• Promenade poétique, littéraire et historique dans le temps et l'espace, ce livre est aussi celui des amitiés et des admirations de l'auteur : une galerie de portraits où les vivants et les morts ont forgé la personnalité de la plus belle ville du monde.
    J'aime me balader dans Paris, vagabonder le nez en l'air en compagnie de mes chers fantômes : poètes, romanciers, peintres, photographes, piétons de Paris ou mauvais garçons. Les uns m'entraînent dans telle ou telle rue, tel bistrot, les autres dans l'ombre d'une église ou celle d'un pont. Flâner est une occupation qui m'est familière, et Paris est le lieu idéal où s'entremêlent l'histoire et les anecdotes populaires, les émotions de la vie du passé et de celle qui nous occupe. Musarder dans Paris, c'est savoir regarder en souriant un couple d'amoureux, un vol de canards au-dessus de la Seine, s'arrêter pour écouter le vieil accordéoniste qui joue en fredonnant : " Paris je t'aime, je t'aime, je t'aime avec ivresse, comme une maîtresse... " R. D.

  • 101, avenue Henri-Martin
    En cet automne 1942, le domaine de Montillac a bien changé. La vie est dure. Le bonheur a fait place aux deuils, l'insouciance aux privations. Au plus noir de l'Occupation, Léa Delmas va découvrir la délation, la lâcheté, la collaboration. Ses proches vont subir les tortures, d'autres trahir. Elle va choisir farouchement le camp de la liberté: la Résistance.
    Au mépris de tout danger, dans le Paris des faux plaisirs et des vraies horreurs, elle va s'opposer à l'occupant et tenter de sauver ceux qu'elle aime... Seuls son appétit de vivre, sa jeunesse, sa fougueuse sensualité lui permettront de tenir tête...
    101, avenue Henri-Martin est la suite de La Bicyclette Bleue et précède Le Diable en rit encore.

  • 1944: la guerre a fini d'hésiter et chacun a choisi son camp. L'heure est venue des tueries, des règlements de compte et des grands affrontements militaires.
    Léa a mûri. Après avoir découvert l'horreur, elle découvre le courage et la haine. Engagée dans toutes les luttes, jusqu'au bout de ses forces, elle trace son chemin volontaire de Montillac en feu à Berlin en ruine, passant par un Paris en liesse où rôdent encore les dangers. Pendant les deux dernières années de cette guerre atroce, la mort est sa compagne et c'est en elle qu'elle puise les infimes raisons d'une vie qui aura l'éclat de l'amour.
    Le Diable en rit encore clôt la trilogie commencée par La Bicyclette Bleue et 101 avenue Henri-Martin.

  • Quinze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Léa, intrépide héroïne de la Bicyclette bleue, est de retour en France. Entre-temps, le monde bouleversé de l'après-guerre l'avait conduite d'Argentine à La Havane révolutionnaire, en passant par une Indochine en plein chaos.
    Pourtant, à la fin des années cinquante, la France n'est pas de tout repos la guerre qui fait rage en Algérie, agite tout le pays. Le général de Gaulle charge alors François Tavernier de sonder, outre-Méditerranée, une population inquiète et une armée tentée par le putsch. Restés à Paris, Léa et Charles, son fils adoptif, prennent peu à peu le parti de l'indépendance et s'engagent, aux côtés des " porteurs de valises ", dans de dangereuses opérations de soutien aux militants algériens.
    Alors que la rébellion de janvier 1960 précipite Alger au bord du gouffre, Léa doit rejoindre François pour échapper aux soupçons de la DST les voici projetés au coeur d'événements dramatiques qui, une fois encore, les mettront durement à l'épreuve, éprouvant autant leurs convic-tions que leur amour.

