• Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • La philosophie a-t-elle fait son temps et faut-il la remplacer par les activités techniques et scientifiques, la spiritualité religieuse et la création artistique ou a-t-elle encore un rôle à jouer et lequel ? Pierre Fougeyrollas préconise une conception renouvelée de l'expérience philosophique, seul moyen, selon lui, de préserver l'homme contemporain des périls qui, de l'extérieur et de l'intérieur, le guettent. Clair et riche en formules frappantes, le livre est abordable par le non-spécialiste. Même lorsqu'il y est question de Socrate, de Descartes ou de Nietzsche, il exprime essentiellement l'angoisse et le tragique de notre temps.

  • Paul Dakeyo, poète camerounais, se voit comme le réceptacle des occurrences de la vie. Il « porte en lui le temps furieux ». S'il existe en tant qu'individu, il n'oublie pas qu'il est « de ceux qu'on opprime ». Comme Africain, il a des visions bouleversantes de son pays, éprouve l'exil, le mal de l'immigré, et souhaite que son « cri surgisse de la nuit ». Partout où l'homme souffre, au nom de la « misère-élément », il est présent. Il lance des vers vengeurs, en flammes, sur les toits des prisons. Le « Cri pluriel », ce cri unanime, contre ceux qui ont tué Lumumba, Guevara, Cabrai, Allende, N'Krumah... Comme l'écrit son préfacier, le professeur Tidjani-Serpos Noureini, chez Dakeyo, « le lyrisme n'exclut pas la lucidité ». Cette « voix dit que dans la grisaille ambiante quelques jeunes refusent d'être de pâles imitateurs des sectateurs de la Négritude ». Ces poèmes de combat sont suivis d'une conférence de Pierre Fougeyrollas intitulée Le défi de la sécheresse et la lutte des classes en Afrique soudano-sahélienne. Selon l'essayiste, la sécheresse récente et son cortège de famine, le long du bassin du Niger, est une lointaine conséquence du déséquilibre économico-démographique apportée par la colonisation, soucieuse hier de ses intérêts, et encore aujourd'hui par bourgeoisie interposée. Le développement « rentable » des cultures d'arachide, de coton ou de gomme arabique a été fait au détriment de la culture du mil - qui représente pour une zone s'étendant « du Sénégal et de la Mauritanie à l'Éthiopie et à la Somalie, englobant, en outre, le Mali et la Haute-Volta, le nord du Dahomey, du Nigeria et du Cameroun, le Niger, le Tchad et le Soudan » - ce que le riz est pour l'Oriental. Seule « une rupture brutale ou progressive, des économies de ces continents par rapport au marché mondial et leur transformation d'économies extraverties en économies autocentrées » pourrait éviter la famine, conclut l'auteur au terme de son analyse. Pierre Fougeyrollas ne voit pas d'autre solution pratique que la Révolution africaine.

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  • La forme globale d'existence et d'organisation de la société que nous appelons de nos jours la nation est un produit de l'histoire, bien qu'elle revête pour certains un caractère d'intemporalité. Capables d'engendrer de puissantes passions, le sentiment patriotique et l'idéologie nationaliste résident dans une identification simple, voire élémentaire, des individus au corps social dont ils font partie. Néanmoins, la totalité concrète à laquelle ils s'identifient, pour autant qu'elle constitue effectivement une nation, est tout le contraire d'une réalité simple, élémentaire et immédiatement saisissable.
    La nation a deux faces. Objectivement, elle consiste en une communauté historique qu'aucun projet individuel ou collectif n'a eu le pouvoir d'engendrer, bien que des individus et des groupements en aient facilité ou contrarié - du moins pendant un temps - le développement ou le parachèvement. Ce type d'existence et d'organisation sociales apparaît comme propre aux Temps modernes, et nous ne pouvons pas savoir quel avenir lui est réservé. Subjectivement, la nation se présente sous les espèces de représentations et d'affects fréquemment générateurs de passions. De la Révolution française jusqu'à nos jours, l'idée nationale a successivement et parfois simultanément servi de motivation ou, pour le moins, d'ingrédient à toutes les entreprises révolutionnaires et à presque toutes les tentatives contre-révolutionnaires.
    Peut-être l'ère des nations, autre manière de désigner les Temps modernes, est-elle en train de s'achever sous nos yeux. Peut-être ne subsistera-t-il bientôt que des empires et leurs satellites, recouvrant des sociétés aux capacités intégratives décroissantes et faisant courir à l'humanité des risques accrus d'autodestruction. Peut-être aussi se prépare-t-il des rapports sociaux nouveaux qui détermineront l'émergence de formes globales d'existence différentes des " vieilles " et des " jeunes " nations.
    En tout état de cause, l'étude de la formation des nationalités, de la construction des nations, de l'universalisation de ce phénomène et des métamorphoses de l'idée-force qui les ont accompagnées, devrait nous permettre d'aborder avec plus de clairvoyance cet avenir incertain. " Professeur de sociologie à l'Université Paris VII, Pierre Fougeyrollas s'est spécialisé depuis longtemps dans l'étude de la formation et de l'évolution des nations contemporaines.

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