• Loin d'avoir disparu, la haine des Juifs est entrée dans un nouveau régime en se fixant sur Israël, cible d'une guerre médiatique de haute intensité. L'antisionisme radical, dont l'objectif est la destruction de l'État juif, représente en effet la dernière figure historique prise par la judéophobie. À ce titre, négatrice du droit à l'existence d'une nation, elle constitue l'une des principales formes contemporaines du racisme. Pour comprendre comment s'est accomplie la mondialisation de cette nouvelle configuration antijuive, l'auteur dissèque le nouveau discours de propagande des ennemis déclarés d'Israël tel qu'il s'est développé au cours des années 2000-2010. La nouvelle vision antijuive, qui consiste à « nazifier » les « sionistes » en tant qu'« agresseurs » et à « judaïser » corrélativement les Palestiniens en tant que « victimes », permet d'accuser les « sionistes » de « génocide » ou de « palestinocide ». Ce discours de propagande est replacé dans son contexte international, marqué par une menace islamiste centrée sur l'appel au jihad contre les Juifs.
    Analysant divers matériaux symboliques exploités par la nouvelle propagande antijuive - images ou discours -, P.-A. Taguieff donne à comprendre comment et pourquoi la haine des Juifs, plus d'un demi-siècle après la Shoah, a pu renaître sous les habits neufs de l'« antiracisme » et de l'« anticolonialisme » et, grâce aux médias, se diffuser en recueillant l'assentiment d'individus parfois convaincus d'être étrangers à tout préjugé antijuif.

  • En forgeant le concept de "bougisme", Pierre-André Taguieff caractérise la nouvelle idéologie dominante, issue d'un progressisme dégradé, qui accompagne efficacement le néo-libéralisme : le culte du changement pour le changement. Il dénonce l'impératif auquel rien ne semble pouvoir échapper, ni les hommes dont on exige toujours plus de flexibilité et d'adaptabilité, ni les institutions, soumises à la "réforme" perpétuelle...
    Contre toute résignation, il s'efforce d'opérer une "reconstruction des fondements et des finalités de l'action publique", en articulant l'idéal d'une citoyenneté active et la responsabilité à l'égard du monde naturel.
    Résister au bougisme définit les raisons d'agir contre la nouvelle barbarie globaliste et plaide en faveur d'une démocratie forte. 

  • Il serait dramatique, et éminemment regrettable, qu'aucune voix ne s'élève aujourd'hui pour dénoncer « l'antisémitisme », dont les manifestations spectaculaires se sont multipliées au cours des deux dernières années - sans que les médias ne leur accordent la moindre place, à quelques exceptions près, - au moment même où se produit une très forte résurgence. Pierre-André Taguieff nous alerte sur cette seconde vague, post-nazie, ayant pris une forme tout à fait nouvelle : héritière des arguments traditionnels de l'antisémitisme, elle allie antisionisme et processus d'islamisation. Il la nomme nouvelle judéophobie. Ses expressions les plus récentes : en France, la multiplication des actes déliquants contre des synagogues, mais aussi les insultes et menaces adressées à des familles juives installées en banlieue, et tout récemment, un certain match de football France-Algérie ; au niveau international, la conférence de Durban, à la fin du mois d'août 2001, au cours de laquelle se jouèrent des pressions énormes pour stigmatiser et exclure les organisations israéliennes et juives ; et puis, les déclarations d'Oussama ben Laden depuis le 11 septembre. Dans le nouveau contexte géopolitique qui s'est brutalement dessiné, les intellectuels et la presse français restent curieusement muets, comme pétrifiés. Ils sont pris entre les thématiques de la victimisation sociologique des jeunes de banlieue et la dénonciation du fanatisme islamique. Pourtant, il est urgent de refuser intolérance et fanatisme, de décrire une évolution inquiétante très précisément, et de dénoncer toute pensée « amalgamante ». Le livre est né d'une communication donnée par l'auteur au Sénat lors du colloque « Les nouveaux visages de l'antisémitisme », le 14 octobre 2001.

  • Quoi de commun entre Voltaire et l'islamisme radical ? Quoi de commun entre Marx et l'antisémitisme nazi ? La haine des Juifs, une haine qui, au regard de l'histoire, apparaît comme la plus longue, la plus intense et la plus délirante ayant jamais visé un groupe humain. S'appuyant sur une documentation considérable, Pierre-André Taguieff nous montre ici comment la judéophobie, quelle que soit sa forme historique, fonctionne sur la base de récits d'accusation, organisés comme des mythes, par lesquels les Juifs sont déshumanisés de diverses façons. L'histoire globale de la judéophobie qu'il nous livre permet de saisir la permanence, la récurrence des stéréotypes antijuifs, mais aussi leur surprenante capacité d'adaptation et de diffusion planétaire, depuis l'antijudaïsme antique jusqu'à l'antisionisme radical qui s'est internationalisé depuis la fin du XXe siècle. Si les Juifs ont longtemps été mis en accusation par l'Occident chrétien, c'est, en effet, l'Occident judéochrétien qui se trouve désormais mis en accusation par ses ennemis, tant intérieurs qu'extérieurs. Comme le montre jusqu'à la caricature le discours des islamistes radicaux, aujourd'hui, la haine des Juifs va, sans conteste, de pair avec celle de l'Occident. Historien des idées, philosophe et politologue, Pierre-André Taguieff est directeur de recherche au CNRS. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont La Force du préjugé, Les Fins de l'antiracisme ou, plus récemment, Prêcheurs de haine.

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