  • Novembre 1945: à Nuremberg dans l'Allemagne vaincue, les Alliés jugent les anciens criminels nazis.
    Léa Delmas, envoyée par la Croix-Rouge, y retrouve François Tavernier qu'elle a revu quelque mois plus tôt dans un Montillac en pleine reconstruction.
    Léa, ébranlée par les atrocités de la guerre, s'effondre lorsque Sarah Mulstein lui raconte l'horreur de son calvaire dans le camp de Ravensbrück. Les souffrances et les humiliations ont fait de cette femme sensible un être habité par la haine et le désir de vengeance. Sarah convainc François Tavernier d'épouser sa cause et de rejoindre le réseau de Vengeurs qu'elle a constitué. Leur mission est simple: traquer et exécuter les nazis partout où ils se trouvent. Cette " chasse " les conduit en Argentine où les milieux péronistes facilitent l'insertion des criminels de guerre dans la société.
    Dans Noir Tango, Régine Deforges redonne vie, pour notre plus grand bonheur, aux personnages qui nous ont conquis dans sa trilogie La Bicyclette Bleue.

  • De retour d'Argentine, Léa Delmas, enceinte, épouse à Montillac François Tavernier. Le lendemain du mariage, à la demande de Vincent Auriol, président de la République, François part en mission en Indochine dans le but de renouer le dialogue avec le président vietnamien, Hô Chi Minh. Après la naissance de l'enfant, Léa, reconnue par d'anciens nazis argentins qui cherchent à l'abattre, gagne à son tour l'Indochine pour retrouver son mari. En dépit d'incidents douloureux et de contretemps, François parvient à rencontrer Hô Chi Minh. Mais il est trop tard pour les paroles de paix.
    Débarquée à Saigon, Léa tente de rejoindre le Nord où, lui dit-on, se trouve François. Après un détour par la baie de Ha Long en compagnie d'un métis, ami d'enfance de Tavernier, devenu pirate, et avoir échappé à de nombreux dangers, elle atteint Hanoi. Elle est alors reçue dans la famille du jeune métis, dont la soeur Lien est secrètement amoureuse de François. Désavoué par les Français, arrêté par le Viêt-minh, Tavernier parvient à s'échapper. Apprenant son évasion, Léa va à sa rencontre...
    Après Noir Tango, la suite de la célèbre série romanesque inaugurée par La Bicyclette bleue.

  • Pris dans la tourmente indochinoise, Léa et François Tavernier, les héros de La Bicyclette Bleue et de Rue de la Soie, parviendront-ils à sauvegarder leur bonheur?
    1950: la guerre tourne au désastre. Qu'en sera-t-il de leur mission secrète auprès du Viêt-minh?
    De Saigon, ville de plaisirs où s'ourdissent mille intrigues, à Hong Kong la fastueuse, le beau métis Kien séduira-t-il enfin l'Européenne?
    Le désordre des passions le dispute à la violence des combats. Des méandres de la rizière vietnamienne à la dernière colline surplombant Diên Biên Phu, Léa la rebelle et François réussiront-ils à sortir de l'enfer?
    Juillet 1954: les accords de Genève mettent fin au carnage. Des prisonniers sont libérés. Tenant un enfant contre elle, Léa scrute ce défilé de fantômes...

  • Léa et François Tavernier s'embarquent pour Cuba avec leurs enfants. Ils cherchent à y oublier le désastre indochinois dans lequel ils ont été si tragiquement plongés. Mais l'aventure les rattrape à nouveau sur cette île où règne alors Fulgencio Batista, le dictateur que soutient la mafia américaine.
    Très vite, Charles, le fils adoptif de Léa, se trouve mêlé au mouvement révolutionnaire. Ardemment recherché par la police de Batista, il parvient à rejoindre Fidel Castro et la rebellion qui attendent leur heure dans la sierra Maestra. Folle d'inquiétude, Léa part à sa recherche et le retrouve en compagnie d'Ernesto Guevara qui l'aima en Argentine (voir Noir Tango) et de Camilo Cienfuegos qui devient son amant. Ensemble, ils prennent part aux durs combats de Santa Clara, puis remontent en vainqueurs sur La Havane.
    Pendant ce temps, François Tavernier, à qui le général Salan d'abord, puis le général de Gaulle ont fait appel, gagne Alger, en mission avec Léon Delbecque, Lucien Neuwirth et le capitaine Jean Pouget qu'il a connu durant le siège de Diên Biên Phu. Là, il assiste aux événements du 13 mai 1958, s'inquiète de la montée du fascisme en Algérie et apprend à se méfier de l'entourage proche du général de Gaulle qu'il soupçonne d'avoir voulu fomenter un coup d'Etat pour assurer son retour au pouvoir.
    Léa et François se retrouvent finalement à Paris en 1959.

