• Les progymnasmata (exercices préparatoires de rhétorique) ont servi de guides pédagogiques en Grèce à partir de l'époque hellénistique. Ils ont été largement diffusés et pratiqués en Europe jusqu'au milieu du XIXe siècle. On redécouvre aujourd'hui le potentiel de cette gymnastique intellectuelle, qui menait les adolescents de la fable à la défense d'un projet de loi en enrichissant leurs connaissances, en améliorant leur pratique de la langue, en leur enseignant à exprimer des affects et à maîtriser l'argumentation. Les principes de cette formation conjointement linguistique, culturelle et politique sont corroborés par la neuro-pédagogie et aisément adaptables aux nouveaux moyens d'information et de communication.
    Avec ce petit livre synthétique, surprenant et ludique, Pierre Chiron, honnête homme d'aujourd'hui, nous livre les secrets d'une éducation réussie, pour tous et à toutes les époques.
    Pierre Chiron, helléniste, philologue, historien de la rhétorique, est professeur à l'Université Paris- Est, membre de l'Institut universitaire de France et romancier.

  • Les progymnasmata (exercices préparatoires de rhétorique) sont un ensemble de formes du discours considérées comme fondamentales et complémentaires : dans la liste la plus répandue (celle d'Aphthonios), ils sont au nombre de douze : la fable, le récit, la chrie, la maxime, la contestation (et la confirmation), le lieu commun, l'éloge (et le blâme), le parallèle, l'éthopée, la description, la thèse et la proposition de loi.
    Organisés en série progressive, complétés par des exercices d'accompagnement (lecture, audition, paraphrase...) et une large gamme de manipulations, leur apprentissage méthodique, à l'oral et à l'écrit, permettait aux adolescents de perfectionner leurs compétences linguistiques et de développer les aptitudes expressives et argumentatives nécessaires à leur vie culturelle, sociale et politique.
    Issus de la Grèce classique dont ils érigeaient le patrimoine littéraire en recueil de modèles, ils ont trouvé une forme relativement stable à l'époque hellénistique avant d'être transmis, adaptés et pratiqués sur plus de deux mille ans, jusqu'à l'Europe du XIXe siècle, puis d'être mis au rebut sans être remplacés.
    On assiste aujourd'hui à la renaissance de ce type d'enseignement des Lettres, remis au goût du jour dans divers pays à différents niveaux, scolaires ou universitaires.
    Le présent ouvrage s'attache à la pratique de ces exercices, envisagée d'abord sous un angle historique puis sous forme de rapports circonstanciés d'expériences contemporaines.

    Pierre CHIRON helléniste, philologue, historien de la rhétorique, est professeur à l'Université Paris-Est, membre de l'Institut universitaire de France et romancier.
    Benoît SANS est professeur au département de Langues et Lettres à l'Université libre de Bruxelles.

  • Marguerite est institutrice en Loire-Atlantique. La retraite venue, elle accepte l'offre d'un ancien élève devenu médecin et s'installe dans une maisonnette à côté de sa propriété. Un jour, elle entend des coups de feu. Le médecin, sa femme et leur fille ont été tués dans des conditions abominables. Crime passionnel et suicide ? Meurtre sordide ? Ancienne vengeance, programmée de très loin ? L'enquête sera menée par Marguerite avec le concours un peu lent du commissaire du coin, un autre ancien élève, blond, rougissant, homosexuel et franc-maçon. Mais le premier narrateur est un corbeau - Bleu -, qui sera vite révoqué pour parti-pris, mais ne pourra pas se retenir d'intervenir à nouveau, de temps à autre, non seulement dans la narration, mais aussi dans l'action, où son rôle sera décisif.

    Pierre Chiron est universitaire, spécialiste de grec ancien. Bleu, Marguerite et l'abominable L. est son premier roman.

  • Ginny et Paul forment un couple improbable : lui, universitaire vieillissant, elle, ravissante journaliste de mode. Il a une existence classique. Elle préfère les amours féminines. Ils vivent leur étrange amitié en se faisant « lanceurs d'alertes », instruisant et dénonçant des scandales avant de passer la main à la police et à la justice, en poussant l'enquête assez loin pour qu'elle débouche sur un procès et ne soit pas enterrée. Cette fois, leur cible n'est autre que le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, prédateur sexuel et - peut-être - assassin en série. Une affaire de harcèlement au Ministère, vite étouffée, réveille un cold case : la disparition, vingt-cinq ans auparavant, de trois jeunes filles en plein marais, dans le pays nantais où le Ministre a passé sa jeunesse...

    Pierre Chiron est universitaire, spécialiste de grec ancien. Il a notamment publié, chez le même éditeur, Bleu, Marguerite et l'abominable L.

