• Si l'oeuvre éblouit, l'homme était détestable. Charles Baudelaire ne respectait rien, ne supportait aucune obligation envers qui que ce soit, déversait sur tous ceux qui l'approchaient les pires insanités. Drogué jusqu'à la moelle, dandy halluciné, il n'eut jamais d'autre ambition que de saisir cette beauté qui lui ravageait la tête et de la transmettre grâce à la poésie. Dans ses vers qu'il travaillait sans relâche, il a voulu réunir dans une même musique l'ignoble et le sublime. Il a écrit cent poèmes qu'il a jetés à la face de l'humanité. Cent fleurs du mal qui ont changé le destin de la poésie française.

  • Qui ignore aujourd'hui Virginia Woolf  ? La beauté anxieuse de son visage, les tragédies de son enfance, sa mélancolie suicidaire, ses appréhensions sexuelles, sa liaison tumultueuse avec Vita Sackville West et sa défense de la cause des femmes  ? Au cinéma comme au théâtre sont exposés avec complaisance ses frustrations d'adolescente et ses combats contre l'autorité masculine, ses crises de dépression et sa noyade dans la rivière Ouse. Les féministes ont fait d'elle une icône, et les psychiatres diagnostiqué sa maladie. Or aucun de ces arrêts sur image ne donne la clef d'une imaginative qui s'est refusée à aggraver le malheur, à laisser le dernier mot à la mort.
    Dans cet essai aux multiples entrées, Henriette Levillain rend à l'oeuvre romanesque son autonomie au regard des confidences de la femme en souffrance. Les personnages de Virginia Woolf ne sont pas des reflets mais des créatures auxquelles elle donne le pouvoir de relier ce que la vie ne cesse de séparer, les corps comme les consciences.
    «  Beauté  », «  Féministe  », «  Marcheuse  » ou «  Poète  », autant de fenêtres ouvertes sur les secrets d'une artiste qui, malgré son drame intime, savait enchanter le quotidien.
     
    Henriette Levillain, professeur émérite à Paris-Sorbonne. Auteur de nombreux ouvrages et articles parmi lesquels  Saint-John Perse  (Fayard, 2013, Grand Prix de la biographie littéraire de l'Académie française), elle a plus récemment publié  Yourcenar. Carte d'identité  (Fayard, 2016) et codirigé avec Catherine Mayaux le  Dictionnaire Saint-John Perse  (H.  Champion, 2019).

  • Elles sont trois sœurs : Madeleine, Denise et Simone Jacob, rescapées des camps de la mort. Madeleine, dite Milou, et Simone déportées avec leur mère Yvonne parce que juives à Auschwitz et à Bergen-Belsen ; Denise, à Ravensbrück. Rapatriées en mai 1945, Milou et Simone apprennent à Denise, déjà rentrée, que leur mère est morte d'épuisement. De leur père, André, et de leur frère Jean, elles espèrent des nouvelles. Déportés en Lituanie, ils ne reviendront jamais.
    Pour les sœurs Jacob, le retour est tragique. À la Libération, on fête les résistants, mais qui a envie d'écouter le récit des survivants ? Milou et Simone ne rencontrent qu'indifférence, incompréhension et gêne, alors elles se taisent. Mais, peu à peu, la vie reprend ses droits. Les jeunes femmes semblent heureuses quand, en 1952, Milou meurt dans un accident de voiture. Denise et Simone restent les deux seules survivantes d'une famille décimée. Plus que jamais inséparables.
    Dans ce récit poignant, Dominique Missika éclaire la jeunesse des filles Jacob, toutes trois si belles et si vaillantes, et raconte ce qui a souvent été tu : la difficulté de certains déportés à trouver une place dans la France de l'après-guerre. À partir de ses souvenirs personnels et d'archives inédites, l'auteure, qui a été proche de Simone Veil devenue une icône républicaine, et de Denise Vernay, combattante inlassable de la mémoire de la Résistance et de la déportation, dévoile ici un pan intime et méconnu de l'histoire de ces sœurs admirables.
    Dominique Missika est historienne. Elle a publié plusieurs ouvrages sur la France sous l'Occupation, dont L'Institutrice d'Izieu (Seuil, 2014).