  • En 1966, le général de Gaulle, chef de l'État français, charge François Tavernier d'une mission aussi secrète que délicate : se rendre en Bolivie où Klaus Barbie, le criminel de guerre nazi, a trouvé refuge. Là, avec l'appui de Dominique Ponchardier, ambassadeur de France à La Paz, il devra obtenir l'extradition du tortionnaire de Jean Moulin. À défaut, il lui restera la possibilité de l'enlever ; voire de l'éliminer...
    À peine débarqué, Tavernier se trouve en butte à l'hostilité déclarée des exilés allemands : les attentats contre sa vie se multiplient. Par bonheur, Léa qui l'a rejoint à La Paz, le seconde courageusement dans cette lutte sans merci. Lancés sur les traces de Barbie et des siens, François et Léa nous entraînent à travers un pays magnifique, tout secoué qu'il est par la guérilla qu'y mène alors Ernesto Guevara.
    Après le Français Régis Debray, c'est d'ailleurs à la cause du Che que Charles, fils adoptif de Léa, se rallie en secret ; il s'y jette avec toute l'énergie de sa jeunesse, mêlant la saga des Tavernier aux soubresauts de l'histoire sud-américaine des années soixante : le grand rêve révolutionnaire du Che, son combat désespéré et sa fin tragique défilent alors devant nous.
    Après avoir traversé tant d'épreuves, survécu à l'Occupation allemande, aux déchirements de l'Indochine puis de l'Algérie françaises, Léa et François se retrouvent de nouveau entraînés par le tourbillon de l'Histoire. Cette fois, pourtant, elle se parera pour eux de funestes couleurs...
    Ainsi s'achève le cycle romanesque commencé par La Bicyclette bleue.

  • Léa et François Tavernier n'en finissent pas de se retrouver mêlés à des combats qui ne sont pas les leurs mais pour lesquels ils se mobilisent au nom de la liberté. Leur engagement met en péril leur amour, les porte à douter d'eux-mêmes et les expose à la mort. Dans les dernières années de la guerre d'Algérie, les voici confrontés aux malheurs du peuple algérien, au désarroi des pieds-noirs comme aux tueurs de l'OAS...
    François, qui a la confiance du général de Gaulle, président de la République, lui fait part de ses inquiétudes quant à l'avenir de l'Algérie, face aux attentats perpétrés par l'OAS auxquels font écho ceux du FLN. Devant le drame que vivent les deux communautés, européenne et musulmane, une issue rapide doit être trouvée. Pourtant, n'est-il pas déjà trop tard ?
    Les généraux du crépuscule peint de l'intérieur, du point de vue des hommes et des femmes qui les vécurent dans chacune des communautés, les derniers feux de la guerre d'Algérie. Au travers de ses personnages, des déchirements qui les meurtrirent, dans le portrait qu'elle trace d'une ville livrée au chaos, Régine Deforges ranime une dernière fois le monde singulier de cette Algérie française à jamais disparue...

  • Le conte a pour unique but d'amuser; son mérite consiste dans la manière piquante ou naïve de raconter des faits qui n'ont aucun fondement réel.
    LAROUSSE DU XIXe SIECLE


  • Audacieuse, belle, écrivain, éditeur, sulfureuse, censurée, courageuse...

