• Vers la fin de l'année 1844, Emerson acquiert à Concord, dans l'État du Massachusetts, un terrain au bord d'un vaste étang. Cet étang, c'est Walden. Thoreau y vivra pendant deux ans, dans une cabane, et de cette expérience tirera Walden, ou la Vie dans les bois. Sans Emerson, donc, pas de Walden. Ami et mentor de Thoreau, Emerson est l'un des premiers grands philosophes américains. Chef de file du transcendantalisme, il entre en scène avec un essai, Nature, où il défend l'idée que la nature est un grand tout, plein et harmonieux, dans lequel le Soi devrait se fondre. Il entérine par là une vision nouvelle de la nature, vivant de son existence propre, sans l'homme - à charge pour celui-ci de la célébrer et de la respecter. Nature s'ouvre sur ces mots : « Pour s'isoler l'homme a autant besoin de se retirer de son cabinet que de la société. » Trente-quatre ans plus tard, Société et solitude revient sur cette dialectique entre la vie en commun et la vie solitaire, et le moyen d'articuler « La civilisation » et « Les clubs » avec « La chose rustique »... Un parcours, du premier au dernier essai d'Emerson, qui a façonné une autre manière de voir (et de vivre) la nature.   Présentation par Hicham-Stéphane Afeissa

  • Aussi importante et symbolique aux États-Unis que les notions de liberté et d'égalité en France, la self-reliance renvoie non seulement à la confiance en soi mais aussi à l'autonomie de l'individu. L'âme est active : elle recourt à son propre jugement et dévoile un non-conformisme, aussi farouche que vital. Emerson invite à se fier au présent, "de toujours vivre dans un jour neuf". Cette confiance active en soi opère aussi bien sur le plan affectif que sur le plan pratique. Pétri de formules vivifiantes, cet ouvrage inclassable est une invitation salutaire à compter sur soi. Non par pur individualisme, bien au contraire. Et c'est là que la philosophie peut encore agir.

    Ralph Waldo Emerson (1803-1882) a été l'une des premières grandes figures intellectuelles des États-Unis et a exercé une influence profonde sur la littérature et la philosophie américaines. Son oeuvre offre une synthèse parfaite des besoins, espérances, aspirations et idéaux de l'Amérique du XIXe siècle. Ses conférences et ses essais ont aussi bien marqué ses compatriotes, de Thoreau à Obama, que des esprits aussi différents que Nietzsche, Bergson ou Proust, qui le lisait "avec ivresse".

  • Dans La Nature, sa première oeuvre, Emerson expose avec lyrisme les principes philosophiques qui dirigeront toute son oeuvre : la cohérence intime de l'univers, la plénitude et l'harmonie de l'esprit individuel, la correspondance symbolique entre lois naturelles et lois morales.

  • Quand il publie La Conduite de la vie, en 1860, Ralph Waldo Emerson est déjà l'un des intellectuels les plus importants de la jeune République américaine. Ce recueil compte deux de ses essais les plus célèbres : « Le destin » et « Les illusions ». Tous deux témoignent d'une tension entre la volonté et la réalité : comment changer le monde avec la force des idéaux face à la résistance, l'inertie et les limites opposées par les forces naturelles et sociales, ainsi que par le corps ? Ces textes auront une profonde influence chez un jeune philosophe de l'époque : Nietzsche. Comme si les écrits d'Emerson avaient le pouvoir de mettre en action la pensée de tout un chacun, de lui faire découvrir sa propre manière de ressentir le destin et les illusions, et de lui faire trouver, pas à pas, une manière de conduire sa vie.

  • Au cours de mes voyages, je me suis trouvé avec un humoriste qui avait chez lui un modelage de la Méduse de Rondanini, et qui m'assura que le nom sous lequel cette grande oeuvre d'art figurait dans les catalogues était inexact ; il était convaincu que le sculpteur qui l'avait taillée la destinait à représenter la Mémoire, mère des Muses. Dans la conversation qui suivit, mon nouvel ami me fit quelques confidences extraordinaires. « Ne voyez-vous pas, » dit-il, « la punition du savoir ?Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Paru il y a 175 ans, en 1837, « Le scholar américain » de Ralph Waldo Emerson (1803-1882) est le texte fondateur de l'identité culturelle états-unienne. Les États-Unis en avaient alors assez de se « nourrir des restes flétris de moissons étrangères », ainsi que l'écrivait Emerson. Or, nous aussi « avons trop longtemps prêté l'oreille aux gracieuses muses de l'Europe ».