  • Paula Modersohn-Becker voulait peindre et c'est tout. Elle était amie avec Rilke. Elle n'aimait pas tellement être mariée. Elle aimait le riz au lait, la compote de pommes, marcher dans la lande, Gauguin, Cézanne, les bains de mer, être nue au soleil, lire plutôt que gagner sa vie, et Paris. Elle voulait peut-être un enfant - sur ce point ses journaux et ses lettres sont ambigus. Elle a existé en vrai, de 1876 à 1907.

  • « Wright, Ellison, Baldwin : trois êtres aux veines irriguées par le sang de l'Afrique, trois maîtres du Verbe qui vont secouer l'Amérique en témoignant de leurs parcours, désireux de faire entendre leur révolte et de revendiquer leurs qualités de penseurs, d'écrivains, de militants. Trois hommes de couleur qui haranguent, qui publient pour se libérer d'un sentiment d'injustice et de peur, et qui portent les cicatrices de leurs rapports tendus avec l'Amérique blanche, dans le Sud comme dans le Nord. »Entremêlant le destin de ces trois écrivains noirs américains de premier plan, dont les vies couvrent l'intégralité du XXe siècle, Liliane Kerjan, spécialiste de littérature américaine, réalise un triptyque aux couleurs fortes et brosse le portrait d'une Amérique tourmentée qui n'a toujours pas réussi à guérir des blessures héritées du temps de l'esclavage. Alors qu'aujourd'hui le pays tout entier s'embrase face à l'injustice et aux violences policières endémiques qui se multiplient à l'encontre des Noirs, ce livre fait résonner de manière inédite les mots de trois figures majeures de la littérature et du combat pour l'égalité de tous, porteurs d'un grand rêve inachevé.

  • Jours anciens

    Michel Winock

    "En avançant dans notre obscur voyage", comme dit le vers de Lamartine, le temps transforme nos paysages familiers, si bien qu'à la longue on finit par se demander ce qui reste de nos jours anciens. Le vent des années siffle sur nos vies. Tout change, tout se métamorphose et nos souvenirs en miettes deviennent les traces d'un autre monde. C'est cet écart entre aujourd'hui et le monde d'hier que j'ai voulu franchir.
    Ce livre s'ouvre sur une époque quasi oubliée, comme un village submergé par la construction d'un barrage. Je ne relate pas mes jeunes années dans l'illusion d'un paradis perdu. Je ne veux donner ici ni à admirer un autrefois qui n'est plus ni à en réprouver les travers.
    J'invite simplement à la découverte d'un passé disparu mais qui nous parle encore.
    Le temps de mon enfance et de mon adolescence c'est celui de l'après-guerre et de la IVe République, les années précédant tout juste les "Trente Glorieuses". Des fils qui traversent ce récit on pourrait retenir la méritocratie scolaire et le rayonnement de l'héritage républicain, des moeurs surannées, la prégnance encore de la religion, l'optimisme et l'énergie d'une génération issue de la Seconde Guerre mondiale et, pour moi, une précoce passion politique.
    Sans vouloir rien démontrer, j'ai raclé mon violon sur mes photos sépia.
    Michel Winock

  • « Avec sa forte carrure, sa bonne bouille de Pierrot lunaire et son accoutrement hétéroclite de provincial monté à Paris, Antoine ne passait pas inaperçu ; mais la distinction naturelle d'Henry, ses allures à la fois libres et policées, son profil racé et son sourire mi-charmeur, mi-moqueur avaient peut-être également attiré l'attention d'Antoine. En tout cas, lorsqu'un mauvais coucheur s'en était pris à Henry, tous ses amis parisiens s'étaient volatilisés - seul Antoine lui était venu en aide, faisant aussitôt battre en retraite le fâcheux. »

    La guerre était finie et ils n'avaient pas combattu. Tous deux détestaient la routine, la médiocrité et la grisaille des adultes. Ils voulaient toucher le ciel. Leurs caractères étaient opposés et leurs brouilles violentes; ils étaient les meilleurs amis du monde.
    Antoine n'aimait que les avions, mais se traînait de déconvenue amère en échec cuisant. Pour Henry, tout était facile. En quelques mois, il devint l'un des alpinistes les plus brillants de sa génération. Après une série d'exploits retentissants dans les Alpes, il comptait bien être le premier à conquérir, dans l'Himalaya, un sommet dépassant 8 000 mètres. Mais rien ne se passe jamais comme prévu...

