• Enfermé dans une prison pour jeunes délinquants située sur une île au large de Hambourg, Siggi Jepsen est puni pour avoir rendu une copie blanche lors d'une épreuve de rédaction. Ce n'est pas qu'il n'ait rien à dire sur le sujet " Les joies du devoir ", au contraire... Bientôt lui reviennent à la mémoire les événements qui ont fait basculer sa vie. Son père, officier de police, est contraint en 1943 de faire appliquer la loi du Reich et ses mesures antisémites à l'encontre de l'un de ses amis d'enfance, le peintre Max Nansen (derrière lequel on peut reconnaître le grand Emil Nolde). À l'insu de son père, Siggi devient le confident de l'artiste et va l'aider à mettre en sécurité ses toiles clandestines. Sa passion pour l'oeuvre le conduit ainsi au refus de l'autorité paternelle et à une transgression (un vol dans une galerie) qui lui vaudra d'être condamné. Mais aux yeux de Siggi, le châtiment porte l'empreinte du zèle coupable de son géniteur. Avec ce roman d'une grande puissance éthique et affective à la fois, qui fit le bruit que l'on imagine lors de sa publication, Siegfried Lenz a rejoint d'emblée les figures majeures du Groupe 47, ces écrivains allemands parmi lesquels on comptait Günter Grass, Heinrich Bll et Ingeborg Bachmann qui ont assuré le " redressement " intellectuel de leur pays.

  • Dans une petite ville de la Baltique bercée par le rythme incessant des vagues, Christian assiste à la minute de silence observée dans son lycée en mémoire de Stella Petersen, professeur d'anglais morte en mer. Stella fut le grand amour de Christian, un amour volé aux conventions qui régissent les relations entre professeurs et élèves, un amour fait de silences et d'interrogations, de découvertes fragiles et de beauté. Dans une prose lumineuse, toute de tendresse et de retenue, Siegfried Lenz nous offre un roman intimiste, presque onirique, sur l'éblouissement d'un premier amour et sur la douleur de l'inachèvement. " Ce roman est à la fois une leçon d'écriture et une histoire bouleversante. " Le Monde

  • Henry Neff, vingt-quatre ans, veut vivre à la marge, ne pas s'impliquer. Refusant la belle carrière qui l'attend, il demande sa mutation au bureau des objets trouvés de la compagnie des chemins de fer. Le dépôt de la gare, encombré d'articles venus de tous les horizons ferroviaires, est pour lui un merveilleux théâtre de l'imaginaire. S'improvisant metteur en scène, il invente mille saynètes avec les propriétaires désireux de récupérer leur bien. Mais bientôt, Henry se lie d'amitié avec l'un d'entre eux, et voit sa tranquillité voler en éclats. Disparu en 2014, Siegfried Lenz, unanimement considéré comme l'un des plus grands écrivains contemporains allemands, a peu écrit durant les dernières années de son existence. Le Bureau des objets trouvés, tout comme Une minute de silence (" Pavillons Poche ", 2016), est de ces romans qui concluent l'oeuvre d'une vie. " Dans ce roman, Siegfried Lenz se hisse au sommet de son art. " Frankfurter Allgemeine Zeitung

  • Le roman inédit de Siegfried Lenz se révèle l'un des meilleurs livres de cet écrivain majeur, disparu en 2014.
    Le dernier été avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, le soldat Walter Proska est affecté dans une petite unité chargée d'assurer la sécurité d'une ligne de chemin de fer au plus profond de la forêt, à la frontière de l'Ukraine et de la Biélorussie. Dans cette région marécageuse, une poignée d'hommes étourdis par la chaleur, assaillis par les moustiques et abandonnés par leurs propres troupes face aux résistants doivent également subir les ordres de plus en plus absurdes et inhumains de leur caporal-chef, en proie à la folie. Le temps passe, les soldats s'isolent. Guettés par la démence, hantés par des désirs de mort. Et Proska cherche la réponse aux questions qui l'obsèdent : entre le devoir et la conscience, quel est le plus important ? peut-on agir sans devenir coupable ? et où est Wanda, cette jeune résistante polonaise qu'il ne parvient pas à oublier ? Écrit en 1951, Le Transfuge est le deuxième roman de Siegfried Lenz. Refusé par son éditeur - qui jugeait malvenue, dans le contexte de la guerre froide, cette histoire de soldat allemand qui décide de rejoindre l'Armée rouge -, le manuscrit a été oublié pendant près de soixante-dix ans avant d'être redécouvert à la mort de l'auteur. Un triomphe posthume.

  • Arne, douze ans, est le seul survivant d'un accident de bateau qui a anéanti les siens. Il est recueilli par une famille modeste qui vit sur la zone portuaire de Hambourg, et Hans, le fils aîné, le prend sous sa protection. À l'école, Arne montre bientôt les signes d'une intelligence hors du commun, mais pour se faire accepter par une bande d'adolescents immatures, il va se compromettre dans une escapade qui tournera mal. Accablé de remords, et bien que sa " trahison " lui soit pardonnée, Arne disparaîtra sur l'Elbe, à bord d'un canot, près d'une zone de remous... L'auteur de La Leçon d'allemand nous offre un récit sobre et intemporel sur le désir poignant d'appartenance et la cruauté de l'exclusion. " Lenz livre le très beau portrait de ces âmes cabossées semblables aux épaves dont l'image se reflète dans les eaux huileuses du port de Hambourg. " L'Express

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