• Boston, années 1960, dans les caves d'une librairie d'occasion au bord de la faillite. Firmin, rat des villes, nourri (au sens propre comme au sens figuré) de Grande Littérature, se rêve en James Joyce ou au moins en Fred Astaire. Mais ses fantasmes de passion hollywoodienne, d'amitié virile et de gloire littéraire doivent affronter la dure réalité des tractopelles dans un quartier (et une époque) en pleine "réhabilitation.

  • À l'heure où la vie s'achève dans un corps décrépit, le monde se réduit à la dimension d'une fenêtre, l'oeil d'une maison en ruine où un homme, Harold Nivenson, remue ses souvenirs pendant que l'on convoite déjà ses biens. « Au moment crucial où les âmes se choisissent une enveloppe, je me suis trompé d'espèce », pense-t-il du fond de sa tanière d'où il épie les jeux des enfants, le va-et-vient des voisins, leurs pantomimes dans les maisons d'en face, les arbres qui, le soir, projettent leur ombre sur ses mains décharnées, toutes les silhouettes de ce quartier embourgeoisé qui a bien changé depuis les beaux jours de la bohème. Il y a peu, le vieil homme descendait encore en boitillant sur sa canne jusqu'à la rivière, avec son chien, méditant sur ce fameux « chemin de la vie » où, jadis plein d'espoir, l'on finit par s'enfoncer par mégarde dans une forêt obscure. Sa vieille femme fatiguée le soigne de son mieux, mais elle aussi est en train de s'effacer, et bientôt sa présence se confond avec les bruits de la télé. Perdu dans ses veilles crépusculaires, Nivenson se plonge aussi dans tous ces tableaux accrochés autour de lui depuis des années, les derniers témoins du temps où il ouvrait sa maison à tous les artistes, où il avait une âme soeur, un frère, le peintre génial Peter Meininger. Mais Peter Meininger portait aussi en lui les germes de la destruction, et il laissa dans son sillage un tableau qui rend fou, un nu maléfique, l'abîme de Nivenson, où les rêves virent au cauchemar. Moi, Harold Nivenson est l'histoire d'un homme qui chercha la fraternité dans l'art des hommes, mais qui, comme sa femme auprès d'un petit bouddha de porcelaine, trouva auprès de son chien le secret de l'art de mourir. Sam Savage est né en Caroline du Sud en 1940 et vit désormais dans le Wisconsin. Il est l'auteur du phénoménal Firmin (Actes Sud, 2009), traduit dans une quinzaine de langues, de La complainte du paresseux (Actes Sud, 2011) et de Spring Hope (Notabilia, 2015). Il a obtenu un doctorat en philosophie à l'université de Yale.

  • « " Devant moi, suis-je tentée de dire maintenant, il n´y a que le passé. Une tentative véritablement folle de faire s´écouler le temps à rebours." Tout commence par le goût métallique d´une pièce de monnaie sur la langue d´une enfant, par le doigt de la mère lui fouillant la bouche pour lui ôter cette pièce, premier souvenir d´une conscience qui s´éveille parmi les chiens et les oiseaux, dans une grande maison carrée de la Caroline du Sud, où derrière les rideaux de mousseline, sous la glycine et les magnolias, vivent Eve, ses frères, ses parents, tous ces êtres qui passent dans le monde comme des rêves. Et tout s´achèvera dans un autre siècle, dans les vieux paysages dévastés, lorsque la mère devenue poussière se sera abîmée dans sa vie intérieure, dans les décombres de ses poèmes.

    " Parfois, en lisant, elle était submergée par la beauté et pleurait. Parfois je pense que la beauté la rendait folle. " Devenue vieille et maigre à son tour, assise au même petit bureau où elle a vu sa mère souffrir de n´être pas Baudelaire, Mallarmé ou Rimbaud, Eve brûle ses dernières forces à ressusciter le passé, à exhumer le monde perdu dans l´espoir de parachever l´oeuvre de sa mère et d´offrir un peu de paix à cette âme déchirée. C´est ainsi que du fond de cette terre tragique, dont rien de bon n´était censé sortir, s´élèvent les visages anciens, renaissent les parfums, les couleurs, les bruits et les sensations d´une vie en partage. Et c´est dans ces interstices de la pensée où toutes les époques convergent, dans le langage mystérieux du souvenir, et non pas dans les cahiers noircis de poèmes, que l´oeuvre véritable s´élabore : la mère chercha l´art dans les espaces infinis de l´idéal, mais l´art était dans la vie et les choses minuscules, dans les mille petits riens de chacun, à la portée immédiate de la main. » Sylvain Trudel Sam Savage vit dans le Wisconsin. Il est l'auteur du phénoménal Firmin (Actes Sud, 2009), traduit dans une quinzaine de langues, et de La Complainte du paresseux (Actes Sud, 2011). Il a obtenu un doctorat en philosophie à l´université Yale.

  • Anglais The Flaw of Averages

    Sam L. Savage

    • Wiley
    • 13 Mars 2012

    A must-read for anyone who makes business decisions that have amajor financial impact. As the recent collapse on Wall Street shows, we are oftenill-equipped to deal with uncertainty and risk. Yet every day webase our personal and business plans on uncertainties, whether theybe next month’s sales, next year’s costs, ortomorrow’s stock price. In The Flaw of Averages, SamSavage­known for his creative exposition of difficultsubjects­ describes common avoidable mistakes in assessingrisk in the face of uncertainty. Along the way, he shows why plansbased on average assumptions are wrong, on average, in areas asdiverse as healthcare, accounting, the War on Terror, and climatechange. In his chapter on Sex and the Central Limit Theorem, hebravely grasps the literary third rail of gender differences.Instead of statistical jargon, Savage presents complex conceptsin plain English. In addition, a tightly integrated web sitecontains numerous animations and simulations to further connect theseat of the reader’s intellect to the seat of theirpants.The Flaw of Averages typically results when someone plugsa single number into a spreadsheet to represent an uncertain futurequantity. Savage finishes the book with a discussion of theemerging field of Probability Management, which cures this problemthough a new technology that can pack thousands of numbers into asingle spreadsheet cell.Praise for The Flaw of Averages“Statistical uncertainties are pervasive in decisions wemake every day in business, government, and our personal lives. SamSavage’s lively and engaging book gives any interested readerthe insight and the tools to deal effectively with thoseuncertainties. I highly recommend The Flaw ofAverages.”
    —William J. Perry, Former U.S. Secretary ofDefense“Enterprise analysis under uncertainty has long been anacademic ideal. . . . In this profound and entertaining book,Professor Savage shows how to make all this practical, practicable,and comprehensible.”
    —­Harry Markowitz, Nobel Laureate inEconomics

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