• Poésies

    Stéphane Mallarmé

    Pour Mallarmé, l'expérience du réel est trop subtile et trop complexe pour être communiquée par le langage courant, l'« universel reportage ». Le poète, cédant l'initiative aux mots, permet au dire de retrouver sa virtualité par un jeu infini de correspondances. À la tradition de l'énonciation claire et directe, chère à Boileau et à ses successeurs, il oppose une poétique de l'allusion, de la suggestion et du mystère.
    Chantre de la modernité, le poète symboliste lance un défi au lecteur : en faisant appel à son imagination créatrice, c'est à lui de déchiffrer le sens du poème. Car « nommer un objet, écrit Mallarmé, c'est supprimer les trois quarts de la jouissance du poème qui est faite de deviner peu à peu : le suggérer, voilà le rêve ».

  • Mallarmé explore les différentes possibilités du langage, syntaxiques, phonétiques, jusqu'à élaborer cette grande partition poétique d'une typographie libérée qu'est Un coup de dés jamais n'abolira le hasard.

  • Éparse, la critique mallarméenne ne découle pas d'une esthétique préétablie. Elle concourt toutefois à en jeter les fondements en ouvrant des perspectives qui semblent étrangères les unes aux autres : l'objet décoratif, la mode, le livre, la peinture, la musique et la danse ont, au même titre, sollicité la réflexion du poète. Celle-ci s'est nouée à l'écart des cénacles artistiques de son temps. Mallarmé a tissé des liens d'amitié partagée avec des peintres (Manet, Whistler, Berthe Morisot...) ; dans sa revue, La Dernière Mode, entièrement conçue et rédigée par lui, il a élaboré peu à peu une esthétique du quotidien, sur laquelle il réglera sa conception de l'image.
    De la mode à l'impressionnisme, une même logique se déploie, qui gouverne également l'oeuvre poétique : «Évoquer, dans une ombre exprès, l'objet tu, par des mots allusifs, jamais directs, se réduisant à du silence égal, comporte tentative proche de créer.»

  • Edition enrichie (Préface, notes, notices, chronologie et bibliographie)Avec celles de Baudelaire et de Rimbaud, la figure de Mallarmé domine la modernité poétique qui se constitue à la fin du xixe siècle, et, quoique son oeuvre fût rare, adressée de loin en loin à une élite de lecteurs lentement accrue, « il lui avait suffi, dit Valéry, de quelques poèmes pour remettre en question l´objet même de la littérature ». Un vers nouveau naît avec lui, refermé sur le scintillement réciproque des vocables qui le constituent, une poésie qui donne congé au réel pour en préférer l´évocation pure, un langage qu´on a pu dire obscur mais qui n´est en réalité que le défi lancé aux lecteurs qui sauront, pour eux-mêmes, en déployer secrètement le sens.
    Parce que Mallarmé a été aussi bien le plus lucide analyste des états de la poésie, du mystère qui règne dans les lettres, de la crise du vers, et de la séparation radicale que la littérature désormais manifeste à l´égard du langage ordinaire, on ne trouvera pas seulement dans ce volume les Poésies, les poèmes en prose ou bien Un coup de dés, mais quelques-uns des grands textes théoriques qui continuent de marquer si profondément notre époque : c´est-à-dire finalement le parcours d´une vie où l´écrivain, devenu impersonnel, s´efface devant une sorte de religion de l´oeuvre et du Livre à faire. 

  • Le monde est fait pour aboutir à un beau livre, parfois à un beau vers : "nuit, désespoir et pierreries", "solitude, récif, étoile". Pour cela, il fallait reprendre à la musique son bien, suggérer, voilà le rêve. Toute la poésie d'une vie est enfermée en un court volume. Les poèmes, denses jusqu'à l'hermétisme, que l'on sait maintenant décrypter, enferment le sens du monde, ou plutôt le suggèrent.
    Dans ces lettres pour la première fois réunies en entier, on trouvera l'histoire toute simple d'un homme qui a écrit "mon incompétence, je l'exhibe, sur autre chose que l'absolu". À ses amis, il lui est arrivé de révéler le sens de sa recherche, de commenter certains poèmes, de montrer toutes les facettes de son esprit. C'est dans l'espoir de recueillir ces confidences qu'on lit ces lettres. Elles constituent un extraordinaire document sur les réseaux de sociabilité littéraire, en même temps que le meilleur démenti des clichés qui ont encore cours sur la solitude d'un poète
    résolument hors du monde. Car cette correspondance peut se lire comme une autobiographie poétique, intellectuelle autant que quotidienne. Le poète s'y fait homme du monde en sacrifiant à l'activité épistolaire. Ce faisant, celle-ci témoigne de l'évolution de l'esthétique de Mallarmé et nous fait pénétrer dans les coulisses de l'oeuvre où nous découvrons, parmi d'autres secrets, le principe de fabrication de "L'Azur" ou la genèse du sonnet en -ix. L'humour n'est pas en reste puisque le motif récurrent ici est l'horreur des lettres : Mallarmé écrit une lettre pour dire qu'il n'écrit pas de lettre. Au terme d'une correspondance qui compte plus de trois mille pièces, Mallarmé peut ainsi signer : "Celui qui n'écrit pas de lettres".