  • C'est au chevet d'un Marcel Proust mourant que s'affirme la vocation littéraire de Paul Morand ; et c'est dans le vacarme d'une modernité incarnée par Jean Cocteau qu'elle va s'épanouir. Ce rejeton de la bourgeoisie parisienne, éclairée, artiste, aura connu les astres de la bohème comme de l'élite républicaine ; deux mondes étanches qui vont former sa personnalité et dessiner sa double carrière de diplomate et d'écrivain.
    D'emblée, dans ses nouvelles et ses romans, Morand épouse les prouesses de son siècle en rompant avec un monde englouti à jamais par la Guerre. Il roule vite, il vole loin. La Terre a rétréci et il le fait savoir. L'écrivain au style étincelant, classique mais si reconnaissable, fait découvrir aux Français la magie de l'ailleurs. Sous de fausses allures de dilettante, cet amateur de sport et de jolies femmes trouve le temps d'écrire une oeuvre très ample qui ne s'arrêtera qu'à sa mort.
    S'il n'a jamais été fâché avec la géographie, Morand l'aura parfois été avec l'histoire. En 1940, il choisit Vichy alors qu'il est en poste à Londres. Sa proximité avec les rouages de la Collaboration et sa fidélité indéfectible à Pierre Laval lui vaudront, la guerre finie, des années d'opprobre, d'exil et de solitude, Cest à travers ses publications posthumes qu'apparaît au grand jour un antisémitisme longtemps occulté. La lecture d'archives jusqu'ici inaccessibles, journaux intimes, correspondances inédites, a permis à l'auteur de cette biographie, la première depuis un quart de siècle, de signer le portrait d'un Morand à tant d'égards méconnu. Cette existence, faite de trajectoires superposées, trouve enfin ses ressorts et sa vérité.

  • Le colonel Olrik  !
    Et si derrière le sombre personnage crée par Edgar P. Jacobs, archétype de l'aventurier cruel et sans scrupule, se cachait un vrai criminel  ?
    Hubert et Laurent Védrine sont partis sur cette piste et ont reconstitué, non sans mal, la vie du véritable Olrik et ses singulières péripéties tout au long du XXe siècle. Les auteurs nous livrent ici le résultat de cette stupéfiante enquête qui mêle soif de pouvoir, aventures et trahisons.
     
    Hubert Védrine, quatorze ans à l'Elysée, cinq ans ministre des Affaires étrangères, fan de BD, de Ligne claire, d'Edgar. P. Jacobs, est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages.
    Laurent Védrine est réalisateur et journaliste, apiculteur urbain, vélosophe auteur de films documentaires et de programmes radiophoniques.

  • Montaigne

    Stefan Zweig

    En 1941, alors qu'en Europe la guerre et les nationalismes font des ravages, Stefan Zweig, exilé au Brésil, trouve en Montaigne un « ami indispensable », dont les préceptes de tempérance et de modération lui paraissent plus que jamais nécessaires. Selon Zweig, « pour que nous puissions appréhender l'art et la sagesse de vivre de Montaigne [...] il fallait que survienne une situation similaire à celle qu'il avait connue. »
    De son propre aveu, Zweig n'était pas à même d'apprécier pleinement le génie de Montaigne lorsqu'il le découvrit à vingt ans. C'est en les relisant à travers le prisme de l'expérience qu'il mesure véritablement tous les enjeux des Essais. Laissant parler son admiration pour l'auteur, il en dresse une biographie émue et passionnante, dans laquelle il livre, en creux, son propre portrait à la veille de sa mort.Préface d'Olivier Philipponnat.Traduit de l'allemand par Corinna Gepner.

  • Le 13 février 1936, la voiture de Léon Blum est attaquée par des nationalistes d'extrême droite à sa sortie de la Chambre des députés. « À mort Blum ! » hurle la foule. Il est roué de coups et n'évite le lynchage que grâce à l'intervention de la police et de passants qui ont accouru. Trois mois plus tard, la France se donne, en toute connaissance de cause, un président du Conseil juif et socialiste. On est là au coeur de la grandeur et du mystère français.

    À celui-ci s'ajoute un mystère Léon Blum. Comment ce jeune homme délicat, ami de Proust et de Gide, qui ne rêvait que de littérature, s'est-il transfiguré en leader politique, héritier et successeur de Jaurès, faisant face à Lénine au faîte de sa puissance, et se préparant à l'impensable exercice socialiste du pouvoir ?

