• Nu avec Picasso

    Enki Bilal

    • Stock
    • 10 Juin 2020

    Quelle est cette main inconnue et surpuissante qui attrape Enki Bilal au beau milieu de la nuit et le projette sur un lit de camp ?
    Quel est ce lieu mystérieux et hanté dans lequel il a atterri ?
    Qui sont ces créatures, minotaure, cheval ou humains déformés, que l'artiste rencontre en essayant de trouver son chemin dans ce labyrinthe sombre et inquiétant ?
    Que lui veulent-elles ? Et dans quel état sortira-t-il de cette incroyable nuit ?
    Dans une déambulation hallucinée, Enki Bilal croise tant les personnages de Picasso, ses muses, ses modèles, que le grand maître lui-même et Goya, son idole. Son errance dans les couloirs du Musée Picasso prend la forme d'une rêverie éveillée qui nous fait toucher du doigt l'oeuvre du peintre espagnol d'une façon sensorielle et envoûtante, pour aboutir en épiphanie à la présentation de Guernica, la grande toile du maître.

  • De la couleur

    Claude Romano

    Les couleurs existent-elles dans les choses ou n'ont-elles deréalité que dans notre regard ? Sont-elles matière ou idée ? Entretiennent-elles les unes avec les autres des rapports nécessaires ou sont-elles seulement connues de manière empirique ? Y a-t-il une logique de notre monde chromatique ? Pour répondre à ces questions, Claude Romano convoque l'optique, la physique, les neurosciences, la philosophie et la peinture.
    En retraversant certaines étapes décisives de la réflexion sur ces problèmes (de Descartes à Newton, de Goethe à Wittgenstein, de Schopenhauer à Merleau-Ponty), il développe une conception réaliste qui replace le phénomène de la couleur dans le monde de la vie et le conçoit comme mettant en jeu notre rapport à l'être en totalité : perceptif, émotionnel et esthétique. L'auteur fait ainsi dialoguer la réflexion théorique et la pratique artistique. C'est parce que la couleur touche à l'être même des choses, en révèle l'épaisseur sensible, que la peinture, qui fait d'elle son élément, est une opération de dévoilement.

  • Primitivismes II ; une guerre moderne Nouv.

    Primitivismes, une invention moderne cherchait à montrer comment et pourquoi l'Europe, à la fin du XIXe siècle, fait du primitif une idée essentielle : au temps de l'expansion coloniale et de la naissance de l'anthropologie, ce primitif s'incarne dans les « sauvages », les fous, les préhistoriques et les enfants. Primitivismes II, une guerre moderne continue l'étude des fondements et des usages de la notion jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Trois thèmes s'y tressent.Les arts d'Afrique, d'abord : ceux-ci, après avoir brièvement participé à l'histoire des avant-gardes avec Apollinaire et Picasso, sont captés dans l'entre-deux-guerres par la mode nègre qui se développe en accord avec le discours colonialiste et raciste. Elle les réduit à l'état d'objets décoratifs, sinon publicitaires. Le refus de cette appropriation, ensuite : par ses écrits, ses revues et ses actes, le surréalisme oppose l'Océanie telle qu'il la rêve à ce trop bel art nègre. Dans le même mouvement, il construit une autre histoire et une autre géographie de la création. Celles-ci donnent aux cultures amérindiennes, du Nouveau-Mexique à l'Alaska, à la préhistoire et aux peuples « barbares » anciens, la place qui leur était refusée. Cette contre-culture s'oppose au récit habituel qui veut que la Grèce soit le berceau de la civilisation. Le néo-classicisme s'imposant comme le style des totalitarismes soviétique et nazi, l'affrontement est donc idéologique et politique autant que culturel. Ainsi apparaît la notion de guerre, qui donne son sous-titre au présent volume. Quand Dada fait scandale par le grotesque et le rudimentaire, il se déclare l'adversaire des sociétés occidentales si développées, coupables des carnages de la Première Guerre mondiale. Le surréalisme, à sa suite, attaque l'ordre du monde occidental - rationnel, standardisé, obsédé par le progrès et le profit - et veut susciter ou ressusciter le temps de la poésie, de la magie et de la liberté naturelles.