    Pour définir Régine Deforges, les qualificatifs ne manquent pas. Elle a eu mille vies et mille aventures, elle s'est engagée sur tous les fronts, elle croit aux livres et aux êtres humains. Ses mémoires sont attendues car on est loin de tout savoir d'elle. Elles sont le témoignage d'un fougueux parcours personnel qui se confond avec la vie intellectuelle et politique de ces cinquante dernières années. Après une enfance dans le Poitou, Régine traverse une adolescence tumultueuse, se marie à dix-huit ans et s'installe à Paris. Elle prend des cours de théâtre au cours Simon, fait un peu de mannequinat mais trouve sa vocation en devenant libraire au drugstore des Champs-Élysées. Elle est représentante pour les Éditions Jean-Jacques Pauvert puis crée sa librairie, se spécialise dans les ouvrages érotiques avant de monter sa maison d'édition en publiant des ouvrages qui déchaînent la censure et lui valent de nombreux procès. Régine Deforges passe de l'autre côté du miroir : elle écrit et connaît d'immenses succès avec notamment la série des romans qui commence par La Bicyclette bleue. Divorcée, elle se remarie avec Pierre Wiazemsky, dit " Wiaz ", le célèbre dessinateur du Nouvel Observateur.
    Son ardeur dans la vie n'a d'égale que sa curiosité passionnée pour le monde qui l'entoure. Quelqu'un a dit : " Ce qu'il y a d'important, ce sont les rencontres. " Pas n'importe qui dans la vie de Régine. Des écrivains : Mandiargues, Vailland, Abellio, Hervé Guibert, Pascal Jardin, Pierre Emmanuel, Romain Gary. Des personnages : l'abbé Pierre, Jacques Lacan, Gaston Deferre, Louis Malle, René Andrieu. Les meilleures amies : Sonia Rykiel, Madeleine Chapsal, Geneviève Dormann et la plus admirée : Dominique Aury, l'auteur longtemps mystérieuse d'Histoire d'O. Un grand homme, François Mitterrand, qui l'emmène diner et lui parle littérature. Tous se pressent autour d'elle avant qu'elle ne reparte courir le monde : le Vietnam, l'Argentine, l'Algérie, Cuba, la bien-aimée. Retour à Malagar, la maison de Francois Mauriac, le grand-père de son mari, détours par Pigalle, les bars mal famés et les rues sombres. Mystérieuse Régine qui veut tout connaître et qui se cache en se dévoilant. Elle raconte aussi sa jeunesse à hue et à dia au fond d'une petite ville et d'une famille traditionnelle qu'elle a voulu fuir à tout prix et sur qui elle se retourne maintenant dans le respect et la tendresse. " Fille de Colette ", a écrit Le Monde, " papesse de l'érotisme ", Régine Deforges ne s'épargne pas dans ces magnifiques mémoires ; elle écrit comme elle vit, avec un style, du courage, un grand charme.

  • Partir, c'est courir le risque de trouver l'aventure à destination mais aussi en cours de voyage, et d'autant plus dans ce huis clos roulants, douillets ou brimbalants, déserts ou bondés, glissants ou tressautants que sont les wagons des trains de grandes lignes ou de banlieue.
    C'est dans ce contexte propice à une douce rêverie qu'une voyageuse ira à la rencontre de ses fantasmes.
    Ces petits récits d'une littérature érotique ferroviaire ont été partiellement publiés en supplément au magazine Elle durant l'été 1999.
    Romancière, Régine Desforges a publié l'essentiel de son oeuvre chez Fayard, notamment la fameuse série inaugurée par La Bicyclette bleue. Son dernier ouvrage est consacré au révolutionnaire cubain, Camilo Cienfuegos.

  • Quelle plus belle façon de visiter Paris qu'en suivant les belles câlines de Régine Deforges? La petite fille aux bas noirs du Quartier latin, la belle Lili du bal de la Coupole, Léonne, de la gare de Lyon, qui s'offre un aller-retour d'amour vers la montagne, la crémière de la rue Mouffetard que le boucherrenverse entre ses rôtis, Louise, la soumise du quartier de Javel... Autant de promenades érotiques dans la ville des désirs, autant de façons d'aimer, autant de caresses.
    Cet ouvrage, déjà paru en 1979, est revu et enrichi d'un texte inédit.
    Régine Deforges est née dans le Poitou. Libraire, relieur, bibliophile, éditeur, scénariste, elle est avant tout écrivain : Blanche et Lucie, le Cahier volé, Contes pervers, la trilogie de la Bicyclette bleue, un des plus grands succès de librairie du siècle, Noir Tango.