  • Content :
    - Society and Solitude


    - Love


    - Friendship





    "We have known many fine geniuses with that imperfection that they cannot do anything useful, not so much as write one clean sentence: 'T is worse, and tragic, that no man is fit for society who has fine traits. At a distance, he is admired; but bring him hand to hand, he is a cripple. One protects himself by solitude, and one by courtesy, and one by an acid, worldly manner,-each concealing how he can the thinness of his skin and his incapacity for strict association. But there is no remedy that can reach the heart of the disease, but either habits of self-reliance that should go in practice to making the man independent of the human race, or else a religion of love. Now he hardly seems entitled to marry; for how can he protect a woman, who cannot protect himself?..."

  • La Richesse

    Ralph Waldo Emerson

    Emerson reconnaît à chaque individu le besoin de richesse et sa légitimée lorsqu'elle provient d'un travail honnête dont les retombées profitent à l'ensemble de la société. Pour lui, la richesse s'acquiert par l'utilisation intelligente des moyens offerts par la nature. Elle commence avec un toit étanche au-dessus de sa tête et la satisfaction des besoins de première nécessité. Pour ce faire, peu importe le domaine d'activité où l'on exerce, manuel, intellectuel, artistique ou autre, il s'agit de tirer parti de ses talents et de ses habiletés en exploitant au mieux les outils et les moyens à notre disposition dans notre sphère de compétence. Selon Emerson, si l'individu souhaite avoir le choix de sa destinée, il doit accorder ses désirs aux moyens dont il dispose. Cela dit, il ne rend pas justice à son intelligence s'il n'exige pas davantage qu'une simple subsistance. D'autre part, la société est inhumaine si elle ne permet pas à un individu besogneux de trouver un gagne-pain honnête. Et si la richesse n'est qu'un jouet entre les mains de quelques héritiers qui, ignorants de la valeur du travail, l'accumulent ou la dilapident à leur unique profit, on peut s'attendre tôt ou tard à une montée aux barricades et à des villes incendiées.
    Durée : 1h

  • À une époque où les modes et les recettes de bien-être font fureur, où les voyages et l'exotisme suscitent la frénésie, Ralph Waldo Emerson nous renvoie à l'intérieur de nous-mêmes pour goûter la sérénité. Selon lui, si l'expérience des autres et les distractions peuvent nous inspirer et nous distraire sainement, elles ne nous mènent nulle part si nous n'acceptons pas cette réalité de la condition humaine : la solitude de l'âme. Si le progrès des arts et des sciences nous rassure et nous facilite la vie au quotidien, la connaissance n'est toutefois d'aucun secours pour qui refuse de se regarder autrement que dans un selfie démultiplié. La voie qu'il nous propose est exigeante, car elle suppose une grande honnêteté sans compromis envers nous-mêmes et envers les autres, y compris nos proches. Elle nous libère cependant de la tyrannie des apparences, des modes d'emploi et de la parole des guides et des maîtres à penser de toute catégorie.
    Lu par Michel Keable

    Durée : 1h11

  • De même qu'une activité incessante anime le monde, pense Ralph Waldo Emerson, le grand philosophe américain, la vie de l'homme devrait être disponible à ce qui arrive. Aucune autorité, de nature religieuse par exemple, ne peut brider un individu. Il est impossible de se fixer définitivement sur un livre faisant autorité comme dans une expérience ou dans une pensée.
    La collection « Savoirs » présente des textes qui sont la rencontre d'une oeuvre de savoir - individuelle ou collective - et d'un auteur qui se propose d'en être le commentateur et l'interprète. Une préface et une analyse viennent apporter les éclairages indispensables et en assurer une meilleure compréhension.
    Docteur en sciences du langage de l'EHESS, Claude Le Manchec est formateur et a publié plusieurs essais sur l'enseignement de la langue et de la littérature.