  • Le 3 juin 1959, Yves Klein donne une conférence à la Sorbonne : "L'évolution de l'art vers l'immatériel". Porte d'entrée idéale vers son oeuvre et sa biographie, ce texte révèle les motifs constitutifs de son oeuvre: le rituel, la couleur, le vide, le judo, le ciel et le feu... Au-delà de la provocation et la performance, il élabore une théorie autant poétique que spirituelle d'un art sans limites, à l'instar du travail d'un John Cage sur le silence.
    Nombre des pistes esquissées ici aboutiront dans les années suivantes. Yves Klein élaborera par exemple une Architecture de l'air, ou encore délivrera des reçus aux acquéreurs d'oeuvres immatérielles. Avant de mourir, il confie à un ami : "Je vais entrer dans le plus grand atelier du monde. Et je n'y ferai que des oeuvres immatérielles."

    Yves Klein (1928-1962) est un artiste français. En 1957, il met au point le "bleu Klein", signature de ses monochromes. En 1958, il expérimente sa technique emblématique du "pinceau vivant" : une femme au corps enduit de peinture qu'elle applique sur la toile. Dès lors, Klein s'évertue à s'affranchir de la ligne et du dessin. Il a une première crise cardiaque en 1962, après avoir assisté à la projection de Mondo Cane, dans lequel son travail est tourné en dérision. Il meurt le 6 juin 1962.

  • L'OEuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique annonce, dès son titre, le tournant opéré par la modernité : Benjamin montre dans cet essai lumineux que l'avènement de la photographie, puis du cinéma, n'est pas l'apparition d'une simple technique nouvelle, mais qu'il bouleverse de fond en comble le statut de l'oeuvre d'art, en lui ôtant ce que Benjamin nomme son "aura". L'auteur met au jour les conséquences immenses de cette révolution, bien au-delà de la sphère artistique, dans tout le champ social et politique. Un texte fondamental, dont les échos ne cessent de se prolonger dans les réflexions contemporaines.

    1 autre édition :

  • Les chevaux d'Hitler ; l'incroyable traque du dernier trésor du Troisième Reich Nouv.

    Berlin, 1945. Dans les jardins bombardés de la Chancellerie d'Hitler, les deux chevaux de bronze réalisés par Josef Thorak,  l'un des sculpteurs officiels du Reich, ont disparu.  On les pense détruits. Aucune trace nulle part.
    Amsterdam, 2013. Mandaté pour retrouver ces sculptures qui,  selon un courtier d'art, existeraient encore, Arthur Brand commence  une longue enquête à travers l'Italie, l'Allemagne et la Belgique.  Au cours de ses recherches, il rencontre dirigeants d'organisations louches, anciens nazis, anciens membres du KGB et de la Stasi, néo-nazis, etc. Tous semblent impliqués dans le trafic d'art nazi.
    Ce livre raconte quel stratagème il a imaginé pour faire interpeller  des collectionneurs et marchands plus ou moins véreux  et pour retrouver, quasiment intactes, plusieurs sculptures majeures  du Reich censées détruites à jamais...