  • Vers et Prose

    Stephane Mallarme

    La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs
    Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs
    Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
    De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.
    - C'était le jour béni de ton premier baiser.
    Ma songerie aimant à me martyriser
    S'enivrant savamment du parfum de tristesse
    Que même sans regret et sans déboire laisse
    La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Étrange Mallarmé, qui publie si peu mais si dense, traduit les poèmes d'Edgar Poe là où Baudelaire avait renoncé, accumule dans des boîtes à thé des papiers crayonnés qui bouleversent aujourd'hui notre conception de la page, du livre, de ce qu'est écrire.
    La poésie, certes, comme expérience première de la langue. Quand Mallarmé s'embarque en prose, c'est encore l'extrême de la poésie. On trouvera ici deux textes essentiels de toute notre modernité, pour aujourd'hui encore, Crise de vers et Quant au livre.
    Mias il y adjoint des pièces dites de circonstances : ses médaillons d'auteurs en pied, mais évidememnt lui il y place Rimbaud, Verlaine, Villiers de l'^Île-Adam.
    Et ses Crayonnés au théâtre, via Wagner ou Debussy, ou l'approche d'Hamlet, interrogent sur le fond la question de la représentation.
    Alors laissons d'un bloc ce livre qu'il a composé, tout en disant qu'il n'aimait pas cette composition. Il suffit de savoir que cet ensemble à la pointe de notre langue porte ce noyau en fusion incandescente, Crise de vers, pour en rendre la présence nécessaire dans le puzzle numérique qu'est la bibliothèque de votre iPad, votre liseuse ou votre ordinateur.

    FB

  • En parlant de ce qui lie la musique à l'art d'écrire, et la poétique générale de l'écriture, dans la prose ou le poème - Mallarmé rejoint le sommet qu'est Crise de vers (voir Divagations) : parler de la rupture esthétique, de l'invention et de la non-obéissance en art. Aborder l'univers complexe du Beau, et comment le subvertir.
    38 pages, mais majeures.

    FB

  • Sait-on ce que c'est qu'écrire ? une ancienne et très vague mais jalouse pratique, dont gît le sens au mystère du coeur.

  • C'est en 1885, peu après avoir écrit sa Rêverie d'un poète français sur Richard Wagner, où il se pose en émule du théoricien de l'art total, que Stéphane Mallarmé révèle à Verlaine son rêve du grand oeuvre, conçu comme l'"explication orphique de la Terre, qui est le seul devoir du poète et le jeu littéraire par excellence". Ces spéculations sur le grand oeuvre, tantôt livre tantôt théâtre, feront la matière de divers articles que l'auteur de L'Après-midi d'un Faune réunira en 1897 avec ses poèmes en prose sous le titre de Divagations, d'où est extrait ce portrait de Rimbaud. Le texte est suivi d'une brève biographie de Stéphane Mallarmé.

  • Pages

    Stephane Mallarme

    Un ciel pâle, sur le monde qui finit de décrépitude, va peut-être partir avec les nuages : les lambeaux de la pourpre usée des couchants déteignent dans Une rivière dormant à l'horizon submergé de rayons et d'eau. Les arbres s'ennuient ; et, sous leur feuillage blanchi (de la poussière du temps, plutôt que de celle des chemins), monte la maison en toile du Montreur de choses Passées : maint réverbère attend le crépuscule et ravive les. visages d'une malheureuse foule, vaincue par la maladie immortelle et le péché des siècles, d'hommes près de leurs chétives complices enceintes des fruits misérables avec lesquels périra la terre.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Qu'est-ce que véritablement Écrire ? Et qu'est-ce que l'Amour ? .
    « Les Amours » d'Ovide, comme un poème immortel, ce « génial chef-d'oeuvre », ce « monument de la littérature », d'autant plus authentique « révolution culturelle » d'alors, qu'il nous éclaire sur la nature véritable de l'écrivain, ses désirs de gloire, de Vérité et d'Éternité, mais aussi ses colères, sa révolte ou sa frustration ; tout ceci étant profondément liés.
    Suivi de : Symphonie littéraire par Stéphane Mallarmé. Le poète y déploie par une joute amoureuse et esthétique, sa passion des mots et des livres.

    Format professionnel électronique © Ink Book édition.

  • Divagations

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    • Ligaran
    • 6 Février 2015

    Extrait :
    "Un ciel pâle, sur le monde qui finit de décrépitude, va peut-être partir avec les nuages : les lambeaux de la pourpre usée des couchants déteignent dans une rivière dormant à l'horizon submergé de rayons de d'eau..."

  • Poésies

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    • Ligaran
    • 30 Janvier 2015

    Extrait :
    "Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre Ce lac dur oublié que hante sous le givre Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui ! Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui Magnifique mais qui sans espoir se délivre Pour n'avoir pas chanté la région où vivre Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui."

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