• Les hommes politiques sont les seules filles de joie qui se font payer sans donner de plaisir, tout en trompant ceux qui les payent. Élevés au rang de michetons, les électeurs se transforment ensuite en cocus systématiques. Le tout reste de savoir si cette position leur plaît. S.L.

  • Fils et frère de délinquants appréciés des services de police, le narrateur de ce roman noir a lui-même fatalisme oblige goûté de la prison. Alors qu'il coule des jours libres presque paisibles, des lettres anonymes, agrémentées de billets de banque, lui proposent de commencer une carrière de tueur à gages en libérant prématurément de leurs tracas des cadres d'un laboratoire pharmaceutique. Serge Livrozet, tout en relatant, selon les règles du genre, une intrigue policière sur fond de trafic du sang, étrille une police et une justice habiles à tailler un costume sur mesure à un présumé innocent doué d'un pedigree au fichier du banditisme.

  • Brutalement, Bruno se sent poussé : il trébuche en avant et, presque aussitôt, il reçoit sur la nuque un coup violent et doux à la fois. Le désir de se retourner, pour crier deux mots à la brute qui vient de le bousculer lui envahit l'esprit. Mais il devient léger, léger... Une grosse main lui empoigne les cheveux. Autour de ses yeux virevoltent le juge, le procureur. Puis, plus rien. Non, il s'est trompé, personne ne le tient par les cheveux. Et, pourtant, il éprouve la bizarre sensation de flotter. Il doit se trouver dans un entrepôt de sacs, tant le prend au nez une désagréable odeur de jute et de bois mouillé ou fraîchement coupé. On l'oblige à se coucher. Il n'y tient pas davantage, surtout du côté droit. Il veut se tourner, mais une force impalpable le cloue dans cette position. Soudain, une voix ouatée lui parvient : « Voilà une bonne affaire de liquidée. » Après des débuts difficiles, sur lesquels il s'explique plus longuement en préambule, Serge Livrozet publie, au Mercure de France, aux Presses d'Aujourd'hui puis chez Hachette, cinq ouvrages qui vont du roman à l'essai en passant par le document. Traduit à l'étranger, animateur de nombreuses conférences en Europe à propos de ses livres, mais désireux en même temps de conserver une totale autonomie créatrice, il décide de rompre avec le carcan obligatoirement commercial de l'édition traditionnelle et de devenir son propre éditeur. Ce qui lui permet de renouer ainsi avec la fonction première de l'édition (oubliée aujourd'hui pour des motifs mercantiles) : favoriser la libre circulation des idées, fussent-elles - disons même surtout si elles sont - en contradiction avec le conformisme social, esthétique ou politique et opposées aux tabous, aux préjugés autant qu'à la mode. Critères essentiellement financiers sur lesquels se fondent la plupart des éditeurs pour savoir si une oeuvre va être suffisamment rentable ou non. Le Sang à la Tête est donc le premier livre publié par Serge Livrozet dans ces conditions.

  • Ce huitième livre de Serge Livrozet, le troisième édité par lui-même, relate l'histoire peu banale d'un extraterrestre « pas comme les autres », venu sur terre pour tenter de mettre un terme aux conneries du monde.

  • Ce neuvième livre de Serge démonte, à la manière d'une enquête policière d'un intérêt incontestable, le mécanisme judiciaire qui, en trois mois de temps, a conduit un homme vraisemblablement innocent à la condamnation perpétuelle. Un document à verser au dossier concernant le droit d'appel aux Assises, juridiction, avec la Cour de Sûreté de l'État, à rendre, sur le fond, des sentences irrévocables.

  • Plaidoyer teinté d'humour et de tendresse destiné aux enfants. Cri de vie et de colère contre ce monde mort. Réquisitoire violent à l'intention des adultes rabougris, inertes et complices de ces cracheurs dans les micros qui érigent, épuisent, dirigent et achèvent ce monde qui agonise et où Serge Livrozet a délibérément choisi de ne pas faire vivre son enfant. Tel est le septième livre dont Serge Livrozet nous propose aujourd'hui la lecture : un pamphlet à lire absolument. Jean Lapeyrie

  • « Tout se transforme, tout évolue sauf l'idée clé que j'ai tenté au fil des pages de faire apparaître : il n'y a pas de bons politiciens, chacun d'eux est un chef ou bien en passe de le devenir. Refuser d'être un mouton, c'est nécessairement refuser à d'autres de tenir le rôle de loup, c'est devenir un loup soi-même. Car, c'est bien connu, les loups ne se mangent pas entre eux. Alors, toi qui me lis, si tu veux qu'on cesse de te tondre la laine du dos, sors les crocs. Ne pleure plus, hurle. Ne te suicide plus, réagis. Si on te frappe, ne tends pas la joue gauche, place ton droit. Nul ne réagira, ne cognera pour toi. C'est à toi de le faire. Unis-toi par groupe, par affinités, à ceux qui pensent comme toi que la dignité se mérite, que chacun y a droit, mais qu'elle se gagne. Et si dans ce groupe se met à naître un chef, gueule aussi fort que lui, montre-lui que tu n'as pas quitté Charybde pour tomber en Scylla. Et si c'est toi qui as tendance à devenir le patron, bats-toi contre toi-même avant d'être un jour prochain de toute façon combattu par les autres... » S. L.

  • Un cri vient de jaillir dans la nuit, troublant le calme de la prison. Je sais de quoi il s'agit : les gardes mobiles attaquent. Des voix surmontent le tumulte, je comprends que les flics ont ouvert les cellules et qu'ils matraquent les types qui se trouvaient dedans. La grève de la faim est terminée. Les coups, les cris redoublent, agrémentés d'insultes de plus en plus nombreuses. Avec mon tabouret, je cogne contre ma porte. Juste à l'endroit de la serrure. Je tape, je tape. Elle s'est ouverte d'un seul coup. Je me suis retrouvé sur la coursive, presque bêtement, devant des uniformes bleu marine casqués et harnachés comme pour une guerre de tranchées. Des crosses de fusils étaient levées sur moi. Au troisième coup, tout a commencé à devenir noir, et je me suis mis à hurler à m'en faire vomir. C'est à ce moment-là que j'ai perdu connaissance avec la certitude que l'on continuait à me frapper et que j'allais mourir là, pour rien ou presque rien, sans avoir pu me battre.

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