  • En 1657, Nicolas Poussin peint une
    Fuite en Égypte au voyageur couché. La toile disparaît ensuite pendant plusieurs siècles. Dans les années 1980, différentes versions du tableau réapparaissent, de grands experts s'opposent, des laboratoires d'analyse et des tribunaux s'en mêlent et nombreux sont ceux à vouloir authentifier et s'approprier le chef-d'oeuvre.
    De quoi nous parle cette histoire aux allures d'intrigue policière ? Qu'est-ce qui fait la valeur d'une oeuvre d'art ? Et d'où vient cette aura attachée aux créateurs et aux oeuvres ? Bernard Lahire montre que le sacré n'a jamais disparu de notre monde mais que nous ne savons pas le voir. La magie sociale est omniprésente dans l'économie, la politique, le droit, la science ou l'art autant que dans la mythologie ou la religion. C'est cet effet d'enchantement qui transforme une sculpture d'animal en totem, un morceau de métal en monnaie, une eau banale en eau bénite ; et qui fait passer un tableau du statut de simple copie à celui de chef-d'oeuvre.
    Puisant avec érudition dans l'anthropologie, l'histoire et la sociologie, ce livre interroge les socles de croyance sur lesquels nos institutions et nos perceptions reposent. Questionnant radicalement l'art et son ambition émancipatrice, il révèle les formes de domination qui se cachent derrière l'admiration des oeuvres.

  • Ecrit par un non-spécialiste passionné, ce petit livre vif et brillant s'adresse à tous, et entend fournir un manuel de résistance au discours sur l'art contemporain. Ce dernier fonde son emprise sur une vision mythifiée de l'histoire de l'art  : le XXe siècle aurait été avant tout le siècle des avant-gardes, chacune ayant été plus loin que la précédente dans la remise en cause de notions comme la figuration, la beauté, et même l'oeuvre. Or non seulement ces notions anciennes ont continué d'exister dans les arts dits mineurs, mais surtout, il y a eu un autre XXe siècle artistique, une tradition de peinture qui s'est obstinée à représenter la réalité et qui réémerge aujourd'hui, de Bonnard à Balthus, de Morandi à Hopper, de Giacometti à Lucian Freud.
    Cet essai présente cette autre histoire de l'art, dont l'existence infirme le discours, le mythe ... et le marché de l'art contemporain. Cette histoire s'est prolongée secrètement jusqu'à nous  : il y a eu en France, au cours du dernier demi-siècle, de très grands artistes, dont certains sont encore vivants, qui ont continué de représenter le monde et de chercher la beauté. Connus d'un petit milieu de collectionneurs, de critiques, de poètes, mais ignorés des institutions culturelles et du grand public, ces artistes sont les sacrifiés de l'art contemporain, les véritables artistes maudits de notre époque. Comme les artistes maudits de jadis, ce sont eux pourtant qui rendent notre modernité digne d'être aimée et sauvée. Ils sont la gloire de l'art français.

  • « Le romantisme, déclare Baudelaire, est une grâce, céleste ou infernale, à qui nous devons des stigmates éternels. » Ces stigmates sont manifestes dans l'oeuvre de beaucoup des écrivains étudiés par Baudelaire tout au long de ses vingt années de critique militante. Critique militante, en effet, et la part de polémique y est grande. Critique d'actualité aussi, car c'est à propos de ses contemporains que se manifeste surtout le coup d'oeil lucide et prophétique du poète. Son analyse, toujours pénétrante et pleine de verve, parvient à saisir l'importance durable des oeuvres de Wagner, de Flaubert, de Hugo et de Gautier, entre autres artistes.
    Si la valeur d'un critique repose sur son flair, sur son discernement, pour tout dire, sur son jugement, alors Baudelaire critique n'a pas d'égal au XIXe siècle.

  • Baudelaire critique d'art ne cesse jamais d'être poète : « Il m'arrivera souvent, écrit-il, d'apprécier un tableau uniquement par la somme d'idées ou de rêveries qu'il apportera dans mon esprit. » Autrement dit, il décrit comme il flâne, avec une acuité de perception que seule rend
    possible une disponibilité parfaite à l'oeuvre contemplée. C'est à ce titre qu'il encense Delacroix, « peintre essentiellement littéraire », et qu'il raille la ligne dure du dessin d'Ingres. Cette connivence entre peinture et poésie revêt des formes multiples : de la relation classique d'une exposition à la définition de « l'art philosophique », en passant par un éloge en règle du dandysme ou du maquillage, ses écrits sur l'art témoignent d'une pensée toujours mobile,
    insoucieuse des genres et des hiérarchies, fécondée par les correspondances qu'elle décèle.

