont les racines plongent dans ce pays.

  • 10 pages de Hors-texte couleur.
    Cet ouvrage se propose de revisiter la mémoire nationale algérienne pour montrer combien celle-ci participe à fois à la légitimation et à la contestation du pouvoir dans une société façonnée par la guerre d'indépendance, comme l'illustre le rôle majeur de l'armée encore aujourd'hui. L'auteur développe une perspective critique du nationalisme mémoriel algérien et met à jour la pluralité des points de vue, reflet de la diversité en Algérie.
    Il contribue ce faisant à éclairer les fondements de la crise identitaire que traverse la société algérienne, qui peine à élaborer un projet de « vivre ensemble » et à faire émerger une citoyenneté faisant consensus. Cette question se pose avec acuité après les « printemps arabes », et l'affaiblissement de la légitimité révolutionnaire des dirigeants algériens.
    En étudiant « l'histoire vue de l'autre côté », à travers des sources d'une grande amplitude (enquêtes de terrain en Algérie réalisées de 2006 à 2017, étude des musées et des monuments commémoratifs, archives militaires et judiciaires), l'auteur se positionne de manière originale par rapport au contentieux mémoriel franco-algérien. Il propose une histoire connectée des mémoires, faisant la part belle à une analyse critique des usages algériens du passé et des imaginaires sociaux que ces mémoires construisent. « L'histoire à parts égales » n'est-elle pas un devoir pour parvenir à une «juste mémoire» ?

  • En explorant cinémas et boutiques, cimetières, rues et places publiques, c'est à une autre histoire de la socialisation politique au Maghreb qu'invitent les vingt-huit disciples et amis réunis dans ce livre pour rendre un hommage collectif à Omar Carlier. Historien de l'Algérie et homme de terrain, Omar Carlier a profondément renouvelé l'approche du politique en Afrique du Nord : venus d'Algérie, de France et d'ailleurs, ces vingt-huit historiens enquêtent, suivant les chemins qu'il a défrichés, sur les lieux, les événements et les objets grâce auxquels il a éclairé d'un jour nouveau notre compréhension de la région et des enjeux politiques, sociaux et culturels qui l'animent. Ces études offrent ainsi de nouvelles pistes pour comprendre la guerre d'indépendance algérienne, revenant sur les origines du Front de libération nationale, sur les mouvements et engagements militants, à Alger comme en métropole, et sur les chants et les festivités à l'heure de l'indépendance. Car, dans ce livre, l'Algérie est saisie dans son ensemble : à l'échelle du Maghreb comme au sein du monde ottoman, parmi les empires coloniaux et dans la période de l'après-indépendance - quand l'histoire coloniale pèse, encore et toujours.

  • La guerre d'Algérie a mobilisé près de deux millions d'hommes. Ces derniers gros bataillons de la République, engagés pour huit longues années, reviennent avec des séquelles et des blessures qui ne cessent aujourd'hui encore de les hanter. Les sentiments mêlés de honte ou de révolte que suscite ce conflit en soulignent toute l'ambiguïté : cette guerre continue de déranger les consciences. Fruit d'une enquête de vingt et un ans auprès de mille témoins et d'une connaissance du terrain, cet ouvrage restitue le vécu et la mémoire de cette dernière génération du feu. Appelés et réservistes, mais aussi professionnels, paras ou légionnaires, livrent ici, souvent pour la première fois, leur vision de cette guerre, que certains estiment avoir militairement gagnée. Gêneur qui empêche de commémorer en rond, l'historien ne peut que constater le traumatisme et sa pérennité. Achevé après un dernier voyage en Grande Kabylie, en avril 2015, en compagnie d'un des combattants cités, le présent ouvrage nourrit le voeu de guérir les plaies côté français et d'oeuvrer à la réconciliation des deux rives de la Méditerranée. Professeur à Sciences Po Aix, où il dirige le département d'histoire et les recherches en histoire militaire comparée, Jean-Charles Jauffret est un spécialiste de la guerre coloniale, des troupes de professionnels et d'appelés et, surtout, des conflits afghan et algérien auxquels il a consacré de nombreux ouvrages. 

