• Trois hommes marchent dans un brûlé de pins gris. Ils cherchent des morilles de feu, ces champignons élusifs qui font l'objet d'une intense convoitise et fructifient là où un an plus tôt rageaient des brasiers dévastateurs. Loin dans le nord du Québec ou de l'Ontario, ils ratissent d'immenses territoires désolés en guettant dans la suie les signes du mycélium. Quand enfin surgissent les mille têtes argentées, ils se consacrent des jours durant au labeur pénible et exaltant de la cueillette. Ils aimeraient se croire seuls; ils ne le sont pas. Car ici se croisent une faune de petits criminels et d'ermites, attirés par l'illusion de la vie sauvage ou l'appât du gain. Très vite les forces de l'entropie se manifestent. Cartes et GPS égarent les hommes et les rejettent contre des barrières d'épinettes noires, des torrents, des marécages. L'épuisement et les blessures les guettent. Pour échapper au désastre, ils devront comprendre une fois pour toutes que nulle créature n'est autosuffisante. 

    OEuvre sur la puissance de la nature et les dérives d'hommes livrés à leurs obsessions, Cercles de feu tient du western nordique et du road novel. Thierry Dimanche puise à même son expérience de la mycologie et de la forêt et fait résonner, dans ce roman qui évoque Le trésor de la Sierra Madre et La bête lumineuse, les voix de trois compagnons d'infortune à la poursuite d'un objet qui se dérobe pour mieux les révéler.

  • Quelque part dans les entrailles minières de Sudbury siège un observatoire de particules élémentaires issues de la combustion du soleil.
    À l'ombre du réel, les mélancoliques se font chercheurs miniers, lecteurs du sol, en écho à un vieil ouvrage grec dont la paternité est incertaine.
    Dans les interstices de la connaissance, l'énergie s'obstine à naître à même l'effondrement. Un gouffre personnel se rabat lentement sur celui de plusieurs, puis sur celui de personne.
    «Problème trente» porte attention au point de convergence des humeurs noires et de la recherche subatomique, là où la pensée hésite encore entre la musique et l'idée.

    Avec ce recueil, le poète prolonge son questionnement sur le lieu et l'origine entamé dans «Le milieu de partout» (Prise de parole, 2014, prix Champlain).

  • Interlocution trouble, " poème dramatique ", avant le timbre met en scène un narrateur dont les messages téléphoniques interpellent une femme tendue entre l'absence et la présence, révélant par là divers petits écarts de communication qui nous relient. Ce théâtre vocal se prolonge dans deux courts textes lui faisant écho : L'essoufflerie (carnet du voyeur) et Bonjour et sans demain (Lettre au père).

  • OEuvre originale, abondamment illustrée, «Le milieu de partout» est un recueil d'essais, de prose poétique et de poésie. La première partie de l'oeuvre a été l'objet d'une communication dans un colloque. La version du livre a été augmentée, modifiée, davantage littéraire et adaptée à un public plus large.

    Avec une approche très personnelle, l'auteur s'interroge sur la conscience de l'espace et l'appartenance au lieu, en particulier au milieu sudburois, dans le nord de l'Ontario, où il vit depuis 2007. À la question «Qu'est-ce qu'être ici ?», il affirme que seule l'imagination littéraire peut y répondre sans en amputer l'incertitude fondamentale. Après tout, être en présence d'un lieu, c'est aussi être en présence d'un nulle part qui nous guette ; et être perdu n'est qu'un départ obligé, qu'il est inévitable de retourner son milieu en habitat.

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