Littérature générale

  • Comprenant qu'elle était loin d'être la seule à avoir connu une enfance et une adolescence saccagées, Sophie Chauveau a enquêté pour dresser l'inventaire des victimes et des bourreaux de sa famille. La dynastie de pervers, qui commence avec le dépeceur du Jardin des Plantes pendant le siège de Paris, se poursuit sur trois générations.
    Unique par l'ampleur de ce qu'il dévoile, son témoignage sur l'inceste est d'une force inouïe.
    Voici le roman monstrueux d'une famille hors normes.

  • Les mensonges de mes parents ont fortifié mon désir de mettre au jour l'histoire de ma famille, tissée de secrets, de mésalliances, d'adultères, histoire qui découle de la grande saga du charbon. Noces de Charbon dévoile l'union de deux mondes qui s'entrechoquent et se haïssent. Dandy, cocotte, grand patron et mineur de fond, orpheline, riche héritière, quelques salauds, une ingénue, une intrigante... autant de personnages romanesques dont la disparition accompagnera celle de l'"or noir". En remontant le filon de ses origines, Sophie Chauveau a reconstitué la traversée d'un siècle, depuis le nord de la France à la fin du XIXe siècle jusqu'à Paris en 1968.

  • J'ai attendu une minute, deux minutes et même trois minutes, mais en faisant des mouillettes... L'oeuf à la coque ! Toujours trop long avant de retrouver la saveur de l'enfance. Hier encore, nous disposions d'une chanson l'Écharpe, interprétée par Fanon, qui nous donnait un temps de cuisson idéal, une attente enchantée... Je passe de la coque à l'âme, mais la mort ! L'attente de la mort ! Pour celle-ci, pas de chansonnette. En tout cas, pas assez longue. Alors, des attentes enchantées, d'autres pas !... Je choisis tout de suite l'enchantement. Et j'opte pour l'oeuf à la coque. Et je dis qu'il ne tient qu'à nous que l'attente de la mort soit, elle aussi, enchantée. Cette attente-là n'est en fait que la vie elle-même, tissée de toutes les attentes. On peut penser l'attente, la désirer, l'aimer. Elle ouvre sur le seuil de tous les inattendus de la vie. Moi je crois qu'il y a carrément de l'âme dans l'attente. Oui, j'en suis sûre, c'est dans l'attente que mijote la vie. Et si on se la mitonnait aux petits oignons ! Et puis, vous le savez bien : On ne perd rien pour attendre. Alors profitons-en. Vite ! Attendons.

  • Je parle trouvère. Je parle pour les trouvères. Lecteurs, acteurs de la Clélie, façonniers de l'amour courtois, c'est à vos héritiers, à votre descendance éparpillée, sinon clairsemée que je m'adresse. Ainsi qu'aux femmes, antiques filles des sorcières pour qui l'amour a pris toutes les formes du plaisir, sans renoncer à aucune. Et qui vous prenez à rêver de libertins avec qui dévaler en riant de l'Éducation sentimentale à La Carte du Tendre. A vous qui cherchez fiévreusement où est passée la luxure. Du moins l'idée que je m'en fais : le plaisir pour le plaisir, l'envie de peau et le coup de corps, le coup au coeur ou le coup de fou, le clin d'oeil qui met les sens en éveil et la tête à l'envers. Une partie d'émoi gratuite. Aux esthètes qui raffinent le plaisir en le laissant monter comme sève en écorce. C'est à vous, c'est pour vous que je parle.

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