• Qu'est-ce que le genre ? Comment les identités sexuelles et les rapports entre hommes et femmes sont-ils construits, et comment se transforment-ils ? Quel rôle jouent, dans ces processus, la politique et les mobilisations collectives, l'économique et le social, mais aussi le langage et l'inconscient ? Historienne mondialement reconnue, Joan W. Scott a imposé l'idée selon laquelle le genre ne constitue pas seulement un domaine d'investigation : c'est un instrument critique destiné à transformer la réflexion dans tous les secteurs. Pour elle, il se situe au coeur de toute relation de pouvoir et traverse l'ensemble des dynamiques à l'oeuvre dans la société. Ce volume réunit les grands essais de Joan W. Scott sur le genre publiés entre 1986 et 2011. Ces textes renouvellent ainsi l'analyse de questions aussi diverses que le sécularisme, la laïcité, la démocratie, la représentation de l'État et de l'identité nationale, ou encore celle du marxisme et des classes sociales. À l'heure où les études sur le genre se multiplient, Joan W. Scott s'interroge sur l'avenir du féminisme. Elle s'inquiète de la manière dont cette catégorie est si souvent vidée de ses implications radicales. Et montre comment elle peut continuer à nous inciter à penser autrement.

  • «J'ai entrepris ce livre parce que je savais que les affirmations courantes sur la laïcité - l'idée selon laquelle elle est nécessairement synonyme d'émancipation des femmes - n'étaient tout simplement pas vraies. Ayant étudié l'histoire du genre et des femmes en France, j'étais stupéfaite d'entendre des politiques prétendre que l'égalité de genre est une valeur primordiale de la démocratie au moins depuis la Révolution française. En réalité, l'égalité de genre est absente des documents fondateurs des démocraties occidentales, même lorsque celles-ci invoquent les principes universels des Droits de l'homme. Elle n'est devenue une valeur centrale pour les politiques français que depuis le début de ce siècle, et seulement pour marquer une opposition à l'islam. C'est ce qui m'est apparu clairement en faisant des recherches sur la loi de 1905 de séparation de l'Église et de l'État en France.»

  • Parité, action positive, bureaux des temps, inversion de la charge de la preuve en matière de discrimination, égalité dans l'accès à l'espace public... La République est en pleine mutation. Ces changements rencontrent néanmoins une forte résistance idéologique. Portés par les combats des minorités, ils sont taxés de particularisme en France. L'universalisme républicain doit rester intact. Quitte à dire, avec Tancrède, que « tout doit changer pour que rien ne change ».

    Les auteur.e.s des Défis de la République font le pari inverse : étudier les conditions qui permettraient à ces nouveaux dispositifs d'action publique d'être étendus et intensifiés.

    Avec comme point de départ le travail de Françoise Gaspard, actrice clé de ces métamorphoses, l'ouvrage démontre que la République n'est pas qu'un principe de gouvernement. Elle est l'idée même que questionnent ces nouvelles politiques. Elle est donc aussi ce par quoi, paradoxalement, la transformation du droit devient possible.

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