• Il n'y a pas un récit unique de la France mais des récits multiples, convergents ou divergents. Au lieu de poser d'emblée la question du récit national qui fait l'objet d'affrontements idéologiques, La France en récits examine la manière dont les récits qui font la France se composent, se superposent, mais aussi s'opposent et s'affrontent. Au-delà de la diversité des lieux de mémoire, c'est à travers l'analyse de ces récits que l'on comprend comment se forge et se transforme l'identité de la France, à la fois une et divisée. L'ouvrage aborde ainsi les réalités du pays à travers une plongée dans les récits portant aussi bien sur la vie "concrète" (la géographie, le paysage, la gastronomie, les vins, la vie intellectuelle, etc.) que sur la langue française, des moments historiques majeurs, des personnages centraux mais aussi sur la vie sociale, institutionnelle et politique.

  • Qu'est-ce qu'un point névralgique en philosophie ? C'est une question ou une position particulière, locale, mais autour de laquelle une pensée se joue dans sa totalité. Autrement dit, c'est un lieu de décision philosophique qui n'engage pas seulement sa cohérence, mais aussi et surtout sa spécificité et sa teneur. Un point névralgique est donc un lieu de décision philosophique dont aucune philosophie marquante ne fait l'économie. Dans cet ouvrage sont analysés les principaux points névralgiques de nombres des plus grands philosophes contemporains. Il en va ainsi, par exemple, de la question du sujet chez Foucault, ou de celle du pardon chez Derrida, ou encore de celle de la légitimation postmoderne chez Lyotard, etc. Ces points névralgiques ne sont pas les seuls chez ces penseurs, mais ils ont au moins une importance toute particulière et tous ont joué un rôle majeur dans la construction de la pensée occidentale.

  • La Terre est dans un état critique. Surexploitée, spoliée, sa finitude est niée par l'appropriation productiviste qui domine notre temps et qui accroît les inégalités au sein des sociétés et entre les parties du monde. La Terre n'est pas simplement le globe terrestre, elle est aussi et fondamentalement le monde habitable. En la détruisant continuellement, l'homme s'autodétruit. Il devient urgent de nous reprendre si l'humanité souhaite rester libre de son destin et transmettre un monde habitable aux générations futures.
    Beaucoup de choses ont été dites ou écrites sur les autres développements possibles, mais il manquait un principe susceptible de rendre compte du sens philosophique du tournant que nous devons prendre.
    Tel est l'enjeu de ce livre qui entend repenser, par le concept d'inappropriabilité, notre être dans son rapport aux autres, à l'humanité et au monde vivant. Cette refondation repose sur trois piliers (cosmopolitique, politique et éthique) et vient revisiter la manière dont nous vivons et agissons, individuellement et collectivement. Elle doit, au final, permettre de surmonter le nihilisme contemporain et restaurer l'espoir en un avenir qui ne soit pas hanté par le spectre de la catastrophe.

  • Nous sortons d'un monde et nous entrons dans un autre. La crise écologique entraîne une des révolutions les plus considérables de l'histoire de l'humanité. Mais cette révolution est encore insensible, presque imperceptible. Elle est due à l'action de l'homme, mais à son insu. Elle n'a été ni conçue, ni prévue, ni voulue par lui et pourtant son issue dépend de lui. Où nous mènera-t-elle  ? Nous ne le savons pas encore. Ce que nous savons, c'est que l'humanité est à la croisée des chemins, son destin dépend de ses choix présents. 
    Face à nos certitudes qui vacillent, la trilogie du Monde émergent nous entraîne dans cette profondeur de l'interrogation de l'homme sur lui-même, sur ses modes d'être, de penser et d'agir. Le présent volume porte sur les lieux d'émergence, c'est-à-dire les points névralgiques où les nouvelles questions se formulent (territoires, santé, migrations...). Un lieu est un carrefour où se croisent les données diverses touchant globalement les trois notions de territoire, de population et de citoyenneté. 
    Ce volume a pour ambition d'éclairer nos choix moraux, politiques et écologiques dans un monde en crise. 