    Frédéric Salat-Baroux offre un portrait inédit et passionnant, tout à la fois psychologique, intellectuel et politique, du grand homme d'État. Il replace son parcours dans celui d'une génération de juifs européens, entre littérature et socialisme, et éclaire cette passion juive pour la France, dont Léon Blum est le plus brillant et le plus émouvant représentant.

    À travers le récit de ces années d'apprentissage fondatrices, c'est un tableau de cette « Belle Époque » si mal nommée que dresse l'auteur. Une Belle Époque qui aura été le ferment des tragédies du XXe siècle.

  • La splendeur des Brunhoff

    Yseult Williams

    • Fayard
    • 10 Octobre 2018

    Des Brunhoff, l'histoire a surtout retenu deux noms  : celui de Jean, le génial créateur de  Babar dans les années  1930, et celui de son fils, Laurent, qui fera du roi des éléphants un des personnages les plus célèbres de la littérature enfantine.Si Jean se tenait hors du tumulte du monde, il en allait tout autrement pour les autres membres d'une famille qui a marqué son temps. Son frère Michel et son beau-frère Lucien Vogel furent à la pointe dans la presse, l'édition, la mode, la photographie ou encore l'art moderne. Ces éditeurs de génie ont créé les premières revues de mode au croisement de tous les arts  :  La Gazette du bon ton,  Le Jardin des modes,  Vogue  - dont Cosette, l'épouse de Lucien, sera la première rédactrice en chef - mais aussi  Vu, l'illustre magazine de photoreportage, le premier à publier des photographies de camps de concentration. Guillaume Apollinaire, Pablo Picasso, Lee Miller, Salvador Dalí, Robert Capa, Jean Cocteau et tant d'autres ont tous participé, à un moment de leur carrière, à ces revues.Innovants dans les arts, les Brunhoff furent aux avant-postes de la lutte contre le fascisme durant toute la tragédie européenne, à l'image de Marie-Claude Vogel, future Vaillant-Couturier, héroïne bouleversante de la Résistance. De la Belle Époque jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, la famille de  Babar  a traversé les tempêtes avec le panache des grands explorateurs de notre temps.Pour écrire la saga inouïe de cette famille de talent, Yseult Williams a eu accès à des archives familiales inédites et s'est entretenue notamment avec Marion de Brunhoff, la fille de Michel, avec Mathieu, le fils de Jean, et avec Thomas Ginsburger, le fils de Marie-Claude Vaillant-Couturier.

  • Août 1914, il n'y a plus d'hommes à Paris. Les femmes s'organisent. Dans une jolie maison, à l'orée du bois de Boulogne, Colette, la romancière, la journaliste célèbre, fait venir ses amies les plus proches. Toutes appartiennent au monde de la littérature et du spectacle. Il y a Marguerite Moreno, la comédienne. Annie de Pène, la chroniqueuse et « presque soeur ». Musidora dite Musi, bientôt la première vamp du cinéma... Ces quatre femmes libres s'inventent une vie tendre, pleine de rêves et de douceur : les cheveux courts et sans corsets, elles n'oublient pas le ciel de Paris où passent les dirigeables, ni leur travail, ni les hommes. Elles vont vers l'être aimé, quel qu'il soit. Au coeur de l'histoire, sanglante et sauvage, elles affirment leur personnalité, leur tendresse et leur insoumission. Avec sensualité et talent, Dominique Bona raconte les passions de ces femmes libres, qui resteront amies jusqu'à la mort.

  • " Je me suis trouvé un jour au théâtre, dans une salle, puis sur la scène : je m'en étonne encore moi-même. Cet étonnement ne me gêne pas, il me plaît et me satisfait. Le plus estimable, le plus heureux dans la vie est de s'étonner. "

    Louis Jouvet (1887-1951) se tourne vers le théâtre autour de ses vingt ans, jouant des mélodrames ou de petits rôles avant de rencontrer Jacques Copeau, qui en fait son plus proche collaborateur au Vieux-Colombier. Ensuite, à la Comédie des Champs-Élysées puis à l'Athénée, il montera Jules Romains, Marcel Achard, Jean Cocteau et surtout Jean Giraudoux, développant une remarquable science de la mise en scène, qu'il mettra aussi au service de Molière. Professeur au Conservatoire, il se passionnera pour l'enseignement et la réflexion sur son métier.
    Enfin, au cinéma, il jouera dans une trentaine de films, dont plusieurs deviendront des classiques : Knock, La Kermesse héroïque, Drôle de drame, Hôtel du Nord, Entrée des artistes, Quai des Orfèvres.
    C'est donc le récit d'une aventure artistique exceptionnelle que nous propose cette biographie.