  • C'est en faisant des recherches en Gironde pour la Bicyclette bleue que j'ai rencontré Marie Salat.
    Ayant acheté, chez un libraire-brocanteur d'un hameau perdu, trois cartes postales anciennes pour la joliesse de l'image, je les ai lues dès mon retour à Malagar. A mesure de ma lecture, une émotion et une gêne profondes m'envahissaient ; je surprénais des lettres d'amour d'une femme à une autre femme, et quel amour !
    Le lendemain, je me suis précipitée chez le brocanteur. Dans les fouillis de ses boîtes, j'ai retrouvé quatre autres cartes, aussi belles, aussi émouvantes. « Cela ferait une belle histoire, me suis-je dit. Pendant trois ans, cette histoire a muri dans ma tête, et puis le temps est venu pour moi de la raconter. J'ai choisi de prolonger la correspondance de Marguerite et d'imaginer les réponses de Marie. Ces cartes ont été échangées en 1903 et 1904 entre deux jeunes femmes mariées habitant un petit village de trois cents habitants : l'une était couturière, l'autre ouvrière. Bien entendu, les noms propres et les lieux sont imaginaires.

  • Le vent dans les cheveux, les griffures des épis de blé, la douceur de la mousse sous le vieux chêne, la caresse de l'eau sur son corps nu, la saveur des pêches de vigne... À l'ombre du moulin où elle passe ses vacances, la jeune Perle goûte aux joies du plein été. Auprès de sa grand-mère, une femme que les années n'ont pas atteinte, et d'étienne, un vieux berger, la fillette savoure le parfum rare de la liberté. Le temps d'une saison, la vie se fait et se défait, sous les yeux innocents d'une enfant qui ignore encore que l'on peut aimer à tout âge et qui ne gardera de cet inoubliable moment, comme de l'amour éternel qu'elle voue à sa grand-mère, qu'un collier de perles...
    Un récit mélancolique et sensuel où Régine Deforges évoque le passage du temps, la puissance de l'amour, et fait l'éloge de la transmission.

  • L'univers, qui semble tout simple, d'une petite fille. Au centre, deux jolies figures de grand-mères. Le rythme des saisons, la nature, premières sources de plaisirs. Un monde savoureux de campagne et de petite ville française, valets de ferme et couturières en chambre, sabots et souliers du dimanche, vendanges, premières communions, bonnes soeurs maîtresses d'école, méchantes et trop belles. Au fil des jours, des escapades, de la guerre, la découverte toute naturelle de la sexualité, des livres.
    C'est une femme qui parle, qui dit " JE ", d'une voix dont on subit d'abord le charme, fait, dirait-on, d'un naturel sans détours, d'un ton aimable et sans apprêts. On pourrait, porté par l'allure assurée du récit, tenir pour rien certains trébuchements furtifs, quelques cassures de la voix, un ou deux écarts à la limite du désespoir, de la violence. On aurait tort. Si les romans, comme on le dit, sont des miroirs promenés le long d'un chemin, ce miroir-ci ressemble parfois à ces vitres de mauvais rêve derrière lesquelles quelqu'un, qu'on est sûr de bien voir, cogne pour qu'on lui ouvre, pour qu'on l'entende, pour qu'on le reconnaisse.

  • "Comme la plupart des femmes qui l'ont rencontré, je suis tombée amoureuse de Camilo Cienfuegos. Notre première rencontre eut lieu à Casa Grande, place de la Cathédrale, à Santiago de Cuba. Il m'apparut coiffé d'une sorte de chapeau de cow-boy, mince, barbu ; un grand sourire plissait ses yeux... "
    Rencontre fictive, bien sûr : le compagnon de Che Guevara et de Fidel Castro est mort il y a quarante ans. Pour l'anniversaire de sa disparition mystérieuse dans le ciel cubain, Régine Deforges brosse ce portrait-souvenir du plus séduisant, du plus fantasque et du plus intrépide des héros de la Révolution cubaine, abondamment illustré d'extraits de ses lettres et de photos, inédites en France.