  • La parole vive anime les langues mortes. Cet instrument commun, central dans la vie publique, doit être efficace entre les mains de l'homme libre et du citoyen accompli. Ainsi est née une technique du discours: la rhétorique. Élaborée par les Grecs, adaptée par les Romains, elle a été fondamentale dans l'éducation des élites. Harangues, éloges et plaidoyers, évidemment, mais aussi prières, satires, badinages, impromptus de banquet et proclamations poétiques mettent en scène l'habileté à convaincre avec méthode et à persuader par le plaisir ou le pouvoir des mots. La culture et la littérature antiques sont toutes pétries d'un art de parler et d'écouter qui est également devenu un art d'écrire et de lire.
    À travers près de 150 textes grecs et latins issus des traductions publiées aux Belles Lettres, Dixit propose un parcours varié, dans lequel des extraits célèbres voisinent avec des pages moins connues, curieuses ou piquantes, afin d'inviter le lecteur à découvrir les principales formes de discours pratiquées jadis et le regard aigu que les Anciens ont porté sur elles.

  • Affectée à la P.J. de Lyon, le lieutenant Lou Grimaud est confrontée dès sa prise de fonction à une série de meurtres aussi subtils que violents. Comme si le tueur, mélomane et pervers, l'avait attendue pour la tester. La musique de Mozart, n'adoucit pas vraiment les moeurs. Jeu de piste noire sur fond d'opera seria, une sombre partition où la moindre erreur peut conduire à la mort du chasseur sur la trace du fauve, une partie d'échec entre un chef d'orchestre masqué et une inspectrice, aussi obstinée que séduisante, qui apprend vite la musique.

  • C'était une de ces dernières belles journées de septembre. L'été commençait à lâcher prise, tentant de s'accrocher au moindre soupçon de douceur, à la plus infime parcelle de ciel bleu. Je roulais depuis une bonne heure quand je l'aperçus au détour du dernier lacet que la route esquissait avant le domaine. Recouverte de vigne vierge, rousse déjà, elle semblait vouloir se dissimuler aux regards indiscrets, au poids du passé. La maison de mon père. En descendant de voiture pour ouvrir le portail, les odeurs de mon enfance m'emplirent d'une étouffante mélancolie. Je me mis en pilote automatique pour tenir le coup. Seule l'indifférence pouvait me permettre d'avancer.

  • "Les giboulées de mars sont propices aux enterrements. Elles apportent suffisamment de clarté pour illuminer les tristes visages, assez d´ombre pour donner à la cérémonie des airs de tragédie. J´ai toujours aimé ces moments de tristes extases durant lesquels les âmes se révèlent et se laissent aller à un peu de vérité crue. Comme un insecte pris dans l´ambre, les hommes et les femmes affectés laissent entrevoir leur être sans fard. Tels des murs d´immeubles abattus on peut enfin voir leurs cloisons secrètes, leurs couleurs passées, leurs assises dénudées. Aujourd´hui ne fait pas exception. La famille Deflandre ne me déçoit pas. Elle donne sa pleine mesure dans le désespoir et le désarroi. Si j´avais à noter ces figures imposées, je donnerais un bon huit sur dix. Reste maintenant le programme libre auquel j´espère participer ce qui n´est jamais gagné d´avance. Le nombre de personnes présentes laisse espérer une invitation passive au repas qui suivra. La qualité des tissus, des étoffes et des cuirs, l´affluence ainsi que les quelques parures que j´ai pu apercevoir promettent un menu fin et coûteux. La journée devrait être belle..."

  • La mission confiée aux contributeurs de ce colloque (UFR de Lettres et Sciences Humaines de l'Université Paris 12 Val de Marne du 20 au 22 septembre 2007) était d'enquêter, chacun avec ses propres moyens, sur les moments cruciaux d'émergence d'une conscience littéraire, de s'attacher à d'écrire les conditions parfois chaotiques (avancées, résistances) de cette émergence, conditions matérielles, politiques, philosophiques, et, ce faisant, d'étudier de près différents aspects tant de l'expérience que du concept de littérature tels qu'ils sont apparus lors de périodes choisies, ainsi que les formes impliquées dans ces mutations.

  • « La nouvelle est un récit court, écrit en prose. Cependant, plus que sa longueur, c'est bien davantage la concision et l'efficacité de son écriture qui la caractérisent. En règle générale, les personnages d'une nouvelle sont peu nombreux et brièvement décrits. Son action est assez simple mais construite de façon à ménager un effet de surprise au dénouement: c'est ce que l'on appelle la chute. » Cette définition, même simple et concise, demande un grand travail de ciselage, d'épure et de retouche. Je caresse l'idée de m'en être approché aussi près que possible.

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