    Ce volume contient :
    Exposition universelle de 1855 - L'Art philosophique - Salon de 1859 - Le Peintre de la vie moderne - Peintres et aquafortistes - L'OEuvre et la vie d'Eugène Delacroix - Lettre à Manet du 11 mai 1865.

  • L'art contemporain - histoire et geographie Nouv.

    Des objets incongrus, des gestes excentriques, mais aussi des photographies, des vidéos et des peintures de facture traditionnelle, voilà ce qui constitue l'art contemporain. Quelquefois, ces oeuvres étonnent ou choquent. Elles suscitent en même temps la curiosité, au point de s'y perdre un peu. Aussi, pour qui s'aventure dans le monde de l'art, l'auteure de ce livre fournit des repères et suggère quelques pistes de réflexion. Depuis quand l'art « moderne » est-il devenu « contemporain » ? Pourquoi les artistes ont-ils voulu transformer le rapport des spectateurs avec les oeuvres ? Et quand les frontières avec la mode, l'architecture ou même des objets rituels deviennent floues, peut-on encore faire entrer cet art dans une définition ?

    Ce livre révèle en quoi l'art contemporain est avant tout un espace ouvert, une aire de liberté pour penser et agir différemment quand les idéologies et les systèmes philosophiques qui nous guident sont en crise.

  • Jean Cassou disait d'Ortega y Gasset qu'il ne craignait pas la frivolité, voire la recherchait. Ce n'est pas le moindre des paradoxes, quand on lit ce texte-ci, mélange de critique "sérieuse" et de fascination-répulsion pour un art désormais futile aux yeux de l'auteur. Ortega y Gasset s'attaque en effet à une tendance de l'art de l'époque (ce texte est publié pour la première fois en 1925) à éliminer la figure humaine de ses sujets au point de devenir autocritique, voire un jeu entre artistes. Cela conduit à le rendre impopulaire. Dégagé du sérieux et de tout pathos, l'art perd sa transcendance au profit de la superficialité, du divertissement. Il est désormais élitiste, il exclut les masses. Il est le symptôme d'une crise culturelle, qui annonce la décadence d'une société de plus en plus tournée vers le spectacle. En effet, l'art finit par se vider de tout contenu: "Tout comme dans un système de miroirs qui se réfléchissent indéfiniment les uns dans les autres, aucune forme n'est la dernière. Toutes sont moquées et réduites à pure image."

  • John Cage rencontre Marcel Duchamp en 1941. Trente après, il confie les souvenirs qu'il conserve de cet homme aussi simple qu'énigmatique. Et d'abord il salue en lui la beauté de son indifférence. En 1913, Duchamp a composé un Erratum musical de manière aléatoire. Raison pour laquelle John Cage le hisse en précurseur de ses propres recherches. Il rapporte aussi quelques anecdotes, et notamment la rare fois où Duchamp a perdu son sang-froid, lui d'ordinaire si magnanime : une mémorable partie d'échecs, que Cage aurait dû gagner mais qu'il a perdue, mettant Duchamp dans une colère noire. Le compositeur rend aussi compte avec sa simplicité coutumière des grandes problématiques soulevées par Marcel Duchamp, et notamment le rapport entre l'oeuvre et le spectateur, préoccupation partagée entre les deux hommes. Les deux oeuvres s'offrent d'ailleurs l'une l'autre dans un miroir inversé : Cage explique avec une grande clarté avoir voulu développer la dimension physique de l'écoute quand Duchamp voulait réduire cette dimension dans la peinture. Pédago­gique, drôle, émouvant, un témoignage inédit en français sur celui qui "prenait le fait de s'amuser très au sérieux".