  • Pour l'anniversaire des cinquante ans de sa disparition, l'auteur revisite la vie et le parcours du général de Gaulle (1890-1970) à la lumière du XXIe siècle. Il montre ainsi comment l'homme d'Etat a façonné la France même après sa mort par ses prises de décision et sa clairvoyance quant au futur du pays.

  • 1914. Mobilisation générale. La France est en guerre. Le Polonais Apollinaire fait sa demande de naturalisation pour s'engager auprès des soldats français. L'offensive allemande menace Paris et en attendant l'issue de ses démarches administratives, Apollinaire part pour Nice où résident plusieurs de ses amis. Là, il fait la connaissance d'une jeune femme qui, dès l'abord, le fascine. Elle s'appelle Louise de Coligny-Châtillon. Pour lui, elle sera Lou. Dès lors, de Nice où ils se sont rencontrés, puis de Nîmes où il a rejoint le 38e régiment d'artillerie et enfin du front où il s'est porté volontaire, Apollinaire se lance dans une folle correspondance. Ces lettres témoignent de son amour pour Lou. Un amour passionné et fulgurant. Gérard Desarthe donne vie à cette magnifique correspondance. Avec une force et une énergie captivantes, il retranscrit avec justesse et émotion le caractère entier d'Apollinaire, passant de la confiance et de l'enthousiasme à l'abattement total. Instants magiques et troublants. Gérard Desarthe est Apollinaire !

  • De l'ardeur reconstitue le portrait de Razan Zaitouneh, figure de la dissidence syrienne enlevée en décembre 2013, avec trois de ses compagnons de lutte - et à travers elle, le puzzle éclaté de la révolution en Syrie, et du crime permanent qu'est devenu ce pays. C'est le récit d'une enquête et d'une obsession intime, le partage d'un vertige. Une porte d'entrée sur une réalité que l'immédiateté de la tragédie tient paradoxalement à distance. Un questionnement sur l'engagement et sur l'importance du langage. Un texte urgent, nécessaire, d'une justesse et d'une éthique proprement bouleversantes.
     

  • Pionnier dans la réflexion pour une agriculture raisonnable et durable, Marcel Mézy a créé il y a plus de trente-cinq ans un procédé de fertilisation employé aujourd'hui par plus de 10 000 agriculteurs ayant décidé de sortir de la spirale du chimique. Il a passé sa vie à lutter pour redonner vie à la terre et qu'on arrête d'y déverser tous ces intrants chimiques qui la tuent doucement mais sûrement. Aujourd'hui reconnu, Patrick Le Roux nous raconte le parcours de cet autodidacte visionnaire.

  • Janet

    Michèle Fitoussi

    L'histoire de Janet Flanner est indissociable de celle du New Yorker, dont elle fut la correspondante à Paris pendant un demi-siècle.
    Féministe, pacifiste, gay, séductrice, brillante styliste à l'humour mordant, cette Américaine fut une figure du Paris intellectuel et artistique d'après-guerre. Dès les années trente, elle perçut la menace totalitaire. Chroniqueuse de la vie parisienne, elle s'improvisa alors journaliste politique et enquêtrice, et parcourut l'Europe pour témoigner de son temps - Hitler, Pétain, Nuremberg, le maccarthysme, Matisse, Braque, Malraux, De Gaulle comptent parmi ses reportages et portraits les plus marquants.
    Pour la première fois, Michèle Fitoussi fait revivre celle qui, bien avant Truman Capote, Tom Wolfe ou Gay Talese, inventa le journalisme littéraire, mais qui n'accéda à la célébrité qu'à la fin de sa vie, lorsque le National Book Award la couronna.
    Cette biographie qui se lit comme un roman, et où l'on croise Ernest Hemingway, Nancy Cunard, Sylvia Beach, Natalie Barney ou encore Gertrud Stein, nous transporte d'Indianapolis à Orgeval, du Paris de la lost generation à l'Amérique du New Yorker, sur les traces d'une femme résolument libre, qui voulait être la voyageuse de son siècle.

