Flammarion

  • Héritier du surréalisme international, attaché à ses racines sudistes, Serge Pey se réclame de plusieurs traditions - provençale, amérindienne, anarchiste, sans parler du cante jondo ou de l'hérésie cathare - et d'un archaïsme fondamental : celui du chamanisme sans patrie qui est l'axe central de la poésie telle qu'il la pratique et l'entend.
    Le Carnaval des poètes vient s'inscrire comme en point d'orgue au terme de quatre décennies d'écriture et de poésie-action. En faisant défiler une cohorte de chars et de masques grotesques ou graves dans un joyeux chaos temporel, le livre renoue avec une veine satirique qui ne s'interdit ni la louange ni la trivialité, perpétuant la tradition du carnaval où les valeurs s'inversent et où la "bassesse" reprend ses droits pour proférer d'autres mystères. Que la poésie puisse se permettre de semblables fêtes - à l'encontre des cérémonies confites qui la guettent - a quelque chose de rassurant. Même si c'est toujours vers une lumière plus secrète que tendent les flammes noires du poème de Pey.

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