  • John Dewey (1859-1952) est un des piliers du "pragmatisme". Au centre de cette tradition, il y a lenquête, cest-à-dire la conviction quaucune question nest a priori étrangère à la discussion et à la justification rationnelle.
    Dewey a porté cette notion denquête le plus loin : à ses yeux, il ny a pas de différence essentielle entre les questions que posent les choix éthiques, moraux ou esthétiques et celles qui ont une signification et une portée plus directement cognitives. Aussi aborde-t-il les questions morales et esthétiques dans un esprit dexpérimentation ce qui tranche considérablement avec la manière dont la philosophie les aborde dordinaire, privilégiant soit la subjectivité et la vie morale, soit les conditions sociales et institutionnelles.
    Dans Lart comme expérience, la préoccupation de Dewey est léducation de lhomme ordinaire. Il développe une vision de lart en société démocratique, qui libère quiconque des mythes intimidants qui font obstacles à lexpérience artistique.

  • Quel est le rapport entre une carafe et une carafe de Chardin ? Entre un arbre et un arbre de Claude Lorrain ? N'est-ce pas là le grand mystère de l'art ? Par la magie de la ressemblance, l'artiste figuratif n'offre pas une reproduction du visible mais un aperçu de l'invisible, d'un monde à la fois reconnaissable et profondément différent. La plus exacte ressemblance transforme ainsi la réalité en une fiction provisoire, attirante et inatteignable. Michael Edwards étudie cette aspiration des artistes à une transcendance, non pas dans une réalité imaginaire mais dans la réalité connue, dans l'oeuvre d'artistes célèbres : Claude Lorrain, Chardin, Blake, Turner, mais présente aussi au lecteur le peintre anglais Stanley Spencer, le sculpteur américain Greg Wyatt, ainsi que deux artistes contemporains insuffisamment reconnus, Claude Garache et Pascale Hémery.

  • Recueil de travaux inédits, de croisements artistiques, d'études historiques et de propositions esthétiques qui convoquent une pensée politique de l'art contemporain, cette anthologie affirme la nécessité de sonder l'articulation entre art et histoire globale, entre art et genre, entre art et corporéités, entre art et décolonialité, à partir de références textuelles, visuelles, performatives et conceptuelles.


    Transnationale, pluridisciplinaire, intersectionnelle, elle témoigne de l'intrication des pratiques théoriques, artistiques et activistes féministes, queers et décoloniales. Composée pour mettre en résonance plusieurs temporalités de la création et de la réflexion, elle présente, ensemble et bout à bout, des textes théoriques, des écrits manifestaires, des scripts et des traces photographiques des oeuvres et des performances : autant d'actions militantes, de pratiques artistiques et de recherches théoriques qui, en transformant profondément les discours sur les identités et en favorisant les recoupements entre leurs diverses facettes - classe, genre, race, orientation sexuelle... - invitent à élaborer des politiques coalitionnelles.


    Avec des contributions de Muriel Andrin, Clélia Barbut, Dalida María Benfield, Rebecca Close, Anne Creissels, Stéphanie Dadour, Katy Deepwell, Fabienne Dumont, María Galindo, Virginie Jourdain, Aurélie Journée-Duez, Melanie Klein, Verónica Lahitte, Dominique Malaquais, Anyely Marín Cisneros, Liza Petiteau, Griselda Pollock et Nataliya Tchermalykh.

  • Mine de propositions subversives, ce manifeste dans le plus beau style des avant-gardes fait de son titre l'étendard d'un projet d'envergure : la destruction en règle des mass media au moyen de leurs possibilités mêmes. Entre répandre de fausses nouvelles à l'aide d'enregistrements diffusés aux heures de pointe, procéder par contagion sonore - les bruits d'une émeute peuvent la stimuler dans la réalité - ou encore introduire dans le discours d'un politicien bredouillements et autres incongruités, Burroughs applique la technique du cut-up au monde sonore, arme à même de contrer cette autre arme de destruction massive, la médiatisation à outrance, moyen féroce de manipulation des consciences. Brouillons les pistes, aux sens propre et figuré. C'est piquant, stimulant et hautement explosif !