  • Nul doute que, en nos temps troublés, les idées d'Ivan Illich vont prendre un nouveau relief. Il y eut deux avertissements solennels en 1970 pour dévoiler cette course folle entraînant l'humanité vers le pire : le rapport Meadows sur la dégradation extérieure de la planète, et celui d'Ivan Illich dénonçant la dégradation intérieure de notre civilisation.

    J'avais, moi-même, dans les années 70, été frappé par sa manière toute nouvelle de transgresser les idées reçues sur l'école, l'hôpital, les transports, pour mieux nous prévenir de leurs contre-effets, lesquels me sont apparus de plus en plus avérés. Alors que la société industrielle et consumériste avait trouvé son rythme, il fallait en effet quelque audace pour prévenir des effets pervers de la croissance et du pillage de la planète. On se souviendra aussi qu'on lui doit d'avoir prôné le mot « convivialité », si peu usité à l'époque. Ce n'est donc que justice d'exhumer son oeuvre et son destin en consacrant à Ivan Illich ce récit biographique inédit.

    J'en suis d'autant plus heureux que l'occasion m'avait été donnée de permettre à mon ami Jean-Michel Djian, à l'époque rédacteur en chef du Monde de l'Éducation, de rencontrer l'auteur d'Une société sans école, en 1999, à Cuernavaca. Ensemble, nous avions, cette année-là et pour longtemps, créé le prix Le Monde de la recherche universitaire pour justement sortir des sentiers battus de la pensée et primer des thèses dépassant les clôtures disciplinaires.

    Nous devons, en effet, comprendre une fois pour toutes qu'il nous faut relier les savoirs et la connaissance pour penser une nouvelle voie, mais aussi abandonner le mythe de l'homme maître de son destin et de la nature pour, ensemble, l'explorer.

  • Jackie et lee

    Stéphanie des Horts

    Deux soeurs. Un destin.Américaines. Chic. Glamour. Deux soeurs intelligentes et belles. La première aura tout, la seconde en rêvera. La première épouse un président et s'érige en symbole. La seconde s'unit à un prince sans fortune et sans gloire.Jackie et Lee Bouvier entrent dans la légende. Leurs amants s'appellent Gianni Agnelli ou Aristote Onassis. Elles fréquentent Cecil Beaton, Andy Warhol, Mick Jagger. Elles lancent les Hamptons, font vibrer Palm Beach. Sur la côte amalfitaine, Benno Graziani shoote à tout va pour Paris Match, c'est la dolce vita... Et soudain, le drame : Dallas, 22 novembre 1963.  Jackie va enfin faire profil bas, songe Lee. Elle se trompe, Jackie se prend pour le soleil et Lee marche dans l'ombre de son aînée.De l'Inde de Nehru à la Ve avenue, du bal Noir et Blanc de Truman Capote aux pontons de Martha's Vineyard, Jackie Kennedy et Lee Radziwill s'affrontent à coups de secrets inavouables, de serments bafoués et de testaments que l'on préférerait oublier. Alors, les soeurs Bouvier, des filles infréquentables ou les dernières princesses de l'Amérique ? Après La Panthère, Pamela et Les Soeurs Livanos, Stéphanie des Horts nous entraîne au coeur du clan Kennedy, dans le secret d'une relation ambivalente, entre passions, orgueil et jalousie.

  • LE PREMIER ACTE LITTÉRAIRE D'UN GRAND ÉCRIVAIN « Voici enfin paru en version française, précédée d'une lumineuse préface, le premier essai biographique du jeune Zweig. » Huffington Post « Stefan Zweig avait de l'admiration pour l'oeuvre de poésie, pour l'art de Verlaine, beaucoup moins pour la personnalité de celui-ci. » Le Figaro « Les inédits de Stefan Zweig ne sont jamais un échec » 20 minutes La France et la poésie, premières amours de Stefan Zweig. Zweig a 18 ans lorsqu'il écrit à l'éditeur français du poète pour l'autoriser à traduire Les Confessions. Dès son premier séjour à Paris, en 1902, il se fera un devoir d'absorber un verre d'absinthe au café Vachette, où Verlaine avait ses habitudes. Le luxueux petit ouvrage, suivi de traductions de poèmes parmi les plus emblématiques de Verlaine, paraîtra en novembre 1904, illustré de documents inédits reproduits dans la présente édition. Stefan ZWEIG (1881-1942) est l'auteur d'une oeuvre colossale. Citons Amok, La Confusion des sentiments, La Pitié dangereuse, Vingt-quatre heures de la vie d'une femme.