  • Journaliste à Alger Républicain, militant politique et associatif, co-fondateur de la Ligue Algérienne des Droits de l'Homme, Miloud Zaater a été la cible des islamistes durant la décennie noire ; il s'est à cette époque réfugié en France. Ce récit est le témoignage d'un retour en Algérie, en 2014 et 2015. Il nous livre un regard juste et acéré sur l'Algérie contemporaine, sur tous les paradoxes de la société, les dérives du pouvoir. Doublé d'une analyse politique et géopolitique qui dépasse les frontières du Maghreb, ce témoignage fait écho avec l'actualité brûlante du terrorisme.

  • Contrairement à ce que l'historiographie dominante nous a habitués à lire, la colonisation ne fut pas l'édification d'un ordre nouveau, promesse pour les Algériens de bienfaits, de progrès et de civilisation. Entreprise de « remplacement d'une "espèce" d'hommes par une autre "espèce" d'hommes » elle a pris pour cible toutes les formes de résistance matérielles, humaines, culturelles, religieuses qui pouvaient entraver sa marche. Se limitant à la période 1830-1900, l'ouvrage insiste sur l'ampleur des désastres auxquels ont abouti 70 années de guerre, de dépossessions et de fiscalité prédatrice.

  • Au début des années 50, on propose à un instituteur débutant un poste déshérité quelque part en Algérie. Au long de son parcours professionnel et militaire, il découvre, durant la guerre, le vrai visage de son pays : misère des populations isolées, racisme, inégalités sociales, culturelles, sanitaires. Encouragé par les décisions du général de Gaulle visant à réformer l'Algérie, il s'investit dans son travail avec la foi de ceux qui croient encore à la mission humanitaire de la France et avec le dévouement de ces instituteurs oeuvrant pour une fraternité qui n'a pas su, hélas, se réaliser.

  • De 1939 à 1945, l'Algérie a occupé une place centrale dans l'histoire de la France. Replaçant la défaite de la France en juin 40 et l'installation du régime de Vichy dans l'histoire sociale et politique de l'Algérie, l'auteur analyse la politique particulière de Vichy sur les Juifs, les communistes et les Musulmans. Il traite ensuite du débarquement des Alliés en Afrique du Nord et étudie la politique algérienne du général de Gaulle qui a conduit à la mobilisation des Algériens dans le mouvement des Amis du Manifeste et de la Liberté et aux journées tragiques de mai 1945.

  • L'auteur tente de peindre de façon impressionniste une fresque tragi-comique composée de chroniques, de nouvelles, d'anecdotes, de tableaux autour de la ville de Djidjelli, dans laquelle la Guerre d'Algérie enferma des adolescents d'origine européenne et algérienne derrière des barbelés. La prétention de l'ouvrage n'est pas la datation historique, mais l'évocation de drames, d'ambiances, de mentalités, de coutumes...en affinant les analyses des rapports entre les communautés musulmane et chrétienne.

  • Jacques Simon retrace ici l'itinéraire de Messali Hadj, permanent du PCF et secrétaire général de l'Étoile nord africaine, qui au congrès anti-impérialiste international de Bruxelles en 1927 s'est prononcé pour la fondation d'une Algérie indépendante. En désaccord avec le PCF, Messali se lie avec la Gauche socialiste, les trotskystes, les syndicalistes révolutionnaires pour mener avec eux tous les combats de la classe ouvrière contre le fascisme, l'impérialisme et l'antisémitisme. Ces mêmes alliés soutiendront ensuite le combat de Messali après 1945 et pendant la guerre d'Algérie. Tous considéraient que Messali avait construit des organisations dont l'idéologie n'était pas marxiste mais plus proche d'une politique prolétarienne authentique.

