• Rimbaldo

    Serge Filippini

    Aden, août 1880. Jules Suel, gérant du Grand Hôtel de l'Univers, a décidé de s'offrir un cliché publicitaire. Il convie quelques fidèles à poser autour de lui. Tous se prêtent au jeu, plutôt de bonne grâce. Seul un employé de la maison Bardey, un être taciturne vêtu comme un ouvrier, se fait prier - et ce personnage n'est autre qu'Arthur Rimbaud.
    S'inspirant de la célèbre photo retrouvée par hasard en 2010, Serge Filippini imagine les deux heures qui mènent à la prise de vue. Il entrecroise les vies des six hommes et de la femme bientôt figés dans leur portrait de groupe. Qui sont-ils, ces commerçants et ces explorateurs? Quelles obsessions, quels rêves les animent? Quels secrets sont-ils venus cacher dans la chaleur accablante et la poussière d'Arabie? Et pourquoi Rimbaud refuse-t-il l'amour qui s'offre à lui?

  • Rome, 10 février 1600. Giordano Bruno a été condamné par l´Inquisition pour avoir pensé sans prudence et va être conduit au bûcher d´ici à sept jours. Sept jours pour écrire le roman de sa vie. Sept jours pour que naisse son grand oeuvre au fil d´une narration puissante, de plus en plus marquée par l´urgence, le manque de sommeil et le besoin de dire l´homme de chair et de désirs, le philosophe et l´aventurier qu´il aura été dans ce monde envahi par les ombres noires de l´intolérance. Giordano Bruno évoque fiévreusement l´Europe de la Renaissance, ses ennemis nombreux, ses amis et toutes les figures qu´il aura pu croiser, de l´énigmatique Henri III de France à Montaigne, de Shakespeare au peintre Arcimboldo, sans oublier le troublant Cecil : un destin aimanté par le feu et voué à toutes les audaces.


     


  • « Elle avait gardé toute la nuit Nadja serré entre les cuisses - comme si elle avait attribué à ce livre un pouvoir magique. Mais le petit volume à présent lui comprimait le ventre.
    Elle l'avait toujours à la main quand elle s'est levée pour aller aux toilettes. Elle a pris au passage, sur la table, un Bic noir appartenant à l'auberge. Dans le cabinet, elle a ouvert Nadja sur ses genoux à la page de titre et écrit méticuleusement J'aimerai au-dessus du nom de l'auteur, en script du même corps. Elle a tracé avec art toutes ses lettres afin que la mention nouvellement composée J'aimerai André Breton soit bien unifiée, et que ses propres caractères paraissent eux-mêmes sortir de l'imprimerie. »
    Né en 1950, Serge Filippini a suivi des études de lettres et de philosophie. Il est notamment l'auteur de L'Homme incendié, La Vie en double, Deux testaments et Un amour de Paul.

  • Joseph Brentano, représentant et écrivain raté, s'arrête un jour à Vendôme dans un petit hôtel. Il rencontre Angèle, la serveuse, avec laquelle il vit une aventure violente et passionnée. Angèle lui confesse ses fantasmes et la tragédie de son enfance tandis que Brentano n'ose lui avouer son propre drame. Le huis clos érotique et désespéré va se poursuivre dans un château parmi des fous et un psychiatre qui entretient d'étranges rapports avec Angèle. Un roman d'amour fou dont on ne sort pas indemne.

  • Le Roi de Sicile

    Serge Filippini

    • Grasset
    • 1 Avril 1998

    Dans les Abruzzes, à la fin du XIIIe siècle. Charles II d'Anjou est roi de Sicile en titre et en droit, mais non en fait, car il a perdu son île, tombée aux mains des Espagnols après le massacre dit " des Vêpres siciliennes ". Pour la récupérer, il a besoin d'un traité avec l'Espagne ratifié par le Pape. Le traité est à portée de sa main. En revanche, il n'y a plus de pape depuis deux ans, et le conclave est trop déchiré pour en élire un... Charles veut pourtant essayer de forcer les cardinaux à dépasser leurs querelles et à choisir un pontife. Pour parvenir à ses fins, il arrache à sa solitude un pauvre ermite qui finit par monter sur le trône sous le nom de Célestin V. Hélas ! L'ermite n'a accepté d'être élu que pour mieux refuser de régner. Retourné à sa réclusion volontaire, il entrera dans l'histoire comme le seul pape ayant abdiqué sa charge... Et Charles ne mettra jamais les pieds en Sicile ! Le drame est livré au lecteur sous la plume de Phèdre, un esclave lettré devenu écrivain officiel des Anjou. A son libre récit se mêle l'évocation d'amours et amitiés avec ceux qui gouvernent alors le sud de l'Italie : une poignée d'hommes et de femmes attachés à l'oeuvre commune, mais où chacun doit composer avec ses ambitions, ses opinions et désirs. Comment ne pas voir, dans ces pages, un écho à nos passions vivantes ?

  • Au début, il y avait une petite fille qui aimait bien se faire attacher à un arbre. Et puis, peu à peu, cette innocente perversion érotique va se transformer en une quête éperdue d'un plaisir soumis qui fera croiser à cette héroïne en quête d'absolu des personnages de plus en plus dominants, torturés d'indicibles pulsions comme ce prêtre priapique qui veut toujours aller plus loin. Hommes, femmes se mêlent inextricablement dans un tourbillon de folie érotique qui les entraîne si loin qu'ils s'y détruisent.

