• En 1562, Sébastien Castellion (1515-1563) publie le Conseil à la France désolée dans un contexte dramatique. Le conflit qui l'oppose à Calvin depuis l'exécution de Michel Servet dix ans plus tôt n'a cessé de s'envenimer, et Castellion voit désormais la France sombrer dans les guerres de religion : c'est à cette France « désolée » par les affrontements religieux qu'il adresse le Conseil, ultime tentative pour préserver les conditions de la paix. A l'instar d'Etienne Pasquier dans son Exhortation aux princes et seigneurs du conseil privé du Roy paru l'année précédente, Castellion prend clairement parti contre le « forcement de consciences » dont il montre à la fois l'impossibilité morale, l'illégitimité religieuse et l'inefficacité politique. Apostrophant ensemble les catholiques et les protestants, l'homme du commun et le prince, Castellion interroge la définition même de l'hérétique et forme le voeu qu'aucun homme ne puisse être mis à mort au motif qu'il s'écarte des croyances communes.

  • Le Contra libellum Calvini constitue, avec le De haereticis, an sint persequendi, l'une des contributions les plus importantes de Sébastien Castellion à la controverse sur la tolérance, née à la suite de l'arrestation puis de l'exécution sur le bûcher pour cause d'hérésie de l'espagnol Michel Servet à Genève le 27 octobre 1553. Écrit au cours de l'été 1554 à Bâle, il se présente comme une réponse au Defensio orthodoxae fidei de Calvin. Il ne fut publié pour la première fois qu'en 1612.,L`ouvrage est construit sous la forme d'un dialogue entre Calvin et "Vaticanus" (Castellion). Dans une querelle empreinte d'ironie et de mépris amer, l'humaniste bâlois se dévoile comme un orateur colérique et passionné qui s'en prend aux fautes et aux faiblesses de Calvin, à sa théologie et à ses occupations genevoises. C'est ici que l'on rencontre la célèbre phrase "tuer un homme, ce n'est pas défendre une doctrine, c'est tuer un homme".,L'édition critique d`Uwe Plath inclut un long fragment autographe bâlois et s'attache à fournir un texte lisible et exempt de fautes, aussi proche que possible de l'original de Castellion.,

  • Sebastian Castellio wrote his Annotation on Rom 9 during stormy times. After the trial against Miguel Servetus and the ensuing polemic from Castellio and his allies against it, Geneva came to see Sebastian Castellio as a threat against the reformation. His Annotation on Rom 9 probably confirmed this verdict. Castellio used it to speak out against John Calvin's doctrine on predestination and to elaborate on his own ideas about the perfectibility of humans.
    Castellio published his Annotation on Rom 9 only once, in his 1554 Latin Bible. In subsequent editions it was replaced by an asterisk and the short remark "maior serviet minori." Many scholars assumed that it was censorship of Castellio's text and even took it for granted that it was erased from Castellio's Bible. But that is certainly not what happened: censorship was probably less severe than scholars have so often assumed. This critical edition together with the English translation makes Castellio's first polemical writing on predestination easily accessible. The introduction describes the context in which Castellio wrote his Bible and elaborates on his biblical scholarship.

  • Contre le libellé de Calvin est certainement l'un des plus grands textes humanistes qu'on ait jamais écrits. Depuis longtemps inaccessible dans sa langue d'origine (le latin), il n'avait jamais été traduit en français.
    Ce livre, âgé de plusieurs siècles,

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