  • « Les nouveaux vécus temporels urbains, notamment avec l'hyperconnexion, aboutissent à la quasi-suppression, voire à une allergie collective aux temps morts. Avec la 5G, l'instantanéité de la transmission de l'information va concurrencer la vitesse de nos propres synapses, voire les parasiter - tout en bouleversant les équilibres géopolitiques. Une sorte d'impatience fébrile s'est fait jour, un mélange de tension dû au désir d'absorber les informations, et une exaspération, voire une fatigue face au trop-plein, un véritable débordement cognitif. Tout cela impacte fortement les pratiques et les imaginaires des artistes, comme les pratiques culturelles elles-mêmes et la manière d'appréhender les oeuvres. »
    Christine Macel.

  • Souvenirs d'un marchand de tableaux Nouv.

    Galeriste hors pair, marchand d'art, dénicheur de talents, Ambroise Vollard (1866-1939) est devenu le symbole d'une réussite prodigieuse dans un métier hasardeux. Grâce à son intuition exceptionnelle, il a révélé au monde les plus grands artistes, parmi lesquels Gauguin, Matisse, Cézanne, Renoir et Picasso.
    Avec ces  Souvenirs, il revient sur les étapes successives d'une carrière placée tout entière sous le signe de l'audace. Il raconte, par petites touches, les succès de ses découvertes, ses déceptions face aux échecs, et puis les débats, que ses choix très avant-gardistes n'ont pas manqué de susciter dans le marché de l'art. Il évoque les amitiés  qu'il entretenait avec ses protégés  - Manet, le Douanier Rousseau, Degas, Rodin -, leurs confidences, et  nous fait revivre les grandes heures de sa célèbre galerie de la rue Laffitte, à Paris.  Ses récits et analyses, toujours pittoresques, souvent teintés d'humour, font des  Souvenirs d'un marchand de tableaux  une référence dans l'histoire de l'art moderne.
     
    «  On sent que l'auteur a éprouvé à écrire ce livre un immense plaisir, que les souvenirs se sont ajoutés aux souvenirs, les portraits au burin à ceux de l'aquarelle et que chaque phrase fut prise et reprise cent fois. Un livre écrit dans la joie est souvent divertissant : on ne s'ennuie pas une seconde en compagnie de M. Vollard.  » (Georges Charensol) 

  • Après la première guerre mondiale, Paris devient la ville où tous les plaisirs sont à portée de main. Place à la fête ! Les autorités ferment les yeux, encourageant la natalité qui doit repartir au secours du pays affaibli. De nombreux artistes des quatre coins du globe tentent l'aventure de la libéralisation des moeurs et deviennent les rois de Montparnasse. Les Années folles, « décade de l'illusion », vont donner lieu à dix ans de fêtes, d'orgies, de créations et d'inventions. L'autonomie féminine qui s'est révélée pendant l'absence des hommes mobilisés entre 1914 et 1918 a irrémédiablement perturbé les relations entre les sexes. Émancipation féminine, homosexualités qui s'affichent, banalisation du divorce, prostitution... C'est à cette époque que l'image du nu entre dans les moeurs. Photographes professionnels ou amateurs s'adonnent à l'érotisme. Plus que jamais Paris est la capitale de l'amour, du vice et des plaisirs.