  • Pour dire en quelques mots cette destitution : l'intellectuel était traditionnellement un auteur (romancier, poète, philosophe, savant, ou autres) que son oeuvre dotait d'une autorité spirituelle susceptible de donner du poids à ses propos et à ses interventions comme citoyen dans la cité : interpellation du pouvoir, appel de celui-ci à la responsabilité, à la justice ou au droit, appel à l'opinion publique sur une question grave mais ignorée, etc. C'était un citoyen auquel son oeuvre donnait une autorité, parfois considérable.
    Aujourd'hui l'intellectuel est devenu un histrion sans oeuvre ni autorité, mais doté d'une place dans des réseaux de pouvoirs pour se maintenir dans la visibilité médiatique. Agis de telle sorte que tu continues à être visible ! Tel est son impératif catégorique, la loi qui commande ses faits et gestes.
    Comment ce changement s'est-il produit ? Cet essai tente de répondre à la question.



  • Ce livre a pour ambition de montrer comment Hobbes met en place les concepts centraux de la politique des Temps modernes : l'élaboration d'une anthropologie politique complète, la refonte de l'idée de droit subjectif et l'invention des droits inaliénables de l'individu, la construction de l'idée abstraite de l'État conçu en termes de souve-raineté et de personnalité, l'invention de la représentation politique et de l'idée d'une volonté politique et publique. En outre, contrairement aux idées reçues, il s'agit d'attester que Hobbes n'est pas le penseur du monopole étatique de la violence légitime. Il a au contraire montré les antinomies qui sont au fondement du droit pénal. Il n'est pas non plus le penseur de la domi-nation, il a au contraire séparé la propriété et le pouvoir.
    Mais le philosophe anglais est aussi l'objet d'un grand nombre de débats à notre époque, c'est-à-dire à la fin de la modernité. Ainsi sa théorie de la liberté négative est conçue comme à l'origine de la conception libérale, sa théorie de l'intérêt et du contrat est récupérée pour comprendre le comportement des acteurs économiques, son concept de la souveraineté de l'État redevient d'actualité à l'époque contemporaine de la servilité de l'État.
    Ce livre, traduit en plusieurs langues, est devenu un classique des études hobbesiennes.

  • La Terre-Sol est le monde habitable. Comme telle, elle est la condition d'existence de l'humanité : depuis les simples besoins vitaux, jusqu'aux plus hautes fonctions de la pensée en passant par l'imagination, le rêve, etc. Inversement, la Terre n'est pas un simple lieu indifférent ou une réalité physico-chimique sans mémoire. Elle porte en elle les archives vivantes de l'histoire humaine et de tous les êtres vivants.
    La corrélation entre l'homme et la Terre est fondamentale. La vie et le devenir de la Terre, trop souvent occultés par le voile de la surexploitation, nous concernent, nous, les hommes. Notre présent et notre avenir dépendent d'elle, car sa dégradation entraîne la nôtre. Nous sommes devenus des acteurs majeurs des transformations considérables - les changements globaux - qui l'affectent. Il nous appartient de prendre la mesure de ce que nous faisons ou défaisons afin d'adopter une autre voie.

  • En interrogeant les rapports entre philosophie et politique à l'âge classique, de la fin du XVIe siècle à la fin du XVIIIe, ce livre entend mettre en évidence la teneur philosophique des concepts politiques qui émergent à cette époque, ou y font l'objet d'une définition renouvelée. Cette démarche consiste à réactiver une interrogation sur les présuppositions et les implications métaphysiques de ces concepts. Une question ne peut dès lors manquer de surgir : en quoi la politique a-t-elle besoin de la métaphysique ? C'est en vue de répondre à cette question qu'Y.C. Zarka examine le cadre métaphysique explicite ou implicite dans lequel s'inscrit la réflexion politique. Il aborde ensuite certains des concepts majeurs de la pensée politique de l'âge classique, dans un parcours qui mène du renouvellement de l'idée de république à la philosophie de la liberté, en passant par la fondation philosophique de la notion de tolérance. Ce livre relève d'une historiographie philosophique où l'érudition n'est plus une simple conservation du patrimoine culturel, mais se trouve animée d'un ressort nouveau qui associe, au souci de l'exactitude historique, celui de la spéculation philosophique.

