• La Grèce antique fut le berceau de la démocratie. Depuis lors, l'idée de démocratie a traversé les siècles. Au fil d'une pathétique aventure humaine, elle a acquis une dimension planétaire au point de devenir la « loi de la Terre ». Désignant beaucoup moins un régime politique qu'un modèle de société correspondant à un type de mentalité, elle est placée, en son essence même et depuis toujours, sous le signe de l'ambivalence. Riche d'espoirs, la démocratie est pour l'homme une promotion politique : en sa marche lente, elle a scandé la conquête de la liberté des peuples et rendu possible la reconnaissance des droits de l'homme. Mais, dans son irrésistible progression, le « fait démocratique » risque fort d'être pour les hommes une régression existentielle : alourdi par les passions qui agitent la nature humaine, il expose la société à des vices et à des maléfices qui la minent. Une crise endémique rôde dans la démocratie et, particulièrement grave aujourd'hui, la menace d'éclatement.Il appartient au philosophe de comprendre pourquoi la démocratie est à la fois désirable et redoutable. Ce ne sont pas, en effet, les articles d'une Constitution qui font la démocratie. Parce qu'elle est l'énergie d'une idée, elle est une disposition régulatrice riche d'espérance pour tous les hommes ; mais parce qu'elle est l'oeuvre de l'homme, elle est marquée d'une essentielle précarité. Elle n'est ni l'utopie d'une Cité du soleil, ni le mythe de l'Enfer : mais, toujours imparfaite, elle est toujours à refaire. La grande aventure démocratique est lourde à assumer.Simone Goyard-Fabre est professeur émérite de philosophie. Auteur de nombreux travaux de philosophie du droit et de philosophie politique, elle codirige, à l'Institut Michel Villey de l'université de Paris II, la publication du Thesaurus de philosophie du droit.
    La naissance de la démocratie : un régime constitutionnel sous le signe de l'ambivalence : La démocratie, forme constitutionnelle de la Cité. La démocratie sous le signe de l'ambivalence. La démocratie ou l'aventure philosophique de la liberté des peuples : Le peuple et république. Les discours fondateurs de la démocratie. Le « fait démocratique » et ses vertiges : L'inflation démocratique. La démocratie devant ses dilemmes et ses apories.

  • Quelle est l'essence du droit? Qu'est-ce qui rend compte de la juridicité en général? L'auteur met en avant le rôle fondamental des exigences d'ordre, de sens et de valeur, allant ainsi au-delà de la pure interrogation sur le droit pour confronter le lecteur philosophe aux divers horizons normatifs qui tissent la modernité.

  • Le mot et le concept d'État sont entrés en scène au XVIe siècle. Depuis lors, l'État, par ses axiomes de base et par sa construction institutionnelle, confère à la politique sa figure moderne. Il répond, en sa génération et en ses structures rationnelles, à l'idée d'une puissance souveraine qui trouve son expression dans une pyramide de normes juridiques et a pour finalité d'oeuvrer au bien commun.Inscrite dans l'historicité du monde, l'institution étatique est vouée, comme toute oeuvre humaine, à connaître des errements et à traverser des crises. Elle est ainsi le lieu de transformations qui remodèlent la silhouette qu'en avaient dessinée les grands siècles de la modernité. Mais ces métamorphoses ne sont pas le prélude à la «  mort de l'État  » annoncée par certaines philosophies contemporaines qui se disent «  post-modernes  ». S'il est vrai que, sur le plan interne comme sur le plan international, s'opère aujourd'hui un renouvellement de l'appareil juridique de la puissance d'État, ces mutations n'occultent pas la permanence de ses principes fondateurs.Entre l'anarchie de l'état de nature «  sauvage et sans lois  » et l'utopie de la communauté universelle d'un peuple d'anges, l'État, en obéissant à une Idée de la raison, demeure, par son appareil normatif, le garant de l'ordre public et de la liberté des citoyens.Simone Goyard-Fabre est professeur émérite de philosophie. Auteur de nombreux ouvrages de philosophie du droit et de philosophie politique, elle est co-directeur scientifique, à l'Institut Michel Villey de l'université de Paris-II, du Thesaurus de philosophie du droit.
    La modernité politique ou la conscience de soi de l'État. Les structures fondamentales de l'État moderne. Les formes institutionnelles du pouvoir d'État. Le sens des effets constitutionnels dans l'État. Les crises de l'État moderne : des chemins de décadence ou les voies d'un renouveau ? Les crises juridico-politiques et l'État défiguré. Les métamorphoses de l'État moderne. Le renouvellement axiomatique de l'État présent.

  • Jean Bodin (1530-1596) pense la République au tournant de deux âges et élabore ainsi une théorie de la souveraineté qui pose la première pierre de l'Etat moderne et centralisateur.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Montre comment le juridisme de l'auteur de L'Esprit des lois trouve sa signification philosophique dans ses racines métajuridiques. Le modèle constitutionnel que caractérise l'équilibre des pouvoirs dans l'Etat trouve sa fondation métaphysique dans le rapport entre liberté et nature.

  • Samuel von Pufendorf (1632-1694), jurisconsulte, conseiller politique des princes, historien, moraliste, théologien, s'est intéressé de très près à l'actualité complexe et aux idées de son temps.

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