  • Tout Matisse

    Claudine Grammont

    • Bouquins
    • 8 Novembre 2018

    Ce dictionnaire Matisse est le premier consacré à l'un des peintres majeurs du XXe siècle, qui fut tout autant graveur, dessinateur et sculpteur de génie. Très prisé du grand public, le chef de file du fauvisme continue de jouir d'un rayonnement exceptionnel en France et dans le monde, comme en témoignent les innombrables expositions qui lui sont consacrées.
    L'ouvrage présente l'ensemble des connaissances sur son oeuvre et sa vie à travers plus de 1000 entrées portant aussi bien sur ses créations que sur les personnes, les lieux et les concepts qui leur sont rattachés. Il traite d'environ 270 peintures, sculptures, gouaches découpées, décors ou réalisations architecturales, présentés et étudiés en fonction du parcours de Matisse et de l'évolution de son art.
    Plus de 500 entrées sont consacrées aux multiples amis, artistes, collaborateurs, écrivains, marchands et éditeurs qui ont suivi sa carrière, se sont intéressés à son oeuvre ou ont été influencés par elle, sans oublier les femmes qui furent ses confidentes et ses inspiratrices. Ces relations professionnelles, amicales ou sentimentales sont ici racontées à partir des témoignages et correspondances qu'elles ont suscités. Sont également répertoriés les villes et résidences où Matisse a habité ou séjourné, ainsi que les notions, idées, principes et thèmes récurrents qui ont façonné son univers esthétique et permettent de saisir son processus créatif.
    Ce dictionnaire sans équivalent s'impose comme le guide indispensable pour appréhender dans toute son ampleur l'oeuvre monumentale du maître de la lumière.

  • Vies des artistes

    Vasari-G

    Premier ouvrage d'historiographie artistique de l'Occident moderne, les Vies des peintres en demeurent un de ses chefs d'uvre. Depuis cinq siècles, il contribue à la séduction persistante du goût occidental pour la Renaissance italienne, toscane en particulier. Suivant une pratique littéraire traditionnelle, le recueil se compose dune suite de biographies : il commence au 13e siècle avec Cimabue et Giotto, étudie tous les grands peintres, architectes et sculpteurs de la Renaissance, Masaccio, Fra Angelico, Botticelli, Léonard de Vinci, Raphaël, Bramante, et apporte une mine dinformation sur la vie de ses grands contemporains, Michel-Ange et Titien. Ecrites dans un style alerte, émaillées de multiples anecdotes, ces Vies sont encore aujourdhui linstrument idéal pour connaître la Renaissance artistique italienne et faire revivre les grandes personnalités qui lont forgée. Léopold Leclanché publia à Paris en 1841-1842 la première traduction française dont l'essentiel est repris dans ce volume, accompagné d'un léger appareil de notes qui aide à identifier les oeuvres survivantes. Louvrage est présenté et la traduction révisée par Véronique Gerard Powell, qui enseigne lhistoire de lart à luniversité de Paris IV.

  • Cet essai est consacré à la question de la couleur, en elle-même et dans les arts visuels. Il aborde le sujet sous différents angles  : scientifique (description du processus physique, perception par l'oeil et effets biologiques), historique (perception et symbolisme de la couleur à travers les âges), psychologique (l'imaginaire de la couleur) et esthétique (harmonie des couleurs, monochrome...) en invoquant tous les arts visuels  : peinture, cinéma et photographie. Un essai savant, écrit par un spécialiste des arts visuels, qui a connu une précédente édition en 1994 (en rupture depuis plusieurs années).
     

  • L'art brut

    Champenois Emilie

    L'« art brut », c'est l'art de ceux qui ne savent pas qu'ils font de l'art. Baptisé ainsi par Jean Dubuffet, il trouve ses origines à l'asile psychiatrique, dans des productions que l'on appelait autrefois l'« art des fous ». Longtemps méconnu ou associé à tort à l'art-thérapie, l'art brut est aujourd'hui l'objet d'un engouement croissant, tant chez les amateurs que chez les collectionneurs, dans les galeries, à la FIAC ou au musée. Au risque de la récupération marchande ? Ni art singulier ni art naïf, l'art brut est par définition hors normes. Il ne peut donc être appréhendé que par des voies détournées. C'est ce à quoi s'emploie Émilie Champenois, qui nous emmène à la rencontre d'autodidactes aux créations fascinantes, dont l'inquiétante étrangeté nous dit quelque chose de notre propre solitude et des tourments de notre inconscient.

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