• Si nous ne parvenons pas à changer l'enchaînement des événements, la France s'enfoncera dans le chaos de la détestation du monde comme d'elle-même.
    Jamais je ne m'y résignerai : il nous faut résister. Résister, c'est espérer.
    Je prends la mesure du défi qui nous attend et m'attend. J'en connais d'avance la charge et les périls. Mais j'y suis prête.
    Cet engagement, je le dois à cette France périphérique d'où je viens. Celle des jeunes exclus. Celle des femmes encore discriminées. Celle des entrepreneurs - agriculteurs, artisans, créateurs de start-up. Celle des territoires malmenés, des quartiers populaires aux espaces ruraux en passant par les outre-mer.
    À l'instant de basculer, c'est le moment de renouer avec le génie français à travers les principes qui l'ont fondé.
    Il ne s'agit plus d'être frondeur : il s'agit d'être fondateur.

  • Lettre à la jeunesse

    Rama Yade

    • Grasset
    • 13 Octobre 2010

    25 % de chômeurs, 20 % de pauvres, 150000 jeunes qui sortent chaque année de l'école sans formation : la vie, depuis quinze ans, d'une partie de la jeunesse, est un drame silencieux. Cette jeunesse-là, qui n'a ni la télégénie de la jeunesse délinquante ni l'audience de celle qui occupe les facs, est invisible. L'ex-gauche festive a tourné la page. La droite est vue comme patrimoniale.


    Pour Rama Yade, c'est dans cette marginalisation des jeunes que se niche le pessimisme de notre pays qui, à défaut d'investir dans l'audance de sa jeunesse, s'ampute de son élan vital.
    Convaincue qu'on ne construit pas le monde de demain avec des idées d'hier, elle appelle à une ambition durable qui donne confiance à cette génération courageuse. Sans la flatter, elle exhorte aussi les jeunes Français à déranger, être les acteurs du changement et être au rendez-vous de la France. Ils en sont désormais les dépositaires. Si la patrie était leur horizon ?

  • Rama Yade a parcouru la France à la rencontre des professeurs et des élèves. Elle en rapporte une réflexion sur une Education nationale, de moins en moins éducative et de moins en moins nationale. Se livrant elle-même à travers sa propre formation scolaire, elle estime que la source profonde du mal éducatif français réside dans le renoncement assumé à toute instruction publique, à l'origine d'une génération diplômée mais illettrée et donc précarisée sur le marché du travail.
    Pour elle, l'école républicaine ne saurait être démocratique et hypocritement axée sur le plaisir de l'enfant sans en saper les fondements, c'est-à-dire l'autorité et l'excellence. Et quand l'école faillit à sa mission, seuls les puissants, désireux d'échapper à la médiocrité générale, survivent. Parsemé de formules frappantes ("l'école s'est vue assigner un objectif utilitariste", "la discrimination positive pour solde de tout compte"...), aussi excitant pour l'esprit que provoquant envers les vieux dogmes usés, Plaidoyer pour une instruction publique dépasse le constat amer comme les clivages politiques pour en appeler à une école républicaine, celle de l'exigence et de la transmission des savoirs.

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