  • Mon nom est Selma

    Selma Van De Perre

    • Alisio
    • 12 Janvier 2021

    « Ma chère Gretchen, Suis avec douze autres personnes dans un wagon à bestiaux, à Vught. Destination probable, Sachsenhausen ou Ravensbrück. Tiens bon. C'est ce que je fais moi aussi. Même si j'aimerais que ce cauchemar prenne fin. Je vais jeter ce message du train, par une fente dans la paroi. Au revoir mes chéries. Baisers, Marga »

    Amsterdam, 1940.

    Selma van de Perre a dix-sept ans lorsque la Seconde Guerre mondiale s'abat sur les Pays-Bas et que son existence d'adolescente juive bascule brutalement. Elle échappe de justesse aux camps de travail et décide très vite de rejoindre la Résistance sous le pseudonyme de Margareta van der Kuit. Durant deux ans, « Marga » risque tout. Munie d'une fausse carte d'identité qui lui permet de se faire passer pour Aryenne, elle sillonne le pays et fait « ce qui doit être fait ». Jusqu'à la trahison, en juillet 1944.
    Déportée à Ravensbrück, elle connaît la peur, le froid, l'horreur. Mais elle survit grâce à son pseudonyme et son statut de déportée politique, car personne ne sait qu'elle est juive. Il faudra attendre la fin de la guerre pour qu'elle ose se réapproprier son identité et à nouveau dire : « Mon nom est Selma ».

    Aujourd'hui âgée de 98 ans, Selma van de Perre nous livre le témoignage fascinant d'une vie de combat et de résilience.

    Biographie de l'auteure :
    Membre active de la Résistance néerlandaise durant la Seconde Guerre mondiale, Selma van de Perre rejoint Londres à la fin de la guerre où elle travaille pour la BBC et officie également comme correspondante pour des télévisions néerlandaises. En 1983, elle reçoit la Croix commémorative de la Résistance néerlandaise. Elle est aujourd'hui l'une des dernières survivantes de Ravensbrück.

  • C'est l'histoire vraie d'une jeune Anglaise romantique installée à Paris autour des années 1830, qui rencontre Victor Hugodéjàcélèbre, puis sympathise et flirte sur la plage de Trouville avec un inconnu nommé Gustave Flaubert. Plus tard, elle continue à correspondre avec l'auteur de  Madame Bovary,  qui multiplie à son égard, pendant près de quarante ans, les signes de son «inaltérable affection», et elle retrouve Victor Hugo à Guernesey en 1862, l'année du triomphe des  Misérables.
    Gertrude Tennant (1819-1918) raconte Flaubert et Hugo comme elle les a vus?: le premier jeune, sauvage, beau, méprisant les convenances, adorant sa mère et sa soeur, passionné par la littérature, l'art et la beauté?; le second adulé par son entourage, attentif à son image, poli et froid à Paris, puis transfiguré par l'exil, séduisant, original, imprévisible, bienveillant avec les enfants, s'enflammant dans les discussions littéraires et politiques.
    De sa proximité avec ces deux génies témoignent ses lettres et les souvenirs  écritssur ses vieux jours, alors qu'elle reçoit chaque semaine le Tout-Londres dans son salon. Conservés dans une malle et un grenier, ils sont ici édités ensemble pour la première fois.
    On s'amuse du regard porté par la pieuse et royaliste Anglaise sur la famille Flaubert incroyante et sur les proscrits républicains. Le lecteur, émerveillé de déambuler avec elle dans le Paris romantique peuplé d'originaux, invité dans les cercles de Flaubert et Hugo dont elle brosse une brillante galerie de portraits, ne peut manquer de sympathiser avec cette aventureuse, spirituelle, irrésistible et généreuse Anglaise amoureuse de l'île et du continent.
    Un trésor inestimable pour l'histoire littéraire. Une machine à remonter le temps.

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