• J'ai quitté, ce matin, Bigorre. Moyennant la somme ronde de quatre-vingts francs, une calèche attelée de chevaux vigoureux m'amène à Luchon, par la montagne. C'est assurément l'une des plus belles courses des Pyrénées. La vallée de Campan avec ses maisonnettes à flanc de montagne ombragées de bouquets d'arbres et rafraîchies d'eaux vives, les méandres fleuris de l'Adour, le col d'Aspin et son magique panorama, la petite ville d'Arreau, le col de Peyresourde m'ont, tout le jour, promené de surprises en ravissements.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Potius mori....Couché, le fer au rein, la crinière sanglante,
    Il meurt... l'oeil a des pleurs, car l'agonie est lente.
    La griffe sur les lis où retombe son front,
    Prêt à les protéger contre un dernier affront,
    Pour la dernière fois il rugit sa menace...
    Puis, d'un muet dédain la fouettant à la face,
    Semble dire à la meute immonde qui le mord :
    « Attends, pour y toucher, que le lion soit mort ! »Lion, je n'ai jamais approché de ta pierre,
    Qu'un pleur ne soit monté brûlant à ma paupière ;
    Jamais je ne te vis aux fleurs du noble écu
    Appuyer l'âpre effort de ton ongle invaincu,
    /> Sans qu'un éclair glissant de ta mourante flamme
    N'ait rallumé la cendre où se complaît mon âme :
    Car cet antre qui s'ouvre, inaccessible, au roc,
    - Sillon d'éternité dont l'épée est le soc -
    Reste à mes yeux épris des hauts faits de vaillance,
    Comme un temple voilé par l'ombre et le silence
    Où le vieil Honneur veille, obscure déité,
    Près du corps expirant de la Fidélité.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • 28 juillet. - Dès l'aube, je m'éveille au rire des jeunes filles qui viennent puiser l'eau limpide dans les fontaines de la ville. J'écris quelques lettres, je ferme ma valise. A sept heures, les grelots des chevaux sonnent sous ma fenêtre. Le postillon est déjà sur son siége, le fouet à la main, le galon d'argent au chapeau. En route donc pour Saint-Moritz !Des cimes de glaciers à l'horizon, sur le chemin quelques villages fort insignifiants, hormis un pourtant, Felsberg, qui sans cesse écrasé par la chute des rocs en surplomb se reconstruit sans cesse, voilà tout ce qui me semble à signaler jusqu'à Reichenau.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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