  • Ces dernières années, l'extraordinaire fortune du terme « gouvernance » n'est certainement pas due au hasard, pas plus que la terminologie de l'évaluation et celle de la transparence qui l'accompagnent. « Gouvernance », « évaluation », « transparence » : voilà la nouvelle trinité d'une religion elle-même nouvelle, la religion managériale. Mais cette gouvernance est-elle compatible avec la démocratie ? Ne s'apparente-elle pas plutôt à une technologie gestionnaire qui aurait pour objectif à la fois d'esquiver la démocratie et, à terme, de lui substituer un nouveau paradigme de légitimité ? C'est là l'un des points majeurs que cet ouvrage tente d'élucider.
    Le paradigme de la légitimité démocratique a été attaqué de trois côtés : par la mondialisation du capitalisme, par des pratiques de gouvernance qui ruinent la dimension publique du politique et par une dérive de la démocratie elle-même, soit la distance qui s'est créée entre « la caste de pouvoir » et les citoyens ordinaires. 
    Au-delà du diagnostic de l'état critique de la démocratie, le présent ouvrage a également pour ambition de montrer par quelles voies en sortir. 
    Yves Charles Zarka est philosophe, professeur à la Sorbonne et à l'Université Paris Descartes. Il dirige la revue Cités (PUF) et a entrepris depuis une quinzaine d'année, entre autres choses, de repenser les fondements des démocraties occidentales. Son travail connaît une large réception internationale. Il a récemment publié Le Monde émergent 1 « Lieux » (Armand Colin), Le Monde émergent 2 « L'inappropriabilité de la Terre » (Armand Colin), Repenser la démocratie (Armand Colin) et Refaire l'Europe (avec Habermas) (PUF). 
    Ont également contribué à ce volume : Gianfranco Borrelli (Naples), Maeve Cooke (Diblin), John Dunn (Cambridge), Franck Fischbach (Nice), Christian Godin (Clermont-Ferrand), Christian Lazzeri (Paris-Nanterre), Paul Mathias (Paris), Jacques de Saint Victor (Paris-Saint-Denis), Stefano Petrucciani (Rome), Jacques Taminiaux (Boston), Francesco Saverio Trincia (Rome), Hans Vrlander (Dresde).

  • Machiavel est à la fois acteur et spectateur, politique et historiographe, républicain et conseiller du prince, philosophe et patriote. Toutes ces facettes et contradictions sont analysées par les différents auteurs. On peut ainsi se rendre compte des innovations majeures de Machiavel dans la définition d'un nouvel art politique de gouverner, directement lié à l'état d'urgence.

  • Repenser la tolérance en régime démocratique c'est se donner les moyens de comprendre pourquoi les démocraties doivent lutter contre deux formes de tyrannie, celle de la majorité comme celle de la ou des minorités. Ce concept de tolérance doit être pensé comme une structure-tolérance.

  • Ces "réflexions intempestives" ont été écrites entre 2000 et 2006 et publiées dans la revue Cités. L'auteur souhaite "ouvrir des rèches" dans le conformisme intellectuel et inciter à une réflexion constructive, c'est "l'une des tâches les plus difficiles en un temps où règne la confusion des idées" précise-t-il.

  • Comment la pensée médiévale continue-t-elle à agir dans la philosophie juridico-politique moderne, c'est-à-dire dans un horizon intellectuel et historique qui n'est plus le sien ? Telle est la question qui anime les contributions au présent ouvrage. Cette action persistante de la pensée médiévale qui est, en même temps, transformation de ce qui agit, est étudiée dans le cadre de trois grandes problématiques : le transfert de la notion de plenitudo potestatis de l'ordre ecclésiastique à l'ordre politique ; le déplacement d'un univers qui trouvait son fondement en Dieu vers un univers qui comporte, non un, mais deux fondements possibles, entre lesquels se développe une tension (laquelle deviendra plus tard une concurrence) : Dieu et l'homme - c'est dans le cadre de cette tension entre les deux fondements théologique et éthique que se forment les doctrines du sujet psychologique et affectif, d'une part, et du sujet de droit, d'autre part ; enfin, la constitution d'une théorie du pouvoir politique sur les hommes, qui n'est plus pensée dans les catégories de la propriété des choses, alors que celles-ci fournissaient, au Moyen Âge, le principe d'intelligibilité de celle-là. Ce volume entend ainsi apporter un éclairage nouveau sur la naissance et la constitution de la philosophie juridico-politique moderne.

