• Une petite rue, des petits commerçants, un petit retraité et tout un petit monde qui ne se soucie que de petits intérêts, toujours moraux, toujours financiers, toujours sordides... jusqu'au jour où !... Dans « La petite rue », René Bragard met son écriture au service de ce que l'on pourrait appeler « l'entomologie humaine ». Rien n'est écrit, dans ce roman, sans qu'il n'y ait eu, au préalable, observation minutieuse et systématique, à tel point que chaque phrase, chaque chapitre, constituent une espèce de traduction du regard de l'écrivain, mot à mot, une sorte d'idéogramme continu et discret sur l'existence organique et affective des hommes. Et tout cela avec la pratique de la dérision à l'égard du sens de la vie et de tout l'arsenal vieillot métaphysique dont l'auteur, lui-même, dit avoir hérité, comme tout le monde ; pas plus, ni moins.

  • Un révolutionnaire se trompe de leader, un roi mage se trompe d'étoile, une jeune épousée de mari, un homme pense avec le cerveau d'un autre : avouez que c'est drôle, Monsieur, comme les choses arrivent ! De confusions mentales en quiproquos burlesques les personnages de René Bragard se débattent dans les situations inextricables qu'ils ont, pour une large part, eux-mêmes créées ; l'auteur les observe, entre ironie et tendresse, et il conduit, sans fioriture, l'action à son dénouement obligé. Situées dans les lieux, les époques et les milieux les plus divers, qu'elles soient oniriques, tragiques, ou cocasses, les huit nouvelles de ce recueil trouvent leur unité dans la relation de ces chasses au destin, logiques et absurdes. Observateur détaché, René Bragard sourit. Le lecteur aussi, aimablement contraint par l'auteur à jouer le jeu ; ses atouts-maîtres : l'habileté de la construction dans un genre aussi rigoureux que la nouvelle, et la séduction d'un style qui alterne avec bonheur le mode « parlé », plein de faîcheur et de jeunesse, et l'élégance classique. Reconnues par le Jury, ces qualités ont fait attribuer à René BRAGARD, nouvelliste, le prix Jean Reverzy 1988. Une excellente cuvée !

  • Les finances de la France sont au plus mal. La révolte gronde et l'émeute menace l'Élysée. Le gouvernement, désemparé, ne sait plus quelle résolution adopter. C'est alors que se manifeste un curieux chimiste suisse, qui a découvert le moyen assez extravagant de remettre en ordre l'économie du pays, sans risque d'inflation, et en garantissant à chaque citoyen une totale sécurité financière. L'étrange aventure du financier miracle constitue l'essentiel du roman, dont le côté économique n'est que la toile de fond. Un riche marchand de tableaux, un pack de truands, une gamine diabolique et bien d'autres personnages encore interviennent dans cette intrigue. Mais c'est surtout le déroulement inattendu de deux destins que rien ne prédestinait à se rencontrer mais qui cependant convergent inexorablement que décrit le roman de René Bragard. Romancier à succès, auteur de films (le feu dans la peau, tiré d'un de ces romans, obtient le prix du festival de Knokke-le-Zoute), auteur dramatique, René Bragard voit sa carrière brutalement (mais provisoirement) interrompue par la mort de son père dont il est contraint de reprendre les activités. Il n'en continue pas moins à écrire. Secrétaire général adjoint du Pen Club français, il participe activement aux actions menées par cette prestigieuse organisation (la seule association mondiale d'écrivains) en faveur de la liberté d'expression universelle.

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