Langue française

  • Comme tous les poètes décisifs, Serge Pey ne ressemble à personne. Il a inventé sa voix verticale, cet aplomb du verbe qui ne tombe pas de haut, mais passe d'horizon en horizon, et au delà. Il a inventé son rythme, cette pulsation qui jette le sang des talons à la tête. Il a inventé sa parole qui est, sans distance aucune, une action, qui est un souffle, une énergie, un feu incarné. Car avec lui, la poésie tape du pied, devient vertige, envoûtement et libération de chaque fibre du corps.
    Accroché à ses bâtons d'écriture comme à des mâts naufragés, Serge Pey tangue et danse, flambe et profère. Il est le troubadour voué à la marche ascendante, le chaman des révélations violentes, celui qui énonce et relie l'ensemble des destins foudroyés, des murmures étouffés, des secrets bannis. Sa scansion accueille toutes les migrations du sens, toutes les métamorphoses du chant. Il est l'homme que le cri des origines et la rumeur des âges engagent au présent. Il entend et répercute ce qui d'ordinaire se tait : de l'exaltation massacrée au lancinant retour des suicidés de la société, de la jubilation d'être à l'irradiante tendresse des dépossédés.
    À la lecture de ses poèmes, on perçoit combien Serge Pey empoigne le monde, combien son univers mental et sonore requiert une bouche en transe, des expirations inspirées, des rondes rauques ou extatiques. Dans son sillage, les échos, les tempos sans fin, les éclats, sont ceux d'un semeur de syllabes qui serait également un oracle de grand vent.
    Mathématique générale de l'infini est un ensemble de poèmes inédits.

  • Héritier du surréalisme international, attaché à ses racines sudistes, Serge Pey se réclame de plusieurs traditions - provençale, amérindienne, anarchiste, sans parler du cante jondo ou de l'hérésie cathare - et d'un archaïsme fondamental : celui du chamanisme sans patrie qui est l'axe central de la poésie telle qu'il la pratique et l'entend.
    Le Carnaval des poètes vient s'inscrire comme en point d'orgue au terme de quatre décennies d'écriture et de poésie-action. En faisant défiler une cohorte de chars et de masques grotesques ou graves dans un joyeux chaos temporel, le livre renoue avec une veine satirique qui ne s'interdit ni la louange ni la trivialité, perpétuant la tradition du carnaval où les valeurs s'inversent et où la "bassesse" reprend ses droits pour proférer d'autres mystères. Que la poésie puisse se permettre de semblables fêtes - à l'encontre des cérémonies confites qui la guettent - a quelque chose de rassurant. Même si c'est toujours vers une lumière plus secrète que tendent les flammes noires du poème de Pey.

  • Le livre est divisé en 34 récits comme autant d'histoires authentiques d'une Sardaigne engagée et colorée, entre personnages inquiétants et intrigues comiques. On y rencontre un chimpanzé, Gramsci, des cochons, une sorcière, la mafia locale, un philosophe... Serge Pey a le don d'envoûter son lecteur en réinventant un monde qu'il connaît parfaitement.
    Serge Pey vit entre le sud de la France et la Sardaigne. Auteur de nombreux livres, édités entre autres chez Flammarion, Fata Morgana, Zulma et au Castor Astral, il développe une oeuvre poétique engagée.
    « À travers ses textes, Serge Pey brise des miroirs dont les éclats se démultiplient à l'infini. » - Le Matricule des anges
    « La poésie et les performances de Serge Pey aux quatre coins du monde sont l'oeuvre d'un homme possédé par sa langue, presque en transe, et qui scnde ses phrases comme on affûte une lame. » - Page des libraires

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