  • À la fois moraliste et créateur d'une philosophie morale inédite, Emerson dénonce l'égoïsme qui nous envahit, la richesse et l'ambition qui sans cesse nous sollicitent. Il interpelle l'individu et lui demande de croire en sa pensée. À ceux qui n'osent pas penser d'une manière originale, qui ne connaissent que la soumission à la norme, il oppose les qualités d'une philosophie d'intuition et non plus de tradition, un art et une religion du face à face avec Dieu.
    La collection « Savoirs » présente des textes qui sont la rencontre d'une oeuvre de savoir - individuelle ou collective - et d'un auteur qui se propose d'en être le commentateur et l'interprète. Une préface et une analyse viennent apporter les éclairages indispensables et en assurer une meilleure compréhension.
    Docteur en sciences du langage de l'EHESS, Claude Le Manchec est formateur et a publié plusieurs essais sur l'enseignement de la langue et de la littérature.

  • « Emerson a cette gaieté bienveillante et pleine d'esprit qui désarme le sérieux. Il ne se rend pas compte à quel point il est déjà vieux, à quel point il sera encore jeune à l'avenir... » (Nietzsche)
    Ralph Waldo Emerson (1803-1882), n'est pas seulement le « philosophe de l'optimisme » du xixe siècle. Il est aussi le défenseur inspiré du sentiment de la nature. La confiance en soi emersionienne donna à l'Amérique une nouvelle identité culturelle. Sa vision de l'homme et de la nature est encore aujourd'hui d'une étonnante modernité. C'est la raison pour laquelle La Nature occupe la première place dans cette anthologie des Essais les plus célèbres d'Emerson.

  • Henry David Thoreau was the last male descendant of a French ancestor who came to this country from the Isle of Guernsey. His character exhibited occasional traits drawn from this blood in singular combination with a very strong Saxon genius. He was born in Concord, Massachusetts, on the 12th of July, 1817. He was graduated at Harvard College in 1837, but without any literary distinction. An iconoclast in literature, he seldom thanked colleges for their service to him, holding them in small esteem, whilst yet his debt to them was important. After leaving the University, he joined his brother in teaching a private school, which he soon renounced. His father was a manufacturer of lead-pencils, and Henry applied himself for a time to this craft, believing he could make a better pencil than was then in use. After completing his experiments, he exhibited his work to chemists and artists in Boston, and having obtained their certificates to its excellence and to its equality with the best London manufacture, he returned home contented. His friends congratulated him that he had now opened his way to fortune. But he replied, that he should never make another pencil. "Why should I? I would not do again what I have done once." He resumed his endless walks and miscellaneous studies, making every day some new acquaintance with Nature, though as yet never speaking of zology or botany, since, though very studious of natural facts, he was incurious of technical and textual science...

  • « Au cours de mes voyages, je me suis trouvé avec un humoriste qui avait chez lui un modelage de la Méduse de Rondanini, et qui m'assura que le nom sous lequel cette grande oeuvre d'art figurait dans les catalogues était inexact ; il était convaincu que le sculpteur qui l'avait taillée la destinait à représenter la Mémoire, mère des Muses. Dans la conversation qui suivit, mon nouvel ami me fit quelques confidences extraordinaires. "Ne voyez-vous pas," dit-il, "la punition du savoir ? Ne voyez-vous pas que, pareil au bourreau du poème de Hood, chacun de ces scholars que vous avez rencontrés à S..., dût-il être le dernier homme, guillotinerait le dernier, sauf un ?" »

  • La vie de Napoléon Bonaparte par sir Walter Scott a été accueillie avec un empressement, proportionné au talent incontesté de l'auteur, non moins qu'à la capacité et à la destinée merveilleuses de son héros. Que l'attente générale ait été satisfaite, c'est ce que nous ne pouvons affirmer. Mais bien peu de gens se refuseront à reconnaître que l'écrivain ne nous ait fourni une preuve de ses grandes qualités. La rapidité avec1 quelle un pareil ouvrage a été lancé nous frappe d'étonnement.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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