  • L'institution parlementaire algérienne a suivi l'histoire de la République en France. Elle a commencé sous la Révolution de 1848 et s'est poursuivie sous toutes les Républiques, à l'exclusion du Second Empire et du Gouvernement de Vichy. C'est ce qui a donné aux parlementaires de l'Algérie un réel esprit d'attachement aux institutions démocratiques françaises. Après la 2è Guerre mondiale arrivent les premiers parlementaires algériens musulmans à l'Assemblée nationale et en 1958, 71 députés de l'Algérie arrivent au Palais Bourbon. La représentation de l'Algérie au Parlement français appartient aujourd'hui à l'histoire ; c'est une page supplémentaire du passé franco-algérien.

  • Entre 1961 et 1962, la France coloniale a procédé au transfert vers la métropole de 8 kms linéaires d'archives qui se trouvaient dans les centres d'archives d'Algérie. Depuis l'indépendance, les Algériens réclament ce qu'ils considèrent comme étant leur bien et leur patrimoine. A la suite de ses deux précédents ouvrages, Mehenni Akbal se propose de dresser une évaluation de la valeur de l'administration communale qui est à l'origine de la production de ces archives. Il étudie le rôle de ces communes, leur mode de fonctionnement et d'organisation et leurs fondements juridiques.

  • A considérer le nombre d'étudiants « indigènes » qui sont passés par le système de l'enseignement secondaire et supérieur colonial, le taux d'analphabétisme relevé pour les années 1960 (85 % de la population algérienne), ou même la part des élèves scolarisés dans le primaire sur celle des enfants en âge d'être scolarisés (moins de 10 % en 54), le bilan scolaire colonial apparaît dérisoire, contrairement à ce que peuvent affirmer les thuriféraires de la colonisation positive. L'histoire de la politique scolaire coloniale n'a ainsi jamais été ce lent mouvement de civilisation des populations locales. Elle apparaît plutôt comme un processus profondément contradictoire dont les déterminants sont à rechercher aussi bien chez les émetteurs que chez les récepteurs de cette politique.
    /> Reprenant une analyse historique de l'imposition du système scolaire français à l'Algérie et restituant des mémoires et des expériences d'acteurs, le présent ouvrage va au fond de ces contradictions, dont les instituteurs et enseignants ont en été les figures emblématiques. La République a bien été en effet coloniale et beaucoup d'enseignants en ont été les instruments, à leur insu ou conscients. D'autres, plus nombreux, se sont confrontés au nom des principes fondateurs de la République, aux dénis de droits, à l'injustice et aux atteintes à la dignité humaine. Leur action en Algérie coloniale n'a de pendant que la discrétion de leur retrait ces dernières années face aux bruits et fureurs soulevés ici et là par un revivalisme des mémoires coloniales.
    Adossées à une analyse historique, les mémoires et les expériences de ces enseignants illustrent leurs engagements, aussi bien dans la situation coloniale, où ils ont voulu pour certains être des passerelles entre les communautés clivées, que dans l'Algérie indépendante où nombre d'entre eux ont participé à la socialisation de la jeunesse algérienne et soutenu la construction du jeune État-nation algérien.

  • L'auteur décrit les événements et situations après la révolte des jeunes de 1988 qui a abouti à un multipartisme de façade. Guerre civile sans nom, coup de force de janvier 1992 laissent la place ensuite à l'instauration d'une période transitoire illimitée et à une instabilité qui ne fait que délégitimer le régime en place. L'auteur dresse un bilan pessimiste. Selon lui, l'Algérie n'est pas prête de se relever, à moins d'un projet de société progressiste et moderne clairement défini.

  • A travers son parcours de lycéen sensibilisé aux luttes de la décolonisation, puis de militant et responsable syndical, l'auteur reconstitue l'histoire de la mobilisation de l'UNEF contre la guerre d'Algérie, de 1955 à 1962. Le syndicat étudiant, par ses prises de position, son appel à la première grande manifestation populaire en octobre 1960, son dialogue avec l'UGEMA (l'union étudiante participant de l'action du FLN), a été sans conteste l'organisation de masse la plus déterminée dans le combat pour le droit à l'indépendance du peuple algérien.

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