• Le titre «Le plus petit espace» définit exactement l'expérience proposée par Louise Warren, qui conduit son esthétique du peu à ses conséquences radicales : courts poèmes, vers brefs, images précises et concentrées. Sur le blanc de la page, le poème crée furtivement son espace. La reprise de ces apparitions et de ces effacements, de ces montées et de ces descentes, produit une sensation d'infini. Comme si un long poème se déroulait dans le blanc et que seuls ses accents les plus intenses transparaissaient. La composition minutieuse de ces instants inclut les nombreuses formes de cette réduction : le point, le trait, l'éclair, la lettre, le mot, la rature, le pas, le nid, la main, etc.

  • Tout ce que Louise Warren touche devient écriture. Ici, l'essayiste déplace son atelier et se donne de nouveaux objets. À partir d'une résidence d'écriture à l'Abbaye Val-Notre-Dame, dans Lanaudière, elle entrelace les expériences du paysage, de l'architecture, de la vie intérieure et de la création. La forme fragmentaire répond parfaitement aux nombreux trajets proposés à la lecture, incluant des notations quotidiennes, des éléments autobiographiques, une interrogation de l'espace vécu, l'accompagnement d'oeuvres d'art, l'écriture de la poésie et une contribution personnelle au Nature Writing. Installée dans la «chambre de solitude», l'auteure interroge le monde des symboles et développe sa conception de l'«enveloppe invisible», qui prolonge ses réflexions récentes sur le processus créateur. À en allant toujours à l'essentiel.
    Quatre dessins de l'architecte Pierre Thibault ponctuent le livre.

  • «Le livre caché de Lisbonne» propose, à la suite d'une résidence d'écriture, dix-sept promenades dans une ville vécue comme un vaste atelier d'écriture, ponctuées par des citations d'écrivains, dont plusieurs portugais. Louise Warren, en prolongeant ses essais récents, y trouve une nouvelle formulation de son esthétique, une expérience intime, mais toujours ouverte à l'autre. Un regard très personnel se porte sur les «azulejos», sur l'architecture, sur le Tage, sur les ruines, entre autres. Les images représentant des espaces fermés, des fenêtres closes ou envahies par la végétation permettent d'imaginer ce livre caché qui, peu à peu, au rythme de la lumière et de la chaleur, se révèle à la lecture, laisse son empreinte dans l'imaginaire.

  • De ce monde ouvre sur des aspects complémentaires de l'écriture de Louise Warren, de 2004 à 2020 : la chronique brève et la prose dédiée à un thème, incluant de nombreux inédits. Chaque volet accueille les oeuvres d'autres artistes, les lieux, le voyage, le souvenir, la lecture. Ainsi se tissent les fils de son appartenance au monde, dans sa multiplicité, dans sa diversité, de la vie simple aux échos de la planète, de la création à l'amitié et à la solidarité. Traversée par une même expérience de l'intime et du langage, la réflexion s'approfondit, jusqu'aux recherches récentes sur la matière et l'incertitude.
    Cet essai inclut le texte « Au nom de la matière » qui accompagne l'exposition du même titre au Musée d'art de Joliette, présentée du 15 août 2020 au 10 janvier 2021, dont Louise Warren est commissaire.

  • Trois événements littéraires sont au coeur de cette édition des Écrits. Le numéro s'ouvre avec quatre textes lus lors la journée d'étude sur « la transmission », qui s'est tenue lors des célébrations des soixante ans de la revue en novembre dernier. On lira d'abord le texte de l'invité d'honneur, Alexandre Prstojevic, puis les contributions de Jean-Pierre Vidal, Guillaume Asselin et Vincent Filteau. On trouvera aussi, au coeur du numéro, les discours de réception de deux nouveaux membres de l'Académie des lettres du Québec, Monique Deland et Rober Racine, accompagnés des textes de présentation des auteurs ayant proposé leur candidature, soit Pierre Ouellet et Marie-Claire Blais. Un dernier groupe rassemble les textes de cinq écrivains qui ont participé au colloque de l'Académie sur « la traduction poétique », organisé par André Vanasse et produit par Nicole Brossard. Un dernier groupe de textes rassemble les contributions de cinq écrivains qui ont participé au colloque de l'Académie sur « la traduction poétique », organisé par André Vanasse et produit par Nicole Brossard.

  • Les poèmes, récits, carnets, drames et aphorismes ici rassemblés décrivent l'espace de liberté dont la vie de l'esprit a besoin pour s'épanouir. Qu'il s'agisse des carnets de Jean-Paul Michel ou d'André Major, des réflexions narratives de Madeleine Gagnon ou des fragments méditatifs de Louise Warren, c'est toujours d'un apprentissage de la liberté qu'il est question. Cette aire de jeu s'épanouit aussi dans les poèmes hautement satiriques de Christian Prigent, les proses proliférantes de Frédéric Marcotte, les vers kafkaïens de Thierry Dimanche ou l'inquiétante dramaturgie d'Olivia Rosenthal, entre autres. Un souffle vital qui se propage aussi par les oeuvres de Massimo Guerrera, l'artiste invité de ce numéro.

  • À travers les diverses sections de ce livre, Louise Warren poursuit sa réflexion sur la création en interrogeant et en parcourant - grâce à l'aisance du flottement - les lieux où l'écriture surgit et où elle s'exprime : le paysage, la maison et ses espaces, mais aussi le corps, le poème et la pensée elle-même. Ce projet se distingue par son hybridité : l'auteure avance en effet dans l'essai avec la poésie, elle en varie les tons et les formes, elle multiplie les façons d'occuper la page, dans une architecture fondée sur les échos et le déroulement intuitif. La recherche porte sur l'expérience de soi et l'expérience des formes, les voyages, les rencontres, les lectures, dans une quête constante de la formule juste, de l'équilibre visuel et sonore, se modifiant d'un fragment à l'autre. Ainsi s'élaborent concrètement la pensée du poème et le poème de la pensée.

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