  • Ce volume met à la disposition des chercheurs et étudiants, les principaux textes ayant constitué les étapes décisives des débats au sein desquels le concept de tolérance a été inventé. C'est dans une crise religieuse qui a traversé toute l'Europe, en particulier la France et l'Angleterre des XVI et XVIIe siècles que s'est formé et développé ce concept très moderne de la tolérance.

  • Le 28 octobre 1686, un peu plus d'un an après la signature par Louis XIV de l'Edit de Fontainebleau portant la révocation de l'Edit de tolérance de la minorité protestante signé à Nantes en 1598, paraissent deux volumes : "Commentaire philosophique sur ces paroles de Jésus-Christ, Contrains-les d'entrer". Livres anonymes dont le but était de réfuter la méthode de conversion fondée sur "la salutaire violence". Ces deux tomes furent suivis de deux autres volumes (dont l'analyse du quatrième est ici proposée). L'auteur caché de ces livres est un philosophe français réfugié en Hollande depuis 1681, né en 1647 dans une famille calviniste du comté de Foix, Pierre Bayle, assez connu comme auteur d'un journal : "Nouvelles de la République des Lettres".


  • Nous vivons une époque de révolutions de très grande ampleur touchant les dimensions fondamentales de nos existences individuelles et collectives, présentes et futures. Elles concernent, en particulier, mais pas seulement, notre rapport à la Terre, au développement de la technologie et des biotechnologies, aux nouveaux moyens d'information et de communication, à la reconfiguration due à la mondialisation, aux nouvelles migrations et aux nouvelles formes de guerre. Ces révolutions sont certainement les plus importantes de toute l'histoire de l'humanité. Semblant rendre celle-ci plus puissante, elles la rendent en vérité beaucoup plus dépendante, soumise à des processus qu'elle ne maîtrise plus.

  • Que reste-t-il de ce que les philosophes ont dit de Dieu ? Que reste-t-il d'un "savoir" de Dieu ? Comment surmonter le nihilisme ? L'ambition de cet ouvrage est de restituer l'interrogation philosophique sur Dieu dans sa diversité, sa force et ses métamorphoses, hier et aujourd'hui.

  • La question cosmopolitique est restée en marge de l'intérêt qui a été porté à la pensée juridico-politique de Kant. En ce sens, le présent ouvrage vient combler une lacune dans l'exploration des ressources de l'oeuvre. Mais l'intérêt philosophique de la question cosmopolitique dépasse très largement ce cadre. Elle atteste d'abord que la théorie politique de Kant ne se limite pas à une théorie de l'État. Il doit y avoir un en deçà et un au-delà de l'État, où la politique dépasse l'idée de peuple pour atteindre celle d'humanité. Le cosmopolitisme est cette théorie politique de l'humanité. En ce sens, Kant est l'antidote de Carl Schmitt, qui portait en lui la haine de l'idée cosmopolitique. Cet antagonisme théorique entre Schmitt et Kant, entre le poison et le remède, est largement attesté dans ce volume. Ce qui montre à quel point nous avons besoin aujourd'hui du cosmopolitisme de Kant, pour penser le passage de la guerre à la paix, la place de l'hôte étranger dans nos sociétés complexes et la nouvelle configuration d'un monde globalisé.

  • Ce volume met à la disposition des chercheurs et étudiants, les principaux textes ayant constitué les étapes décisives des débats au sein desquels le concept de tolérance a été inventé. C'est dans une crise religieuse qui a traversé toute l'Europe, en particulier la France et l'Angleterre des XVI et XVIIe siècles que s'est formé et développé ce concept très moderne de la tolérance.

  • Pourquoi la démocratie, dans son principe régime de liberté, peut-elle dériver vers la servitude ? Cette question figurait déjà dans les analyses politiques de Platon et d'Aristote. Pourquoi parler aussi de nouvelles servitudes ? La figure du maître a changé et une domination d'un nouveau genre s'impose par des voies nouvelles. Ces nouvelles servitudes sont analysées par un collectif d'auteurs "Les Intempestifs" qui entendent s'élever contre ces développements dans nos sociétés démocratiques modernes.

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