  • Régine Deforges revisite un fait divers historique qui fit grand bruit : Aimée Millot, la bergère d'Ivry, assassinée à dix-neuf ans, le 25 mai 1827, par un amoureux éconduit. Pris de remords, Honoré Ulbach se rend à la police et est guillotiné le 10 septembre suivant. Cette histoire inspira Victor Hugo qui se trouvait parmi les témoins de l'exécution. Il commença aussitôt Le Dernier Jour d'un condamné, qui parut en 1829, la même année que Notre-Dame de Paris, et marqua le début de son combat contre la peine de mort, un combat qui n'est jamais définitivement gagné.
    C'est la puissance créatrice du jeune Hugo (il a alors vingt-cinq ans) qui a passionné Régine Deforges, sans oublier son engagement contre le crime légal.
    La disparition soudaine de Régine, le 3 avril dernier, nous laisse un roman qui nous entraîne dans le Paris du XIXe siècle et nous permet de rencontrer, en plus de Victor Hugo, sa femme Adèle, Lamartine, Chateaubriand, Sainte- Beuve, Béranger, Daumier, La Fayette... Nous assistons même, avec Juliette Drouet, à la bataille d'Hernani.
    Régine Deforges, écrivain et éditrice, est née à Montmorillon dans la Vienne. D'un ton très libre, ses romans sont souvent des plaidoyers invitant les femmes à s'assumer seules, y compris dans leur sexualité. Éditrice sulfureuse, elle a publié de nombreux textes qui ont été saisis par la censure. Ses romans ont tous eu un immense succès populaire, notamment La Bicyclette bleue qui a été vendu à plusieurs millions d'exemplaires. Les Éditions de la Différence ont publié en 2013 Les Filles du cahier volé, un livre d'entretiens de Leonardo Marcos avec Régine Deforges et son amie Manon Abauzit.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Il était une fois une princesse russe nommée Anne; elle épousa un roi de France, Henri. C'était il y a fort longtemps: en 1051...
    XX

  • L'orage

    Régine Deforges

    • Blanche
    • 25 Septembre 2014

    Un texte d'une grande force érotique qui est devenu l'un des grands textes du genre à l'instar des 11.000 verges, de L'Anglais décrit dans le château fermé ou de Trois filles de leur mère.
    Au début des années soixante un homme revient après une longue absence prendre possession de l'héritage de sa jeune tante décédée cinq ans auparavant.
    Dans le tiroir à double fond d'un secrétaire, il trouve un cahier noir.
    Sur la première page, d'une écriture enfantine, est caligaphié : L'orage.
    Il le lit.
    Quand il le referme, incrédule, troublé, il se demande : que vais-je en faire ? Le détruire, le garder, le publier?...

  • Les années 50, ce n'est pas vieux, mais c'est un autre temps, et dans cet autre temps la province à quatre heures de Paris était un autre monde. Une paisible petite ville entourée de prés et de bois, et traversée d'eaux paresseuses, voilà le piège où se trouve prise Léone, la petite fille aux appétits violents de Blanche et Lucie.
    Léone a maintenant quinze ans. Elle est jolie, vive, insolente et brave, et, pour son malheur, amoureuse de Mélie qui a quinze ans comme elle. Dans l'innocence de la passion toute neuve Léone affiche son amour, et nargue les garçons. Hélas! elle écrit aussi! Comment aurait-elle imaginé qu'un garçon plus âgé, vexé, furieux, jaloux, lui volerait le cher cahier confident de ses rêves et de ses amours pour en faire la pièce à conviction d'un délit d'outrages aux moeurs, et l'occasion d'un scandale? Et le scandale est affreux. Léone est renvoyée de l'institution religieuse où elle préparait le brevet _ et sa petite soeur avec elle: qui voudrait de ces brebis galeuses? On met Léone à l'index, on interdit à ses amies de lui parler, les gamins lui jettent des pierres dans la rue, de respectables bourgeoises l'insultent et la giflent en public. La regarder se défendre, répliquer, attaquer, pleurer et ne pas pleurer, ne pas céder et céder enfin, après s'être battue comme un petit fauve, c'est un rare spectacle. Mais c'est aussi une fraîche et belle histoire d'amour écrite avec un talent tout spontané et autant de pudeur que de courage.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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