  • Un amour de Paul

    Serge Filippini

    • Grasset
    • 2 Février 2000

    Rome, 1989. Relevant le défi lancé dans les années 70 par Pasolini, un romancier (Paul Saulino) s'attaque à l'écriture d'un film sur la vie de saint Paul. Il a été engagé pour ce travail par un producteur (Hugo Lhomme) qui est aussi son ami et son mentor.

    Au cours d'une visite sur le lieu du martyre de l'apôtre, Paul croise Eden Pym, une jeune actrice aux yeux d'ange, au corps de top model, mais à l'esprit névrosé et tourmenté par les problèmes de foi.

    Au-delà de l'aventure sexuelle, Paul entrevoit la possibilité d'être heureux avec Eden. Cependant il est contraint de présenter sa nouvelle maîtresse à Hugo qui, aussitôt, voit en elle la star du futur film.

    /> A qui Eden se donnera-t-elle ? A Paul comme amante ? A Hugo comme actrice ? Ou choisira-t-elle son chemin de Damas et la foi ?

    Serge Filippini, né en 1950, romancier, est l'auteur, entre autres, de L'Homme incendié (1990), et du Roi de Sicile (1997).

  • Paris, dans un siècle environ, n'existe plus en tant que ville. Les responsables : les guerres, le réchauffement climatique et la montée des eaux, qui recouvrent une partie de la Normandie et s'approchent de l'ancienne capitale. Laissée à l'abandon, livrée à la ruine, c'est désormais une jungle peuplée de vestiges archéologiques : l'arc de Triomphe, le Louvre, le Panthéon, des tronçons de métro aérien, la tour Eiffel décapitée par un missile...



    Seuls deux gratte-ciel ont survécu dans l'ex-quartier chinois du XIIIe arrondissement, dressées face-à-face comme sur un échiquier. Chacune des tours est commandée par un chef de guerre : Rob et Angst, sont plus ou moins frères ou cousins. Tous deux veulent faire renaître Paris. « Assassins » et « commandés » s'affronteront trente contre trente sur la dalle... Mais avant le combat, moult péripéties, mettant aux prises des enfants purs et des enfants tueurs, un manteau miraculeux brodé de deux couleuvres entrelacées, une vierge rêvant d'être l'Épouse mystique qui enfantera la renaissance de l'Europe...



    Une atmosphère médiévale et futuriste baigne le Combat des Trente, roman gothique inspiré d'un épisode réel de la guerre de Cent ans.

  •  0500« Je respirai la base de son cou où la journée avait jeté des parfums de jardin et d'orage. Je fis jaillir du caraco ses jeunes seins qui eurent l'air de naître à l'existence entre les plis de tissu adoucis par la faible lumière. Sa taille attendait d'être ceinturée par mes mains. Puis c'est elle-même qui souleva se jupes pour montrer sans aucune réticence le duvet délicat dessiné à la fourche de ses cuisses, sur la fente rose fendue de sombre. Cette fine coupure visible dans l'ombre de la remise, cette entaille, comme un trait de crayon sur la feuille blanche d'un carnet, était-elle la carnation végétale du hameau Vitali ? Était-ce la couleur, l'essence et l'âme de ce coin de montagne ? Je me penchai pour l'effleurer de la pulpe de mes doigts, y poser les lèvres, y projeter la langue, en goûter la saveur... »Au XVIIIe siècle, dans un petit village de l'Italie septentrionale, en plein été. Le jeune musicien Tristano, plongé au coeur d'une fête rituelle, est prêt à vendre son âme pour rencontrer la belle Francesca. Une fantaisie libertine d'une grande virtuosité.0300Un récit érotique de facture classique, librement inspiré des aventures de Don Quichotte. Exotique et chatoyant.Le dix-septième siècle, un causse du Quercy, le plein été. Un voyageur du nom de Tristani s'approche d'un hameau, suivi de Fo son serviteur qui traîne un âne par la bride. L'âne transporte sur son bât, avec les bagages, une viole d'amour dans son étui.Surpris par un orage, contraints de s'abriter, ils assistent à leur corps défendant à une scène troublante : une femme du peuple se faisant caresser sous un arbre par un berger.Tristani et Fo s'interrogent à voix basse. Ce tableau marquant leur arrivée est une bien curieuse facétie du destin. Le hameau Vitali, où ils sont attendus, est habité par des Italiens plutôt austères, des catholiques qui ont souffert des guerres de religion. De plus un homme s'y meurt. C'est du reste la raison pour laquelle Tristani et Fo sont montés de Cahors sur ce causse aride : le mourant a souhaité entendre avant de partir un certain air joué à la viole d'amour.Tristani fait la connaissance de Catherine Vitali, une jeune fille dont la sensualité se nourrit d'émotions artistiques. Catherine affirme juger stupides les guerres en général et les guerres de religion en particulier. Il n'est selon elle que deux choses importantes : le culte de la beauté et l`amour du prochain. Tristani se demande comment il convient d`interpréter cette opinion. Mais le temps presse : le mourant, qui craint de passer durant la nuit, réclame pour le soir même son concert de viole d'amour. GÉRARD GUILLOTLe Figaro à propos de "L'homme incendié" « [...] le lecteur se trouve devant un roman exaltant, dévastateur comme des flammes, sentant en même temps l'hostie brûlée et le souffle démoniaque... Un livre qui vous entraine dans les couloirs sombres des monastères italiens, qui vous promène sur les routes européennes en compagnie d'homosexuels, d'assassins, de filles de joie. » 

  • Le 1er mai 1944, Jacques et Madeleine Goldstein sont débarqués sur la rampe d'Auschwitz et immédiatement séparés. Déportés dans le même wagon au départ de Drancy, ils comprennent qu'ils n'ont aucune chance de se revoir et échangent un ultime baiser. Sous

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